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La Philosophie d'Alan Watts
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27 décembre 2013

Trajectoire et Cheminement

Trajectoire & Cheminement 1/3

 

/

(en trad. et simplifié le) Qi

 

Par exception à ma règle d'une réflexion spiralée

(= en fait, mon goût et ma psychologie, par opposition à des exposés pédagogiques, clairs et précis, supposés facilité la transmission. Pour la transmission d'un enseignement ou d'un renseignement verbal, par exemple la date de la bataille de Marignan ou l'heure de départ et d'arrivée des trains en gare de Perpignan, l'exposé didactique s'impose. Mais, d'un cœur-esprit à un autre, communication entre des vécus ou des expériences existentielles, je ne le crois pas. Certes, si vous n'avez compris de la date de Marignan que « 151? » 'et quelque chose' vous n'en connaissez pas la date exacte du tout et à ne savoir d'un départ «vers 20H» on s'expose soit à une longue attente, soit à rater le train ; mais la communication inter-personnelle est un peu plus légère et nuancée de souplesse.)

je voudrais aller droit au but, à supposer bien sûr qu'une trajectoire aille droit :

Prenons la trajectoire d'une balle. D'une balle de ping-pong ou d'une planète de notre système solaire, voire de la Lune ou du Soleil lui-même – tous ces objets ayant à nos yeux l'apparence de la parfaite rotondité d'une boule. Balle de ping-pong, de tennis, de football ou de mousquet, boulet de canon ; boule de pétanque, de neige, des premiers Spoutniks ou des étoiles filantes, il n'y a que l'embarras du choix.

Quelques points communs apparaissent d'évidence : leurs trajectoires dépendent de la puissance de lancement, de leurs poids et de la distance à parcourir avant de percuter la cible. Ainsi, ne l'oublions pas, de facteurs environnementaux (tel le vent pour une balle, les aspérités du sol pour une boule de pétanque ou l'attraction & gravité pour les satellites, etc.)

Je remarque l'existence de nos modernes vaisseaux spatiaux, ainsi que des roquettes à tête chercheuse, etc. Ils sortent totalement de notre propos : ils possèdent leurs propres moyens de propulsion et, de plus en plus souvent, de ciblage de l'objectif à atteindre. Restons-en à la classique idée d'une trajectoire dépendant de sa visée, son poids et de sa puissance de lancement, mais contrainte de tenir compte des obstacles rencontrés (passifs comme les aspérités du sol ou actifs comme le vent ou l'attraction terrestre, solaire ou interstellaire).

 

Ce sont des réalités scientifiquement établies, fort complexes en elles-mêmes, mais bien plus encore dans chacun de leurs contextes comme dans leurs dynamiques et interactions diverses.

 

Je voudrais les prendre ici comme métaphore du sens de nos existences.

 

Et, au passage, noter que la distinction majeure et/ou essentielle entre l'agnostisme et l'apophatisme est que le premier affirme que «nous ne savons pas» quand le second suggère que «nous ne savons pas le dire» ou que nous en disons trop et ne parvenons pas à nous entendre (en nous-mêmes presque autant qu'entre nous) sur ce qu'il devons en dire. Qu'au milieu ou d'un peu de tout ça, il y a des « réalités », dont on ne peut guère parler que par périphrase tel Zhuangzi (Tchouang-tseu) disant que «le Tao est le moyen que nous empruntons pour marcher». Faut bien dire (!) que l'on ne peut pas en dire beaucoup plus. Et, comme le dit aussi Zhuangzi, ceux qui parlent du Tao n'en ont seulement pas même entendu parler.

 

Plusieurs disciplines se voudraient traquer ce ou ces éléments essentiels constituant une trajectoire existentielle. Éléments si "basiques" (constitutifs, universaux ou invariants) qu'ils nous permettraient de comprendre le destin de n'importe quel être humain de n'importe où qu'il vienne et quel que soit son époque.

 

Je me demande si toute la question, ou la perte de temps, pour Connaître Qi, Spiritus, Pneuma, etc. (j'en mentionnerai quelques autres) ne serait pas de croire que Qi est chinois, Spiritus latin et Pneuma grec. Babylone !

 

Il y a une différence entre la « trajectoire orbitale » des Spoutniks et la « trajectoire » de la balle qui tua le Président J.F. Kennedy (pour mentionner deux faits appartenant en gros à la même période).

 

Dans le premier cas, nous parlons d'une prouesse scientifique ; dans le second, d'un assassinat.

 

Dans la perspective que je tente de tracer ici, il ne s'agit que d'une question de trajectoire, ici défini notamment par la puissance de lancement, de leurs poids et de la distance à parcourir avant de percuter la cible. (Dans le cas d'un satellite, la sortie et surtout la rentrée dans l'atmosphère peut être assimilé à une « percussion »). Mon propos n'est donc pas de saluer la prouesse ou de condamner un acte criminel.

 

Teilhard de Chardin, brancardier pendant la Guerre 14-18, courait chercher les blessés sous les rafales de mitrailleuses. On s'étonna qu'il n'ait aucune peur de la mort. Il répondit : ce ne serait que de la matière venant percer de la matière.

 

Toi, Qui Est l'Un, l'Unique et le Même,

Mais, que nous Prions de divers Noms...

dit la prière de l'Arche (Lanza del Vasto)

 

à suivre...

 

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21 août 2013

Devoirs de Vacances (3/3)

Devoirs (& amusements) de vacances

Ego cosmétique et ego cosmique

 

Puisque le terme de signification de la splendeur du Soleil s'utilise comme signification de Dieu, il faut en dire un peu plus, au sujet du Signe : à priori il ne laisse qu'une alternative. Soit l'être humain est débiteur du signe1, soit il en est le créateur et sa nature est celle d'un producteur de signes.

Ce qui revient à dire que l'existence humaine a un sens ou n'en a pas.

Que le sens de l'existence nous vient du dehors ou de nous-mêmes,

Qu'il y a d'abord l'essence ou l'existence,

Que ce sens est transmis par diverses idéologies rivales, souvent en conflit – éventuellement guerrier.

Qu'elles pourraient peut-être aller ensemble... voire de concert !

Qu'à moins de se plier à la loi du plus fort (ou du plus avantageux pour soi-même, ce que Chogyam Trungpa qualifia de « matérialisme spirituel »), comment trouver le Juste Sens des choses et s'y accorder ?

Et, comment trouver cette part spécifiquement faite pour chacun d'entre nous ?

Mais, qu'à poser cette dernière question dépourvue de toute alternative se dénote un ''esprit religieux'', pour lequel le Tout a un Sens & Tout est signe de ce Sens de l'existence humaine & qu'il nous appartient de le déchiffrer, il convient d'y regarder d'un peu plus près. Le mot ''chiffre'' nous vient du sanskrit sunya (vide) qui passant par les arabes au Moyen-Age nous a donné chiffra, pour signifier ''zéro'' ou ''secret''. J'allais écrire : jusque là, c'est pas grave ! Car, ensuite, force est de constater que ce ''chiffre'' peut aussi bien concerner une réalité, un fait, un acte ou l'énoncé de ceux-ci. Et, dans ce deuxième cas, il est indispensable de connaître le langage utilisé, le mode d'emploi du déchiffrement. Tout français de ma génération et antérieure connaît au moins un vers de Verlaine du fait qu'il servit de chiffre au Débarquement Allié en Normandie, sa première partie « Les feuilles mortes de l'automne... » signifiant (= étant le signe de se mettre) en alerte et la seconde partie « …bercent mon cœur d'une langueur monotone » donnant le signal du commencement des opérations. On peut noter que ce chiffre est purement conventionnel. Par rapport au sujet de ces lignes, il s'agit d'autres choses, notamment deux :

La réalité d'un menhir (ou d'une stupa primitive) que les uns assurereront qu'il est un symbole religieux dont on ignore la signification exacte et les autres qu'il est un gros caillou planté en terre dont on se demande l'utilité. Le signe n'est plus exclusivement conventionnel : sa réalité objective peut peser plusieurs tonnes...

