Canalblog Tous les blogs
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

La Philosophie d'Alan Watts

Publicité
11 août 2014

Un intermède supplémentaire 2/3 addenda

Faire et être en paix

 

L'autre jour, du mois de Juin, venant de mettre en ligne mon petit billet, j'ai éprouvé le besoin d'aller feuilleter quelques pages de Dostoïevsky. Une drôle d'idée, mais assez déprimante sur le moment, m'est alors venue : que les méfaits des débuts de l'ère industriel amena nombre d'auteurs, en tout genre et de tout pays, à soulever un ensemble de questions qui sans appartenir à la philosophia perennis, telle qu'habituellement définie – y touchaient de près. Un peu comme si de tous bords, on se serait rassemblé sur le parvis (le profane) d'une cathédrale (le sacré) mais sans oser y accéder pour en débattre. Comme si la maison de Dieu (qui peut être celui de la Bourse) ne saurait en aucun cas être la maison du Peuple (qui n'est pas forcément une foule manipulable à merci). Ensuite, il n'y eut plus matière à discussion. La parole fut aux canons.

Sans doute peut-on, ou du moins est-il possible de penser que l'on puisse se montrer philosophe sous un bombardement (quand on demandait à Teilhard de Chardin, brancardier en 14-18, comment il pouvait foncer ainsi sous un tir de mitrailleuse pour ramener un blessé, il répondait en substance que s'il était touché ce ne serait jamais qu'un peu de matière rencontrant un peu de matière ; ce qui est indubitablement une excellente manière de dépasser le dualisme – et son concept d'énergie-matière est bien « spirituel ». Et constatons qu'il est possible d'être philosophe sous les bombes, mais certainement pas de charpenter une réflexion en vue de faire avancer le débat philosophique ou d'apprendre une technique religieuse quelconque. (Après tout, l'acte de philosopher commence par une forme d'entretien avec soi-même, auquel il est possible, plaisant, utile ou nécessaire d'inviter un autre à participer. Et, hélas ! on imagine mal Teilhard, puisqu'il était prêtre, aller voir son Colonel pour lui demander ce qu'il comptait faire pour la messe et les vêpres, compte tenu du bruit assourdissant des canons !)

Du coup, nous héritons des questions « philosophiques » soulevées au 19° siècle (et dès la fin du 18° ) mais de bien peu de réponses pour le 21° siècle. Avec ce considérable « dommage collatéral » que la plupart des dirigeants politiques et économiques continuent de raisonner comme si le machinisme (& chômage) ou les problèmes écologiques n'existaient pas, comme si le Système de réflexion et d'action était inapte à mesurer les changements du monde opérés au cours des deux ou trois derniers siècles... l'urgence étant de « faire face à l'ennemi » qu'il soit de l'armée « X » ou de la concurrence commerciale « Y ». Nous avons inventé de véritables « sciences et techniques » (& commerce) de guerre. Nous n'avons pas eu le temps d'en concevoir pour la paix.

Nous savons faire la paix, mais pas vivre en paix, et politiquement nous nous comportons tous à la manière de l'humoriste qui disait pour la cigarette : « Arrêter de fumer ? Rien de plus facile ; je l'ai fait des centaines de fois ! »

Publicité
29 juillet 2014

Un Intermède supplémentaire 2/3

 (Je m'en viens donc à mon roman, un roman historique mais d'expression imagée de mon expérience de la philosophie d'Alan Watts, notamment dans ses aspects psycho-thérapeutiques ; ce qui implique qu'ayant saisi le sens des mots j'en fus favorablement affecté, que cet affect positif modifia et/ou modifie encore la direction tracée par ces éléments & entités, et contient et dégage des effets heureux sur tous les plans.)

 

La question est de chronologie (aucunement de causalité1) :

 

J'avais dans les treize ou quatorze ans quand je suis entré dans une « bande révolutionnaire » dont le chef utilisait abondamment René Guénon dans sa critique du « système » comme de l’Éducation Nationale. Mais, en en expurgeant toute allusion ésotérique ou métaphysique.

J'avais vu à la télé, dans le tout premier film d'Arnaud Desjardins (1963), la preuve de l'existence d'une culture & société différente de la nôtre, laquelle on entendait m'imposer comme mienne par la force ! Deux ans plus tôt, un oncle avait même eu le toupet de me menacer d'un « Maison de Redressement », dans laquelle il se faisait fort de me faire admettre. C'est dire !!!

L'aspect indien et « spiritualiste » m'était resté assez étranger. Ce qui m'avait accroché, c'était l'aspect que l'on qualifie aujourd'hui de sociétal. Imaginez l'impact émotionnel sur ma pauvre conscience d'adolescent attardé : des millions de personnes selon les normes de mon oncle , relevant d'une admission en « Maison de Redressement » ! (Quoiqu'il faille préciser que la position des différents gouvernements indiens à l'endroit des saddhus n'est pas éloignée de celle de feu mon oncle.)

En exagérant un tantinet, je me suis intéressé à la philosophie par souci de justifier mon inadaptation sociale et, ce faisant, de me libérer de l'emprise que la société avait sur moi (par la force mais aussi par de multiples moyens subtils d'aliénation, qu'adolescent ce temps là j'appelais de bourrage de crane).

J'insiste sur ces détails (de prime abord étrangers à mon propos), car à l'expression bien connue de « jeter le bébé avec l'eau du bain », je me demande s'il n'y aurait pas lieu de créer son pendant pour la Spiritualité, en émettant l'idée qu'elle est en danger d'être « noyée dans l'eau de son bain ». Une eau rendue noire opaque par l'accumulation de toutes les saletés de l'histoire religieuse du monde. Une eau sale et croupie, dangereusement impropre à la consommation ! L'eau d'une influence culturelle « spiritualisante » venue d'Orient ou née du contact ― parfois tout imaginaire, du reste ― avec l'Orient. Quand un psychothérapeute constate le rôle de compensation, de transfert ou de déni pur et simple d'aspirations religieuses, mystiques ou « spirituelles », ou n'importe quel usage dit névrotique ou « limite » de caractéristiques entrant dans le cadre religieux, il en fait des symptômes pathologiques et va tenter de les faire disparaître. A caricaturer la chose, il conseillera au nom de l'hygiène mentale à Van Gogh ou Salvador Dali de peindre un peu moins, à Gustave Eiffel de jouer un peu moins avec des vis et des écrous, au Padre Pio ou à Ste Thérèse d'aller un peu moins souvent à la Messe. En usant d'aussi grosses ficelles, je ne cherche pas à discréditer telle ou telle pratique clinique et/ou thérapeutique.

Le point que je veux souligner est l'introduction fréquente d'un jugement de valeur entre un grand peintre ou un grand scientifique, qui « eux au moins » sont créateurs, de beauté ou d'utilité ; et les religieux qui, pour leur part, ne serviraient à rien.

Le maître mot du modernisme est « ce à quoi ça sert », et sa notice explicative ajoute «comment et de combien ça rapporte ».

Quand Alan Watts publie son tout premier ouvrage américain, La Signification du Bonheur (1940), il croit bon de l'expliquer d'un sous titre « La recherche de la liberté spirituelle dans la psychologie moderne et dans la sagesse de l'Orient. ». Ce qui laisse entendre que le bonheur ne s'obtient que dans la liberté d'être (ce que l'on est) mais que la qualité de celle-ci ne peut être autre que « spirituel ».

Auteur de deux livres qui m'avaient passionnés en ce qu'ils liaient la pratique du corps à celle de l'esprit (plus précisément, le Yoga et la Spiritualité), l'approche d'Arnaud Desjardins m'avait accroché. Elle revenait à dire que « corporel » et « spirituel », en mouvement, dans la pratique de la vie (et/ou existence), ne sont qu'une seule et même chose, mettons, telle que la marche qui dépend de la solidarité constante de l'usage de deux jambes. (A en juger par certaines théories) Il n'y aurait que deux options philosophiques préférentielles : soit la jambe de gauche, corporelle et matérielle, entraîne et fonde la marche ; soit au contraire la jambe de droite, spirituelle et immatérielle, constituée de simples impulsions électriques (lesquelles mesurables sont donc matérielles aussi).

