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La Philosophie d'Alan Watts
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31 juillet 2021

Calepin Alan Watts 0004

Calepin Alan Watts 0004

31//07/21

Mon Bon Vieux Calepin Alan Watts n° 0004

Ma vie ; qu'en faire ? N° 0004

 

Je n’ai pas manifesté grand enthousiasme à venir en ce monde et une césarienne y fut nécessaire. Au reste, à l’age de 22 ou 23 ans, je fis un rêve très éloquent. Mon psychanalyste éclata de rire : voilà au moins un rêve, qui ne demande pas grand effort d’interprétation.

Il n’y a « rien », sinon un sentiment de « présence »… puisque c’est lui qui « débute » mon rêve.

J’entends comme un « craquement », chose d’autant plus insolite que le milieu est aqueux. Je prends conscience de la différence entre « moi » et ce liquide, par le simple fait que son niveau se met à baisser, découvrant des parois d’un orange vif. Au fond une lueur plus jaunâtre que rouge. Le liquide baisse de plus en plus, produisant un fort courant, qui…

… me jette dans la Seine, non loin du Pont de Grenelle, avec diverses bestioles et les eaux usés du XVI° Arrondissement. Sensation d’écœurement plus que de peur. Véritable course pour atteindre l’Île des Cygnes (dont une extrémité donne justement sur le Pont de Grenelle ; de l’autre côté, c’est le Pont Bir Hakeim).

&

Jean Levii le dit ainsi : « … le monde ordonné, rationnel naît de la mort de la totalité indivise… quand on possédait des virtualités alors la richesse de l’embryon, gros de tous les possiblesii...

iPropos intempestifs sur le Tchouagn-tseu, Editions Allia 2003 - iiP 27

 

 

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19 juin 2021

Calepin Alan Watts, 0000

Mon Bon Vieux Calepin Alan Watts

Ce nouveau « calepin » ressemblera plus à un volumineux dossier aux feuillets débordant de toutes parts, qu’à ce petit carnet de notes brèves, assorties de quelques phrases clefs et d’un index utilitaire, que j’utilisais à 17 ans. C’était l’époque de mes premiers contacts avec la culture et la réalité psychologique chinoise. Je prenais soin des notions et sentiments emmagasinés.

Par la suite, une dizaine d’années plus tard, j’ai tenté de reprendre cette formule d’étude. Avec moins d’efficacité.

L’exigence de rigueur était devenue moins déterminant. Tout acte d’écriture & prise de parole peuvent tout aussi bien être d’expression, de commentaire raisonné ou de recherche de son objet.

Ce qui me plaît dans cette nouvelle aventure d’écrire est son imprévisibilité.

Il va sans dire que toute retombée éditoriale possible me ravirait ; j’aimerais bien alléger la misère dans laquelle je vie.

         
22 mars 2021

TROIS SPECIAUX CORONA

Spécial lundi 22/03/21

Trois spéciaux Corona

 

1- Je ne pensais pas être aussi silencieux, mais à constater la cacophonie générale… autant ne pas y participer en devient un quasi devoir civique. Et, je ne vois pas l’utilité de répéter sans cesse que tous ces petits et grands malheurs, particulièrement ceux qui en meurent bêtement que ce soit en raison des défaillances du système sanitaire ou que ce soit le résultat de son propre manque de précautions élémentaires, proviennent des formes sociétales des diverses nations.

 

2 – C’est un appel au secours. Face à ma situation de misère économique, quelques dons me soulageraient et me permettraient de surmonter cette passe difficile.

Cela s’est déjà fait une fois. Et, grâce à des dons, il m’avait été permis d’achever la publication de mon Chanxué, Alan Watts et le Chan/Zen tout comme de mesApproches du Chan Originel, libres commentaires sur le Xin Xin Ming. Ils demeurent HC (hors commerce). Cela vaut mieux, car ces textes étaient assez mal boutiqués. Quelques exemplaires avaient été vendus sur souscription, sans plus.

Mais, une grande partie de ces textes seront repris dans des projets que j’ai en tête.

 

3 – Je conserve mon idée de tenter, après Pâques, d’une formule plus interactive entre nous…

Ainsi que la création d’une « Fraternité » ou d’une « Conférence permanente », s’inspirant et se conduisant sous la houlette spirituelle d’Alan Watts. Quelque chose de sérieux (type association loi 1901).

 

Pour toutes ces questions, voudriez-vous prendre contact avec moi, ne serait-ce qu’à titre exploratoire, comme on dit en langage diplomatique.

Et, s’il vous plaît, s’il vous plaît, s’il vous plaît, si vous pouviez me « donner la pièce »…..

Cliquez sur Contacter l’Auteur.

 

8 décembre 2020

Alan Watts reçoit Madame Corona, 8

 

Alan Watts reçoit Madame Corona, 000, 8

 

(Ceci, indexé « 000 », présentant quelques notes propédeutiques jetées en vrac au fil du clavier)

Mon premier billet de cette relance de mon blog sera mis en ligne le jour anniversaire, ou peu après, de la naissance d’Alan Wilson Watts, le 6 Janvier 1915.

A mon idée, en tant que « blogueur », se voulant écrivain et philosophe free-lance, à moins que ce ne soit in partibus, c’est une aventure psycho-littéraire qui devrait durer quatre années, soit jusqu’en Janvier 2025. Un minimum pour passer un message situé à la frontière du langage et du silence.

Chaque billet comportera trois approches centrales, qui s’emboîteraient les unes dans les autres telles des casseroles ou des poupées russes, si l’importance, et le nombre de lignes, n’étaient très variables.

&

A relativement court terme, mettons au cours du printemps prochain 2021, je tenterai un moyen ou un autre d’inter-activité. Non pas pour le plaisir de débats ou de disputes philosophiques intéressantes, mais parce que le temps passant je me suis habitué à des formulations assez désuètes (médiévalesi). Que l’on m’interroge ou que l’on m’interpelle sur tel ou tel point me permettra de préciser ou de rafraîchir ma manière de voir. La plupart du temps, ce sera facile et réellement comme un rafraîchissement psychologique. Mais, pas toujours, car il y a un véritable problème : l’idée, le concept, l’application concrète de Tradition ou de Philosophia Perennis ou d’ésotérisme, comme disait Watts, c’est tout un « bazar ».

&

Une grande casserole, cercle extérieur => compilation de faits biographiques sur Alan Watts, sa vie, son œuvre > ce sera la seule partie véritablement fiable pour qui voudrait utiliser les indications, faits et dates fournies à ses propres fins d’étude ou autre. Dans cette approche, le moins qu’on puisse dire est qu’elle sera libre de tout droit d’auteur.

Une moyenne casserole, cercle intérieur => ce qui dans la vie d’Alan Watts évoque (par association d’idées au sens psychanalytique usuel & comme une résonance intérieur ou, contradictoirement, par déduction logique) ma propre vie… en dépit des apparences. Car, à première vue, lui et moi, nous ne nous ressemblons en rien, rien du tout.

Une minuscule casserole, cercle central => La Tradition primordiale, métaphysique unique, pour faire court « traditionactualiste » de la philosophie perennis.

Pour illustrer cette bizarrererie linguistique, une incongruité par définition, pérenne = « de toujours », un élément intrinsèquement constitutif de la vie humaine. Or, voici qu’au début du XXI° siècle, un gène a disparu à tout jamais de notre planète…

Je n’en sais guère plus, et veuillez avoir la gentillesse de poursuivre votre visite…. Je reviendrai sur ce sujet dans deux ou trois ans seulement. Si j’ose y revenir ! Mes connaissances en ce domaine sont nulles. Zéro ! La seule chose que je crois avoir compris est qu’en principe, ce qui se perd ici se retrouve ailleurs. Ça fonctionnait comme ça depuis quinze milles ans, et en quinze milles ans, rien n’a jamais disparu vraiment… tout au plus « ça » peut se transformer…

Quel que soit le fin mot de l’affaire, c’est le mythe qui s’y rattache tout logiquement qui m’intéresse : notre planète est mortelle, tout comme les humains & parasites qui y prospèrent.

J’aimerais bien savoir l’avis de Madame Corona…

&

Les queue, manchon, poignée de casseroles seront forcément présents dans mes billets => faut bien un accrochage au mur => le mur de la réalité conventionnelle (maya)ii.

i Ou plus loin encore, la Tradition pérenne affirmant que l’Esprit est comme inscrit dans nos gènes. En psychologie, certains affirment en parallèle que le « refoulement spirituel » cause autant de dégats que le « refoulement sexuel ».

ii Alan Watts disait que s’éveiller consiste à sortir des illusions de la réalité conventionnelle.

16 août 2020

Alan Watts reçoit Madame Corona

15/08/2020

 

Alan Watts et Madame C - 000

 

Mon idée était de reprendre ce blog sur la philosophie apophatique d’Alan Watts (alanwattsapopha) en utilisant le procédé de mes « Devoirs de Vacances », de l’Été 2018.

 

A des aléas personnels, sur lesquels je m’expliquerai, se sont ajoutés ceux de Madame Coronavirus Covid 19. Ces dommages collatéraux (ou constitutifs?) de la Mondialisation, ne me regardent pas – en principe. Je ne crois pas qu’Alan Watts en aurait dit grand-chose, pas plus que les autres tenants de la philosophia perennis tels Aldous Huxley, Alain Daniélou ou, bien sûr, tous ceux pour qui les noms d’auteurs, d’acteurs ou de penseurs « Traditionnels » ont de l’importance. (Je n’ai PAS DIT inféodés, affiliés, partisans & partiallisants / partielllisants de ces divers courants.)

La Mondialisation (exclusivement) du Commerce… dont nous voyons les premiers effets…

Il est toujours périlleux de sauter d’un train en marche – quoique ralenti ces derniers mois.

Par contre, ayant compris l’avertissement de Dame Corona, il rappellerait qu’aucun devoir de citoyenneté planétaire ne nous oblige à retourner en gare mondialiste reprendre un train pour la crétinerie dominante du « monde d’avant ».

Madame Corona nous avertit des deux dangers contraires :

UN => Celui de ne pas tenir compte de son avertissement (sans trop de frais, pour le moment puisque nul n’est actuellement en mesure de prévoir, gérer et choisir toutes les répercutions de ce confinement&déconfinement&re-confinement inavoué). Celui qui est aussi un simple bon sens, de chercher à comprendre ce qui se passe actuellement. Et de se refuser à accuser tel ou tel lampiste !

DEUX => Peut-être... Admettre une bonne fois pour toutes que le devoir citoyen n’est pas le devoir des chefs d’États.sont deux. Quiconque prétendant représenter l’autre n’étant qu’un menteur ou un aveugle.

 

Yinyang TaoChan/zen !

Et puis, faut savoir ce que l’on veut : gagner sa vie ou gagner de l’argent ? Tenter l’aventure intérieure d’agir pour concilier Bonheur et Liberté ou bien ingurgiter le meilleur antalgique et somnifère du marché ? (Tant au sens symbolique que de la pharmacie industrielle. Je ne dis rien des hallucinogènes publicitaires, ni des matraquages mentaux de l’audio-visuel, et autres !)

 

Nota : En tout ce qui relève de cette « crise » – d’une durée incompressible de quatre ans, inutile de se leurrer ou de tenter de tromper, j’utiliserai l’expression Madame Corona, toujours avec Respect. Face à un danger potentiellement mortel, la toute première attitude correcte est de ne pas le mésestimer.