Le sens du Sacré, la relation directe à l'Univers, le comportement physique ou mental suscité par l'existence même d'une Nature, qui nous environne de toute part et nous affecte (par exemple de sa chaleur ou de sa puanteur), fonde toute religion comme toute science athée2. Empruntons sans attendre un chemin de traverse : les religions (& les libres penseurs eux-mêmes) énoncent ces réalités naturelles et dictent les comportements que l'on Doit avoir face à ces réalités. Et, elles ne sont pas toujours d'accord sur ces énoncés et ces comportements ''adaptés'' ; on peut remarquer que plus elles en font des discours, des doctrines, des règles plus elles ont tendance à oublier l'objet référencé par ces discours pour se concentrer sur la propagande de ceux-ci (joignant au besoin le sabre au goupillon). Leurs discours en devient aussi conventionnel qu'un chiffre de service secret, avec d'ailleurs des conséquences souvent aussi bellicistes.

= =

1- Ces billets de vacances, ajoutés les uns aux autres, produisent un effet assez loufoque (je suppose). Ils suivent la pente de mes associations d'idées, avec ses changements de niveaux, de catégories, voire de point de vue. Quel en est le fil conducteur ? Difficile à dire, c'est une jungle.

Mais, la Nature elle-même n'est-elle pas une immense jungle, un immense amas chaotique, que la pensée voudrait réduire à sa merci classifiante et géométriquement ordonnée ?

2- La première de toutes ces associations d'idées provient d'évidence (à mes yeux) de ce que j'ai été choqué d'une publicité à la télé dans laquelle une marque de déodorant ironise sur l'opposition de la sueur comme facteur positif et de la sueur comme facteur négatif. Elle entend nous faire penser que tout aspect positif de la sueur est une erreur, voire l'expression d'une certaine imbécillité générale, mais que – grâce à son produit d'une efficacité incomparable – le problème peut être purement et simplement supprimé : plus de sueur, donc d'interrogation à avoir sur ses aspect attrayants ou ses aspects repoussants. (Le spot publicitaire et moi-même laissons de côté la fonction d'homéostasie thermique de la sueur).

Se laisser aller à ses associations d'idées peut être très amusant (de grands comiques, tels Fernand Raynaud ou Coluche le prouvent sans qu'il soit besoin de faire spécifiquement appel à la lexicographie comme Raymond Devos s'en était fait la spécialité) ; cela permet de se libérer de la biblio-latrie et faire l'expérience hilarante que débattre de mots sans avoir l'expérience de la chose à laquelle ils se référent est stérile et inutile pour avancer sur le terrain. Lequel ''terrain'' est celui de ma vie à moi de tous les jours à moi, les miens et pas ceux du voisin ou de ma voisine au demeurant charmante. Toute chose bien terre à terre...

Progresser sur une voie de libération ne consiste pas à passer d'un chapitre à l'autre de nos croyances, mais à marcher sur le terrain tel qu'il est, par un soleil ou une pluie tel qu'ils sont. Se contenter de croire en sa propre expérience de la vie humaine peut être aussi néfaste à long terme que de se fier, de croire sur parole ce qu'en dit le manuel.

D'un autre côté, d'obéir à la seule loi de son expérience personnelle peut induire à l'erreur. A court terme, l'expérience prouve qu'aller chez le dentiste est au moins, - le plus souvent -, désagréable. Donc, évitons de prendre rendez-vous....une leçon qu'inspire l'expérience ?

Clarifier intellectuellement un problème peut ne pas être inutile, si l'on dispose de moyens pour le résoudre...(il est absolument certain, aussi sûr que 2+2=4 que si j'avais été faire mes courses en voiture climatisée conduite par un chauffeur expérimenté, l'autre jour dont je vous entretiens ne m'aurait pas fait suer!)

L'exposé d'un ''problème'' ne vaut qu'en ce qu'il est le miroir d'une réelle difficulté existentielle et qu'à l'examiner à ciel ouvert soit il disparaît soit la solution s'impose d'elle-même. Ou encore, apparaît dans toute son absurdité. S'il est clairement établi que l'excès de sudation provient de ce que vous avez couru en plein Été en pardessus, mettez-vous en maillot...3

Mon devoir de vacances préparant mon sujet de la rentrée sociale4, on notera qu'il en va de la vie spirituelle comme de la sueur : le meilleur moyen de ne pas y accéder (en bien ou en mal, que serait par exemple une vie spirituelle réduite à un moyen de réconfort moral), c'est de supprimer ou de vider de tout sens l'idée même de l'existence d'une chose ou entité appelée «spiritualité», ou QI, ou Soma.

C'est de faire à «spiritualité» le même sale coup que l'on fit à «convivialité».

«Convivialité» était un concept permettant de comprendre comment on peut vivre, produire et être sociétale ment (!) utile tout en obtenant ou élargissant sa propre liberté d'action ; et l'idéologie dominante en a fait l'heure de l'apéritif, le verre de l'amitié ou un repas pris en toute ''convivialité''. L'usage du terme de ''convivialité'', tel qu'il fut initialement défini, indiquant tout instrument dont l'individu demeure le maître et, en droit de s'en faire une fête, pourquoi se l'interdire à l'heure de l'apéro ? Certes. Il n'en demeure pas moins une Sortie individuel (ou d'individus) du Système.

« Spiritualité » ne sera jamais une sorte de raffinement de l'esprit (entendu comme psyché) ; « Spiritualité » est Sortie de l'Espace-temps tout comme de la Conscience du Corps-esprit (psychosomatique). Spiritualité est Déification (fut-elle athée) momentanée ou définitive. Spirtualité est un Au-Delà du Par delà (de toute conception ou pratique religieuse)... et entière et totale absence d'ingérence de l'ego. Ce qui le fait dire sublime et ineffable...

Surtout, n'en parlez pas à votre médecin ou à votre « psy »... il vous ferait enfermer !

= =

Pour la sueur (et sa potentielle convivialité, à propos!)

Le scientifique peut noter : « L’odeur corporelle, bien plus qu’une gêne »(13/08/13)

« Notre corps a une odeur. De même que tous les animaux de la Terre ont leur odeur. Les bactéries de notre peau décomposent la sueur et créent une empreinte personnelle de chacun de nous. Les émotions et l’attraction sexuelle ont elles aussi leur reflet olfactif. L’essor de l’hygiène personnelle ferait-il disparaître cette voie de communication ?

La peau est l’organe chargé de la réfrigération du corps (…) La flore microbienne prolifère dans les zones du corps où les glandes sudoripares et sébacées (qui sécrètent de la graisse) sont nombreuses et où l’humidité est retenue par les plis corporels, les vêtements et les chaussures.  Il n’est donc pas étonnant que les aisselles, l’aine et les pieds soient les parties les plus odorantes de notre corps.
(…) En conséquence, notre odeur corporelle, réduite aujourd’hui au minimum, est passée du statut d’élément notoire de notre personnalité à celui d’objet d’études scientifiques. »

'Sources : « L’odeur corporelle, bien plus qu’une gêne »(13/08/13)
-    www.leblogdelapeausaine.org 
-    International Journal of Cosmetic Science - History of Hygiene
)

Auteur : Andrés Martínez, journaliste scientifique

=

Et Le Soûtra du Lotus de la Bonne Loi nous Rappeler

« Le Bôdhisattva Mahâsattva qui possédera cette exposition de la loi, qui l’expliquera, qui la lira, qui l’écrira, obtiendra la perfection du sens de l’odorat, lequel deviendra pour lui doué de huit cents qualités. Avec cet organe de l’odorat ainsi perfectionné, il percevra les diverses odeurs … celle des fleurs... les divers parfums des fleurs aquatiques... les arbres... les diverses espèces de créatures, telles que l’éléphant, le cheval, le bœuf, la chèvre, les bestiaux, ainsi que celles qui s’échappent du corps des différentes créatures qui sont entrées dans des matrices d’animaux ; celles des enfants des deux sexes, des femmes et des hommes ; celles des herbes, des buissons, des plantes médicinales, des arbres, rois des forêts... celui des cent mille espèces de mélanges de fleurs divines de tout genre... il les reconnaîtra ; et l’organe de l’odorat ne sera pas pour cela blessé ni offensé chez lui de ces diverses odeurs.

