Trois points (comme trépieds de soutien et/ou tripode de levage)

1) Développer une philosophie personnelle implique, à mon sens, qu’elle repose d’abord sur une expérience personnelle ; ensuite, qu’elle appuie son expression verbale sur un philosophe avec lequel on ressent un lien inter-personnel (d’identification, de projection, de transfert ou n’importe pourvu qu’il y ait lien).

Dans mon cas, il se trouve (sans que je m’en plaigne ni ne m’en vante) que le type de rapport qu’Alan Watts entretenait avec sa mère est le même que le mien.

Également, que j’ai connu des déceptions douloureuses d’avoir trop admiré deux ou trois personnes.

Pour Alan Watts, ce fut de constater l’impuissance de son Maître, Dmitri Mitrienovic (Dimitrije Mitrinović, 1887-1953), à s’opposer à la guerre 1939-45, en s’unissant avec d’autres « penseurs » européens.

Les rapports, d’accointance, continuité ou discontinuité de la paix intérieure et de la paix entre les peuples est une question qui m’a interpellé dès mon enfance. Non par un pacifisme bêlant, mais par raison. Laquelle peut indiquer l’usage de la force. (Faut-il rappeler que Socrate fut un excellent soldat ?)

2) Il me semble qu’une telle philosophie requiert de tenir compte que « Chacun chez soi et les vaches (et/ou moutons) seront bien gardées », est un dicton qui se marie bien avec celui conseillant : « A Rome comme à Rome, en dehors comme en dehors » dans la perspective d’une Cité et/ou un Jardin planétaire1.

3) Agacé sans doute de constater que l’ésotérisme (et la Tradition pérenne, avec ses nombreuses appellations et tendances de philosophia perennis, de Tradition primordiale, de perennialisme, etc.) soient devenus des ensembles conceptuels dogmatique et relativement prétentieux, donc « exotériques » comme les autres, déclara plusieurs fois en substance ou explicitement : l’ésotérisme est votre vie intérieure. Ni plus, ni moins.

§ dans cette optique, Alan Watts disait d’ailleurs que ses ouvrages visent la sensation du lecteur et non pas sa raison, ses savoirs et ses opinions.

§ pour simplifier, cette dite sensation est une passerelle entre le message génétiquement inscrit en nous depuis la nuit des temps et notre vie de tous les jours qui se distribue entre nature, culture et société dans un souci de rentabiliser les choses (soi inclus) au lieu de chercher à les unifier & harmoniser. De se mettre à l’écoute...

§ la grande différence entre Tradition-Orient et Modernisme-Occident réside en ce que les premiers se veulent à l’écoute ou en quête des Signes (cosmiques & supposés « divin »2) et les seconds créateurs de signes (étant entendu que le meilleur des anthropocentrismes est européocentrisme).

ces trois points de soutien et d’élévation constituent le thème central ; mes variations en seront les conséquences (parfois équivoques) et avantages pratiques personnels que j’y vois. En tout cas, que j’applique pour ma part, en tant qu’habitant de la planète Terre et tout en demeurant de nationalité française, issue du peuple breton !

 

Mon présent blog n’est pas supprimé pour autant. Comme déjà dit : si des informations et appréciations nouvelles sur la philosophie d’Alan Watts viennent à ma connaissance, je les indiquerai – y compris celles qui ne vont pas dans le sens de mes propres commentaires. Rien de changer sur ce point.

Simplement, à l’automne, mon centre d’intérêt va se déplacer vers Variations Wattsiennes.

(Le lien est actif, mais son ou ses contenus des semaines à venir sont d’entraînement, et tâtonnement.)

1En Europe, on bâtit une maison puis on l’orne d’un jardin (d’utilité comme d’agrément) ; en Chine on choisit un lieu de vie et on y place de quoi s’y abriter – éventuellement un Palais d’Été, quand on est Empereur…

2Panenthéistes, dirait Watts.