 

Donc, pour conclure tout provisoirement , le/les problème(s) de savoir si l'on peut et comment être soi-même, libre, heureux, etc. paraissent se poser en termes de société. Diverses disciplines intellectuelles s'en préoccupent, et chacune se définissant par son objet on aimerait bien savoir « où ça se passe », quel est le fin mot de l'affaire, notamment puisque nous en parlions quel est l'objet de la psychologie... si elle peut être d'utilité spirituelle.

 

Ce sera tout le sujet de mon bouquin, de mon prochain billet, lequel ne pourra que demeurer assez énigmatique, car il est SIMULTANEMENT dans la vérité des deux koans précédemment cités :

1 le Cyprès (Éveil, Vérité, Liberté, etc.) est dans la cour

2 c'est mentir et calomnier les maîtres spirituels de colporter de tels ragots.

Enfin, en tout cas, pour ma part, je tiens à déclarer qu'il ne siège ni dans le corps/physiologie, ni dans l'esprit/psychologie, mais, peut-être, s'il est quelque part, en ce moment même, c'est qu'il siège dans le même fait que vous et moi regardons un écran d'ordinateur.

(à suivre)

1Sauf à tenir compte de la loi d'interdépendance, qui est toujours là, mais souvent lointaine et indirecte, indiscernable.

21 juin 2014

Un Intermède supplémentaire

(Je résume : je n'entreprendrai de traiter « à fond » de l'actualité d'Alan Watts qu'en fin d'Automne. Le motif est celui invoqué dès l'ouverture de ce blog : un roman que j'écris, lequel, pour de bon cette fois, appelle son achèvement.

Je nourris l'espoir d'encourager mes visiteurs à ne pas se lasser ...hum !... de tous ces délais et « intermèdes » divers, en sorte...hum !... que je les retrouve un jour ...hum !...comme lecteurs de l'ouvrage que j'entends tirer ...hum !... un jour ...hum !...de ce blog sur Alan Watts.

Hum ! Lecteurs aussi de mon roman, qui participe tout à fait de la philosophie d'Alan Watts.

D'où ces quelques notules de rappel de lieux communs... ou qui selon moi devrions avoir en commun !)

 

Une pensée philosophique est de son auteur ; la Tradition n'appartient à personne, pas plus que l'état de conscience spécifique (nommée par certains spirituel) permettant d'accéder à son « ésotérisme » universel.

La question soulevée, de la relation de l'âme humaine à l'Esprit cosmique, étant atemporelle attendra bien encore quelques mois mon humble avis, qui n'a strictement rien d'original sur le fond. Et, je suis bien sûr qu'en votre propre Voie, ou tel sentier y conduisant, votre marche restera indifférente à ce nouveau délai.

 

Divers auteurs du XX° siècle, ouvertement tel Camus ou dissimulé dans un repli de sa pensée tel Kazantzakis, de nombreux penseurs et théologiens également (ou encore Alan Watts, en son a-théologie et/ou post-théologie) se réfèrent à la « légende du grand inquisiteur » contenu dans le dernier roman de Fédor Mikhailovitch Dostoïevsky Les Frères Karamazoff. Pour ma part, adolescent distrait, je pensais purement et simplement que Dostoïevsky était un auteur du XX° siècle. Les divers thèmes de son œuvre sont tellement d'actualité qu'il est d'ailleurs possible qu'en ce moment même, un adolescent aussi distrait que je le fus, est persuadé que Dostoïevsky est une génial auteur d'un XXI° siècle, siècle lui-même en son début d'adolescence ! Sait-on jamais...

L'erreur est compréhensible. Dostoïevsky sort des frontières de la Russie du XIX° siècle et s'universalise chaque fois que l'esprit de liberté et d'amour est en butte aux tendances de normalisation, de standardisation et d'aliénation de la lettre supposée en transmettre toute la vitalité joyeuse et fraternelle. Car Jésus, savez-vous, était en son Incarnation un joyeux luron d'une affection débordante. Le Prince Mychkine, le héros de cet autre œuvre de Dostoïevsky – L'idiot – est une imitation de Jésus-Christ (un Jésus qui n'aurait jamais été induit en tentation).

Sans compter que ces deux là avaient en commun d'associer très étroitement à l'esprit de liberté et d'amour celui de vérité et de justice. Et ça, il faut l'avouer, c'est y aller un peu fort !

 

Ces notules sont bien loin, semble-t-il, de la préoccupation d'un Éveil au sahaja nirvikalpa samadhi, au Tao immortel ou au suprême Satori. Il est toutefois bon de savoir que la « santé mentale » ne saurait consister à se tenir au dessus de tous les soupçons de l'Inquisition normalisatrice, qu'elle soit religieuse ou laïciste. Et, avec prudence, qu'il est relativement admis que l'esprit de liberté et d'amour, de sensibilité à la souffrance ou au désarroi de l'autre, sont des facteurs d'homéostasie mentale.

Voire qu'à compatir, on reçoit plus que l'on ne donne !

 

Et, pour en revenir à mon « dada » personnel, je rappelle que la fin du Moyen-Age traditionnel est à chercher fin 13°/début 14° siècle, que la légende du Grand Inquisiteur est supposée se dérouler au 16° en Espagne, mais aurait pu l'être sous le Maréchal Franco, ou en Russie lors des procès staliniens. Le zéro et l'infini ou L'aveu, respectivement d'Arthur Koestler et d'Artur London, sont bien plus représentatifs de l'Inquisition moderniste que les ténébreuses affaires de l'Inquisition ecclésiastique. (Dont les condamnations d'avant la Renaissance furent, le plus statistiquement du monde, moins fréquentes qu'on ne le laisse généralement supposer.)

 

Mais, tout ça n'est qu'intermède récréatif à l'approche des départs en vacances.

 

Sauf peut-être, qu'il faudra bien reprendre certains points par le menu, à partir de plusieurs aspects.

Par exemple,

que le Nouveau Testament (I Cor. 15, 46) nous dit que « Ce n'est pas le spirituel qui paraît d'abord, c'est le psychique puis le spirituel. »

que la Légende du Grand Inquisiteur est racontée à Aliocha le plus jeune frère, par Ivan Karamazoff, un rationaliste convaincu dont la santé mentale se dégrade toutefois sous les coups de boutoir de 'contacts' avec le Diable

qu'Aliocha est un novice en formation sous la houlette du Starets Zosime, un surprenant personnage qui « loin d'être sévère, paraissait enjoué » et qui affirmait que « La vie est un paradis où nous sommes tous, mais nous ne voulons pas le savoir ! » (Ce que dit aussi Alan Watts, se référant au Tao)

que celui qui a l'expérience de l'authentique foi ne peut qu'embrasser ses accusateurs (tout comme le Christ le fait pour l'Inquisiteur) « Car, à la logique, il ne sait opposer que l'amour »

(cf. Dostoïevsky, par Henri Troyat, Arthène Fayard 1960, p 403)

que Dostoïevsky, à l'instar de nombreux auteurs du 19° et des débuts du XX° siècle, était grandement préoccupé par la crise de la philosophie occidentale. (De nombreux auteurs russes, mais aussi des Keyserling, Mitrienovic, Gurdjieff, Romain Rolland, Tagore, etc. auxquels il faut adjoindre les tenants de l’École Traditionnelle (dite aussi pérennialisme, si j'en crois Wiki)

 

 

2 mars 2014

Psychothérapie Orientale et Occidentale - 00

Présentation

Ce livre n'est pas exactement un livre charnière mais plutôt quelque chose comme la fin de course d'un pivotement amorcé en 1956/publié 1957, lorsqu'il écrivit The Way of Zen (traduit improprement par Bouddhisme zen ; « Taoïsme chan » aurait aussi bien convenu, cependant qu'à vouloir à tout prix ne jamais traduire littéralement, The Spirit of Zen correctement traduit par L'esprit du Zen, aurait supporté sans dommage d'être rendu par « Le Bouddhisme zen japonais »).