(61.) Son corps devient parfaitement pur, pur comme s’il était de lapis-lazuli ; celui qui possède ce noble Sûtra est constamment un objet agréable aux yeux des créatures.

(62.) Il voit le monde sur son propre corps, comme on voit l’image réfléchie sur la surface d’un miroir, existant par lui-même, il ne voit pas d’autres êtres [hors de lui], car telle est la parfaite pureté de son corps.

(66.) La pureté de son corps est telle, qu’il y voit la totalité de cet univers ; et cependant il n’est pas en possession de l’état de Dêva ; c’est son corps naturel qui est ainsi doué. »

= = =

= = =

J'ai découvert l’œuvre d'Alan Watts un an après avoir découvert l'étude et la pratique intensive du Yoga. Le Yoga m'avait laissé entendre que la seule utilité de l'ego est d'avoir conscience d'exister plutôt que d'être mort ou non-né, que l'ego n'est que la 1/21nième (voire 63nième) partie de l’Être selon les indiens, 1/99nième selon les tibétains. Si j'avais bien compris (mon étude/apprentissage est un peu lointaine : 1966-1967), la différence entre indiens et tibétains (ou chinois) tient au fait que ces derniers pensent qu'un problème philosophique ne peut être résolu s'il n'a d'abord été posé. Il n'y a rien à trouver ou à réaliser qui ne soit déjà là. Pourtant, c'est comme ça, des «problèmes» se posent à nous. Force nous ait de constater a-) qu'ils sont là b-) qu'ils n'ont pas lieu d'être là c ;-) qu'ils peuvent donc disparaître d ;-) qu'ils ont disparus.

Pour reprendre l'exemple si contingent de la sueur : il faut croire qu'elle existe, il faut expérimenter personnellement son existence «positive» ou «négative», il faut en tirer les conséquences et s'en libérer.

Si vous n'avez jamais sué de votre vie, il est peu probable que vous puissiez imaginer ce dont je parle.

Si lisant Alan Watts on ne remarque pas que ce qui vaut pour lui vaut pour soi, la lecture de son œuvre est inutile.

Ce pourrait être une première distinction fondamentale provisoire entre le psychologique et le spirituel : le psychologique observe le dehors, le spirituel (la chose de qualité spirituelle) vu au dehors trouve un écho ou un reflet directs en soi-même – et réciproquement. Dans la ''chose spirituelle'', le mot EST la chose. Le psychologue démontre - à juste raison - que la ligne Maginot du mental est infranchissable ; le spirituel passe par la Belgique du territoire Réel, du terrain tel qu'il est...

 

Mais, je ne pue la sueur qu'autant que vous la sentez.

 

«As I am also a you, this is going to be the king of book that I would like you to write for me.» (Comme je suis également vous, ça va être le genre de livre que je voudrais que vous écriviez sur moi.) nous dit Alan Watts en première ligne de In my own way.

Ambition passionnée d'un fervent de son œuvre, j'aimerais que mon prochain essai soit du genre de livre qu'Alan Watts aimerait lire sur sa philosophie.

Les notes de ce blog en seront l'ébauche dans les mois à venir.

1Tel que l'a chanté Rabindranath Tagore, par exemple.

2A mon avis, qui n'engage que moi, penser qu'une connaissance puisse être rigoureusement athée est aussi absurde que de prétendre que nous sommes les créateurs de la nature ; nous sommes les créateurs de ses chiffrements, tout au plus.

3Je dois d'ailleurs avouer que je me prépare à mettre en ligne ce devoir & amusement de vacances alors que cette fin d'après-midi j'étais de retour de mon parcours habituel, mais ayant été trempé jusqu'aux eaux par une averse bienfaisante que la chaleur ambiante s'est chargé de sécher sans avoir toutefois le temps que ne s'enclenche la moindre sudation : j'étais déjà de retour chez moi, mes vêtements secs, le corps frais et dispos, l'esprit clair. Ce qui m'a donné l'idée de relire ce devoir & amusement de vacances d’Été.

4Selon le calendrier citadin. Dans l'ancienne agriculture, l'automne marque la fin des récoltes accompagnée d'un ralentissement & changement d'activité.   

20 juin 2018

Alan Watts & le sens des mots - 00

Devoir des Vacs d’Été 18 – 00

 

Je ne sais plus où, Alan Watts se plaignit de constater que nombre de ses étudiants, inclus ceux qui participaient à ses séminaires privés ne saisissaient pas d’emblée qu’un mot n’a aucun sens par lui-même – avant même d’envisager son/ses contextes de lieux et temps.

Plus tard dans l’Été, je reviendrai sur ces questions contextuelles.

Mais, je commencerai par la constatation qu’aucun mot n’a aucun sens du tout par lui-même.

Nous avons les mots qui sont inséparables de leur contraire : le jour sans la nuit, et réciproquement, par exemple. J’y reviendrai probablement aussi.

Pour commencer, je voudrais partir d’un point de vue minimal de l’appartenance d’un mot isolé.

Non pas en tant que catégorie disciplinaire : débrayage > terme de mécanique ;

fig = synonyme d’arrêt

Allons sur le site du CNRTL, à l’entrée bateau.

Nous trouvons : « ouvrage flottant » (ce qui me suffit dans le cadre de ce billet)

Puis, une trentaine ou une cinquantaine d’usage analogique ou comme image/figuré. Je les laisse de côté pour le moment.

Pour le moment, voyons la chose en tant que perception « de l’intérieur » de l’absurdité/incompréhension d’un mot.

Qu’est-ce que l’océan pour un touareg ?

Mais aussi :

Qu’est-ce qu’un bateau sans océan pour y voguer ?

Qui inclut que l’on veuille se déplacer sur l’eau (au risque de se noyer!), dans un but quelconque (donc un mobile, une volonté ou une contrainte).

Nota ; l’idée d’écrire (en chantier ouvert comme pour le reste de ce blog <=> en rectifiant mes erreurs s’il y a lieu mais jamais en me corrigeant ; c’est une recherche d’idées, pas des idées toutes faites)

l’idée d'une rechercher sur le sens existentiel du mot m’est venue en constatant de certains croient que « Samsara Est Nirvana » et que ça puisse expliquer quelque chose ou servir à quelque chose dans la vie d’un chercheur spirituel ou la vie philosophique indépendante de toute institution académique – ou contre-académique du reste.

La première association d’idées est immanquablement : si Samssara Est Nirvana, pourquoi donc chercher un hypothétique Nirvana ?

Samsara + un solide compte en banque = le plus grand des bonheurs possibles. Et n’en parlons plus.

 

4 avril 2021

Nos projets et ceux de Madame Corona

 

 

Mon projet de fin de vie.

(Alan Watts et Madame Corona ne peuvent évidemment être d’un total accord sur ce sujet.

Moi non plus

Mon projet de jardin se voudrait un poème&peinture d' Avant Mourir en trois dimensions…

&

"Que faisons-nous sur terre ? A l'exception de quelques simples d'esprit, personne ne semble réaliser que vivre c'est sentir le parfum des fleurs, écouter la mer, regarder les arbres frissonner dans le vent, escalader les montagnes, manger du pâté en croute, boire du vin de Malvoisie et caresser une jolie femme. Et pourtant, cela ne coûte pas cher à côté de ces milliards engloutis pour les dépenses du Royaume, la Puissance et la Gloire.
(...)

Voltaire disait sagement qu'il faut cultiver son jardin. Nous payons des fermiers pour ne pas travailler, ni même récolter. Nous n'aimons pas les légumes, les plantes, tout ce monde vivant : il nous paraît au-dessus de notre dignité d'en jouir, hypnotisés que nous sommes par l'érection des boites rectilignes.