Tous ceux qui puisent leur philosophie de vie, leur pratique de vie philosophique, etc. et s’en sont déjà suffisamment nourri ne manqueront pas de faire observer qu’Alan Watts lui-même rappellerait l’adage du pessimiste voyant son verre à moitié vide et de l’optimiste qui le voit à moitié plein.

Effectivement, il pourrait s’avérer que la « visite » que nous rend Madame Corona soit, aux terriens, de l’ordre d’une bénédiction céleste.

En quatre ans, je pense avoir largement le temps de m’expliquer sur ce caractère yinyangdao.

 

(à suivre)

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22 novembre 2018

Alan Watts et moi – & réciproquement ! (03)

Et vous – ou toi qui visite ce blog

- laissons de côté la philosophie académique, tout en notant toutefois, qu’elle n’est pas à rejeter, qu’elle est potentiellement un appui et un réservoir de mots pour formuler « son soi » et communiquer avec les « soi » des autres : toi, lui, eux, etc.

*

Je reprends :

Mon idée pour mes « devoirs d’été 18 » était d’exprimer une citation de Paul Valéry qui résume tout en une seule phrase : «J'estime philosophetout homme, de quelque degré de culture qu'il soit,qui essaye de temps à autre de se donner une vision d'ensemble,une vision ordonnée de tout ce qu'il sait,et surtout de ce qu'il sait par expérience directe, intérieure et extérieure. »

Pour visualiser mieux la synthèse=> J'estime philosophe

1) tout homme, de quelque degré de culture qu'il soit,

2) qui essaye de temps à autre de se donner une vision d'ensemble,

3) une vision ordonnée de tout ce qu'il sait,

4) et surtout de ce qu'il sait par expérience directe, intérieure et extérieure.

Tout, ou presque. La Philosophie Perenne, la philosophia perennis, également nommée Tradition avec une majuscule bel et bien de majesté ET ses rapports avec l’ésotérisme, lequel ne peut exister sans exotérisme.

Étant entendu, au plan strictement rhétorique, une dissertation pour classe terminale, qu’il est certainement possible de démolir René Guénon par Paul Valéry – et son contraire.

Toute la « culture » peut aussi bien être une source de plaisir, une contrainte, un moyen de s’aveugler, un rappel à l’essentiel de la vie intérieure (=une unité sans crainte ni culpabilité).

 

31 octobre 2018

Alan Watts et moi – & réciproquement ! (02)

Comme vous le savez sans doute : il est admis dans le Chan/Zen, ainsi que dans le Taoïsme premier que la « transmission/initiation s’effectue en dehors des écritures », que l’expérience personnelle & silencieuse est nécessaire. Pourtant, nombre de traditions mettent en garde contre les limites de l’expérience et le danger potentiel, à trop s’y fier, de se mettre le doigt dans l’œil. On pourrait dire qu’il y a plusieurs demeures dans les maisons du Chan/Zen comme dans la maison du Seigneur (monothéiste).

C’est un peu comme l’illusion de croire (pour l’avoir visité ou y avoir vécu) que, connaissant parfaitement bien une pièce, on connaît tout aussi bien un immeuble que son architecte et les maçons qui l’ont construit. Nombre de contradictions absolument inconciliables proviennent de là. Il est bien certain que votre opinion générale sur la voie ne peut qu’être différente selon que la pièce que vous habitez/connaissez d’expérience est située plein nord ou plein sud, plein est ou plein ouest. C’est en cela que l’échange philosophique, la dispute des idées, sont fécondes ; il ne peut qu’être fructueux de savoir que l’expérience de votre voisin, quoique aussi intense et extatique que la vôtre, se présente tout autrement.

Cela dit, le sujet de ce billet n’est pas de réfléchir sur les rapports nécessaires d’un « faire ce que vous voulez ou n’importe quoi pourvu que vous fassiez quelque chose » (le but et le sens du faire n’est pas dans l’objet mais dans l’âme du faiseur) ET le fait, pour emprunter à Watts (à la dernière page de son autobiographie In my own way) ; qui citait un Abbé de monastère japonais zen, que « n’importe quel livre convient et fait l’affaire pour étudier le zen, par exemple Alice au pays des merveilles. »…

Ce n’est pas plus le sujet, mais une occasion de remarquer l’ambiguïté du souci du patrimoine : le vrai bénéfice de l’entreprise est dans la formation de ceux qui s’en occupent. Pas pour le touriste, qui, lui, s’y abêtit. (Mais, restons pragmatiques, l’un ne serait plus possible sans l’autre – hélas !)

Dans mon esprit l’intitulé de mon blog alanwattsaposopha est une contraction qui signifie Alan Watts et l’apophatisme de la sagesse. Sophia comme sagesse & perception de l’essence des réalités et, bien sûr, comme philosophie & amour de la sagesse entendu en vie, vécu, art, expérience philosophique intime et non de compilation érudite.

Pour citer une seconde fois cet abbé zen, dont Alan Watts rapporte les propos pour conclure son autobiographie:Le son de la pluie n’a nul besoin de traduction.

On (« on ») est en droit de se poser la question : Alors quoi ? Est-ce Tetsugen, faisant de la cuisine son « étude » (ch. Xue => ) qui importe ou le fait qu’il était aussi un grand érudit ?

Finalement, avant de traiter d’Alan Watts, ne faut-il pas d’abord définir un peu ce philosophie, philosopher, vie philosophique, approche raisonnée, vision du monde (et moi dedans ou dehors celui-ci) ?

 

21 août 2018

Devoir des Vacs d’Été 18 – 01,02 bis

Ce qu’on peut reprocher à la philosophie, c’est qu’elle ne sert à rien.

Disait Paul Valéry

A mon avis, car je n’en sais rien, Valéry voulait dire par là qu’il ne sert à rien de se jeter à l’eau avec son manuel de natation.

(Par contre, l’autre citation de Paul Valéry que j’emprunterai pour clôturer cette série de billets dits « de vacances » se suffira à elle-même.)

Auparavant, j’aurai probablement fait une brève présentation de La philosophie du Tao, Alan Watts, Ed. Du Rocher et rappelé aussi qu’Alan Watts, lorsqu’il donnait des cours (ressemblant un petit peu à ce qu’on attend d’un « cours ») prévenait ses étudiants qu’il prenait la parole en présupposant connu de son auditoire la teneur de l’ouvrage Lesenseignementssecrets des Bouddhistes tibétains, d’Alexandra David-Neel (sur la multiplicité du moi, par là son inexistence ontologique).

&

Et, par le fait, on ne peut que se ranger de l’avis fort pertinent de Pierre Dac : « Parler pour ne rien dire et ne rien dire pour parler sont les deux principes majeurs et rigoureux de tous ceux qui feraient mieux de la fermer avant de l’ouvrir. ». Mentionné dans Le Mendiant (sensdutao.over-blog.com).

L’objectif n’est pas de choisir entre l’aphasie et la logorrhée. En deçà de ses pathologies, parler est une attitude d’ouverture réelle à l’autre. Mais, la valeur de parler comme aussi de se taire dépend sa propre attitude & intention. (La diffusion d’une vérité ne vaut que motivée par un souci de justice. Sens premier du mot « pravda » en russe, qui désigna la propagande de l’organe de presse du même nom, à l’époque stalinienne. Un minimum de culture slave peut être utile pour comprendre certaines tournures inhabituelles de phrases de plusieurs auteurs dits ésotéristes – Gurdjieff, par exemple.)

Résumons : tenir compte d’une vérité est toujours salutaire mais toute vérité n’est bonne à dire qu’en vue de la justice (relationnelle, économique, politique, qu’en sais-je ? Thérapeutique, pourquoi pas ? Par exemple, qu’un mal de tête peut provenir d’une cravate trop serrée, ou un mal de pieds de chaussures trop petites.)

Il y a également ce si fréquent hiatus entre le silence oral/buccal et silence mental. Hiatus qui peut avoir le même effet qu’un tuyau dont on presse le bout de sortie et y gagne en puissance – quand fermer ou sinon fermer, réduire l’ouverture du robinet arrangerait la difficulté. N’oublions pas la verbosité purement buccale se réduisant à la perméabilité d’un mental en imitation et citation spongieuses.

Avec ou sans passage par ces gaudrioles estivales, cette inutilité de la philosophie se révèle dans la quiétisme, l’apophatisme, la différence (intra quêteur de libération) de l’abrupt et du progressif dans la conception même d’une vision du Réel – observation, réflexion, méditation, contemplation, unification.

Pour résumer, on substitut l’habituelle triangle de la Signification

 

Signifiant Signifié

 

 

 

Référent

Rappel :

Signifiant => le mot

Signifié => le sens lexical

Référent => la chose

 

[L’ennui étant qu’Alan Watts reprend à son compte l’affirmation centrale d’Alfred Korzybski « La carte n’est pas le territoire qu’elle représente », simplifiée en Le mot n’est pas la chose.

(nama – rupa ; le nom et la forme)

On conseille de se défier de la corde dont la forme vous évoque un serpent.

(Mais, au fait, ne vous est-il jamais arrivé de botter une couleuvre qui faisait désordre tel un bout de corde abandonné au milieu du chemin de votre habituelle promenade. La vitesse de réaction de cette nommée corde est d’ailleurs saisissante.]

En tout cas, pour le moment, on peut constater qu’il y a une différence entre Signification lexicale et Signification existentielle – d’expérience directe.

 

« Nous pouvons en gros diviser les philosophies en deux branches : orientale et occidentale. Chaque branche peut à son tour se diviser en deux systèmes : indien et chinois en Orient, grec et juif en Occident. Au début, chaque système semble tout à fait indépendant ; puis, à partir du IIe siècle avant l’ère chrétienne, les systèmes juif et grec se rejoignirent, donnant naissance à la philosophie de l’Europe médiévale ; au même moment, le système indien rejoignit le système chinois, donnant naissance à la philosophie de la Chine médiévale. Aux temps modernes, le déclin de l’influence indienne et la remontée du confucianisme ont conduit au développement de la philosophie chinoise moderne tout au long d’une période s’étendant du XIe siècle jusqu’à aujourd’hui. De même, la pensée européenne s’émancipa progressivement de l’influence juive et développa la philosophie européenne moderne. Aujourd’hui, ces deux grandes branches (chinoise, occidentale) se rencontrent et s’influencent mutuellement. Il est possible que dans cinquante ou cent ans nous voyions l’émergence d’une philosophie mondiale, mais ce n’est pas encore le moment d’en dire plus. » schématisait Hu Shi.

(Hu Shi (1891-1962), qui, avec quelques autres, tentait de réhabiliter et contrebalancer le regard défavorable que le monde de fin 19° et tout début 20°. A l’aulne du pragmatisme de l’Amérique, dit-on.)

Ce fond de tableau, peint à grands traits, fortement lexical, assez politique mais peu existentiel, en vaut un autre. Sauf qu’il n’a pas grand rapport avec le Sens des Mots ponctués de longs silences, dont il est ici question.

Petite remarque en passant : ces chinois pan-modernisme américain paraissent ignorer qu’il y eut en Europe une « philosophie médiévale », qui connut son apogée au XII°siècle, avant de décliner jusqu’à la (prétendue) Renaissance, qui s’appellerait mieux « Certification de Décès ». « Philosophie Pérenne» qui se double d’un déchiffrage ésotérique et s’accompagne (en principe) d’une expérience (tantôt d’interprétation, tantôt vers un vécu pouvant être approximativement qualifié de « instinctif » que de « intuitif » : philosophie perenne de tous les jours, au jour le jour, pour tout le monde et tout un chacun, pas spécialement grand érudit, ni petit imbécile non plus.