Après Psychotherapy East and West, 1961, on peut dire qu'Alan Watts est définitivement devenu un Taoïste philosophe. Je dis bien un « taoïste philosophe » et non pas un « philosophe taoïste », fut-il d'Occident. Ceci afin de bien souligner qu'il est taoïste d'abord, s'exprimant dans un style philosophique ensuite, tel Li Bo (701-762) exprimant par la poésie la voie qu'il emprunte pour marcher – tout imbibé de nature, d'amitié et de vin ; ou, pour le dire d'autre façon : l'éternel dans les aléas de son existence mortelle.

 

Et, puisqu'il est question de poésie, et faire pendant à Ryôkan, je voudrais citer Baudelaire :

« Notre âme (…)

« crie:
«Amour... gloire... bonheur!» Enfer! c'est un écueil!

« Chaque îlot signalé par l'homme de vigie
« Est un Eldorado promis par le Destin;
« L'Imagination qui dresse son orgie
« Ne trouve qu'un récif aux clartés du matin.

« Ô le pauvre amoureux des pays chimériques! »

(2ieme partie, sur 8, du poème Le Voyage, de Charles Baudelaire.)

… le sens de l'Histoire occidentale comme Chimère !

La disparition de la conscience de l'ego séparé par la disparition de ses objets (ou la prise de conscience de leurs caractères illusoires), comme synonyme de « moyen » de l’Éveil et/ou Libération, est l'idée de Ryokan. La déception engendrée par l'idée de Progrès historique, celle de Baudelaire.

Voilà pour le cadre métaphysique, qui se dit souvent bien mieux par le poète que par le philosophe ou le théologien.

Pour ce qui est du psychologique, dès sa préface Alan Watts se demande si longtemps encore « ...l'étude d'une prétendue psyché pourra encore faire partie de la science. » compte tenu de l'évolution des sciences humaines depuis les débuts du XX° siècle.

Voyons quelques jalons que nous retrouverons en cours de lecture du texte :

– la toute première paraît bien être qu'il existe deux manières différentes d'envisager la « Psychologie »

– une psychologie A, comme science citadine plus que rurale (corrélativement, le pouvoir homéostasique, donc thérapeutique, qu'une vie en symbiose avec son environnement naturel renforce – quoiqu'il faille sans attendre souligner que vivre au milieu de moustiques, serpents vénéneux, etc. ne soit pas particulièrement un gage de santé. Ce qui implique la nécessité d'une adéquation synergique de l'organisme humain à son environnement, et réciproquement ! Cette réciproque pouvant être l’œuvre de l'action humaine, qui pose du même coup la question de savoir s'il vaut mieux vivre dans la jungle, les fumées industrielles ou dans l'Océanie des tableaux de Gauguin.)

et

– la psychologie B – comme aisance d'être, ou « épanouissement de soi », bonne santé tant physique que mentale, etc. (corrélativement, la possibilité d'une affection morbide, - d'un désaccord entre soi et son environnement donc de la nécessité d'un « soin » thérapeutique) quel que soit les lieux, temps, fonctions, espaces.

– que dans l'usage de l'expression « potentiel humain », il faut entendre « animal et divin » ; que le refoulement et/ou la répression est aussi dommageable dans la part spirituelle de l'être humain que dans sa part sexuelle et/ou animale.

– que toute approche systémique de l'humain devrait logiquement inclure cette animalité et cette « divinité » et/ou spiritualité de l'humanité.

Je ne produis cette énumération qu'afin d'affirmer que nous ne sommes nullement condamnés à une image de L'Homme Unidimensionnel, dont l'ouvrage du même titre de Herbert Marcuse paru en 1964, trois ans après Psycho..., etc. ou à une vie dans la crainte de l'Inquisition normalisatrice des Adorateurs du Veau d'Or.

– car cette inquisition exista dans les années soixante en Europe, particulièrement en France pays de la Raison cartésienne : elle s'attaqua (usant d'actions psychologiques et psychosociologiques spécifiques) à la maladie du Paternalisme ; laquelle consiste à penser qu'un patron, une direction d'entreprise, etc. ont une responsabilité éthique quasi familiale, à l'endroit des ouvriers, employés et collaborateurs beaucoup plus importante que le chiffre d'affaire ; et que la mise en chômage de ceux là même qui ont permis les heures de bonne fortune est une indignité. (Watts pensait que l'homme devrait être payé pour le travail qu'une machine fait à sa place.)

– Nous aurons probablement à poser la question : l'ésotérisme, une initiation ; mais à quoi ? Et d'y répondre : la liberté de l'esprit, tel le passeur de Zhuangzi, manœuvrant tel un dieu ou le nageur qui oublie l'existence de l'eau « même sans avoir vu un bateau » (Les philosophes taoïstes, La Pléiade, T I, p 223), dont Jean Levi, dans ses Propos intempestifs Allia, p 79) qu' « Il l'oublie parce-qu'il y baigne comme dans son élément naturel. Oublier le milieu, s'oublier soi-même et ne plus voir son moi agissant, tel est l'impératif d'une vie pleine et libre selon Tchouang-tseu. »



Nous verrons bien où nous mènera la relecture de Psychothérapie Orientale et Occidentale.

Ryokan, en hommage à Zhuangzi, écrivit ce poème :

     « Ce qui est approuvé hier,

     On le nie aujourd'hui. (…)

     L'idiot s'accroche à son pilier

     Et, où que ce soit, il ne voit que différences.

     Le sage sage atteint leur source,

     Promène sa pensée et passe son temps.

     Qui ne reconnaît ni connaissance ni ignorance,

On peut l'appeler alors l'enfant possédant la Voie. »

(Ryôkan moine zen, par Mitchiko Ishigami-lagolnitzer, CNRS Éditions, p 107)



En 1960, lorsque Alan Watts signe Psychothérapie orientale et occidentale depuis sa maison des Monts Tamalpais, il est heureux et libre. Il y connaît le bonheur depuis quelques années, libre de toute contrainte institutionnelle et financière, pourvu d'une audience bien plus grande que celle à laquelle il s'attendait. Il a trouvé en Mary Jane (dite Maryjo) l'épouse qu'il cherchait dans toutes les autres femmes. Il est heureux sur tous les plans.

4 février 2014

Trajectoire & Cheminement 3/3

Trajectoire & Cheminement 3/3

 

 

Deux-trois points sont à mentionner pour terminer cet intermède assez ludique.

Ensuite, je pourrai passer à ma joie de relire Psychothérapie... qui sera une occasion de reprendre l'ensemble des thèmes de la philosophie d'Alan Watts sous l'angle d'une œcuménie et écologie planétaire, commençant par un rejet de toute psychothérapie comme « gendarme de la conformité aux valeurs ambiantes1 », se poursuivant et se développant par une immédiate modification d'approche de la vie quotidienne comme d'une possibilité de tourner la clef d'une Porte (réellement) de Paix spirituelle (et donc inter-personnelle).

 

Il ne peut y avoir de bateau sans coque, ni de maison sans toit. Ce sont comme les «fondamentaux» qui les différencient, tout comme la présence d'une idée ou d'un symbole de transcendance est nécessaire pour ce qui est du sacré et/ou du religieux. Conditions nécessaires mais insuffisantes pour naviguer, avoir une maison qui soit un abris ou une vie intérieure qui soit mystique (déification et/ou spiritualisation du corps) et communiante (religion et/ou compassion).

On peut alléguer sans trop de risques qu'il y a une ressemblance entre ces mécanismes et l'établissement spécifique d'une trajectoire de vie et son insertion contingente2.

On peut aussi couper court en prenant sans attendre un sentier de traverse : derrière son masque de signe d'une transcendance royale, la Reine d'Angleterre, à 85 ans, n'a toujours pas abandonné son ego de passionnée du cheval, ni de «garçon manqué» qui, voici une vingtaine d'années mettait encore la main dans le cambouis du moteur de ses automobiles, qu'elle conduisait elle-même à un train d'enfer, etc. Ou, se demander si la rapidité de l'incident ne proviendrait pas d'un simple souci d'explication au vu de cette curiosité que serait une cérémonie officielle organisant le plongeon d'un cavalier et de sa monture dans la Tamise ! Pourquoi pas se demander si mon interprétation du vif mouvement de sémaphore des bras de la Reine est bien exacte, en dépit de l'exactitude de l'importance vitale qu'a toujours joué la Tamise et le Port de Londres dans la puissance économique et militaire de l'Angleterre... ?