Une longue pratique de la méditation empruntée au yoga et au bouddhisme zen m'a permis de comprendre qu'il n'y avait rien de dégradant à se servir de ses mains. (...) Pommiers, rangées de laitues, carrés d'herbe, buissons de haricots ou plantations de pomme de terre, peuvent vous apporter un plaisir, érotique et mystique, d'une intensité insoupçonnable et admirable. (...)

Je vais vous dire ce que je veux, et ce qui me satisfait. Je veux passer ma vie à méditer dans le silence, marcher lentement, éprouver le sens fondamental de l'existence dans l'émerveillement, surprendre tous les sons, sentir les nuages et les étoiles me caresser les yeux. Je veux bannir l'angoisse, la tourner en dérision, saisir la vie et la mort comme deux faces indissociables d'une même médaille. Je veux une compagne qui tour à tour m'obéisse et me contredise, m'admire et me surpasse, se fonde en moi et lutte contre moi. Je veux ... écouter aussi celui qui vient m'apprendre ce que j'ignore, avec une curiosité sans ennui. Je veux regarder dans l'eau les reflets de la lumière et les ondes du vent, pays des mouettes, des pélicans, des goélands, des flamands et des canards sauvages. Je veux m'asseoir sur un rocher lointain ou sur une plage déserte, entendre les vagues et regarder le ciel de l'Ouest que vient laver l'aurore. Je veux décocher des flèches si haut dans le ciel qu'elles deviennent oiseaux. Je veux contempler les montagnes, errer dans leurs vallons et leurs forêts, percevoir au crépuscule d'invisibles cascades. (...)

Je veux aller dans ma grande cuisine chatoyante de couleurs essayer une nouvelle soupe ou un nouveau ragoût, cuire le poisson à la vapeur ...

Aussi terre à terre que cela puisse paraître, c'est là tout le paradis que je me souhaite. (...)"
Alan Watts

&

禅 园 Directement ou indirectement, il m’a été souvent demandé ces derniers temps, d’où me venait cette idée de “yuan” et pourquoi cette “idée” m’est devenue presque aussi précieuse que ma vie même.
Concernant l’idéogramme proprement dit et même le mot, c’est simple, clair et net : de la récente lecture du livre Un jardin de lettré*.
Et, je suis toujours en recherche d’une expression chinoise qui soit expressive pour un occidental, tout en étant recevable et clairement comprise par un chinois.
A titre provisoire, j’ai adopté l’expression “Chanyuän”
禅 园 , que je traduis par « Jardin de Contemplation », mais, qui peut tout aussi bien se traduire par Contemplation (dans) le jardin. Ce que je désire exprimer n’en serait pas altéré. Par contre, il est de la plus haute importance que “Chan” soit rendu par contemplation, car la contemplation aussi bien bouddhiste que taoïste (voire néo-confucéenne), est précisément l’alliance harmonieuse de la méditation et de la compassion. Car, cette alliance est une réponse à la double et néanmoins similaire question : Comment puis-je aimer et aider l’autre si je ne me connais pas moi-même ? Comment puis-je prétendre aimer et aider l’autre si je ne comprends pas qu’il est aussi moi que moi-même ?

四合院 sìhéyuàn, signifie simplement une maison à cour intérieure, comme il y en a en France, et indique un retranchement du monde extérieur, une zone privative, voire défensive, par rapport à l’espace commun. On pourrait presque dire que c’est l’inverse : le “yuän” taoïste est une ouverture sur le monde naturel, sur l’environnement. La cabane qui y est bâti est un abri. Il va sans dire que lorsque c’est l’Empereur qui se pique de jouer les écolos, le dit “abri” peut se transformer en véritable palais, mais la structure architecturale d’ouverture et de relation écologique est maintenu. Voilà pour le vocabulaire.

Quant à yuan

Il s'agit du principe, de ce qui vient en premier. (le même entre dans la composition de "n°1" du parti, dans "fondateur", etc.
Dans le contexte de ce site, ce "principe" est la Nature même, à laquelle va s'agréger la Culture, l'acte culturel de jardiner, ici dans un but d'agrément esthétique et spirituel.
Cette manière d'entourer la nature, qui correspond bien à la première démarche d'un jardin à la chinoise ("habiter" conviendrait aussi) l s'agit du principe, de ce qui vient en premier. (le même entre dans la composition de "n°1" du parti, dans "fondateur", etc.
Dans le contexte de ce site, ce "principe" est la Nature même, à laquelle va s'agréger la Culture, l'acte culturel de jardiner, ici dans un but d'agrément esthétique et spirituel.
Cette manière d'entourer la nature, qui correspond bien à la première démarche d'un jardin à la chinoise ("habiter" conviendrait aussi)

pairi daiza signifiant jardin clôturé

= = =

* Antoine Marcel, Ed. Alternatives.

22 août 2020

Alan Watts reçoit Madame Corona, 2

Alan Watts reçoit Madame Corona – 000, 2

22/08/2020 

En début de cette année, mon idée pour cette introduction ou réintroduction à ce blog sur la Philosophie d’Alan Watts était de rectifier la manière un peu cavalière dont je l’avais quittée. D’un autre côté, je renvoyais à des auteurs bien connus mais « populaires », donc à des philosophies « populaires » au sens où Camille Flammarion écrivit sa toujours fameuse Astronomie Populaire.

Encore un thème qu’il me faudra bien aborder : l’opposition populaire et savant, vulgaire et érudit, etc.

Alan Watts, parfois même à contrecœur, est reconnu pour la valeur et la pertinence de ses vulgarisations. (Son succès y rajoute une dose variable de jalousie.) La richesse de ses présentations permet que chacun peut y puiser des choses fort différentes, selon ses besoins personnels ou selon ceux du moment et de sa situation. Malheureusement, cette richesse facilite la confusion, « bonne et mauvaise forme » dirait peut-être Watts, qui puisa largement dans les théories gestalt, est d’oublier que les audaces dans l’inventivité ses présentations portent EXCLUSIVEMENT sur celles-ci. En d’autres termes, qu’il déclara lui-même : « mes vingts livres [rédigés] portent sur un seul sujet» et [je ne me souviens plus des termes exacts] mais mon succès tient beaucoup de ce que j’ai été mal compris. C’est dire aussi que son seul et unique ouvrage majeur, à faire entrer au Patrimoine Unesco absolument, est « Nonsense », E.P. Durton, New-York, lequel – en style USA – tient des propos pires que smurf, qu’en français nous disons schtroumpf. Une manière de Zen schtroumpfant, ou de pratique ordinaire du Zen chez les schtroumpfs.

&

J’y pensais en ce début d’année 2020, à moins que ce ne soit en novembre ou décembre de l’année 2019 : rappeler le sens profond du non-sens de la philosophia schtroumpf-ennis. On voit aussitôt l’impossibilité d’une telle prétention (spécialement pour quelqu’un tel que moi, qui a écrit noir sur blanc : « surtout pas [la prétention] de la fidélité. Elle serait le moyen le plus approprié pour la trahir. La philosophie d’Alan Watts, chacun doit la reprendre pour son propre compte. Ou se laisser porter par elle, flotter avec elle. »

Problème, le moins grave mais le plus agaçant pour moi : l’impression de jouer les vieilles barbiches gourmandant la turbulence de jeunes dents avides d’autres nourritures que celles de la consommation. En Dao, on débute avec un esprit de vieux et on meurt en pleine jeunesse de cœur. J’aime à le répéter en le mettant à n’importe quelle sauce « sans quitter le seuil de sa porte, connaître le monde 1» car « sur la Voie, le premier pas est le dernier ».

&

Pour contourner, ou court-circuiter ces inconvénients, j’ai décidé de directement replonger jusqu’au moment décisif de ma rencontre spirituelle d’Alan Watts, en 1965/66. Dès l’année suivante, j’en préciserai certains détails, mon existence en a été complètement et radicalement changée. En racontant la vie et l’évolution de la pensée d’Alan Watts, c’est moi-je (ahamkar) qui parle.