 

 Citation extraite du Blog des penseurs

20 juillet 2018

Devoir des Vacs d’Été 18 – 00,1

(Heureusement, l’upaya est précisément là pour tromper samsara dans ses prétentions D’Être le Nirvana ; l’upaya est même le principal moyen pour lier le samsara au nirvana. Traduit par « moyen habile », on pourrait dire qu’il est une illusion instrumentalisée au service de la « vraie » réalité. Mais…)

Aujourd’hui, je voudrais dire quelques mots sur la méfiance que les mots, entendus comme moyen de communication, peuvent et/ou doivent inspirer au chercheur de sagesse.

Au tout début du Tao Te King (dao de jing), il est indiqué que la seule légitimité & utilité & vertu de la vérité d’un mot, d’un Nom, tient à sa constance, sa permanence, sa solidité ai-je envie d’ajouter. On pourrait peut-être en déduire que la vérité & vertu d’un nom est sa totale indépendance quel que soit le contexte sémantique ou la situation du locuteur en relation avec son auditeur.

Très concrètement, c’est nécessaire pour une bonne éducation des enfants.

Malheureusement, je n’ai pas d’enfants. Mais, j’ai eu des chiens et, avec ou sans mot, ils avaient confiance en moi. Quoique je fasse, quelles que soient les circonstances. Pour indiquer ma présence, j’avais une manière spéciale de siffler. C’était un simple son qui n’impliquait aucun ordre, mais seulement que j’étais là.

L’un de mes chiens, un Beauceron au maximum du standard, avait été sollicité pour un concours de chiens en groupe. Mon chien n’avait pas l’habitude de côtoyer tant de chiens différents, ni, encore moins, de se trouver au milieu d’une foule et de bruits si inhabituels. Au moment de sa présentation, il était visiblement effrayé et donnait l’impression de vouloir se cacher au milieu de quatre autres Beaucerons, qui constituaient le groupe soumis aux juges & vétérinaires. Au milieu des spectateurs, j’étais découragé (et je n’osais pas crier son nom ; il aurait pu l’interpréter comme l’ordre de venir au pied. La catastrophe!). Par une céleste inspiration, à n’en point douter, je me suis mis à siffler… à siffler mon nom et le sien, à siffler notre unité de vie. Aussitôt, au moment même où le vétérinaire arrivait à la hauteur du groupe, il se dressa, aux aguets, cherchant où j’étais. Nous eûmes le premier prix de présentation groupée. (Le propriétaire des autres chiens m’avoua que lui aussi s’était senti désespéré et impuissant, juste avant mon sifflement de reconnaissance.)

La différence est immédiatement saisissable : pour le chercheur spirituel, le « signal constant » n’est pas dirigé vers l’autre mais vers soi-même, s’interrogeant sur son inclusion en Tao (j’adore l’expression affirmant qu’en Tao, le premier pas est également le dernier.) Toute réponse est la bonne, ce qui explique les innombrables « wu » (sans et/ou « en absence de ») l’action, l’effort, l’esprit/mental, pensée discursive, etc.)

Selon Alan Watts, tout concept qui renvoie à d’autres concepts est stérile s’il n’est pas nécessaire. Sauf divers cas, lesquels différencient la nature même des autres concepts : par exemple, la fonctionnalité opérante d’une pioche dépend de son manche, bien qu’un manche de pioche puisse servir à d’autres fonctions que piocher : assommer son voisin, tuer son chat, casser le fenêtre de sa voisine, etc. Mais, j’avoue mon manque d’expérience en la matière, n’ayant jamais assommé mon voisin, tué mon chat ou cassé le fenêtre de ma voisine.

La pioche sert à piocher,

mais un manche de pioche peut être détourné de sa destination,

un peu comme la religion qui sert à relier, libérer et apaiser :

mais sert parfois à séparer, oppresser ou faire la guerre.

Un point (d’interrogation) s’ensuit, assez vexant pour quelqu’un qui comme moi s’est assez tôt méfié des « belles paroles » : Comment parvenir à l’unité de sa propre personne sans parvenir auparavant à la cohérence de son discours… (?)

Complémentairement, s’il faut utiliser le sens des mots chez Alan Watts comme signification, il faut aussi, surtout, et du premier parvenir au second : comme perception sensible, comme foi de confiance totale dans la sensation.

Pouvez-vous imaginer la frayeur et l’impression de perdition de mon chien (qui ne s’était jamais trouvé au milieu d’autant d’autres chiens, de gens, de bruits, de divers autres stimuli nouveaux) ; et le soulagement d’entendre ces notes du maître – perdu dans la cohue, au milieu de tous ces brouhaha, tohu-bohu et charivari ?

Un Satori canin, quoi !

Tout comme il advient à notre conscience ordinaire la perception de l’Éveil qui est déjà en nous (et/ou la Voie dans laquelle nous sommes déjà). Tel nirvana au milieu de samsara.

Ps- Ce qui n’épuise d’ailleurs pas le sujet… En consultant des dicos, à vue de nez, il y a environ 500 items relatifs à ce dont je viens de faire allusion.

(L’ésotérisme vivant, dans le cœur aussi bien que l’esprit (entendu généralement, peu ou prou, comme d’abstraction, est supposé, en principe, permettre de saisir l’ensemble de tous ces éléments, à partir de la compréhension de quelques exemples.)

 

 

 

 

9 juillet 2017

Demande d'aide 2/2

(Pause estivale 02 > demande d’aide 2/2)

A sa parution, j’avais lu la thèse de Jacqueline Starer Les écrivains beats et le voyage, dans laquelle elle indique incidemment un (mauvais) usage du zen, qui eut la faveur de nombreux artistes et écrivains des années 60, de New-York à San Francisco : tenter de faire le vide en soi pour en faire jaillir l’inspiration. J’en fis mon profit. Les prémices sont identiques : trouver une posture confortable, s’y installer et s’y sentir bien, « chez soi » bien au chaud et tenter cette mauvaise compréhension de la méditation, consistant à tenter de ne penser à rien. C’est impossible ! (On peut tenter n’avoir conscience de rien ; mais alors on s’aperçoit avoir conscience de tout.) Il en résulte que ce qui se trouvait bloqué ou brouillé en soi, par la distraction de stimuli les plus divers, se révèle dans toute sa clarté. Même des raisonnements complexes, des images ou des formes élaborées apparaissent avec netteté. Il suffit de les mémoriser pour pouvoir ensuite se mettre derrière sa table d’écriture ou son chevalet de peinture pour créer. Du moins si j’en crois mon expérience, pour peu qu’aucune distraction endogène ou exogène ne vienne perturber l’entrée en travail (l’accouchement de l’idée), l’écriture peut en devenir rapide. (La prise d’amphétamine, courante chez les écrivains beats, permettait de maintenir plus longtemps & sans fatigue le mode d’emploi, mais n’intervenait pas dans le processus de créativité.)

Mais, ce n’est pas exactement de ça, non plus, dont je veux vous parler. Un peu en biais, c’est de quelque chose pouvant se formuler comme ceci :

Je ne me suis pas enfermé dans une tour d’ivoire ; je me suis laissé emprisonner dans la honte de ma situation précaire (laquelle a bien peu de points communs avec l’austérité et la noblesse de la vie pauvre ; la différence majeure réside dans l’entrave, l’assujettissement et le fardeau que représente l’absence de moyens d’action.).

Une autre manière de le dire : mes distractions sont pénitentes.

J’entends mes distractions du réfléchir/écrire comme de la possibilité de rapports sociaux « ordinaires », « normaux », « comme tout le monde ».

Aimer philosopher et/ou écrire, les deux séparément ou ensemble, réclament des moments de solitude et de silence absolus, et peuvent occasionner des comportements spécifiques & inhabituels. C’est entendu. Mais, à mon sens, ces moments invitent à l’échange plutôt qu’à la retraite sur son quant-à-soi.

Dans mon cas personnel, mon emmurement est subi plus que voulu. (& L’Apophatique Générale n’est pas une aphasie – ni n’implique d’être misanthrope, illettré ou inculte.)

J’aurai bien l’occasion de revenir là-dessus, d’ici l’automne. Il me faudra bien aussi dire quelques mots de quelques uns de mes projets & idées, tels qu’un groupe sur facebook ou la création d’une association 1901 intitulée « Conférence d’Instruction Initiale », dont la principale activité serait effectivement la préparation d’une conférence annuelle, en rapport avec l’ésotérisme comme facteur de Paix mondiale, comme moyen de comprendre ce qui fait qu’un être humain est planétaire1. Je ne sais pas encore sur quels médias je dois jouer. (Il y a aussi une page facebook, que j’hésite à publier, qui serait consacrée à l’exploration des approches de l’Apophatique Générale, dont j’ai tiré l’intitulé comme diverses orientations de l’œuvre d’Alan Watts.)

Je suis intimement persuadé qu’en témoignant d’une philosophie de Paix planétaire, je servirai la préparation des mentalités à la grande migration interplanétaire, ou interstellaire, qui attend notre humanité (que ce soit pour le 22, 23 ou 24°siècle). Et, il me semble que la certitude d’avoir servi, si peu que ce soit ; été utile, aussi modestement que ce soit, à cette grande aventure, ne pourra que rendre paisible ma propre mort.

Il faut bien voir que la Paix doit être intraspécifique, entre les peuples ; et interspécifique, des humains avec les espèces animales. (Ici, une remise au goût du jour des mythologies anciennes seraient utiles. Je suis étonné que l’ethnocentrisme américano-européen… ne s’étonne pas que l’on puisse sacraliser un arbre, un plan ou un cours d’eau, un montagne, mais pas un animal. D’où, du reste, la persistance, heureusement partielle, d’une résistance épistémologique à admettre les similitudes entre le comportement animal et humain.) Personnellement, j’ai eu pour maîtres non-humains de philosophie & spiritualité un goéland2, un chat, un hibou, deux chiens, un étalon Connemara.

ZUT ! ZUT ! Et ZUT encore : de digression en digression, je n’ai toujours pas précisé l’aide que je sollicite – comme remblaiement d’un manque ou comme suggestion créative pouvant séduire mes visiteurs.

Ce sera donc pour un prochain billet, en addenda…

PS – En parallèle, j’ai commencé de corriger & peaufiner mon roman, en vue Éditeurs. Comme tout premier roman, il est largement autobiographique et raconte ma formation, mon auto-formation philosophique. Il commence (comme récit) au début des années 70. Dès les premières pages, la racine de mes actuels ennuis (47 ans plus tard, donc) apparaît. Une bonne manière de présenter mon « appel à l’aide » m’est venu à l’esprit. Mais, je reste fidèle à mon idée première (pour ce blog) de mener ma réflexion en « chantier ouvert », incohérences, difficultés, voire erreurs caractérisées. Le cheminement accompli, je suppose que la philosophie vivante, de recherche indépendante, peut rejoindre les obligations académiques. La méthode de leurs cheminements ne peut qu’être différente.

1Ne vous laissez pas tenter par la tentation de penser « pardi ! » : tous les génocides, la plupart des guerres de religion et nombre de guerres nationales ne peuvent se faire sans la conviction que l’adversaire n’est pas tout à fait humain. Bien d’autres obstacles à une cohabitation harmonieuse des peuples provient de ce type de jugement de valeurs.

2A tenter une interculturalité animale, on pourrait par exemple comparer le goéland de St. Malo et le singe de New-Delhi. Tous deux symboles spirituels éminents sont bien embarrassants dans la vie quotidienne humaine.