Il est également permis de penser : qu'est-ce que ces galimatias du toit d'une maison sans murs, de navire sans voilure ni moteur, d'une transcendance ou d'un sentiment religieux sans religion instituée ?

J'ai déjà eu l'occasion, ailleurs, de déclarer qu'on « ne peut envisager de saborder deux ou trois escadres pour diminuer la population féline britannique »3.

Qu'attendre de telles notations, et quelle réflexion peut-on en tirer qui se fasse elle-même puissance de lancement et poids d'une trajectoire spirituelle ?

La naissance et la mort sont deux réalités antagonistes, mais qu'en est-il de la Vie et de la mort, l’Éveil ayant été obtenu ? Qu'est-ce qui meurt, qui était apparu à la naissance ; et qu'est-ce qui ne meurt pas qui n'était déjà/ou n'était pas là dès la naissance ? La mort était-elle seulement le retour au statut d'avant-naître ? Notre existence n'a-t-elle strictement aucune raison d'être4 ?

 

Korzybski et son « le mot n'est pas la chose » est un écho moderne de lointaines manières de voir....

L'avancée sur le territoire réserve des surprises que le tracée sur la carte n'indique pas...

Il en va un peu de même entre le cheminement et la trajectoire... A moins qu'on ne dise qu'une trajectoire est d'ordre épistémologique, dont la véritable visée est de faire de chaque pas du cheminement un éternel présent... Ce sera à vérifier (pour le confirmer ou le démentir).

 

« C'est grâce au doigt

Que vous pouvez montrer la lune.

C'est grâce à la lune

Que vous pouvez comprendre le doigt.

La lune et le doigt

Ne sont ni différents ni identiques.

Cette parabole sert simplement

A conduire les adeptes vers l'éveil.

Une fois que vous avez vu les choses telles qu'elles sont,

Il n'y a plus de lune ni de doigt. »

Écrivit le poète et moine japonais Ryökan (1758-1831)

comme pour rappeler Zhuangzi affirmant que les mots doivent être abandonnés une fois que la réalité qu'ils désignent a été saisie.

 

Post-scriptum : Il est normal et légitime que l'amateur/amoureux/pratiquant s'intéresse plus aux règles du jeu de pétanque ou de billard, etc. qu'à l'ésotérique « balistique ». Et, tout aussi bien sûr, s'il n'y avait un jeu à pratiquer ou un tracé sur une carte, irions-nous vérifier sur le terrain/territoire ce qu'il en est vraiment, dans le cheminement de chacun ?

 

 

 

 

 

 

 

1Se souvient-on qu'il exista (ou existe encore, mais en secret) une Agence de psychologues chargée d'intervenir dans les Entreprises pour « soigner » les patrons atteints de Paternalisme ; très grave névrose patronale conduisant la personne atteinte à une «inhibition à supprimer des emplois», voire pire encore (!) préoccupée du sort des familles dont l'un des membres est employé dans son entreprise ? Dieu merci, cette maladie mentale est en voie d'éradication totale quasiment sur toute la surface de la planète Terre !

2Dans le Christianisme insertion et/ou incarnation, c'est beaucoup plus l'aspect intégration/action sociale qui est connectée que l'incarnation comme unité du corps et de l'âme. Dans l'expression « l'Esprit s'est fait chair », il faut entendre bien sûr que l'Esprit s'est fait « corps et âme », et pas seulement un assemblage physiologique...

3Ne faisant que reprendre les démonstrations pleines d'humour de Willy Matthey dans son intervention, p 115, L'Homme moderne et son image de la nature, Ed. de la Baconnière, 1975.

4Alan aimait donner cette expression en français. Titrer La Signification du Bonheur, était alors (1940) possible, mais guère un sous titre « La raison d'être du Bonheur, Recherche de la Liberté spirituelle dans la psychologie moderne et la sagesse orientale » (Je souligne toutefois la proximité des mots Bonheur et Liberté, dès 1940, sans attendre l'ambitieux Bonheur-liberté de S.C. Kolm, pour définir le Bouddhisme profond.)

Publicité
29 janvier 2014

Trajectoire & Cheminement 2/3, B

Trajectoire & Cheminement 2/3, B

Je rappelle que l'objet de ce blog est la philosophie d'Alan Watts - une métaphysique (et sa sous-catégorie théologique et religieuse comme moyen d'accès au Sacré), une éthique (et/ou une psychologie personnelle des états de conscience permettant d'utiliser ces accès au Sacré comme d'une psychologie globale, donc l'ensemble des prétendues sciences humaines, de l'être humain affronté aux conventions sociales, prostituées depuis deux-trois siècles aux contraintes économiques), un art de vivre dans l'air du temps à proportion du parfum d'éternité qu'il porte, et bien des choses encore si l'on définit la philosophie comme un Savoir total et une Sagesse ; lesquels par ailleurs ne sauraient être vraiment planétaires si elles ne sont une pensée/vie amérindienne, arabe, bantou, chinoise ou esquimaude autant que grecque ou greco-cartésienne révisée et adaptée aux servilités de la mondialisation des banques.

Et, je rappelle ainsi que la trajectoire d'une boule de pétanque ou d'une boule de billard, l'impassibilité ou les mouvements d'humeur de Sa Gracieuse Majesté britannique n'ont ici leurs places qu'en ce qu'ils servent mon propos et ma propre existence... marquée ces temps ci d'une humidité ambiante favorable à la perception de rhumatismes, de mes rhumatismes personnels à moi. Vous, c'est peut-être un rhume, le démarrage difficile de votre automobile ou votre imperméable qui ne l'est pas assez sous la pluie...

Car, tout étant lié dans cet univers phénoménal, l'actuelle Reine d'Angleterre est une passionnée de cheval. (Et, l'association d'idées superficielles s'impose : Alan Watts a fait ses études de collégien à l'ombre de la Cathédrale de Canterbury et du sous-chef de l’Église d'Angleterre.) Une bande défilante, symbolisant toute la fougue de la Tamise – sur laquelle reposa des siècles durant toute la puissance économique et militaire de l'Angleterre – représentait un cavalier galopant sur l'un des ponts, se cabrant et (je suppose) s'élançant dans les airs. Malheureusement, pour mon œil de téléspectateur que tout laisse penser disposé sous le même angle de vue que celui de la Reine, une mauvaise disposition de cette bande donnait beaucoup plus l'impression d'une chute dans le fleuve qu'un bond dans le ciel ! On comprend l'émotion de la Reine et son interpellation gestuellement vigoureuse du Chef des cérémonies... La Reine dont on se souvient qu'elle sut maîtriser sa monture alors qu'on lui tirait dessus, lors d'une visite au Canada. La Reine s'aperçut immédiatement qu'il s'agissait de balles à blanc, mais pas le cheval, déjà passablement énervé par le défilé, les flonflons comme les cris de la foule. Obtenir d'un cheval qu'il retrouve rapidement tout son calme dans de telles circonstances n'est pas à la portée de n'importe quel cavalier... Et, il est connu que plus jeune, Élisabeth II était du genre casse-coup que ce soit à cheval ou en voiture automobile (dont elle était capable de vérifier la mécanique).

Toute la question, - d'accord !-, est de savoir si je suis en train de défendre la Monarchie, de faire allusion au problème théologique de l'efficacité d'un rite : dépend-il de la sainteté de l'officiant ou de l'exactitude de son exécution ? Ou bien encore – pourquoi pas ?– des réflexions assez acides d'un Alain Danielou sur ces intellectuels qui refond la société ou l'univers, mais sont incapables de réparer le moteur de leur automobile ou d'affronter le danger avec une bonne aisance. Est-ce une question de nerfs, de savoir faire avec son psychisme ou d'une foi fondamentale dans le sens de son existence ? Il n'est pas interdit non plus de s'interroger sur la naissance comme irréductible opposé de la mort, et sur la mort comme simple aspect de la vie elle-même...