(J’ai essuyé ensuite des vents contraires, mais c’est une autre affaire – que je raconte dans un mixage d’essai et de roman historique, terminé depuis quelques semaines à peine.)

Précision : les deux thèmes majeures qui conduiront mon exposé-narration sont : la Tradition (pas seulement d’opinion ou de lectures, mais existentiellement vécu) et la Paix (telle qu’elle peut se préparer, quand la politique ne s’en mêle pas).

A mes visiteurs philosophant, je mets en garde contre mon habitude de traiter en trois temps. Ce ne sont pas des temps de thèse et antithèse, puis synthèse. De ma part, c’est pure snobinardise spatiale zen : tout ce qui est beau est de chiffre impair. Sinon nous demeurons à l’état statique du dualisme, quand le Tao, le Chan, le Zen… est mouvement.

 

 

1C’est dans Laozi avant d’être dans Liezi, trop souvent traité de « rebelle égoïste »...

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19 août 2017

Apprentissage en philosophie 4/5

Que j’y tienne beaucoup est exceptionnel : respecter le « calendrier » fixé. Pour y parvenir, je vais devoir raccourcir mes billets & aller directement à l’essentiel de mon idée.

Pour déblayer un peu :

== Pas une ascèse délibérée et programmée, mais art d’une vie austère, c’est-à-dire

conviviale (=maître/libre de ses outils), déscolarisée (dé-scholastiquée=>indépendante de

toute école/idéologie précise), économique (loi du moindre effort=>dépenser le moins

d’énergie possible dans tout acte/action/production/fabrication ; aller au plus proche et

direct dans l’échange de biens et de savoirs.

== Comprendre et admettre le rapport argent-richesse, idem pour vitesse-temps, et

temps-durée, trajet-voyage,

== Conscience de soi mais de constat et non pas de tentation du contrôle (Alan Watts en disait que la part de nous-mêmes, qui voudrait changer les attributs de ses états de conscience, est justement celle qu’il faudrait changer – dans l’idéal, si celui-ci était possible!)

== Conscience politique mais refus d’engagement réduit à la sphère politique, encore moins aux œillères d’un parti basé sur une idéologie spécifique. (= militer, c’est se limiter)

Dans la nature, existent des enceintes/poches/zone nommées (ville). Ses valeurs devraient suivre celles de la nature ; mais, force est de constater qu’il n’y a de « nature » qu’en raison de l’existence urbaine. (Ici, la différence Orient et Occident est intéressante : les uns choisissent et aménagent un site, puis y construisent des abris – qui peuvent des palais ; les autres bâtissent des forteresses et châteaux puis agencent, à l’explosif si besoin est, leur environnement.)

 

5 décembre 2017

Fermeture de ce blog, 1/3

Depuis 2009, dans ce blog, j’entendais réunir le maximum d’éléments divers en vue de « construire ma philosophie ». La particularité de ces dits « éléments » étaient la possibilité d’utilisation par d’autres pour construire, ou aider, à leurs propres philosophies. J’ai mentionné ou indiquer le lien de tout texte en rapport avec Alan Watts, sans faire de différence entre ce qui me plaisait et ce qui me déplaisait. A titre d’exercice, lorsque j’entamais un billet, j’allais jusqu’au bout, même lorsqu’il était évident que j’étais entré dans une impasse. Philosopher, c’est aussi être en recherche, « en exploration » et la mener jusqu’au mur.

Évidemment, ne pas vouloir donner de leçons, à quiconque, j’ai été insuffisant sur un thème central de la philosophie d’Alan Watts : à quoi sert de lire les menus, si l’on ne les mange pas les repas indiqués ; et/ou, à quoi sert de collectionner les recettes, voire les livres de recettes, si l’on ne passe jamais derrière les fourneaux ?

Plus encore, dans ce qui en dérive, je n’ai pas suffisamment dit que les grandes toques sont l’exception, mais que manger à sa faim et, autant que faire se peut, à la pleine, complète et entière satisfaction de ses papilles gustatives – et tout ce qui peut bien aller avec, telle que l’amitié de convives, est proposé à tous.

Fassent les dieux, de tous les cieux, que je ne néglige pas cet aspect dans mes Variations wattsiennes.

Pour assurer la transition, je voudrais dire, par commodité, depuis longtemps, j’ai dégagé les quarante « items » de l’existence et de la pensée d’Alan Watts, lesquels pourraient aisément se dédoubler de leurs compléments ou opposés, ou encore connexes. Totalisons : entre 80 ou 12O éléments majeurs, ça vous donne « Alan Watts, tel qu’en lui-même en ses taos du Tao » (sa propre manière de vivre le mouvement de La Voie).

Les besoins de connexion entre ce blog et le suivant peuvent toutefois se limiter à six thèmes, parmi lesquels j’ai choisi celui qui constituera le fer de lance, ou, pour prendre une image moins guerrière, la colonne vertébrale de ma réflexion : La Paix sur Terre.

 

La vie d’Alan Watts se partage en quatre grandes parties :

la jeunesse anglaise

— l’arrivée à New-York

— l’Université Northwestern

— San Francisco

Mais, il s’avère indispensable de subdiviser la première et la quatrième en deux.

La période anglaise entre Zen et la relation à son Maître spirituel.

La période franciscaine entre péniche SS Vallejo, d’où il connaîtra les sommets de sa notoriété ; et les Monts Tamalpais, ces montagnes sacrés sur lesquelles il achèvera son cheminement «en sa propre voie ».

J’ai remarqué que chacune de ces parts d’itinéraire spirituel suscite ses « fans » comme ses « étudiants » qu’ils soient en admiration ou en désapprobation – et parfois directement de condamnation !

Je reviendrai sur l’ensemble de ces « items », dans telle ou telle de mes Variations.

Pour clôturer ce blog et faire transition, je voudrais simplement dire que mon « item », à moi, suit le regret d’Alan Watts lui-même au sujet de l’oubli des vains efforts que fit son Maître, Dimitrije Mitrinovic (ou, Mitriénovic), pour empêcher la Seconde Guerre Mondiale. (Personne ne voulut l’entendre, et surtout pas certaines personnalités d’Orient, qui, faute d’informations complètes, regardaient avec indulgence ou sympathie le fascisme et le nazisme1.) Cette douloureuse déception du jeune Alan n’est pas pour rien dans sa décision de quitter l’Angleterre, au moment même où il devenait discernable pour tous que la guerre était devenue inéluctable.

À suivre 2/3 et 3/3

PS – Je clos ce blog mais ne le supprime pas – et si je glanais une information toute nouvelle sur ou autour d’Alan Watts, c’est ici que j’en retransmettrais la teneur.

 

 

1Pour comprendre cette attitude, il faut rappeler que jusqu’en 1937 au moins, Mussolini aimait se faire filmer en train de participer aux moissons et que certaines photos de propagande nazie représentaient des rangs de jeunes soldats torses nus une bêche à l’épaule et non pas un fusil. Cet aspect pro-nature, ou du moins « campagnard », ne pouvait que plaire à tout orientalisant et tout oriental opposé aux conséquences sociales de l’urbanisation et de l’industrialisation à outrance. Cette image fleur-bleue fut nuisible à la gnose et « l’ésotérisme » mal compris. En France, ce type d’attitude est jugé d’autant plus sévèrement que le régime de Vichy et la collaboration reprirent ces thèmes – sans prendre en considération que les fusils avaient remplacés les bêches et les obusiers les moissonneuses. On ne peut que noter que cette vision idyllique de l’Orient (souvent opposée à nos sinistres guerres de religion, inquisitions et répressions comportementales bornées & stupide) n’a pas disparue de nos mentalités, induisant des sympathies fantasmatiques de mauvais aloi.

3 août 2021

Calepin Alan Watts 0005

Calepin Alan Watts 0005

02//07/21

Mon Bon Vieux Calepin Alan Watts n° 0005

Ma vie ; qu'en faire ? N° 0005

 

Bernard Pivot ; de l’académie Goncourt

mais la vie continue, Albin Michel, 2021

Jean-Pierre Le Goff

La société malade, Les essais Stock, 2021

Edgar Morin

Leçons d’un siècle de vie, Denoël, 2021

=> comme lectures de détente pour ce mois d’Août.