19 août 2016

Dernier billet 2/2

Je comprends parfaitement qu’il ne soit pas bien courtois de parler de cordes dans la maison d’un pendu ; pas plus que d’appeler un chat « un chat », en présence de souris. Comment faire alors pour traiter du suicide, ou de la relation du prédateur à sa proie ? L'esprit et le sens de la philosophie d'Alan Watts est de parler pour aujourd'hui, pas pour l'antiquité ou la grandeur de la période andalouse de l'Islam...

L’expression de certaines de mes opinions (doxa) actuelles amèneraient également à me faire aussi bien qualifier d’extrême droite que de dangereux gauchiste. (Alan Watts était a-politique, quoique lui-même taxé à l’occasion de dangereux anarchiste ou, inversement, de pseudo libertaire droitier !)

Mais, je ne suis pas un commentateur politique. Je n’ai pas envie d’entrer dans la mêlée de tous les mensonges, contre-vérités, approximations et manipulations en tout genre, qui occupent depuis plus d’un an la une des journaux occidentaux – dont les racines profondes, lointaines, relèvent de certains thèmes abordés dans Psychothérapie Orientale et Occidentale.

Bref ! Je vais passer un peu plus tôt que je ne le pensais à la suite de mes projets.

Mon blog n’est pas supprimé pour autant : si des informations et appréciations nouvelles sur la philosophie d’Alan Watts viennent à ma connaissance, je les indiquerai – y compris celles qui ne vont pas forcément dans le sens de mes propres commentaires. Rien de changer sur ce point.

Simplement, à l’automne, mon centre d’intérêt va se déplacer vers Variations Wattsiennes.

(Le lien est actif, mais son ou ses contenus des semaines à venir sont un pur entraînement personnel.)

18 novembre 2015

Fluctuac nec mergitur

(Pause)

Faute d'avoir l'envergure nécessaire pour traiter les actuels événements ''en philosophe'' ou « avec philosophie » (mon argumentation risquerait bien trop de paraître impertinente, si ce n'est indécente et/ou offensante pour les victimes ; celles de France, celles de l'avion civil russe, celles des populations ''locales'' prises en otages), j'ai décidé d'en arriver directement à ma conclusion visée : la manière par laquelle Alan Watts exprime la supercherie de l'upaya bouddhique.

Il nous raconte que la population d'un petit village de pêcheurs, d'une topographie semblable à celui de Fukushima, est occupée sur la plage à divers de ses travaux habituels. Un villageois est contraint de remonter au village pour remplacer son outil endommagé, ou quelque autre obligation équivalente.

Il aperçoit au loin un tsunami de grosse importance (invisible depuis la plage).

Il allume promptement une torche et met le feu à sa maison.

Pour renforcer la force du message, il met également le feu aux maisons voisines.

En quelques minutes, le village est un immense brasier.

Les villageois voyant la catastrophe remontent au plus vite pour tenter de sauver ce qui peut l'être encore.

Tous les villageois sont sauvés d'une noyade certaine & absolument inévitable.

L'histoire ne dit pas si l'incendie est finalement limité dans ses dégâts ou si le village est entièrement à reconstruire – mais par de solides bras préservés de toute blessure directe ou indirecte due au tsunami !

Dans le contexte, c'est une métaphore à la fois d'ordre mental et spirituel, qui pourrait donner lieu à plusieurs « moralités ».

Je voudrais relever l'analogie pouvant être faite avec le rapport des moyens et des fins.

Le moyen est ici pleinement justifié par l'urgence de la situation comme par l'immédiateté & efficacité de sa fin, et un résultat dépourvu de tout « dommage collatéral ».

 

Ma pause devrait se poursuivre jusqu'en février 2016.

28 mars 2016

Reprise Psy Or Occ - 00

A la réflexion, je ne puis entamer mes « Variations wattsiennes » sans avoir terminé mon incursion dans Psycho or et occ. Elle pourrait d’ailleurs esquisser le plan de ma toute première « Variation ». Ce qui est une bonne surprise (pour moi), plusieurs entrées dans la philosophie d’Alan Watts étant possibles et légitimes. Je ne parvenais pas à choisir l’une plutôt que l’autre.

Pour ne plus avoir à y revenir, mon avis sur les attentats consiste à la fois à déclarer que je suis de ceux qui pensent que la peine de mort doit être rétablie pour les terroristes (tout comme pour la récidive d’un homicide) ; mais aussi qu’il est criminel de bombarder des populations civiles. L’État étant supposé agir au nom des citoyens qu’il gouverne, je me sens très mal à l’aise à l’idée que je suis – par délégation – un tueur d’enfants et de femmes sans défense alors que personne n’accepte de recevoir la délégation que je veux bien lui accorder de tuer les tueurs ! Les deux devraient, en bonne justice, être indissociables : tuer les tueurs ; éviter de tuer des innocents.

Je passe et n’y reviendrai plus1.

 

Alan Watts, étudiant pour son compte, philosophant par lui-même, pratiquant selon son inspiration, vivant « de ses dons », était un free lance. Un anarchiste libertaire bien différent d’un fonctionnaire appointé. Fonctionnaire soumis à un programme, qui, de bon ou de mauvais gré, doit faire appel à ce que proscrit toute philosophie libre, vraiment libre : l’argument d’autorité et la norme académique. Laquelle se caractérise principalement par le fait de demeurer au niveau du discours. Sans aucun conseil d’hygiène de lecture : par exemple la boisson dont on peut se désaltérer en cours d’étude. Le thé et le café ou le chocolat, le vin selon qu’il est rouge ou blanc, l’eau pure ou gazeuse, etc. qui ont chacun des effets différents sur l’humeur, la perception, l’appréhension et la compréhension des choses. (Pour ne citer que des psychotropes et drogues du cadre légal, aux USA et en Europe de l’Ouest. Passant du grec au latin, Le divin par la « dive bouteille », en somme.)

 

Son dernier livre proprement théologique (Être Dieu2) aura été une préparation théorique à ses ultérieures assertions apophatiques & soulignant la priorité du contenu existentiel sur le contenant doctrinal. Il y inaugurait sa présentation d’une théologie négative, mystique mais pratique, concrète, abordant tous les problèmes, et surtout « faux problèmes » qui empoisonne l’existence. Par exemple, il tente de montrer, de faire sentir, ressentir, que traiter de l’Incarnation conduit notamment à parler de la Rédemption, et réciproquement ; de l’Immaculée Conception, également. Mais, que parler de l’un ou l’autre dogme, ne peut être que du verbiage s’il ne permet pas de saisir, dans son expérience personnelle, que tous ces dogmes, et leurs corollaires immédiats, ne traitent que d’une seule et même réalité. La première caractéristique de cette réalité étant que nous (en tant que conscience d’un « je ») vis dans un corps qui vit lui-même dans un environnement physique, avant même d’accéder au langage articulé. La première des disciplines en devient naturellement de s’immaculer soi-même de tout concept sur la réalité.

C’est sous cette ligne de départ que je voudrais reprendre mes commentaires de Psycho or oc, laissés en plan.

 

Le Dieu des chrétiens (des chrétiens seulement ?) s’est incarné justement pour apporter la rédemption de la chair, l’identité de la chair et de l’esprit dans la divinisation, ou déification de l’homme. Du coup, la question de savoir si Marie est restée vierge à la suite de sa coucherie avec l’Ange en devient une dispute byzantine. La forme du vocabulaire utilisée peut choquer les rationalistes ; le fond de nature à choquer les « croyants en biblio-latrie » sans aucune expérience du contenu des mots auxquels il « croit », mais se persuadant qu’ils DÉTIENNENT le bon discours. (Le détenant & lui étant donc extérieur.) Les manipulateurs politiques peuvent s’en servir à leurs fins.

(Ainsi Al Hallaj fut crucifié le 27 mars 922, ayant osé déclaré ANA AL HAQQ, « je suis la Vérité », pour des motifs plus politiques que théologiques ou – encore moins ! – spirituels.

NOTA : c’est la traduction la plus courante. Variante => « dans le vrai ». Il est bon d’envisager une connotation de type « Moi en réalité » ou « Moi-je dans sa réalité »… laquelle, bien sûr, puisque « réelle » ne peut être que « vraie ». Illustration, sous un autre aspect, de l’avertissement d’Alan Watts de bien discerner « Dieu qui se prend pour moi »

incarnation « divine » en chacun ; et « Moi qui se prend pour Dieu », un ego-centrisme un tantinet schizo et/ou parano… On peut noter aussi que, derrière ce « Dieu qui se prend pour moi », le référent est la présence du divin en soi-même, au minimum l’enfançon taoïste appelé à grandir jusqu’à exclure le moi humain, dépasser les limites du corps et s’en aller voler par le ciel plus haut que les grues, ces oiseaux magnifiques à la fidélité « conjugale » absolue et définitive.

Maintenant, tout cela dit, un vif pincement de mon orteil gauche vient de m’apporter la preuve existentielle & expérimentale – en ce qui me concerne – que je ne suis pas prêt à rejoindre le vol céleste des grues !)

&

Je voudrais pour terminer ce billet citer Albert Einstein (1879-1955) A propos de l'Univers...

« Un être humain est une partie d'un tout que nous appelons: Univers. Une partie limitée dans le temps et l'espace. Il s'expérimente lui-même, ses pensées et ses émotions comme quelque chose qui est séparé du reste, une sorte d'illusion d'optique de la conscience. Cette illusion est une sorte de prison pour nous, nous restreignant à nos désirs personnels et à l'affection de quelques personnes près de nous. Notre tâche doit être de nous libérer nous-même de cette prison en étendant notre cercle de compassion pour embrasser toutes créatures vivantes3 et la nature entière dans sa beauté. »

Selon « The New York Times » (29 Mars 1972) et « The New York Post (28 Novembre 1972), cette citation provient d’une lettre écrite par Einstein en 1950. (citation trouvée dans le site Psycho-textes, basé à Montréal)

 

1Mais, j’apprends, par hasard, comme d’habitude, que le rétablissement de la peine de mort pour certains délits serait une position d’extrême-droite. L’énonciation d’une nécessité ne pourrait-elle se positionner « au dessus » ?

2Titre original Beyond Theology. Ce qui, au final, veut dire « Au delà de tout discours sur la divinité de dieu » ;

ce qui est presque le reproche fait à El Hallaj. Il ne s’est jamais prétendu Dieu, ou incarnation du divin, mais uni à la Vérité de l’Amour (porté à) Dieu.

3Par exemple, un enfant qui se trouverait au mauvais endroit d’un mauvais moment du passage d’un éclat de bombe larguée par un avion français venant le tuer ou l’estropier. Qui, dans un tel cas, prononce la sentence de mort ou d’estropie ? Ponce Pilate ?

27 juillet 2016

Spécial mauvais jour

Ces lignes sont de circonstance, et montre l’actualité de l’approche d’Alan Watts1 :

Pour les Pères de l’Église, tel Origène ou Clément d’Alexandrie, il ne peut y avoir de « Guerre juste ». La « Guerre sainte » doit être menée par la seule Parole de Dieu.

La notion de « Guerre juste » n’apparaît qu’avec Saint Augustin, qui y pose néanmoins des restrictions si sévères qu’elles la rendent presque impossible, notamment : se battre sans haine, sans volonté de pouvoir ou de gain matériel.

Alan Watts pensait que l’injonction du Christ « Aimez vos ennemis » est à prendre littéralement. Elle n’implique pas de changer de camp. Elle signifie d’aimer ses ennemis tels qu’ils sont : des ennemis. Et, la caractéristique majeure d’ennemis est de se battre entre eux, ou bien alors de se retrouver en situation d’amis.

Le refus de l’autre en tant qu’ennemi ne laisse aucune chance de le (et de ‘se’, soi-même) transformer en ami.

