alan_watts, special

Au slogan bien connu penser ‘global – agir local’, la philosophie d’Alan Watts répond selon moi : contempler atemporel1 – actualiser au jour le jour.

Problème : Exprimer en français des idées et images chinoises formulées dans un cadre culturel américain, tout en tenant compte d’une sinologie française qui, trop longtemps, s’est beaucoup plus soucier d’être française que chinoise et entend contenir la Chine à son exotisme (ou au romantisme révolutionnaire d’un Zhou en-lai, qui fut ouvrier chez Renault, avec plusieurs autres communistes chinois, en dépit de ses origines mandarinales).

Ce n’est pas une excuse ; plutôt une attestation  de la candeur avec laquelle j’ai utilisé des ‘notions’ sans tenir compte de leurs connotations étroitement politiques en France. Ceux qui aiment bien me lire, tout en ayant un minimum d’acculturation planétaire, et désireux ‘d’en rendre raison’, comme disent les philosophes, ont pu se demander pourquoi je ne faisais usage (usage purement rhétorique d’ailleurs – i.e. « argumentaire », si facile à trouver) du Zhuangzi ou de ses commentateurs taoïstes, aussi bien classiques que modernes, en Occident ou en Chine même, pour développer ma réflexion. Dieu/Tao/Grand Manitou ou Qui vous adorez en secret (éventuellement sans le savoir… car nombreux sont les athées qui ont un comportement mental de « religieux », sans être capable du moindre agnosticisme raisonné)… bref ! Ce grand truc suprême m’en a préservé ; et je lui/l’ en rends grâce ! On m’aurait pris pour un dangereux thuriféraire du terrorisme

Revenons ainsi au sujet de ce blog.

En 1945, Aldous Huxley (1894-1963) publia The Perennial Philosophy. Il rapproche les religions, les traditions d'Orient et d'Occident, à la recherche d'une pensée mondiale, à mi-chemin de la science et de la mystique.

« Philosophie éternelle : l'expression a été trouvée par Leibniz. Mais la chose, cette métaphysique qui reconnaît qu'il y a une réalité qui est la substance même des choses matérielles, de la vie et de l'esprit ; cette psychologie qui voit dans l'âme quelque chose de semblable ou même d'identique à la réalité divine ; cette éthique qui place les buts de l'homme dans la connaissance d'un fondement transcendant et immanent à tous les êtres, cette chose est universelle et immémoriale. Les rudiments de la philosophie éternelle peuvent être trouvés dans les avoirs des peuples primitifs de toutes les régions du monde, et, sous sa forme la plus développée, elle a une place dans les plus grandes religions. »2

Bien !

Sauf que je remplacerais « avoirs » par « apports » et qu’il manque (minimum) une allusion à René Guénon, Alan Watts serait d’accord (et dame, moi aussi!), nous avons là une bonne introduction au « sujet » de mon blog.

A deux restrictions près ; le seconde découle de la première :

La totalité des épithètes pourraient être remplacés, aujourd’hui, par « spirituel », spiritualité, et tout ce qui s’y rapporte.

Aujourd’hui, le spirituel – d’abord réalité dite, puis psychologie de l’âme – dans sa définition, n’est plus envisagé dans cette globalité.

C’est le Tout de tout !

Ce qui n’a aucun sens du tout !

Certes,

Mais,

De toute façon, le mot n’est pas la chose, le tao n’est pas le tao, rien que l’on puisse nommer n’est une réalité « substantielle » quelconque. Cette « réalité » restant confiné au langage, cependant que la Réalité étant une Relation, ou des ensembles en relation. (Comme déjà dit, je crois, l’un des facteurs qui m’a contraint à quitter mes études universitaires est qu’après avoir cru reconnaître dans la Théorie des Ensembles un mode de raisonnement proche de celui des chinois, j’ai été désarçonné par le brusque passage à des ensembles algébriques et/ou algorythmiques. (Lesquelles joue dans le monde moderne le même rôle que le grec et le latin dans les pièces de Molière, avec le fait que nous en manions chaque jour sans le savoir tout comme la prose.)

Le Chan/Zen s’assimile en dehors des écritures (ou l’inverse : la conscience humaine se fond en Chan/Zen en dehors des écritures.

L’existence humaine & tous les êtres se déploient en dehors de tout discours rationnel.

La réalisation du Bonheur-liberté s’effectue ainsi par un retour au concret : de l’Idée on descend au concept, du concept au mot particulier (dénotatif), du mot au silence.

Tel était mon propos en me référant à Matières à réflexion (qui traite aussi de l’alimentation Meurtre dans la cuisine, du vêtement S’habiller peu ou prou, etc.)

Pensez le plaisir que j’avais eu en découvrant que des politiques s’emparait de ces thèmes !

Hélas ! A bientôt 72 ans, dans certains domaines, je conserve une naïveté d’enfant. A moins que j'ai fait une "faute d'inattention" : j'aurais avoir la puce à l'oreille en constatant qu'aucun de ces policards ne sortait d'un Occident restreint. Afrique, Australie, Chine, etc... pas un mot ! De l'ONU ou de l'UNESCO, non plus. De la collaboration scientifique internationale, zéro !

 

1Atemporelles ou intemporelles ; les unes comme les autres relevant de la philosophie pérenne/

2Cf Wikipedia, entrée Philosophie éternelle, et tous les liens et références désirables.