 

Je relis diverses choses relatives au Dao/tao, car je tiens à ce que l’assise de départ de mon Calepin soit solide et assez admissible académiquement.

En vue de cet automne hiver, je m’approvisionne aussi en polars, d’un style et d’inspiration inhabituels pour moi.

 

11 juillet 2021

Calepin Alan Watts 0003

Calepin Alan Watts 0003

11//07/21

Mon Bon Vieux Calepin Alan Watts n° 0003

Ma vie ; qu'en faire ? N° 0003

 

 

«Penser à… n’est pas nécessairement se souvenir, ce n’est pas non plus se remémorer mais veut dire dire tenir devant soi (quelque chose), un « étant », et à vrai dire même lorsque, et précisément lorsque cet « étant » est absent, c’est as donné corporellement dans le présent immédiat ; ou, ce qui veut donc dire la même chose : se tenir un « étant » présent devant soi-même alors même qu’on n’est plus soi-même présent auprès de « l’étant » en question » Heidegger, cité p 35 de Denise Desjardins Le Réel et nous, La Table Ronde 2002.

&

A l’intérieur d’un paysage à peindre, il n’y a pas de jugements de valeurs morales mais la prise en compte des rapports entre les différentes formes des objets. Ce qui importe est le résultat global dans son effet esthétique, qui ne relève pas de la géométrie objective et de l’interprétation de l’œil spectateur.

&

A partir du prochain billet, un stricte respect de la logique surréaliste aléatoire sera appliqué : les notes et documents seront mis en ligne au fur et à mesure que ma main s’en saisira. Seuls mes éventuels commentaires seront du jour comme mes possibles dernières nouvelles…

 

 

13 avril 2021

Alan Watts reçoit Madame Corona, 9

Alan Watts reçoit Madame Corona, 9

L’un des effets paradoxaux de la visite de Madame Corona est l’actualisation permanente et l’intensification d’un désir, qui demeurait mêlé, presque caché, au milieu de choses que j’aimerais connaître encore en mon Quatrième Age (ashrama, ou stade, étape) de vie. Le désir était là, nullement refoulé, mais regardé tel un surcroît, un fruit sur le gâteau. Il semble bien vouloir devenir un besoin fondamental. Mes devoirs et nécessités de sadhaka (chercheur spirituel, philosophe, zeniste, contemplatif…… encore une fois : qu’importe les étiquettes, pourvu que ce soit le même flacon et qu’il conserve bien la même liqueur.).gardant sa priorité et/ou suprématie. L’aspect hiérarchique est plus théorique qu’autre chose.

Je ne sors pas beaucoup du sujet : Alan Watts n’a jamais pu rester longtemps sans compagne. Lors de sa période de tombeur frénétique, il n’était jamais satisfait du seul apaisement sensuel. Ce qui explique son exceptionnelle passion pour Mary Jane, « Jano », sa quatrième et dernière épouse. Elle lui donna tout ce qu’il attendait, pas toujours en en mesurant l’exacte portée.

Arnaud Desjardins, voici une cinquantaine d’années, s’avérant du véritable ressort de ma problématique, m’offrit deux photos tirées de ses films sur le Zen Soto : on y montre un couple de moine-moniale en za-zen, dans la véranda de leur petite maison.

Ce sont d’indubitables porteurs de mon existence. En quoi l’age venant en deviendrait-il caduques ? En quoi, précisément?

Quel aspect symbolique serait à retenir, dans mon cas ?

(À suivre… se vouloir artisan en tant qu’écrivain...).

7 septembre 2009

Introduction Générale

    Son oeuvre a connu un zone d’ombre, un purgatoire d’écrivain à l’exception de Bouddhisme zen, régulièrement réédité depuis 1960. La plupart de ses réflexions critiques, de ses études en philosophies comparées comme de ses présentations innovantes purent apparaître devenues sans objet : la Contre-Culture Américaine s’était fondue dans le mouvement New-Age, le Développement du Potentiel Humain et autres “néo-thérapies” ; les Églises Chrétiennes, semblât, s’étaient engagées dans une démarche oecuménique pleine de promesses, et assorti d’un renouveau liturgique très visible (Vatican II - 1962-1965) ; le Bouddhisme avait produit son effet de mode et le Zen était devenu un excellent argument publicitaire en divers domaines.
Force est aujourd’hui de constater que l’Église Romaine n’a pas beaucoup changé, que les “églises” bouddhiques sont loin d’être à l’abri des méfaits supposés ou avérés que l’on aurait voulu croire l’exclusivité du monothéisme occidental. Les préoccupations écologiques demeurent assez largement une fumisterie. En économie, les efforts dit de “développement durable” n’ont pas remédié à la détérioration des termes de l’échange économique entre pays riches et pays pauvres, ni aux guerres de prévention économique. En résumé, on avait un peu trop vite vendu la peau de l’ours...

Ses ouvrages conservent - à des titres divers(1) - toute leur importance, leur fraîcheur et leur actualité. Ils ne sont plus seulement des portes d’accès aux questions touchant les rapports Orient Occident ; ils sont des clefs pour la planétisation culturelle nécessaire au XXI°siècle. Alors que l’Inde et la Chine rappellent leur Puissance, Alan Watts peut nous aider à mieux nous comprendre “nous” afin de mieux les comprendre “eux”, et qu’à la mondialisation du commerce des marchandises terrestres corresponde un planétisation des esprits comme une bonne aperception de notre place humaine au sein de cette écologie planétaire. Et, face à l’American way of life en passe de devenir la World way of life, la critique qu’en fait Alan Watts et l’Art de vivre qu’il propose en devient d’une urgence dramatique en regard de ce terrible constat qu’une bonne moitié de l’humanité au moins en est exclue. “Plus les riches s’enrichissent et plus les pauvres s’appauvrissent” est un lieu commun qui a peu de chance de disparaître dans les prochaines décennies, cependant que les atteintes à l’environnement ne sauraient baisser de beaucoup. En résumé : outre que le “progrès” est loin d’être équitable et solidaire pour tous les humains de la planète Terre, il se révèle de plus en plus nocif pour ceux-là même à qui il était supposé bénéficier - et, sur ce point-là, “riches et pauvres” confondus.
Il est peut-être temps de préparer le retour des enfants-fleurs, leurs chants et leurs rires s’alternant au silence des méditants.
Il est également temps de bien voir que l’Orient et l’Occident ne se sont nullement rapprochés ; et que les valeurs orientales de portée pourtant universelle nous demeurent étrangères. Nous leur préférons ses folklores et ses fanfreluches - tant mentales que vestimentaires -quand ce n’est que nous considérons comme “si typiquement oriental” ce qui n’est en réalité qu’une résultante de l’empreinte de l’impérialisme colonial. Réciproquement, l’américanisation architecturale et routière de certaines villes et régions côtières de la Chine, ou la puissance économique de Singapour par exemple, ne constituent qu’une réalité d’abord journalistique. Mais, dans certains de ces “gratte-ciels”, et jusque dans les couloirs des états-majors militaires, diverses écoles “néo” néo-confucéennes(2) ou taoïstes prospèrent, avec l’accord du Pouvoir en place. Enfin, un point d’évidence n’est pas assez souligné, me semble-t-il : si certaines valeurs orientales sont universelles, elles sont également occidentales. Autrement dit, c’est dans l’approfondissement des racines de notre propre héritage que peut se comprendre celui d’Orient. Et, l’une de ces racines communes les plus fortes est terrienne, notre appartenance commune à une même planète en dépit de ses différences locales. Ces dernières tendent d’ailleurs à s’estomper sur tous les plans : faune et flore, épidemiologique aussi. L’import-export, tout au long du XX° Siècle, a été un processus d’accélération et de débordement de l’échange des seules valeurs marchandes. Nous importons exportons des bactéries, des plantes, des animaux, des humains autant que des idéologies ou des religions. Nous exportâmes, naguère, l’alcool chez les peaux-rouges américains, mais en importons désormais tous les dérivés du cannabis ou de l’opium. Nous eûmes jadis nos croisés chrétiens et nous découvrons aujourd’hui le djihad islamiste. L’Europe voulut évangéliser ou soviétiser le monde ; le Bouddhisme et l’Islam propagent désormais leurs divers messages au monde entier. Au plan général, ces questions ne peuvent plus rester l’apanage de cercles intellectuels plus ou moins restreints. Au plan local ou particulier, en chacun de nous, en chacun par rapport à son groupe, de son groupe par rapport à celui du voisin tout comme leurs relations différenciées à l’ensemble planétaire, ces questions sont appelées à devenir populaires. Populaire au sens où est entendue l’expression d’Astronomie Populaire. J’y  reviens dans un instant...