(Pour mettre à jour 2016 : ce n’est pas en insultant les terroristes de l’E.I. qu’il est possible de les éliminer. Pour les éliminer, il est nécessaire mais suffisant de les tuer. Par contre, les insulter – par exemple en les traitant de cinglés, est un bon moyen de diffusion de la haine.)

Le caractère impitoyable des guerres de religion, et des guerres idéologiques en général, provient précisément du refus de reconnaître l’ennemi dans sa propre adversité d’ennemi; également du refus de tuer l’ennemi (sans haine ni manipulation politicarde) comme de celui de tenter d’instaurer des conditions de Paix, d’amitié.

Avoir le courage, et le Devoir, de tuer sans haine, est également l’un des thèmes de la BH. Gîta.

Tuer en devient alors un karma-yoga...)

PS – Qui est un commentaire personnel : ces horreurs ne sont pas si nouvelles que ça. L’odieux, l’exécrable, l’ignoble, l’indigne, l’abominable, l’immonde, c’est la récupération politique de tous bords. La police, la gendarmerie, divers services officiels ou secrets font leur travail. Et puis, comme c’est bizarre, « on » sabote ou neutralise le résultat de leurs actions. Une commission, très officielle, compétente suggère quelques modalités. Son rapport, comme au temps de la 3° République, est enterré dans un tiroir !

Lors de la Guerre du Vietnam, le moine Thich lançait à ses ennemis un message de Paix et non de haine. Pas plus que de capitulation.

A mon avis, propager la haine du chien est inutile, nuisible, contre-productif. Face à un chien qui a la rage, il « suffit », sans haine ni peur, d’utiliser une bonne carabine et de viser juste.

Ce qui a d’ailleurs été fait. Mais, je ne puis m’empêcher de remarquer que la police, agissant dans l’urgence, a pu le faire correctement. C’est-à-dire avant qu’un politicard quelconque ne s’en mêle.

1cf. publié en début 1983, Alan Watts, taoïste d'Occident, Pierre Lhermite, La Table Ronde, pp 68-69.

5 juillet 2016

Reprise Psy Or Occ - Post-Sriptum 3/3

Quand il était encore intégré dans une société traditionnelle ouverte aux forces de la nature, l'être humain se nourrissait de mythes et de symboles qui donnaient un sens à sa vie et à sa mort. Nous sommes sortis de cet univers culturel. Nous le regardons de l'extérieur par notre intelligence. Nous ne nous percevons plus comme des membres à part entière de la nature. Nous l'explorons, et nous étudions les symboles qui y puisent leurs racines, par analyse, déduction, comparaison et autres tours de force intellectuels, mais nous ne les percevons plus de manière directe, intuitive, sensitive, ainsi que le faisaient ceux qui vivaient en communions avec leur cadre de vie, suivant le rythme des saisons et des ans sans qu'il soit besoin de s'en a-percevoir1. Faisant partie du paysage,ils ne ressentaient aucune envie d'en sortir pour le contempler. La culture moderne, tableau accroché au mur du salon, nous laisse au contraire discourir à son propos et nous interdit d'y pénétrer. La religion, la poésie, la musique ne sont plus que des ornements de nos esprits; un spectacle à regarder, et pas une fête active, unifiante et porteuse de sens. (...) L'homme moderne sait par oui-dire qu'il y eut d'autres manières d'exister et d'aborder le monde. Il en fait de moins en moins l'expérience. Il va au musée examiner avec curiosité ce qui fut pour d'autres banalité quotidienne, leur simple affirmation d'être. Il s'extasie, avec une certaine condescendance – n'exagérons rien. Et, il s'empresse de se rassurer en songeant que ces pauvres peuples primitifs sont obligés de chanter en travaillant parce qu'ils n'ont pas de transistors, ou de danser pour se réjouir parce qu'ils n'ont pas de pharmacien pour leur fournir des thymoanaleptiques. « Personne n'y fait rien dans le but avoué d'orner un musée, d'être exposé dans une galerie, ou pour que les journaux en fassent la louange.2 »

La classique opposition des manuels de philosophie entre Être et Avoir se trouve ainsi tout à fait dépassée : l’homme moderne n’est même plus ce qu’il a, mais ce qu’il croit avoir. Dépossédés de nous-mêmes, nous nous dépossédons des biens matériels sur lesquels nous avions misé. Car cet avoir est du toc, qu’il s’agisse de nourriture, de vêtement, de mobilier, de « services », de connaissance ou d’expérience.

Le monde moderne nous place dans l’impossibilité d’éprouver charnellement notre présence au monde. La pseudo-consommation, tout en nous faisant saliver, nous laisse sur notre faim, nous emporte, nous étourdit, ne nous apaise pas.

Les membres de nos sociétés modernes, nous dit Watts, sans « principe d’unité » psychologique et culturel, vivent dans l’absurde.

Nous avons des schémas abstraits, des modes du paraître, et même des théories& systèmes économiques ; mais sans aucune insertion ni connexion avec les préoccupations de la vie quotidienne concrète. « Car, notre civilisation ‘matérialiste’, vraiment mal nommée, devrait cultiver l’amour de ce qui est matériel, de la terre, de l’air et de l’eau, des montagnes et des forêts, de la nourriture, de l’habitat et des vêtements... 3»

&

A l’intérieur (ou en étroite intrication avec telle ou telle des possibilités politiques allant du ‘libertaire’ aux divers régimes figurés dans « Le Meilleur des Mondes » publié en 1931 par Aldous Huxley et « 1984 », publié en 1949 par Georges Orwell ou « Un bonheur insoutenable » de 1970 par Ira Levin), l’Occidental se reconnaît aliéné et voudrait affirmer son autonomie comme faire cesser son malaise. A leurs façons, tous les autres peuples de la Terre d’origine extra-européenne, ont cette préoccupation de bonheur qui ne s’oppose pas à la liberté. Mais ce que les Occidentaux appellent « aliénation », les Orientaux la désignent du terme d’ « ignorance », suggérant ainsi que la liberté (et le bonheur) s’acquièrent plus par la connaissance que par l’action. Une édification intérieure dont les échafaudages sont temporaires et modifiables en cours d’utilisation ; dans lesquels les concepts, les images, etc. n’ont de vérité qu’utile à l’entendement et à l’action. Le champ de l’édification du Soi (ou conscience cosmique) est réel, les moyens (upaya) de son accès sont transitoires et, au total, aussi illusoires que les illusions qu’ils dénoncent ou les maux dont ils veulent nous affranchir – sans d’ailleurs chercher à délimiter clairement et définitivement ce qui relève du Bien et ce qui relève du Mal. Sans mal aux pieds, irait-on ‘consulter’ son chausseur ?

1Cf. Signification du Bonheur, p 107

2Matière à réflexion, p 159

3Matière à réflexion, p 11

1 juillet 2016

Reprise Psy Or Occ - 03, 2/3

(Bien entendu, ce que le précédent billet, citant Needlam disait : « ...à la science occidentale, non ! » s’applique à l’économie européenne; et, au sujet des particularités pathogènes propres à chacun des groupes sociaux, se concrétise également dans ce nouveau groupe qu’est la nomenklatura des institutions européennes.)

Les psychothérapies et les moyens de libération spirituelle ont en commun, nous dit Watts, une transformation de « la conscience du sentiment interne de l’existence personnelle ; ensuite, l’affranchissement de l’individu par rapport aux formes de conditionnement que lui imposent les institutions sociales. »

« La psychanalyse n’atteint son propre accomplissement qu’en se faisant analyse historique et culturelle. », ainsi que l’a formulé Norman O. Brown. L’efficacité de la conversation sur le divan trouve rapidement sa limite (de même que la sphère spirituelle ou la religiosité qui ne seraient que conviction individuelle isolé dans un clos privé et hermétique aux influences sociales et naturelles, qui s’interdirait toute action sur ses conditions de vie. Considérer une meilleure liberté d’action comme preuve de santé mentale ne peut qu’impliquer une exploration de l’ensemble des facteurs inconscients qui prétendent imposer, limiter ou manipuler les contextes d’exercice de cette même liberté d’agir et de se comporter au monde.

La perspective n’implique aucun esprit de nivellement ou de normalisation (autre que celle de qualité et de protection des falsifications diverses).

(« Dans la construction européenne, le principe de subsidiarité, est une règle de répartition des compétences entre l'Union et ses Etats membres. En dehors des domaines de compétences qui lui sont propres, l'Union Européenne n'agit que si son action est plus efficace que celle conduite au niveau des États ou des régions. »1)

On peut tenir pour assuré qu’il existe un « lien karmique » entre l’attitude des européens vis-à-vis de la pauvreté et de l’Islam, les attentats du Bataclan et d’Istambul, l’incurie des politiques qui semble vouloir s’étendre de plus en plus, la « crise européenne », la rivalité interne des anciennes puissances coloniales, la domination américaine, la remontée en puissance de points d’attraction tels que la Chine, le « monde arabe » et la Russie…

et le café noir que moi « je » prends au zinc du bistrot du coin.

Le tissu des liens karmiques personnels, des plus nobles aux plus triviaux sont intégrés au karma collectif, ses lois naturelles, ses fonctions, ses instrumentalisations sociales et ses manipulations politiques.

Cela ne veut en rien signifier qu’il faille (pour une bonne santé mentale ou une libération spirituelle) intervenir sur tous ces points, et beaucoup d’autres. Statistiquement, sur les sept milliards de terriens, le nombre des individus touchés par les balles au Bataclan, à l’Atatürk Airport d’Istanbul et ailleurs demeure infime. Pourtant, métaphysiquement & éthiquement, au niveau d’une conscience personnelle réellement planétisée, chacun, tout un chacun, est le tireur et la victime !

Cette constatation peut amener une sensation d’impuissance et de désespérance, susceptible de faire excellente litière à n’importe quel trouble mental personnel, provient – selon Alan Watts – de la méconnaissance du caractère conventionnel des règles du jeu de la Vie.

Le premier pas vers une bonne santé mentale et spirituelle est de ne pas prendre trop au sérieux les règles du jeu (et de l’ego), tout en sachant qu’elles sont aussi nécessaires que la grammaire, le système métrique ou le code de la route. Corrélativement, comprendre que la relativité de l’injonction de rouler à gauche ou à droite n’implique en rien qu’il soit bon de rouler indifféremment à gauche ou à droite, de passer au feu rouge et de s’arrêter au feu vert selon son bon plaisir, et cœtera !

1Source : http://www.toupie.org/Dictionnaire ; cf. Wikibéral, à l’entrée « subsidiarité ».

24 juin 2016

Reprise Psy Or Occ - 03, 1/3

Mon idée était de filer le plus rapidement possible vers le dernier chapitre de Psycho. Je m'aperçois qu'il peut être fort utile de s'attarder un peu au tout premier chapitre.

En effet, pour fonder une psychothérapie vraiment scientifique, il faudrait imaginer un thérapeute qui puisse recevoir à son premier rendez-vous quelqu'un tel que le regretté Norbert E. Said (comme pourfendeur des arrières-pensées de l'imaginaire occidentale de l'Orient), au second quelqu'un comme V. Poutine (qui a su créer comme un pacte de non-agression mutuelle avec les Patriarcats de l’Église Orthodoxe, et, tacitement, toutes les religions de Russie et alliés russes), au troisième un Donald Trump (qui est une sorte de Bernard Tapie US ) ; au quatrième un Teng Xiaoping, qui découvrit le marxisme en France, en compagnie de Zhou Enlai, (un Teng qui fut d’abord farouchement anti-religieux et anti-spirituel, puis beaucoup plus libéral – sous réserve, assez logique, de s’assurer que la CIA ne se cache pas derrière cette liberté des cultes comme des expressions populaires « superstitieuses ».