Psychothérapie orientale et occidentale date de 1960, et appelle une certaine mise à jour. Les dites sciences humaines ont évolués ces soixante dernières années ; la pensée chinoise (dont vient le Chan/Zen) est mieux connue et, dans son ensemble, la sinologie française commence de s'intéresser à la Chine plus qu'à la sinologie ou un orientalisme aux préoccupations coloniales. (A cet égard, l'Orientalisme de rêve ou d'utilité guerrière s'est déplacé vers le « Monde arabo-musulman », du reste beaucoup plus musulman que numériquement arabe ; et, on en parle peu, l'étude de l'Occidentalisme à des fins militaires, par les anciennes colonies américano-européennes est une réalité.)

Je voudrais souligner qu'à mon avis cette pique anti-orientalisme est en congruence avec mon propos, si l'on considère avec Zongmi (780-841) que notre esprit, telle une perle de Claire Lumière en son essence, a la fâcheuse tendance de se colorer ou de se noircir au contact de son environnement chromatique. (cf. Bernard Faure, Bouddhismes, philosophies et religions, Flammarion, p 236-294)

Ou, autrement dit, qu'une trajectoire peut aisément se faire mousqueterie, jeu de ping-pong ou de billard, astronomie ou astronautique. On me dira que je mélange les torchons et les serviettes. Ce sera justifié. Les actuelles réalisations touchant à l'astronautique ou à l’astrophysique n'ont plus rien à voir avec les premiers Spoutniks, bien que le terme de « lancement » ait été maintenu.

Je reviens donc à la question mal posée dans le dernier billet de cet ''intermède'' mais que je conserverai présente à l'esprit tout au long de mon étude de Psychothérapie, afin de l'avoir à l’œil et de m'en défier.... : la Tradition (cosmologique, rituelle, initiatique et théophanique) peut-elle résister aux assauts humanistes, machinistes, scientistes, laïcistes, anti-ritualistes, anti-écologiques et anti-téléologique1 du Monde Moderne ? Poser ainsi les questions (philosophiques ou supra-philosophiques) revient à entrer dans une impasse en bloquant l’accélérateur au plancher.

Les difficultés d'une Claire Lumière, ou d'un éveil potentiel déjà là mais soigneusement camouflé – perturbé par les cinq sens (cinq couleurs) et ce patchwork plus ou moins artistique qu'est le mental

(=> entassement des nœuds de vipères d'émotions fluctuantes, d'idées abstraites figées et de représentations diverses qu'est le mental) individuel égocentrique retranché en ses murs, dénués de la moindre ouverture à un Mental Écologique et Cosmo-centrique.

Par « mental écologique », j'entends ici la perception consciente de ce que l'Inde appelle koshas, revêtements de l’Être, et la Chine les wuxing, les Cinq éléments animés des changements incessants du Yin-Yang... notre corps avec le corps du monde... dans l'alternative de se suicider ou de tuer pour manger... de résonner positivement ou négativement, esthétiquement et affectivement, sous la stimulation des objets de perception de nos cinq sens... et, pour s'en féliciter ou s'en lamenter, confronté à l'Inconnu qu'est l'expérience spirituelle, qu'on l'appelle sahaja (état/action naturels) avec l'Inde ou ziran (de soi-même ainsi/spontanéité 'intérieure' =/= des réponses aveugles aux stimuli externes)...

Ou, pour reprendre Alan Watts lui-même : Accepter de répondre à l'Invitation à la danse, la cosmique tai-ji quan. L'exercice conscient de soi sur soi-même peut y aider en en montrant les limites. Mais, « le spirituel » qualifié par Watts d'érotisme polymorphe, se développe de lui-même dès que l'âme est restituée au corps et que l'individu cesse de s'identifier avec l'ego. Ce qui consiste à assimiler le corps d'un sage à celui d'un enfant « qui va sans savoir où il va, et se tient tranquille sans savoir ce qu'il fait. Il se confond avec ce qui l'entoure et il en suit les mouvements. » (cité dans Psycho... pp 165-66... voir, par exemple, Les philosophes taoïstes, La Pléiade, p164 ; depuis 1980 diverses traductions et commentaires du Zhuangzi/Tchouang-tseu ont été proposés.)

Au fond, dans cet échange de « psy/spi » orientale et occidentale, l'intérêt est d'apprendre l'art et la manière de repérer du premier coup d’œil le point commun dans ce qui survient au dehors ou en nous, l'harmonie unifiante si bien cachée dans des « choses » aussi différentes que le jeu de billard et le jubilé de Sa Très Gracieuse Majesté Élisabeth II d'Angleterre...

 

 

1Je viens d'utiliser ce concept presque pour la rime ! Mon idée est plutôt en amont (quoique évidemment étroitement liée avec tout ce qui touche une approche écosystémique de notre planète) : le monde n'est pas vide de sens, mais une ensemble de signes changeants, en mouvement, qu'il nous appartient de déchiffrer selon notre « svadharma », notre nature (svabhoga) et devoir propres. C'est ici que l'aspect « existentialiste » du Chan/Zen reprend son utilité descriptive, quoiqu'il reste à examiner si dans un monde « dérégulé » être libertaire ne revient pas à rappeler l'utilité pratique de certaines valeurs telles que l'Honneur, le Respect et l'Obéissance (étant entendu que la désobéissance civile est une Obéissance supérieure).

20 janvier 2014

Trajectoire & Cheminement 2/3

Trajectoire & Cheminement 2/3, A

 

En comparant implicitement nos existences à la trajectoire d'une balle ou d'une boule, je pensais disposer sur la table de quoi nourrir une bonne plaisanterie, une bonne blague. Un intermède, c'est fait pour rire, détendre l'atmosphère en attendant mieux. C'est aussi amener et préparer « le sujet ». Et, il est bien certain que notre ego est jeté dans l'existence telle une balle ou une boule dont la trajectoire (le sens, la durée, les plaisirs comme les embêtements) n'est pas toujours bien contrôlable. Pan ! On naît, on meurt, et il arrive même que l'on ait pas le temps de se demander pourquoi ou comment une telle chose puisse se produire. (Se poser la question s'appellerait d'ailleurs philosopher ; y répondre se situerait plutôt côté folie ou débilité mentale...

faut être fou de croire que la cible visée soit le bonheur ou par défaut le plaisir ; et complètement débile pour croire que nous existons pour exister puisque nous existons et que nous ne mourrons jamais que pas simple cessation de l'existence.)

Bien entendu, ayant inséré l'idéogramme de la Force Qui Est en Vous1 et cru bon de lier cheminement (processus actif) à trajectoire (généralement passive), je laisse deviner une orientation. D'autre part, il n'est pas possible de créer un effet comique sans d'abord « noyer le poisson » comme le prestidigitateur attire l'attention sur de la frime pour dissimuler ses manipulations.

J'ai pris soin de réduire la définition d'une trajectoire à « puissance de lancement, poids et distance » + la cible ! … si on y tient. (ce « + la cible » étant inutile dans la mesure où elle est contenue dans la motivation - et/ou puissance de lancement - ; je peux comprendre que l'on juge absurde l'existence toute entière, mais devant l'existence d'une envie de chocolat il faut bien que je me demande comment m'en procurer pour satisfaire cette même envie...).

 

Psychothérapie... pourrait se résumer d'une seule phrase : la distinction philosophique orient et occident n'est plus possible géographiquement, la planète Terre s'étant unifiée par la/les science(s) humaine(s). (Que l'économie, supposée gestionnaire des diverses dépenses « énergétiques » physiques et psychiques de l'humanité, soit devenue une abstraction idolâtrée n'y change rien.)

L'ouvrage ayant 55 ans d'age, mon idée était et demeure de l'actualiser et de m'en servir comme levier d'une réflexion philosophique plus générale sur l'apport de l’œuvre d'Alan Watts, qui – Hélas ! Hélas ! Trois fois Hélas ! Mais c'est ainsi ! – demeure irremplaçable.

