(Pause estivale 02 > demande d’aide 2/2)

A sa parution, j’avais lu la thèse de Jacqueline Starer Les écrivains beats et le voyage, dans laquelle elle indique incidemment un (mauvais) usage du zen, qui eut la faveur de nombreux artistes et écrivains des années 60, de New-York à San Francisco : tenter de faire le vide en soi pour en faire jaillir l’inspiration. J’en fis mon profit. Les prémices sont identiques : trouver une posture confortable, s’y installer et s’y sentir bien, « chez soi » bien au chaud et tenter cette mauvaise compréhension de la méditation, consistant à tenter de ne penser à rien. C’est impossible ! (On peut tenter n’avoir conscience de rien ; mais alors on s’aperçoit avoir conscience de tout.) Il en résulte que ce qui se trouvait bloqué ou brouillé en soi, par la distraction de stimuli les plus divers, se révèle dans toute sa clarté. Même des raisonnements complexes, des images ou des formes élaborées apparaissent avec netteté. Il suffit de les mémoriser pour pouvoir ensuite se mettre derrière sa table d’écriture ou son chevalet de peinture pour créer. Du moins si j’en crois mon expérience, pour peu qu’aucune distraction endogène ou exogène ne vienne perturber l’entrée en travail (l’accouchement de l’idée), l’écriture peut en devenir rapide. (La prise d’amphétamine, courante chez les écrivains beats, permettait de maintenir plus longtemps & sans fatigue le mode d’emploi, mais n’intervenait pas dans le processus de créativité.)

Mais, ce n’est pas exactement de ça, non plus, dont je veux vous parler. Un peu en biais, c’est de quelque chose pouvant se formuler comme ceci :

Je ne me suis pas enfermé dans une tour d’ivoire ; je me suis laissé emprisonner dans la honte de ma situation précaire (laquelle a bien peu de points communs avec l’austérité et la noblesse de la vie pauvre ; la différence majeure réside dans l’entrave, l’assujettissement et le fardeau que représente l’absence de moyens d’action.).

Une autre manière de le dire : mes distractions sont pénitentes.

J’entends mes distractions du réfléchir/écrire comme de la possibilité de rapports sociaux « ordinaires », « normaux », « comme tout le monde ».

Aimer philosopher et/ou écrire, les deux séparément ou ensemble, réclament des moments de solitude et de silence absolus, et peuvent occasionner des comportements spécifiques & inhabituels. C’est entendu. Mais, à mon sens, ces moments invitent à l’échange plutôt qu’à la retraite sur son quant-à-soi.

Dans mon cas personnel, mon emmurement est subi plus que voulu. (& L’Apophatique Générale n’est pas une aphasie – ni n’implique d’être misanthrope, illettré ou inculte.)

J’aurai bien l’occasion de revenir là-dessus, d’ici l’automne. Il me faudra bien aussi dire quelques mots de quelques uns de mes projets & idées, tels qu’un groupe sur facebook ou la création d’une association 1901 intitulée « Conférence d’Instruction Initiale », dont la principale activité serait effectivement la préparation d’une conférence annuelle, en rapport avec l’ésotérisme comme facteur de Paix mondiale, comme moyen de comprendre ce qui fait qu’un être humain est planétaire1. Je ne sais pas encore sur quels médias je dois jouer. (Il y a aussi une page facebook, que j’hésite à publier, qui serait consacrée à l’exploration des approches de l’Apophatique Générale, dont j’ai tiré l’intitulé comme diverses orientations de l’œuvre d’Alan Watts.)

Je suis intimement persuadé qu’en témoignant d’une philosophie de Paix planétaire, je servirai la préparation des mentalités à la grande migration interplanétaire, ou interstellaire, qui attend notre humanité (que ce soit pour le 22, 23 ou 24°siècle). Et, il me semble que la certitude d’avoir servi, si peu que ce soit ; été utile, aussi modestement que ce soit, à cette grande aventure, ne pourra que rendre paisible ma propre mort.

Il faut bien voir que la Paix doit être intraspécifique, entre les peuples ; et interspécifique, des humains avec les espèces animales. (Ici, une remise au goût du jour des mythologies anciennes seraient utiles. Je suis étonné que l’ethnocentrisme américano-européen… ne s’étonne pas que l’on puisse sacraliser un arbre, un plan ou un cours d’eau, un montagne, mais pas un animal. D’où, du reste, la persistance, heureusement partielle, d’une résistance épistémologique à admettre les similitudes entre le comportement animal et humain.) Personnellement, j’ai eu pour maîtres non-humains de philosophie & spiritualité un goéland2, un chat, un hibou, deux chiens, un étalon Connemara.

ZUT ! ZUT ! Et ZUT encore : de digression en digression, je n’ai toujours pas précisé l’aide que je sollicite – comme remblaiement d’un manque ou comme suggestion créative pouvant séduire mes visiteurs.

Ce sera donc pour un prochain billet, en addenda…

PS – En parallèle, j’ai commencé de corriger & peaufiner mon roman, en vue Éditeurs. Comme tout premier roman, il est largement autobiographique et raconte ma formation, mon auto-formation philosophique. Il commence (comme récit) au début des années 70. Dès les premières pages, la racine de mes actuels ennuis (47 ans plus tard, donc) apparaît. Une bonne manière de présenter mon « appel à l’aide » m’est venu à l’esprit. Mais, je reste fidèle à mon idée première (pour ce blog) de mener ma réflexion en « chantier ouvert », incohérences, difficultés, voire erreurs caractérisées. Le cheminement accompli, je suppose que la philosophie vivante, de recherche indépendante, peut rejoindre les obligations académiques. La méthode de leurs cheminements ne peut qu’être différente.

1Ne vous laissez pas tenter par la tentation de penser « pardi ! » : tous les génocides, la plupart des guerres de religion et nombre de guerres nationales ne peuvent se faire sans la conviction que l’adversaire n’est pas tout à fait humain. Bien d’autres obstacles à une cohabitation harmonieuse des peuples provient de ce type de jugement de valeurs.

2A tenter une interculturalité animale, on pourrait par exemple comparer le goéland de St. Malo et le singe de New-Delhi. Tous deux symboles spirituels éminents sont bien embarrassants dans la vie quotidienne humaine.