L’ouvrage d’Alan Watts lève le canular ; mais un commentaire de celui-ci deviendrait inutile s’il ne montrait, ou suggérait, la différence de son début et de sa fin. Autrement dit le chemin à parcourir pour aller de l’un à l’autre.

Comme le dit Joseph Needlam (1900-1995)1: « Oui, à la science moderne occidentale ; à la science occidentale, non ! »

Ce qui implique que N.E. Said (1935-2003), V. Poutine (1952-?), D. Trump (1946-?) , Teng Xiaoping (1904-1997) – par-delà le temps et l’espace – venaient à devoir consulter un même thérapeute selon la science occidentale, en raison d’un quelconque malaise ou mal être, que la nosographie se chargerait, -soyons en sûr-, de cataloguer... Eh bien ! Cet hypothétique psychothérapeute occidental pourrait/devrait/serait supposé leur apporter un même réconfort moral sans tenir compte de la situation de guerre du Moyen-Orient, des intérêts de toujours de la Grande Russie, d’un rêve américain ressemblant parfois à des histoires de gangsters ou des modifications cruciales entreprises en Chine au plan économique, mais aussi de la liberté religieuse et démocratique2.

(Étant entendu implicitement qu’une situation de guerre, les sociétés moyen-orientales, les cultures russes, américaines et chinoises ‘profondes3’ ont chacune des agents pathogènes propres.)

&

À jeter un coup d’œil sur l’actualité très immédiate en Angleterre et en France, peut-on ignorer que les pays les plus farouchement pro-européens sont ceux pour qui l’UE est une garantie de leurs propres intérêts économiques et militaires nationaux ? Et, à l’intérieur de chacune des nations, l’existence de particularités identitaires basques, bavaroises, bretonnes, catalanes, corses, écossaises, et cœtera !

Alan Watts, à l’Académie des Études Asiatiques aimait citer A. David-Neel (1868-1969), en préalable de ses propres cours. A. David-Neel, qui comparait la pluralité des aspects et la désunion des instances du « Moi » au parlement de la 3° République.

À mon avis, nulle doute qu’aujourd’hui, elle prendrait la métaphore du Parlement de l’Europe (comme de l’incurie de certains de leurs dirigeants nationaux et régionaux).

&

La prise de conscience de notre ressenti envers la culture dominante comme envers la nature environnante est la première clef d’une « thérapie libératrice » qui soit autre chose qu’une simple conformité aux normes de la respectabilité sociale. (Laquelle se résume trop souvent au service des intérêts économiques de multinationales, indifférentes au respect des particularités culturelles nationales et régionales, tribales, claniques ou associatives. Dans ce domaine, caractéristique de la « Mondialisation », le ‘tout’ n’est pas un ‘plus’ que la somme de ses parties ; il est un moins. La Mondialisation économique n’est pas un ‘plus ‘ ou un ‘mieux’ dans l’existence de chacun – et de chacun dans ses appartenances de groupe. Elle est un ‘moins’, une soustraction du bonheur d’exister comme une dévaluation de la capacité de regarder en face le tragique de la vie.)

1La science chinoise et l'Occident, Paris, éd. du Seuil, 1973, pp 55, 113, 241.

2N’en déplaise à nos sinologues, qui feraient bien de relire dans les Évangiles, la parabole de la paille et de la poutre.

3J’utilise ce mot à la mode, synonyme, semble-t-il, de véritable ; mais en matière de « pathogénie » mentale, il est à noter que le ‘superficiel’ est tout aussi efficace que le ‘profond’. La « pathogénie » atteint son pic lorsque le ‘profond’ et le ‘superficiel’ (=affiché et verbalisé) sont en contradiction antagoniste.

14 avril 2016

Reprise Psy Or Occ - 01

Alan watts l’appellera danse, en conclusion de son ouvrage. Reprenant son compte rendu sous un angle nouveau, je jetterai quelques idées en guise d’introduction. La santé mentale consistant à être et se ressentir en accord avec son environnement, ou encore que toute volonté de changement est pathologique (car prétention de posséder le Vrai et le Bien), que l’instance personnelle ou inter-subjective qu’il faudrait justement changer, ce n’est pas le consultant et/ou malade, mais sa propre volonté d’être autrement que ce que l’on est et/ou le psychothérapeute.

Pour faire image, ou peut-être même bien, pour établir une comparaison : vouloir changer ressemble à l’homme et/ou femme politiques qui a les capacités de parvenir au pouvoir mais aucunement les qualités de son exercice. Ses actions seront toutes influencées par un souci de conserver son pouvoir plutôt que par celui d’en user pour agir. En somme, ce qui était volonté de changement se transforme en volonté de conserver son pouvoir d’agir plutôt que d’entrer dans des actions qui risqueraient de le lui faire perdre. C’est un chien qui se mord la queue.

Et, ce ne peuvent être que de grands malades ces Grands de ce monde, qui veulent gouverner le monde sans être capable de se gouverner eux-mêmes.

Rappel, un adage : le gouvernement le meilleur étant celui qui gouverne le moins (dans le « gestion » de son/ses âmes comme celle de l’État).

Entrer dans la danse est une action, et toute action est intrinsèquement modificatrice de son acteur, certes. On peut l’admettre (ou non), il ne semble pas que ce soit une caractéristique majeure différenciant ou unifiant l’Orient et l’Occident1.

Par contre, il semble que la caractéristique majeure de l’Orient soit que la relation y prime ses éléments, chacun de ceux-ci étant sans cesse en changement. Le yin est indissolublement lié au yang, aussi étroitement que la nuit et le jour, mais leurs places réciproques s’inversent du soir au matin et du matin au soir2. Chacun, surtout en politique, devrait le savoir : le soir, il fait de moins en moins jour ; au matin, il fait de moins en moins nuit. Le soir/nuit/matin/soir est aussi bien un seul « système » que quatre en relation, desquels il est impossible de séparer d’autres systèmes amenant la variété des heures selon les latitudes, les saisons, etc.

(Ici, le gros inconvénient des malades de la politique est leur refus de pondérer la tendance de tout système à rester ce qu’il est, indifféremment des modifications de son champ d’application.)

&

Envisagée sous un autre angle d’approche, on peut songer à l’ordonnancement du tamis de Socrate, par lequel la première tâche est de s’assurer de la Vérité et son degré de crédibilité, la seconde de la Bienveillance et l’apport, le bénéfice pour l’autre, la troisième de l’Utilité et ses degrés. Roger-Pol Droit (dans l’un ou l’autre des deux ouvrages qui l’ont fait connaître du grand public, le premier sur l’Inde, le second sur le Bouddhisme) souligne l’inversion des priorités : dans l’advaïta comme le Bouddhisme, l’Utilité vient en premier, le Bon, l’action bénéfique en second, la Vérité et sa fiabilité en dernier.

Le Laozi, pour sa part, dit en substance que le gouverneur ne doit pas se poser en leader, mais se situer « derrière le peuple ».

Dans tous les cas, le bien et l’intérêt de l’autre est central, l’axe de la stratégie orientale – quelle qu’en soit la formulation et l’expression culturelles.

(Les prochains billets tenteront de tracer l’itinéraire du « changement » à l’adhésion au mouvement.)

 

1A un moment ou un autre, il faudra bien distinguer l’Orient (inclus Moyen-Orient) indo-européen de l’Orient vraiment Extrême de la Chine et des peuples de ses marches. Et aussi, ne pas négliger les influences de ce « monde » indo-européen sur le « monde » chinois, et réciproquement.

2Vrai pour le mouvement du Dao/tao des taoïstes mais aussi des confucéens et néo-confucéens : la jeune fille devenant épouse doit obéissance à sa belle-mère, mais seulement jusqu’à ce qu’elle devienne belle-mère à son tour.

23 octobre 2015

Petit billet d'humeur

Je voudrais faire une confidence : je n'appartiens, ni n'ai jamais appartenu aux Services Secrets. Pas plus qu'à un quelconque organisme de renseignement. Mais, j'ai eu cette chance inouïe (en classe de 4° ou 3°, plus probablement 4 que 3) qu'un professeur nous enseigne (en une dizaine de minutes!) que le meilleur moyen d'acquérir une culture politique est d'apprendre à lire les journaux, d'aller trouver les informations fiables et/ou significatives au milieu du fatras des actualités et des controverses d'articles dits d'analyse, de réflexion ou d'opinion (pas toujours affichée telle). Un peu plus tard, il se peut dans le même temps, via les romans de gare (en un temps où prendre le train laissait le loisir d'en lire), également par la lecture de revues d'histoire, j'ai pu suivre une formation complémentaire en traitement de l'information. Et son domaine connexe : l'art de l'intox. Ce dernier peut servir aussi dans la voie spirituelle: la seule différence est la victime, qui n'est plus l'autre, mais soi-même1. Toutes choses constituant un pilier majeur du Renseignement…

J'ai bien envie de déclarer que le grand public français cultivé un peu, beaucoup, à la folie ou pas du tout n'a aucune culture politique et qu'il est remarquablement mal renseigné. On me fera remarquer que cela n'a rien d'une caractéristique nationale, sinon la gué-guerre droite-gauche – et réciproquement, surtout quand on voudrait se faufiler par le milieu! (Lire : sans dépendance politique partisane).

La dispute est un plaisir intrinsèque de la philosophie. Elle est un lieu de relation d'exubérance & sympathie confondues, de même émotion d'allégresse du désir partagé d'explorer la différence des idées et points de vue. L'un des avantages de la dispute est d'en apprendre la tromperie de l'identification aux mots, les insuffisances et carences du discours comme celles des non-dits ou de la « langue de bois ».

Je viens seulement de prendre connaissance de diverses disputes ayant eu lieu ces derniers mois. Purement verbales et quasi exclusivement franco-française, voire «Paris-province», d'aucune utilité pratique immédiate. La notion de Village global, du milieu du xx° siècle2, semble bien n'y tenir aucune place. Si aucune empathie n'est permise entre gens de gauche et gens de droite d'un même pays…. Alors, entre pays, cultures, religions, civilisations, vous pensez !.… autant se taire !

Découvrir et disputer des concepts et idées, notions ou valeurs et pratiques extra-européennes serait pourtant bien utile aux «rapprochement entre les peuples 3».

L'«esprit» de Paix mondial commence par une compréhension empathique et sympathique (pourquoi pas ?) des autres civilisations.

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D'autre part, en juxtaposition/opposition/contrefort & marge de mes propos directement inspirés de l’œuvre ou de la vie d'Alan Watts, consulter

http://www.irenees.net/bdf_fiche-documentation-505_fr.html

 

 

1Mettons comme Adolf Hitler qui s'auto-intoxiqua sur un débarquement allié dans le Pas de Calais, alors que celui de Normandie s'achevait.

2 Ou Village planétaire, expression de Marshall McLuhan, dans The Medium is the Message, pour désigner la mondialisation des esprits.

3Expression signifiant trop souvent : rejoignez mon camp, ou tel ou tel camp occidental ! Un néocolonialisme mental.

28 septembre 2015

Devoir de Vacances 10 (et dernier)

(Théodore Roszak 2)

A partir de Roszak, je suis parvenu de fil en aiguille à relire Un bonheur insoutenable, d'Ira Irving. Ce roman, d'un avis qui semble général, ne vaut pas au plan littéraire Orwell (1984 et son Big Brother), ni Aldous Huxley (Le Meilleur des Mondes), mais en constitue comme l'aboutissement logique au niveau d'une Science-Fiction « sociétale ». Voici une quarantaine d'années, je lisais beaucoup de S-F, deux ou trois par semaine. Je rêvais d'une humanité qui unirait un cerveau de moine et yogi tibétains à un appui technologique selon les lois de la robotiques (Isaac Asimov).