 

Je reviendrai sur mes balles et boules, au comparatisme philosophique et religieux, etc... mais je tiens à continuer d'aller droit au but d'une illustration qui est aussi l'expression de mon amour pour « Sa Majesté Élisabeth Deux, par la grâce de Dieu, reine du Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d’Irlande du Nord et de Ses autres Royaumes et Territoires, chef du Commonwealth, défenseur de la Foi », couronnée le 2 juin 1953. Qui, en 1980, rencontre le pape Jean Paul II au cours de la première visite d’État au Vatican d'un monarque britannique, gouverneur suprême de l’Église d'Angleterre. Deux ans plus tard, le pape se rend en Grande-Bretagne, pour rendre la politesse à sa collègue, homologue et égale Chef d’Église. (Juste pour caresser mes visiteuses dans le sens du poil : on comprend ici que la question des prêtres mariés ou des femmes prêtres, Évêques etc. ne peut se poser de la même manière dans une Église Anglicane assez misogyne parfois mais dont la Chef est une femme et l’Église Catholique qui semble trop souvent faite par des hommes pour des hommes.)

Ceci étant un intermède, et un intermède devant être de détente, on me permettra de rapporter des éléments qui soutiennent mon indéfectible respect ; lequel si j'en crois r fi lundi 06 février 2012 est assez british : «Les Britanniques peuvent être contre la monarchie mais pas contre la reine», résume un journaliste anglais, une façon de dire que si le système monarchique peut être discuté, le personnage de la reine demeure inattaquable, à travers les générations.

Cela fait pas mal de temps, lorsque je pratiquais intensément le « Yoga » en vue d'en arriver au « Yoga sans postures » (la manière la plus pratique et populaire de faire comprendre le Zen, avant la venue en France de Maître Deshimaru, un ami m'avait dit qu'il convient d'être aussi impénétrable et impavide que la Reine d'Angleterre ! Quasiment, à priori, tout l'opposé de la spontanéité (Ziran) résultant et/ou accompagnant la Voie du Chan/Zen.

D'abord, un véritable scoop (si j'en crois les deux heures que j'ai dépensées à tenter de trouver un article de journal qui y fasse allusion) : descendant la Tamise, seule à la proue de sa royale péniche, afin de se montrer à son peuple, la Reine était si impavide que sauf tout le respect que je lui dois elle paraissait dormir debout. Une momie ! Brusquement, elle a tendu son bras droit vers l'avant et, se tournant vivement, son bras gauche vers l'arrière. Double mouvement soudain, et accompagné d'un ordre qui devait être impérieux, si j'en crois le véritable bond en avant que firent le Chef du Protocole et je ne sais quel haut dignitaire.

J'imagine que le dialogue se borna à quelque chose du style :

« Qu'est-ce ?

Une animation, Votre Altesse. »

Et, aussitôt, retour de la momie cependant que les deux dignitaires regagnaient leurs places presque aussi vite qu'ils en avaient bondis.

Le nez dans son prompteur, le reporter (!?) continua imperturbablement de décrire les monuments bordant la Tamise. S'il avait regardé son écran, il aurait eu une occasion merveilleuse de parler de la personne même de Sa Majesté... personne qui n'a rien d'une momie mais tout d'une fonceuse ou d'un « garçon manqué », ainsi qu'il était jadis permis de le dire sans être accusé de sexisme !

Que s'était-il produit ?

C'est ce que vous apprendrez en lisant mon prochain billet...

 

 

1Une pub que j'ai dernièrement vue à la télé...

27 décembre 2013

Trajectoire et Cheminement

Trajectoire & Cheminement 1/3

 

/

(en trad. et simplifié le) Qi

 

Par exception à ma règle d'une réflexion spiralée

(= en fait, mon goût et ma psychologie, par opposition à des exposés pédagogiques, clairs et précis, supposés facilité la transmission. Pour la transmission d'un enseignement ou d'un renseignement verbal, par exemple la date de la bataille de Marignan ou l'heure de départ et d'arrivée des trains en gare de Perpignan, l'exposé didactique s'impose. Mais, d'un cœur-esprit à un autre, communication entre des vécus ou des expériences existentielles, je ne le crois pas. Certes, si vous n'avez compris de la date de Marignan que « 151? » 'et quelque chose' vous n'en connaissez pas la date exacte du tout et à ne savoir d'un départ «vers 20H» on s'expose soit à une longue attente, soit à rater le train ; mais la communication inter-personnelle est un peu plus légère et nuancée de souplesse.)

je voudrais aller droit au but, à supposer bien sûr qu'une trajectoire aille droit :

Prenons la trajectoire d'une balle. D'une balle de ping-pong ou d'une planète de notre système solaire, voire de la Lune ou du Soleil lui-même – tous ces objets ayant à nos yeux l'apparence de la parfaite rotondité d'une boule. Balle de ping-pong, de tennis, de football ou de mousquet, boulet de canon ; boule de pétanque, de neige, des premiers Spoutniks ou des étoiles filantes, il n'y a que l'embarras du choix.

Quelques points communs apparaissent d'évidence : leurs trajectoires dépendent de la puissance de lancement, de leurs poids et de la distance à parcourir avant de percuter la cible. Ainsi, ne l'oublions pas, de facteurs environnementaux (tel le vent pour une balle, les aspérités du sol pour une boule de pétanque ou l'attraction & gravité pour les satellites, etc.)

Je remarque l'existence de nos modernes vaisseaux spatiaux, ainsi que des roquettes à tête chercheuse, etc. Ils sortent totalement de notre propos : ils possèdent leurs propres moyens de propulsion et, de plus en plus souvent, de ciblage de l'objectif à atteindre. Restons-en à la classique idée d'une trajectoire dépendant de sa visée, son poids et de sa puissance de lancement, mais contrainte de tenir compte des obstacles rencontrés (passifs comme les aspérités du sol ou actifs comme le vent ou l'attraction terrestre, solaire ou interstellaire).

 

Ce sont des réalités scientifiquement établies, fort complexes en elles-mêmes, mais bien plus encore dans chacun de leurs contextes comme dans leurs dynamiques et interactions diverses.

 

Je voudrais les prendre ici comme métaphore du sens de nos existences.

 

Et, au passage, noter que la distinction majeure et/ou essentielle entre l'agnostisme et l'apophatisme est que le premier affirme que «nous ne savons pas» quand le second suggère que «nous ne savons pas le dire» ou que nous en disons trop et ne parvenons pas à nous entendre (en nous-mêmes presque autant qu'entre nous) sur ce qu'il devons en dire. Qu'au milieu ou d'un peu de tout ça, il y a des « réalités », dont on ne peut guère parler que par périphrase tel Zhuangzi (Tchouang-tseu) disant que «le Tao est le moyen que nous empruntons pour marcher». Faut bien dire (!) que l'on ne peut pas en dire beaucoup plus. Et, comme le dit aussi Zhuangzi, ceux qui parlent du Tao n'en ont seulement pas même entendu parler.

 

Plusieurs disciplines se voudraient traquer ce ou ces éléments essentiels constituant une trajectoire existentielle. Éléments si "basiques" (constitutifs, universaux ou invariants) qu'ils nous permettraient de comprendre le destin de n'importe quel être humain de n'importe où qu'il vienne et quel que soit son époque.

 

Je me demande si toute la question, ou la perte de temps, pour Connaître Qi, Spiritus, Pneuma, etc. (j'en mentionnerai quelques autres) ne serait pas de croire que Qi est chinois, Spiritus latin et Pneuma grec. Babylone !

 

Il y a une différence entre la « trajectoire orbitale » des Spoutniks et la « trajectoire » de la balle qui tua le Président J.F. Kennedy (pour mentionner deux faits appartenant en gros à la même période).

 

Dans le premier cas, nous parlons d'une prouesse scientifique ; dans le second, d'un assassinat.

