Depuis 2009, dans ce blog, j’entendais réunir le maximum d’éléments divers en vue de « construire ma philosophie ». La particularité de ces dits « éléments » étaient la possibilité d’utilisation par d’autres pour construire, ou aider, à leurs propres philosophies. J’ai mentionné ou indiquer le lien de tout texte en rapport avec Alan Watts, sans faire de différence entre ce qui me plaisait et ce qui me déplaisait. A titre d’exercice, lorsque j’entamais un billet, j’allais jusqu’au bout, même lorsqu’il était évident que j’étais entré dans une impasse. Philosopher, c’est aussi être en recherche, « en exploration » et la mener jusqu’au mur.

Évidemment, ne pas vouloir donner de leçons, à quiconque, j’ai été insuffisant sur un thème central de la philosophie d’Alan Watts : à quoi sert de lire les menus, si l’on ne les mange pas les repas indiqués ; et/ou, à quoi sert de collectionner les recettes, voire les livres de recettes, si l’on ne passe jamais derrière les fourneaux ?

Plus encore, dans ce qui en dérive, je n’ai pas suffisamment dit que les grandes toques sont l’exception, mais que manger à sa faim et, autant que faire se peut, à la pleine, complète et entière satisfaction de ses papilles gustatives – et tout ce qui peut bien aller avec, telle que l’amitié de convives, est proposé à tous.

Fassent les dieux, de tous les cieux, que je ne néglige pas cet aspect dans mes Variations wattsiennes.

Pour assurer la transition, je voudrais dire, par commodité, depuis longtemps, j’ai dégagé les quarante « items » de l’existence et de la pensée d’Alan Watts, lesquels pourraient aisément se dédoubler de leurs compléments ou opposés, ou encore connexes. Totalisons : entre 80 ou 12O éléments majeurs, ça vous donne « Alan Watts, tel qu’en lui-même en ses taos du Tao » (sa propre manière de vivre le mouvement de La Voie).

Les besoins de connexion entre ce blog et le suivant peuvent toutefois se limiter à six thèmes, parmi lesquels j’ai choisi celui qui constituera le fer de lance, ou, pour prendre une image moins guerrière, la colonne vertébrale de ma réflexion : La Paix sur Terre.

 

La vie d’Alan Watts se partage en quatre grandes parties :

la jeunesse anglaise

— l’arrivée à New-York

— l’Université Northwestern

— San Francisco

Mais, il s’avère indispensable de subdiviser la première et la quatrième en deux.

La période anglaise entre Zen et la relation à son Maître spirituel.

La période franciscaine entre péniche SS Vallejo, d’où il connaîtra les sommets de sa notoriété ; et les Monts Tamalpais, ces montagnes sacrés sur lesquelles il achèvera son cheminement «en sa propre voie ».

J’ai remarqué que chacune de ces parts d’itinéraire spirituel suscite ses « fans » comme ses « étudiants » qu’ils soient en admiration ou en désapprobation – et parfois directement de condamnation !

Je reviendrai sur l’ensemble de ces « items », dans telle ou telle de mes Variations.

Pour clôturer ce blog et faire transition, je voudrais simplement dire que mon « item », à moi, suit le regret d’Alan Watts lui-même au sujet de l’oubli des vains efforts que fit son Maître, Dimitrije Mitrinovic (ou, Mitriénovic), pour empêcher la Seconde Guerre Mondiale. (Personne ne voulut l’entendre, et surtout pas certaines personnalités d’Orient, qui, faute d’informations complètes, regardaient avec indulgence ou sympathie le fascisme et le nazisme1.) Cette douloureuse déception du jeune Alan n’est pas pour rien dans sa décision de quitter l’Angleterre, au moment même où il devenait discernable pour tous que la guerre était devenue inéluctable.

À suivre 2/3 et 3/3

PS – Je clos ce blog mais ne le supprime pas – et si je glanais une information toute nouvelle sur ou autour d’Alan Watts, c’est ici que j’en retransmettrais la teneur.

 

 

1Pour comprendre cette attitude, il faut rappeler que jusqu’en 1937 au moins, Mussolini aimait se faire filmer en train de participer aux moissons et que certaines photos de propagande nazie représentaient des rangs de jeunes soldats torses nus une bêche à l’épaule et non pas un fusil. Cet aspect pro-nature, ou du moins « campagnard », ne pouvait que plaire à tout orientalisant et tout oriental opposé aux conséquences sociales de l’urbanisation et de l’industrialisation à outrance. Cette image fleur-bleue fut nuisible à la gnose et « l’ésotérisme » mal compris. En France, ce type d’attitude est jugé d’autant plus sévèrement que le régime de Vichy et la collaboration reprirent ces thèmes – sans prendre en considération que les fusils avaient remplacés les bêches et les obusiers les moissonneuses. On ne peut que noter que cette vision idyllique de l’Orient (souvent opposée à nos sinistres guerres de religion, inquisitions et répressions comportementales bornées & stupide) n’a pas disparue de nos mentalités, induisant des sympathies fantasmatiques de mauvais aloi.