 

&

À définir le jour par absence de nuit, le Bouddha a bien défini le Bonheur par la “Cessation de la Souffrance”. Pourtant, de son Enseignement, comme des diverses doctrines bouddhistes, il est généralement retenu l’expression de “voies de libération”.

Selon ce Philosophe en liberté, la question de se changer soi-même tout comme celle de changer le monde est hors de propos, “irrelevent” comme disent les juristes anglo-saxons lors de procès. Car, si la folie des idéologies prétendant changer la vie n’est plus à démontrer, la part de chacun qui veut changer sa nature propre est également vaine et vouée à la faillite. “L’illumination, disait-il, c’est d’abord la liberté d’accepter le raté que l’on est… En dehors de cette acceptation, toute tentative de discipline morale ou spirituelle demeure le combat stérile d’un esprit scindé et de mauvaise foi.(3) ”

&

Alan Watts est le seul auteur (à succès) qui ait véritablement formulé les problèmes que posent les rapports Orient Occident, et ceux de cet œcuménisme total auquel il aspirait tellement - un oecuménisme s’incluant lui-même tout logiquement et naturellement dans une écologie globale.

Il était entré très tôt en contact avec la pensée orientale, tout en ayant une excellente formation théologique et philosophique. Et ensuite, pendant trois ans, il a pu se frotter directement au Zen, en vivant dans l’intimité du Vénérable Sokei-an Sasaki, fondateur du Zen Institute of America,   comme dans celle de sa propre belle-mère,
Ruth Fuller Sasaki -elle même spécialiste du Rinzai. 

Son oeuvre a connu une zone d’ombre, un purgatoire d’écrivain à l’exception de Bouddhisme zen, régulièrement re-édité depuis 1960. La plupart de ses réflexions critiques, de ses études en philosophies comparées comme de ses présentations innovantes purent apparaitre devenues sans objet : la Contre-CultureContre-Culture Américaine s’était fondue dans le mouvement New Age, le Développement du Potentiel Humain et autres “néo-thérapies” ; les Églises Chrétiennes, sembla-t-il, s’étaient engagées dans une démarche oecuménique pleine de promesses, et assorti d’un renouveau liturgique très visible (Vatican II - 1962-1965) ; le Bouddhisme avait produit son effet de mode et le Zen était devenu un excellent argument publicitaire en divers domaines. Mais, des maitres authentiques étaient venus d’Orient et avaient assuré une certaine (réelle) transmission, etc.
Force est aujourd’hui de constater que l’Église Romaine n’a pas beaucoup changé, que les “églises” bouddhiques sont loin d’être à l’abri des méfaits supposés ou avérés que l’on aurait voulu croire l’exclusivité du monothéisme occidental. Les préoccupations écologiques demeurent assez largement une fumisterie. En économie, les efforts dits de “développement durable” n’ont pas remédié à la détérioration des termes de l’échange économique entre pays riches et pays pauvres.

 

Avant de faire valoir ce que j’entends par “taoïsme écologique”, j’ai ainsi tenu à présenter quelques pièces du dossier de sa vie et de son oeuvre telles qu’il est actuellement permis de les relire et d’en faire bon usage.

La philosophie dont il sera question ici se voudrait donc le reflet populaire de cette Philosophia Perennis dont on pourrait peut-être dire qu’Alan Watts fut un animateur et bateleur, un shaman et grand prêtre californien - mais “populaire” au sens où Flammarion écrivit une Astronomie Populaire (1880) qui conserve toute sa valeur et sa fraicheur. Et qui, du reste, constitue une excellente base pour aborder et saisir le caractère révolutionnaire de “choses” comme la vulgarisation de la physique quantique. Comprendre l’utilité pratique de cette Tradition –et la diffuser dans la Culture du XXI° Siècle, en faire la divulgation plus que la vulgarisation -, c’est assimiler la “transversalité” de son oeuvre, d’une part au sens d’interdisciplinarité et d’autre part de translittération de concepts orientaux en Occident et de concepts occidentaux en Orient. Or, c’est bien la vulgarisation de cette “transversalité” qui représente l’intérêt majeur des réflexions d’Alan Watts. Peut-être est-il permis de faire un autre rapprochement entre l’Astronomie Populaire et une anthropologie philosophique qui deviendrait vraiment populaire : quand un astronome amateur et un savant regardent vers le ciel un phénomène quelconque, ils regardent dans la même direction. Observation à l’oeil nu, à la jumelle, avec une petite lunette ou avec un télescope géant, il peut y avoir une différence considérable de niveaux d’observation mais il y a le partage d’une même orientation vers un même objet de la recherche. Dans les diverses sciences humaines et les philosophies entre elles, l’homme de la rue et le spécialiste ne parlent jamais de la même chose. Et, personne ne parait savoir de quelle “planète”, ni de quel “humanité” il est question...

Alan ne fut pas seulement un “précurseur”. Même noyé en “génial précurseur”, cette appréciation est insuffisante à rendre compte de la démarche intérieure tout comme d’ailleurs de son message réel. C’est bien sûr affaire de gout, je n’apprécie pas beaucoup plus l’image de « jeteur de ponts » entre les traditions : après un brin de causette avec celui d’à côté ou d’en face, on revient sur les positions de sa propre rive. C’est même ce à quoi se réduit l’oecuménisme comme le dialogue interreligieux de ces dernières années (World Parliament of Religions, alias “World’s Religions Congres, et Unesco exceptés - dont on peut regretter que les travaux comme les actions sont bien loin d’être populaires(4) ).
La démarche que je voudrais faire valoir est sa volonté de populariser la Tradition et de le faire par des méthodes que l’on qualifie désormais, selon les angles de vue, de “complexes”, “transversales”, “comparatistes” ou “transdisciplinairestransdisciplinaires”. Il fut un précurseur dans la popularisation de divers thèmes liturgiques, de théologie mystique, de psychologie moderne, d’indologie ou de sinologie.Ses assertions gardent leur valeur, peuvent servir de « cours introductif » dans ces divers domaines, et chacun selon son inclinaison peut en tirer parti en allant plus loin dans sa pratique religieuse, psychothérapeutique, yoguique ou taoïste. Ce faisant, le message de la Tradition risque de se perdre au profit d’une abondance d’informations sur les formes d’enveloppe qu’il peut prendre. D’où la nécessité d’un retour à l’essentiel par l’accord minima sur l’usage d’une méditation sans “objet”...

A le dire en termes non techniques, le parcours d’Alan Watts pourrait s’exprimer ainsi : Chercher la Paix mondiale ne peut se faire sans la paix entre nations - la paix entre nations ne peut se faire sans compréhension bienveillante de sa propre culture - toute culture se pose par rapport à la nature et tout ce qui est « autre » que son « moi-je », à commencer par la culture de « l’autre » en tant qu’autre « moi-je » que le mien – moi et l’autre nous sommes en quête d’harmonie avec la nature et les autres vivants, donc de paix avec soi-même aussi bien qu’avec le monde. Et réciproquement. Ce refus de la « réciproque du vrai » est sans doute le plus grand obstacle épistémologique à la Paix intérieure comme à la Paix mondiale(5) .