Théodore Roszak m'y a renvoyé, mais une anecdote m'est revenu en mémoire, (In my own way, p 156), au sujet l'évitement de toute doctrine dans les propos que tient Krisnamurti, Aldous Huxley disant de celui-ci que « Personne ne lui rappelle autant le Bouddha que Krishnamurti » à quoi Jano (la troisième et dernière épouse d'Alan Watts) lui rétorqua

« Pourquoi, vous l'avez connu ?

Non, mais que dire1 d'autre ? »

De cet échange, Alan Watts commente qu'il est moins puriste, et considère que les doctrines (le dire), etc. sont des outils à utiliser (une Connaissance à pratiquer) mais que qu'ils n'obligent pas à en devenir des fidèles (adopter un système de croyance presque exclusivement verbal).

Le titre original du roman d'Irving est This perfect Day, qui signifie implicitement que le But de l'Histoire humaine est atteint et qu'il n'y a donc plus rien à espérer de l'à venir, ni à modifier, mais seulement à se féliciter du jour présent et à se congratuler mutuellement de l'immense chance que nous avons de le vivre. Cette satisfaction du présent peut faire penser à quelque chose de l'ordre d'un accent ou d'une teinture bouddhiste2. Cette ressemblance est trompeuse : la voie spirituelle ne vise pas à changer le monde, ni même soi-même en tant qu'agent social et politique dans le monde, mais la manière d'être au monde tel qu'il est et va, ET dont « je » fais intrinsèquement partie. Il faut bien voir que cette partie de soi qui veut changer mais qui est précisément celle qu'il faudrait changer, que brocarde parfois Alan Watts, est cette part de nous-même qui ne s'acceptant pas dans ses échecs et ses insuffisances, qui aimerait, grâce à la spiritualité devenir un type tellement nec plus ultra qu'il lui suffirait de s'asseoir en lotus à n'importe quel coin de rue pour que les passants s'assemblent alentour et se prosternent. Toute volonté de perfection (psychologique) est nuisible. Mais, largement véhiculée par la publicité, etc. et……. les utopies sociales3.

On notera au passage que toutes les utopies et dystopies sont post-médiévales et exclusivement occidentales4.

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Disons que ce bonheur est insoutenable, car tout bonheur humain est inséparable de la liberté et de la créativité.

Et aussi, que le plus insupportable de cette Ordi (nateur central et unifié) Dictateur est sa prétention de qualifier, caractériser, modifier éventuellement, la nature personnelle (psychologique) de chacun des membres de la société en fonction des besoins de fonctionnement. Jadis, on commentait l'adage « la fin justifie les moyens ». Dans le roman d'Irvin, comme la technocratie dénoncée par Roszak et Watts, les moyens se justifient par leur efficacité, sans qu'il y ait lieu de s'interroger sur leurs besoins, leur utilité pour le développement humain, etc. bref sans questionnement du sens et des fins de cette utilité.

 

 

 

 

 

 

 

1C'est moi qui souligne ; effectivement la Voie n'est pas dans le langage, ni dans la direction qu'il peut indiquer.

2Le fait est qu'il existe un « bouddhisme social et politique » qui, lui, en écho, possède des tonalités utopiques. C'est oublier que toute volonté de transformation sociale implique l'absolue nécessité d'admettre la possibilité de l'usage de la violence.

3La Paix monastique peut fournir un certain modèle de structures sociales et économiques, dont la société civile ferait bien selon moi de s'inspirer, mais fondamentalement elle une évocation/invocation/cérémonie de Retour à l'état adamique et/ou une préfiguration du paradis céleste dans le cœur de chacun.

4Les historiens peuvent signaler divers mouvements quasi messianiques en Orient, donc peu ou prou « utopiques », tout au long des 5000 dernières années. Sauf erreur, tous se sont terminés dans un bain de sang ! Au fond, à des degrés divers, tout prosélytisme est virtuellement porteur de violence.   

12 septembre 2015

Devoir de Vacances 09

(Théodore Roszak)

Théodore Roszak (1933-2011), romancier et sociologue, a été professeur émérite d'Histoire à la célèbre Université de Berkeley, San Francisco, où il a vécu la majeure partie de sa vie. Il a passé plusieurs années à Londres comme Rédacteur en chef des Nouvelles de la Paix (Peace News), qui pourrait – quant à son esprit – se traduire aussi bien pas « Informations sur la Paix » ou « Les actualités de la Paix ». (J'ai toujours été étonné de constater qu'à lire les journaux, on pourrait croire que notre planète vit dans un immense bain de sang, dont ne sortent indemnes que les magouilleurs économico-bancaires. Pour ma part, j'aimerais lire des nouvelles du style le Colonel X et le Colonel Y sont parvenus à un cessez-le-feu local provisoire permettant à leurs régiments de se repositionner en évitant de se massacrer mutuellement.)

Mais, à Seigneur tout honneur, je voudrais rapporter ici ce qu'il dit d'Alan Watts, dans l'ouvrage qui l'a rendu célèbre Vers une Contre-Culture, Stock, 1970 (The making of a counter culture, 1968,1969), p157-158) : « Outre Gary Snyder, il y avait Alan Watts, qui avait commencé depuis peu à enseigner à l'école des Études asiatiques de San Francisco, après avoir quitté son poste de conseiller anglican à la Northwestern University. Lorsqu'il avait gagné San Francisco, Alan Watts qui n'avait que trente-cinq ans en 1950 avait déjà publié au moins sept ouvrages sur le zen et le mysticisme religieux. (…) Des deux (avec D.T. Suzuki), je crois que c'est Watts qui a eu la plus grande influence car, souvent au risque d'une vulgarisation excessive, c'est lui qui a fait le plus pour traduire les vues du zen et du taoïsme dans le langage de la science et de la psychologie occidentales. (...1) les travaux de Watts comprennent des réussites aussi incontestables que son livre psychothérapie orientale et occidentale2. ...(le zen) une illumination personnelle qui se produit à l'improviste, sans préparation proprement intellectuelle. La meilleure manière d'enseigner le zen semble donc être de parler de tout autre chose... »

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Par ce parler d'autre chose pour « dire » vraiment que « la voie » (et tutti quanti) consiste à n'être ni pour ni contre rien, mais ce n'est évidemment jamais mis en pratique, la chose étant considérée comme aussi illogique que de prétendre être d'extrême-droite, d'extrême-gauche, parfois de droite, parfois de gauche, mais le plus souvent au centre, et jamais – au grand jamais ! –. sans-opinion. (C'est seulement depuis une quarantaine d'années que j'ai compris que Gautama le Bouddha, lorsqu'il recommande de « cesser de chérir les opinions », inclut dans « opinions », les « valeurs », tout jugement de valeur, donc tout système de valeurs. Il est assez bizarre et incongru, me semble-t-il, que des milliers de gens aient pu mourir ces dernières années pour « la défense des valeurs bouddhistes ». Comment s'étonner ensuite qu'un Arthur Kœstler, par exemple – simple exemple, puisse déclarer que « leurs valeurs » d'Orient ne valent pas mieux que « nos valeurs » d'Occident ?)

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Pour en rester à Roszak, personnellement, je trouve intéressant qu'il traite les sujets d'actualité en sociologue et d'éléments intemporels en historien – sans jamais pour autant se réfugier derrière les frontières de l’École Traditionnelle ou «guénonienne», à la française. Comment concevoir un espace à parcourir sans temporalité ? A priori, c'est idiot ! (Sans compter que le langage s'en trouverait banni, quasiment !3)

 

à suivre...

1Ici est rapporté l'opposition et/ou résistance des « square zen ».

2Indiqué simplement Psycho… dans ces présents billets.

3D'un autre côté, le zen est dit « sans pensée », être une conscience sans pensée… Mais, bien sûr, si vous êtes étudiant en Sciences Humaines, utilisez des expressions et termes tels que doxa ou Noble Silence !

7 septembre 2015

Devoir de Vacances 08

L’Éveil et la parfaite Santé mentale (et/ou physique, en ce que la personne la plus équilibrée ne peut qu'être momentanément ou durablement affectée par la maladie ou un accident1) ne peuvent qu'avoir une définition quasiment similaire en Orient et en Occident.

Pour mes visiteurs pressés, qui auraient l'ouvrage sous la main, je puis recommander de se reporter au premier alinéa de la page 169 – tout y est dit. Sans toutefois qu'il soit précisé qui, du prêtre ou du thérapeute, ou les deux, peuvent être d'une utilité quelconque dans la quête de la liberté et du bonheur, et leur commun accomplissement dans la mort. Ni non plus – quand ils le sont, de quelle manière ils sont utiles. Étant par ailleurs supposé entendu qu'ils sont assez généralement sources d'oppression et de malheur ; qu'entre Le Grand Inquisiteur, inclus dans Les frères Karamazoff de Dostoievsky et Vol au dessus d'un nid de coucous, de Ken Kesey, la différence tient surtout à la stature littéraire des auteurs, et assez peu à la différence d'un message de dénonciation de l'oppression hypocrite et plus ou moins sadique des suiveurs de doctrines et/ou de la lettre plutôt que son esprit, comme source de malheurs multiformes.

Le sujet abordé par Psycho… me laisse suffisamment de pain sur la planche pour satisfaire mon intention de le garder l'automne venu.

A la rentrée, il me faudra faire la synthèse entre deux séries de faits qu'Alan Watts n'eut jamais à faire, d'abord en sa qualité de sujet de Sa Majesté la Reine et fidèle de l’Église d'Angleterre dont Elle est La Chef Suprême ; ensuite, comme citoyen d'un pays dont le Chef d'État doit rendre compte devant la Constitution et ses électeurs, mais aussi en regard de son allégeance à « Dieu ». De plus en plus d'américains se méfient de la « religion » institutionnel, mais continuent de juger impensable qu'un Président puisse être athée. Or, je suis citoyen français et j'ai toujours rendu à César ce que je lui devais. Je ne puis me contenter, comme le fit Alan Watts, d'ironiser sur la contradiction qu'il y a de se prétendre à la fois & simultanément démocrate en politique et monarchiste en religion. Sans compter la fâcheuse tendance de l'Instruction Publique (française) de faire commencer l'Histoire avec la Révolution Française, le début des Lumières et la « preuve » de l'obscurantisme avec l'Affaire Galilée. Dans un tel contexte, où placer cet ésotérisme de la Tradition pérenne, auquel nécessairement doit correspondre un exotérisme admissible ? Comment une société ou un groupe d'une société peuvent-il s'affirmer religieux après avoir divorcé de la Nature ? Surtout, comment poser ce type de problèmes (s'ils font problèmes) quand toute réalité, qu'elle soit « sociétale » ou « écologique » est devenu, en France, sujet à polémique politique ? En France, il paraît impossible de dire le moindre mot en sociologie ou en écologie, parfois en médecine, si l'on ne précise pas d'abord sa position « de gauche » ou « de droite » ! J'ai un certain tri à opérer…

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Pour le moment, je vais poursuivre mes billets d’Été au gré des textes que je rencontre et selon la fantaisie de mes humeurs2. Juste pour interdire (m'interdire) un éloignement du vif de l’œuvre d'Alan Watts. Il dit en substance que la psychothérapie est une intégration sociale réussie, l'ascèse une intégration naturelle réussie – ascèse à attendre au sens d'effort produit3 pour se couler dans le mouvement de la vie et non pas de contraintes subies ou acceptées de bon cœur. Il tient compte cependant de ce que l'être humain est un « animal social – domestiqué », que la première libération ou la porte d'entrée dans la liberté est la prise de conscience du caractère conventionnel de cette distinction. Comme « animal », l'être humain est essentiellement naturel ; comme « social » il est producteur d'un langage le séparant du naturel. A un niveau plus basique, tout animal vit lui aussi en « société » et se conforme à un « langage ». Ce serait donc les spécificités du langage humain qui spécifierait l'Homme ; lesquelles seraient bien moins nombreuses qu'on ne le crut jusqu'aux découvertes de l’éthologie moderne. D'un autre côté, un aspect de l’éthologie m'a toujours amusé, qui justifierait scientifiquement la possibilité pour les saints hommes de vivre au milieu des fauves : l'étude des règles éthologiques de déclenchement de l'attaque. Celles-ci pouvant se résumer en deux mots : incompréhension/peur et agressivité.)