 

Dans la perspective que je tente de tracer ici, il ne s'agit que d'une question de trajectoire, ici défini notamment par la puissance de lancement, de leurs poids et de la distance à parcourir avant de percuter la cible. (Dans le cas d'un satellite, la sortie et surtout la rentrée dans l'atmosphère peut être assimilé à une « percussion »). Mon propos n'est donc pas de saluer la prouesse ou de condamner un acte criminel.

 

Teilhard de Chardin, brancardier pendant la Guerre 14-18, courait chercher les blessés sous les rafales de mitrailleuses. On s'étonna qu'il n'ait aucune peur de la mort. Il répondit : ce ne serait que de la matière venant percer de la matière.

 

Toi, Qui Est l'Un, l'Unique et le Même,

Mais, que nous Prions de divers Noms...

dit la prière de l'Arche (Lanza del Vasto)

 

à suivre...

 

30 novembre 2013

Essai technique p Décembre

Simple essai technique. Excusez-moi, je vous en supplie mais le fonctionnement de mon ordinateur est détestable, et j'ai bien du mal d'y reconnaître l'expression du Tao cosmique, qui vient ainsi perturber mon existence d'écrivain...!

21 août 2013

Devoirs de Vacances (3/3)

Devoirs (& amusements) de vacances

Ego cosmétique et ego cosmique

 

Puisque le terme de signification de la splendeur du Soleil s'utilise comme signification de Dieu, il faut en dire un peu plus, au sujet du Signe : à priori il ne laisse qu'une alternative. Soit l'être humain est débiteur du signe1, soit il en est le créateur et sa nature est celle d'un producteur de signes.

Ce qui revient à dire que l'existence humaine a un sens ou n'en a pas.

Que le sens de l'existence nous vient du dehors ou de nous-mêmes,

Qu'il y a d'abord l'essence ou l'existence,

Que ce sens est transmis par diverses idéologies rivales, souvent en conflit – éventuellement guerrier.

Qu'elles pourraient peut-être aller ensemble... voire de concert !

Qu'à moins de se plier à la loi du plus fort (ou du plus avantageux pour soi-même, ce que Chogyam Trungpa qualifia de « matérialisme spirituel »), comment trouver le Juste Sens des choses et s'y accorder ?

Et, comment trouver cette part spécifiquement faite pour chacun d'entre nous ?

Mais, qu'à poser cette dernière question dépourvue de toute alternative se dénote un ''esprit religieux'', pour lequel le Tout a un Sens & Tout est signe de ce Sens de l'existence humaine & qu'il nous appartient de le déchiffrer, il convient d'y regarder d'un peu plus près. Le mot ''chiffre'' nous vient du sanskrit sunya (vide) qui passant par les arabes au Moyen-Age nous a donné chiffra, pour signifier ''zéro'' ou ''secret''. J'allais écrire : jusque là, c'est pas grave ! Car, ensuite, force est de constater que ce ''chiffre'' peut aussi bien concerner une réalité, un fait, un acte ou l'énoncé de ceux-ci. Et, dans ce deuxième cas, il est indispensable de connaître le langage utilisé, le mode d'emploi du déchiffrement. Tout français de ma génération et antérieure connaît au moins un vers de Verlaine du fait qu'il servit de chiffre au Débarquement Allié en Normandie, sa première partie « Les feuilles mortes de l'automne... » signifiant (= étant le signe de se mettre) en alerte et la seconde partie « …bercent mon cœur d'une langueur monotone » donnant le signal du commencement des opérations. On peut noter que ce chiffre est purement conventionnel. Par rapport au sujet de ces lignes, il s'agit d'autres choses, notamment deux :

La réalité d'un menhir (ou d'une stupa primitive) que les uns assurereront qu'il est un symbole religieux dont on ignore la signification exacte et les autres qu'il est un gros caillou planté en terre dont on se demande l'utilité. Le signe n'est plus exclusivement conventionnel : sa réalité objective peut peser plusieurs tonnes...

Le sens du Sacré, la relation directe à l'Univers, le comportement physique ou mental suscité par l'existence même d'une Nature, qui nous environne de toute part et nous affecte (par exemple de sa chaleur ou de sa puanteur), fonde toute religion comme toute science athée2. Empruntons sans attendre un chemin de traverse : les religions (& les libres penseurs eux-mêmes) énoncent ces réalités naturelles et dictent les comportements que l'on Doit avoir face à ces réalités. Et, elles ne sont pas toujours d'accord sur ces énoncés et ces comportements ''adaptés'' ; on peut remarquer que plus elles en font des discours, des doctrines, des règles plus elles ont tendance à oublier l'objet référencé par ces discours pour se concentrer sur la propagande de ceux-ci (joignant au besoin le sabre au goupillon). Leurs discours en devient aussi conventionnel qu'un chiffre de service secret, avec d'ailleurs des conséquences souvent aussi bellicistes.

= =

1- Ces billets de vacances, ajoutés les uns aux autres, produisent un effet assez loufoque (je suppose). Ils suivent la pente de mes associations d'idées, avec ses changements de niveaux, de catégories, voire de point de vue. Quel en est le fil conducteur ? Difficile à dire, c'est une jungle.

Mais, la Nature elle-même n'est-elle pas une immense jungle, un immense amas chaotique, que la pensée voudrait réduire à sa merci classifiante et géométriquement ordonnée ?

2- La première de toutes ces associations d'idées provient d'évidence (à mes yeux) de ce que j'ai été choqué d'une publicité à la télé dans laquelle une marque de déodorant ironise sur l'opposition de la sueur comme facteur positif et de la sueur comme facteur négatif. Elle entend nous faire penser que tout aspect positif de la sueur est une erreur, voire l'expression d'une certaine imbécillité générale, mais que – grâce à son produit d'une efficacité incomparable – le problème peut être purement et simplement supprimé : plus de sueur, donc d'interrogation à avoir sur ses aspect attrayants ou ses aspects repoussants. (Le spot publicitaire et moi-même laissons de côté la fonction d'homéostasie thermique de la sueur).

Se laisser aller à ses associations d'idées peut être très amusant (de grands comiques, tels Fernand Raynaud ou Coluche le prouvent sans qu'il soit besoin de faire spécifiquement appel à la lexicographie comme Raymond Devos s'en était fait la spécialité) ; cela permet de se libérer de la biblio-latrie et faire l'expérience hilarante que débattre de mots sans avoir l'expérience de la chose à laquelle ils se référent est stérile et inutile pour avancer sur le terrain. Lequel ''terrain'' est celui de ma vie à moi de tous les jours à moi, les miens et pas ceux du voisin ou de ma voisine au demeurant charmante. Toute chose bien terre à terre...

Progresser sur une voie de libération ne consiste pas à passer d'un chapitre à l'autre de nos croyances, mais à marcher sur le terrain tel qu'il est, par un soleil ou une pluie tel qu'ils sont. Se contenter de croire en sa propre expérience de la vie humaine peut être aussi néfaste à long terme que de se fier, de croire sur parole ce qu'en dit le manuel.

D'un autre côté, d'obéir à la seule loi de son expérience personnelle peut induire à l'erreur. A court terme, l'expérience prouve qu'aller chez le dentiste est au moins, - le plus souvent -, désagréable. Donc, évitons de prendre rendez-vous....une leçon qu'inspire l'expérience ?

Clarifier intellectuellement un problème peut ne pas être inutile, si l'on dispose de moyens pour le résoudre...(il est absolument certain, aussi sûr que 2+2=4 que si j'avais été faire mes courses en voiture climatisée conduite par un chauffeur expérimenté, l'autre jour dont je vous entretiens ne m'aurait pas fait suer!)

L'exposé d'un ''problème'' ne vaut qu'en ce qu'il est le miroir d'une réelle difficulté existentielle et qu'à l'examiner à ciel ouvert soit il disparaît soit la solution s'impose d'elle-même. Ou encore, apparaît dans toute son absurdité. S'il est clairement établi que l'excès de sudation provient de ce que vous avez couru en plein Été en pardessus, mettez-vous en maillot...3

Mon devoir de vacances préparant mon sujet de la rentrée sociale4, on notera qu'il en va de la vie spirituelle comme de la sueur : le meilleur moyen de ne pas y accéder (en bien ou en mal, que serait par exemple une vie spirituelle réduite à un moyen de réconfort moral), c'est de supprimer ou de vider de tout sens l'idée même de l'existence d'une chose ou entité appelée «spiritualité», ou QI, ou Soma.

