Ce n’est pas moi qui, laborieusement, m’efforce de mériter l’appellation plus ou moins contrôlée d’ « écrivain & essayiste », vais critiquer l’acte d’écrire – pas plus que celui de lire. Je lis beaucoup. Je n’en pense pas moins que nombre de racines d’une réflexion philosophique efficace (= traduisible naturellement et sans apprêt dans sa vie) se trouvent dans le banal, le puéril, le cocasse ; le bouffon est excellent observateur de l’âme comme du paraître de chacun (& lui-même).

L’Assomption, de quelques jours dépassée, en est une illustration parallèle ; d’un même mouvement, je voudrais revenir aussi sur le scandale du risque blasphématoire et profanatoire que vient de courir la sépulture du vénéré grand saint Salvator Dali (qu’il demeure en paix en son sous-sol cimenté, tout en nous laissant la lumière de son œuvre).

Quel point commun ?

Ce que voici : l’Assomption (pouvant sommairement se définir comme corps demeurant aussi immaculée que l’âme qui l’habita) est l’objet d’un culte, d’importance et de formes diverses, dans toutes les Églises et Sectes, dès le début du Christianisme. Il s’imposa de lui-même, allant de soi, aisément. (Qui ne vénère sa mère?) Les « problèmes » (entre églises et sectes chrétiennes) sont apparus (et maintenus vingt siècles durant!) quand certains se sont mis à vouloir fonder scripturairement la chose. Le texte comme garantie de solidité & valeur d’un sentiment (vision/intuition/conversion/métanoïa) intime et néanmoins partagé.

C’est par association avec le centre métaphysique & cosmique de l’Univers, situé quelque part entre le plancher et la coupole de la gare de Perpignan, centre qui illumina l’esprit du grand saint Salvator Dali – permettant la perpendiculaire création de la méthode paranoïa-critique, elle-même approximativement mais solidement définie comme « une méthode spontanée de connaissance irrationnelle, basée sur l’objectivation critique et systématique des associations et interprétations délirantes »1 , immanquablement associé à l’immaculée Galla en personne, et Pujada del Castell en ville. Quand nonobstant, JE LU de Lui qu’il déclara au sujet de Dieu : « je ne crois pas, mais pratiquant »2. Ce fut un véritable Satori/insight. Applicable à la philosophie : il n’est besoin d’y croire (ou d’être agrégé de philo) pour en être pratiquant. D’AILLEURS, c’est la pratique « paranoïa-critique », qui m’a poussé à rédiger ce billet, en voulant me rafraîchir la mémoire sur l’Assomption.

Je traiterai ultérieurement de l’inévitable salle d’attente des trains qui n’arriveront jamais comme de ceux qui ne partiront pas, perpétuels trains en retard de la vie qui passe. Une telle salle existe certainement en gare de Perpignan. Je n’en sais rien, mais je le crois.

 

1Source Wiki

2A l’occasion de la parution de son Journal d’un génie, Salvator Dali.