 

 

 

1Ce que Descartes reconnaît dans ses Méditations métaphysiques. Soit dit en passant, Descartes est le seul philosophe français dont je possède les œuvres complètes. Je ne manque jamais de le consulter lorsque je dois dire quelque chose au sujet du Yoga !

2Et, j'avoue mon plaisir malicieux, pour l'autodidacte que je suis avant tout, d'utiliser des termes tels que leçon, devoir, formation, rentrée, etc.

3Wei wu wei, action sans action, si vous y tenez, mais le « non-effort », le « sans-action », etc. sont sinon producteur, du moins gros utilisateur d'énergie vitale. Dans ces formules orientales, il est important de garder présent à l'esprit qu'il est tout aussi logique de dire que « le yang nait de la mort du yin » et son contraire puisque les deux processus sont simultanés et s'accompagnent et se soutiennent mutuellement. Les envisager en alternance n'a de valeur que descriptive. Ils sont intrinsèquement un seul Tao ! On utilise l'alternance du jour et de la nuit comme image du Tao, mais la nuit n'est nuit qu'en souvenir du jour précédent et du jour que nous croyons devoir revenir. Dogen en dirait probablement que nous « ne sommes pas présent au temps de notre présence »...

24 août 2015

Devoir de Vacances 06

(petits et grands satoris)

chinois :wù – satori et jiànxìng voir la nature 

nota : le premier caractère de et dexìng est (le « cœur-esprit ») lorsqu'il s'accole à un autre caractère ; par « insinuation » plus que réelle analyse ou explication sémantique, on peut donc suggérer que le wù – (jap.)satori signifie un moment, ou une durée, au cours desquels le cœur-esprit s'unit au langage, en somme que « le mot et la chose » ne sont plus qu'Un ; que jiànxìng (kensho en japonais) est l'esprit humain qui devient, momentanément, durablement ou pour toujours une Conscience Cosmique. (Dans cet optique, la question de savoir s'il s'agit d'une extase ou d'une enstase en devient superfétatoire.)

 

Ma réflexion passe du coq à l’âne ; mais, elle reste dans la même cour de ferme, qui cultive et élève et/ou approfondit jusqu'à la Libération. Cultiver, en parlant de Libération, peut surprendre ; du moins, renvoyé à consumarisme et Contre-Culture

Que cette idée me vienne de Kœstler, de Watts, de Desjardins ou autres – qui sont nombreux, le schéma de la Voie, en tant que cheminement, me paraît TOUJOURS s'effectuer en quatre étapes + une, lesquelles sont susceptibles d'être interprétées au plan psychologique, auquel cas, selon moi, on érige une barrière à la transcendance. Pour moi, j'insiste sur cette subjectivité , tout auteur & explication qui se montrent « décapants » à cet égard est bon à prendre. Quatre étapes au sens où « marcher » signifie 1- lancer un pied vers l'avant en pliant le genou 2- le reposer par terre 3- faire immédiatement de même avec l'autre pied pour éviter de rouler par terre 4- continuer (ou s'arrêter). Mais, comme chacun sait ces 4 étapes s'appellent « marcher », et donc 1, 2, 3 et 4 s'appellent aussi « marcher ». Quand on sait marcher, on sait marcher, soudainement et pour toujours ! Mais, une qu'on sait marcher, il est encore une longue marche à effectuer...

Ceci dit, le grand Huineng lui-même, qui « pigea le truc » du premier coup alors qu'il était jeune, inexpérimenté et inculte, mit une quinzaine d'années retiré en forêt avant de se décider à transmettre sa « marche », sachant intuitivement le célèbre quatrain du Chan/Zen, que voici :

Le fondement de la Méthode, c'est son inexistence ;

Cette méthode sans méthode est encore une méthode.

Voilà qu'on me confie l'absence de méthode :

De toutes les méthodes, laquelle est la Méthode1 ?).

Il ressort des alinéas précédents que nous abordons la question du graduel et du subit, au prétexte de la violence de toute épiphanie (ou hiérophanie, dirait Mircéa Eliade). Mais cette violence, où ? En 1, en 2, en 3, en 4 ?

Pour mémoire, le graduel est attaché au moine Shenxiu et relève de la psychologie, cependant que le subit (ou déclaré tel) est attaché à Huineng. Il est piquant de rappeler que le grand propagandiste du subitisme est un certain Shenhui, qui crut bon d'y adjoindre des considérations politico-militaires, donc du « social », donc du « psychologique ». J'ai toujours suspecté Shenhui d'être un mélange chinois de Fénelon et de Richelieu. Je ne m'aventurerais pas néanmoins sur ce terrain, car sur Richelieu ma culture se limite à ce qu'en disent Les trois mousquetaires. (Pour aller plus loin, voir Quiétisme, dans Wikipédia, et en rapport avec les lignes précédentes de ce billet, le paragraphe sur Guénon :

« Mais il y a quelque chose de plus curieux ; c'est que la mentalité « laïque » des modernes retourne volontiers cette même accusation de quiétisme contre la religion elle-même, en l'étendant indûment, non seulement à tous les mystiques, y compris les plus orthodoxes d'entre eux, mais encore aux religieux appartenant aux Ordres contemplatifs, qui d'ailleurs sont tous indistinctement « mystiques » à ses yeux, bien qu'ils ne le soient pourtant pas nécessairement en réalité ; il en est même qui poussent la confusion encore plus loin, allant jusqu'à identifier purement et simplement mysticisme et religion. »)

PS- Psycho paraîtaux USA alors que naissent les premiers enfants-fleurs, et le quiétisme des hippies, que dévoieront rapidement les mauvais coups conjugués de la pègre et du F.B.I. Le XX° siècle a pris la mauvaise habitude d'attaquer d'abord, de déclarer la guerre ensuite. En matière sociétale, la bonne habitude serait justement de faire la paix avec soi-même, son voisin, toute étrangeté/différence nationale, culturelle, folklorique ou ethnique admise et respectée . La chose faite, une bonne déclaration de paix mondiale, en bonne et due forme, pourrait ensuite être signée. Et, mais il va sans dire ;-) qu'il conviendrait :- < de rétablir l'échafaud pour les récalcitrants :-( … !!!

PPS- Pour jargonner qu'un arbre se reconnaît à ses fruits, disons que toute métacognition contemplative ne vaut qu'en ce qu'elle perdure au-delà de son insight hiérophanique initial et/ou « initiant » !!!

PPPS- J'allais l'oublier : le « +une » ; c'est qu'il y ait quelqu'un n'importe qui2 pour le constater (que la transformation personnelle est inscrite dans la durée).

1Le Soûtra de l'Estrade du Sixième Patriarche Houei-neng, de Fa-hai, traduction Patrick Carré, Point Sa99, 1995

2Que ce soit "n'importe qui" de préférence à une "personne autorisée" vaut mieux ; cela évite toute ingérence idéologique ou d'intérèt partisan.   

7 août 2015

Devoir de Vacances 05

J'aime beaucoup Arthur Kœstler, dont diverses études, analyses et assertions se rapprochent de près de celles d'Alan Watts. A la différence de ce dernier, Kœstler n'hésitait pas à aller mettre les mains de le cambouis, les scories et souvent détritus de nos sociétés modernes. La convergence des vues n'en a que plus de prix. Ils seront d'ailleurs jetés l'un et l'autre dans le même panier par les tenants du « square zen ». Il est vrai qu'affirmer que le « concept d'éveil est merveilleusement somnifère » est un brin provocateur… (Puis-je m'éviter de souligner qu'effectivement il importe de savoir si on cherche l'exactitude conceptuelle ou la réalité existentielle & expérientielle de la chose?) Satori, which is a burst of insight that leads to awakening and maga, the state in which the activy self ans the self-observing self become one and « mysterious 'it' has take charge, nous dit-il. Le sommet d'une prise de conscience qui conduit à l'éveil et l'absence de 'je'1, l'état dans lequel l'agent de l'action et la conscience de soi deviennent Un et qu'un mystérieux 'cela' prend place. (En fait, ces définitions approximatives renvoient aux caractères 無 我 無心 lesquels -assemblés ainsi- se traduisent aussi bien par « Sans je plus d'esprit » que par « Sans je ni esprit » mais aussi (aurais-je pu m'éviter cette facétie :) « Sans ego, plus d'ergo sum », sinon « sans ergo sum, plus d'ego »… pardi !). Ce qui ailleurs fait ajouter à Kœstler que Éros et Thanatos s'équivalent en ce qu'ils sont tous deux un profond désir de retour à l'organique plutôt qu'un superficiel principe de plaisir ou d'autodestruction de « soi ».

Concrètement, cela veut dire que lorsque vous baissez « instinctivement » la tête pour éviter un jet de pierre bien ajusté, vous êtes dans la plénitude de l'état dit « sans ego », de satori, etc. Rien de moins, mais -malheureusement pour notre fierté humaine- peut-être aussi rien de plus !

PS Naguère, un jeune moine o.s.b (=bénédictin) me déclara qu'il admirait le respect que les bouddhistes peuvent avoir pour le moindre brin d'herbe, mais qu'il était rebuté de les voir ne pas mieux respecter l’âme humaine que celle d'un brin d'herbe ! (On remarquera, une fois de plus, la terreur chrétienne face au « danger » du panthéisme.)

 

 

1Je rends maga par 'absence de je', tout simplement parce que s'identifier à son 'je' revient à s'identifier à son identité sociale, laquelle provient donc de la société - et de l'éducation qu'elle donne, tant au plan émotionnel que professionnel ou « culturel »!

31 juillet 2015

Devoir de Vacances 03

L'être humain s'attache à l'histoire telle une mauvaise habitude (et/ou masturbation) par crainte de son propre devenir final. L’obsession des « Monuments Historiques » en résulte comme une horreur de perte d'identité -un néant. Laquelle ne saurait exister sans être statufiée. On préfère ainsi les Bouddhas de pierre à sa propre libération, la croyance et la dévotion à la propre prise en charge de soi par soi et l'immobilité à la Vie en perpétuelle changement. L'idée de conservation du patrimoine, tant matériel qu'intellectuel ou culturel en général, n'est pas en elle-même nuisible. Elle le devient par sa sacralisation indue et par l'importance prioritaire qu'elle prend. J'aimerais savoir combien d'authentiques bouddhistes se sont scandalisés lors de la destruction des bouddhas de Bâmiyân, Afghanistan. La conservation des pyramides d’Égypte, le déplacement des Temples d'Abou Simbel sont choses excellentes. Le sort des nubiens le serait-il moins ? 

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