C'est de faire à «spiritualité» le même sale coup que l'on fit à «convivialité».

«Convivialité» était un concept permettant de comprendre comment on peut vivre, produire et être sociétale ment (!) utile tout en obtenant ou élargissant sa propre liberté d'action ; et l'idéologie dominante en a fait l'heure de l'apéritif, le verre de l'amitié ou un repas pris en toute ''convivialité''. L'usage du terme de ''convivialité'', tel qu'il fut initialement défini, indiquant tout instrument dont l'individu demeure le maître et, en droit de s'en faire une fête, pourquoi se l'interdire à l'heure de l'apéro ? Certes. Il n'en demeure pas moins une Sortie individuel (ou d'individus) du Système.

« Spiritualité » ne sera jamais une sorte de raffinement de l'esprit (entendu comme psyché) ; « Spiritualité » est Sortie de l'Espace-temps tout comme de la Conscience du Corps-esprit (psychosomatique). Spiritualité est Déification (fut-elle athée) momentanée ou définitive. Spirtualité est un Au-Delà du Par delà (de toute conception ou pratique religieuse)... et entière et totale absence d'ingérence de l'ego. Ce qui le fait dire sublime et ineffable...

Surtout, n'en parlez pas à votre médecin ou à votre « psy »... il vous ferait enfermer !

= =

Pour la sueur (et sa potentielle convivialité, à propos!)

Le scientifique peut noter : « L’odeur corporelle, bien plus qu’une gêne »(13/08/13)

« Notre corps a une odeur. De même que tous les animaux de la Terre ont leur odeur. Les bactéries de notre peau décomposent la sueur et créent une empreinte personnelle de chacun de nous. Les émotions et l’attraction sexuelle ont elles aussi leur reflet olfactif. L’essor de l’hygiène personnelle ferait-il disparaître cette voie de communication ?

La peau est l’organe chargé de la réfrigération du corps (…) La flore microbienne prolifère dans les zones du corps où les glandes sudoripares et sébacées (qui sécrètent de la graisse) sont nombreuses et où l’humidité est retenue par les plis corporels, les vêtements et les chaussures.  Il n’est donc pas étonnant que les aisselles, l’aine et les pieds soient les parties les plus odorantes de notre corps.
(…) En conséquence, notre odeur corporelle, réduite aujourd’hui au minimum, est passée du statut d’élément notoire de notre personnalité à celui d’objet d’études scientifiques. »

'Sources : « L’odeur corporelle, bien plus qu’une gêne »(13/08/13)
-    www.leblogdelapeausaine.org 
-    International Journal of Cosmetic Science - History of Hygiene
)

Auteur : Andrés Martínez, journaliste scientifique

=

Et Le Soûtra du Lotus de la Bonne Loi nous Rappeler

« Le Bôdhisattva Mahâsattva qui possédera cette exposition de la loi, qui l’expliquera, qui la lira, qui l’écrira, obtiendra la perfection du sens de l’odorat, lequel deviendra pour lui doué de huit cents qualités. Avec cet organe de l’odorat ainsi perfectionné, il percevra les diverses odeurs … celle des fleurs... les divers parfums des fleurs aquatiques... les arbres... les diverses espèces de créatures, telles que l’éléphant, le cheval, le bœuf, la chèvre, les bestiaux, ainsi que celles qui s’échappent du corps des différentes créatures qui sont entrées dans des matrices d’animaux ; celles des enfants des deux sexes, des femmes et des hommes ; celles des herbes, des buissons, des plantes médicinales, des arbres, rois des forêts... celui des cent mille espèces de mélanges de fleurs divines de tout genre... il les reconnaîtra ; et l’organe de l’odorat ne sera pas pour cela blessé ni offensé chez lui de ces diverses odeurs.

(61.) Son corps devient parfaitement pur, pur comme s’il était de lapis-lazuli ; celui qui possède ce noble Sûtra est constamment un objet agréable aux yeux des créatures.

(62.) Il voit le monde sur son propre corps, comme on voit l’image réfléchie sur la surface d’un miroir, existant par lui-même, il ne voit pas d’autres êtres [hors de lui], car telle est la parfaite pureté de son corps.

(66.) La pureté de son corps est telle, qu’il y voit la totalité de cet univers ; et cependant il n’est pas en possession de l’état de Dêva ; c’est son corps naturel qui est ainsi doué. »

= = =

= = =

J'ai découvert l’œuvre d'Alan Watts un an après avoir découvert l'étude et la pratique intensive du Yoga. Le Yoga m'avait laissé entendre que la seule utilité de l'ego est d'avoir conscience d'exister plutôt que d'être mort ou non-né, que l'ego n'est que la 1/21nième (voire 63nième) partie de l’Être selon les indiens, 1/99nième selon les tibétains. Si j'avais bien compris (mon étude/apprentissage est un peu lointaine : 1966-1967), la différence entre indiens et tibétains (ou chinois) tient au fait que ces derniers pensent qu'un problème philosophique ne peut être résolu s'il n'a d'abord été posé. Il n'y a rien à trouver ou à réaliser qui ne soit déjà là. Pourtant, c'est comme ça, des «problèmes» se posent à nous. Force nous ait de constater a-) qu'ils sont là b-) qu'ils n'ont pas lieu d'être là c ;-) qu'ils peuvent donc disparaître d ;-) qu'ils ont disparus.

Pour reprendre l'exemple si contingent de la sueur : il faut croire qu'elle existe, il faut expérimenter personnellement son existence «positive» ou «négative», il faut en tirer les conséquences et s'en libérer.

Si vous n'avez jamais sué de votre vie, il est peu probable que vous puissiez imaginer ce dont je parle.

Si lisant Alan Watts on ne remarque pas que ce qui vaut pour lui vaut pour soi, la lecture de son œuvre est inutile.

Ce pourrait être une première distinction fondamentale provisoire entre le psychologique et le spirituel : le psychologique observe le dehors, le spirituel (la chose de qualité spirituelle) vu au dehors trouve un écho ou un reflet directs en soi-même – et réciproquement. Dans la ''chose spirituelle'', le mot EST la chose. Le psychologue démontre - à juste raison - que la ligne Maginot du mental est infranchissable ; le spirituel passe par la Belgique du territoire Réel, du terrain tel qu'il est...

 

Mais, je ne pue la sueur qu'autant que vous la sentez.

 

«As I am also a you, this is going to be the king of book that I would like you to write for me.» (Comme je suis également vous, ça va être le genre de livre que je voudrais que vous écriviez sur moi.) nous dit Alan Watts en première ligne de In my own way.

Ambition passionnée d'un fervent de son œuvre, j'aimerais que mon prochain essai soit du genre de livre qu'Alan Watts aimerait lire sur sa philosophie.

Les notes de ce blog en seront l'ébauche dans les mois à venir.

1Tel que l'a chanté Rabindranath Tagore, par exemple.

2A mon avis, qui n'engage que moi, penser qu'une connaissance puisse être rigoureusement athée est aussi absurde que de prétendre que nous sommes les créateurs de la nature ; nous sommes les créateurs de ses chiffrements, tout au plus.

3Je dois d'ailleurs avouer que je me prépare à mettre en ligne ce devoir & amusement de vacances alors que cette fin d'après-midi j'étais de retour de mon parcours habituel, mais ayant été trempé jusqu'aux eaux par une averse bienfaisante que la chaleur ambiante s'est chargé de sécher sans avoir toutefois le temps que ne s'enclenche la moindre sudation : j'étais déjà de retour chez moi, mes vêtements secs, le corps frais et dispos, l'esprit clair. Ce qui m'a donné l'idée de relire ce devoir & amusement de vacances d’Été.

4Selon le calendrier citadin. Dans l'ancienne agriculture, l'automne marque la fin des récoltes accompagnée d'un ralentissement & changement d'activité.   

Publicité
<< < 10 11 12 13 > >>