Dit plus crument : si le Grand Tao est chinois, il ne saurait être universel ; s’il est universel, il ne saurait être chinois. L’étude de quelques concepts « taoïstes » n’a d’importance « populaire » qu’en ce qu’ils sont l’occasion de redécouvrir des réalités et des modes d’approche du Réel que l’Occident a oublié ou négligé depuis l’apparition du Monde dit “Moderne”.

16 juin 2015

Faire sans faire sa voie 3/3

Je n'ai pas reçu de validation, ni non plus d'invalidation, de la gare de Perpignan Centre Cosmique, mais, tout en sachant garder un cadre paranoïaque-critique & anarchiste anti-social, je dirai donc, ou redirai, que sans en être leurs disciples, je regarde Alan Watts comme mon Maître à philosopher et Arnaud Desjardins mon Maître à vivre ma voie… Quelles que puissent être les causes et conditions, interdépendances en tout genre, qui la font mienne. Qui la font mienne, sans que j'y sois pour grand-chose.

Être iconoclaste jusqu'à ses propres convictions, également – chaque fois que possible et supportable pour son mental – jusqu'au plus intime de ses expériences vécues (« spirituelles », ou pas d'ailleurs), est le meilleur antidote à la confusion de la croyance et de la Foi de Confiance1. Je ne pense pas généraliser ma propre expérience en mettant en garde à l'égard de la tentation d'étendre une expérience de Foi solidement vécue à la croyance qui (logiquement) va avec… Confondre Beyond Theology/Etre Dieu, invitation à l'expérience incarnée du divin et Two Hands of God/Les Deux Mains de Dieu, ensemble d'assertions métaphysiques sur la bipolarité du monde lui-même comme de nos attitudes ambivalentes de « moi au monde »… deux ouvrages qu'Alan Watts écrivit d'un même mouvement. (Diverses personnes ont malicieusement fait observer qu'Alan Watts, en plusieurs occasions, au lieu de publier un seul ouvrage divisé en Partie Une : théorie, et Partie Deux : pratique, publiaient deux ouvrages différents en sorte de toucher double droits d'auteur. Sans m'en faire l'avocat, je ne vois pas comment, la plupart du temps, Alan Watts aurait pu faire autrement. Je note du reste que ses préfaces sont quasi similaires, en ces occasions. Certains sujets ne peuvent être traités de la même manière, quand l'auteur autant que l'éditeur savent pertinemment qu'ils ne seront pas lu par un même public.)

Revenons au « faire sa voie », que nous y soyons guidés par la main du « Bon » Dieu ou par celle du « mauvais » Satan. Petite digression, si c'en est bien une : l'un des prête-nom du Diable et/ou Satan (non scripturaire et le plus récent, si j'ai bien compris) est Lucifer, qui s'accorde parfaitement à notre monde moderne (& post-industriel) la tentation du brillant, du clinquant ; le « toc » pour attrape nigauds de la Consommation, qu'il s'agisse d'objets ou d'expériences trompeuses ou de ce « matérialisme » mal nommé, qui n'est que trompe l’œil. La voie de chacun ne peut s'exclure totalement de ce « mal » moderne, ni éviter de s'y faire, de faire avec, de faire sa voie avec Lucifer (du plus loin possible à mon avis, mais inévitablement avec). Il ne faut pas prendre des vessies pour des lanternes, mais il faut bien se dire aussi que la plupart de nos lumières proviennent de vessies.

A propos, n'est-ce pas Mao Zedong qui disait que la puissance occidentale n'est qu'un « tigre de papier »… version chinoise de « vessie » ?

(Dans la ligne de mon renvoi précédent à « La richesse et l'argent », qu'est-ce que cette économie luciférienne, qui promet de supprimer le chômage mais pas les suppressions d'emplois ? A ce jour, la seule explication serait que les banquiers et boursicoteurs ne sont pas d'accord!)

&

Un point nécessitera des éclaircissements ultérieurs : l’insuffisance du refus de se plier à l'idéologie dominante pour parvenir à une modification de son état de conscience. Quels sont les moyens de libération (« thérapeutiques » ou « supra thérapeutiques ») pour y parvenir ? Dans mon roman, je note que Léopold S. Senghor utilise le terme de « surréel » pour qualifier ce qu'il est devenu d'usage courant d'appeler « spiritualité », sans qu'il s'agisse d'une référence directe à l'effet hypnotique des tambours africains, dans certains de leurs rythmes. Pas plus qu'il ne fait directement allusion au surréalisme (quoique le surréalisme trouva dans les cultures africaines une part de ses sujets d'inspiration.) Non plus à l'usage de drogues, bien qu'il n'y ait aucune culture traditionnelle qui omette son usage exceptionnel & initiatique, ponctuelle ou régulier.

La pratique du yoga, du zen, du Taiji etc. visent aussi une modification de la conscience en agissant sur l'attitude, la gestuelle et le mouvement du corps.

En résumé : affirmer que l'on est en désaccord (intellectuel, d'opinion intellectuel ou de refus émotionnel) avec la culture ambiante, l'idéologie dominante, etc. ne provoque aucune modification de conscience. Elle y invite et peut indirectement y conduire par un changement progressif de style de vie, mais nous sommes loin du Satori, d'une Illumination ou d'un puissant insight amenant un prise de conscience telle que cette dernière en soit modifiée.

Que dit Alan Watts sur cette question ?

La même chose, en substance, que la citation d'Aldous Huxley que j'aime utiliser : « Toute formule verbale – même une formule qui exprime correctement les faits – peut devenir, pour l'esprit qui la prend trop au sérieux et l'adore avec idolâtrie comme si elle était la réalité symbolisée par les mots, un obstacle sur la voie de l'expérience immédiate2. »

Aujourd'hui, je pondérerai en précisant bien que c'est l'esprit sachant, et/ou conscient, de faits qui ne doit pas se prendre trop au sérieux et non les faits eux-mêmes (ni l'état de conscience qu'on en a, lequel peut varier, peut-être même doit varier au long d'un cheminement).

En conséquence, en parallèle ou de façon concomitante – je ne sais trop quel mot convient, je crois qu'il faut se situer entre deux bords : une « culture livresque » des faits, du type « Qu'est-ce que le Zen ? Vas faire la vaisselle ! » (MAIS celui qui me dira que « ce n'est pas ça », ne fera que faire montre de culture livresque.) ET, d'autre part, la réalité vécue d'une érudition faisant obstacle à la culture vivante. Ce que je tente d'exprimer en pointant que « Notre-Dame de Paris » n'est pas seulement un bel édifice religieux de style gothique, cadre d'un roman de Victor Hugo et lieu d'une révélation pour Paul Claudel, etc. ; « Notre-Dame de Paris » est un cathédrale, située à Paris, où le public est admis. Il peut visiter ; il peut même y aller à la messe ! Inspiré des réflexions sur l'Art d'André Malraux, il peut même en ressortir en ayant appris qu'elle témoigne de la « conversion des chrétiens au Christianisme », la Cathédrale s'étant élevée du milieu du XII au milieu du XIVième siècle.

Affirmer que Notre-Dame de Paris est bel et bien à Paris, située à l'est de l’Île St. Louis, recouvre au moins deux sens, d'un symbole qui peut être réellement connu, comme chose & expérience personnelle ; d'un livre de pierre, qui raconte le passage triomphant à la suprématie du politique sur le religieux. Le rappeler nous ramène à l'ésotérisme d'un état d’Être à une identité socio-religieuse de chrétien. Et, logiquement, nous renvoie à la question de notre identité personnelle (intérieure) comme à celle de ses multiples identités culturelles régionales, linguistiques, politiques. Suis-je terrien, européen, français, basque, breton, corse ? Question très aisément transposable à chaque continents…

En spiritualité, on peut aisément vérifier comme une nouvelle réaffirmation du principe3 « Le message, c'est le médium ». Quand tel instigateur d'un courant, abusivement -parfois- qualifié de lignée, traite de son expérience Zen, en Chine, en Corée, en Inde4, aux USA ou au Japon, transmet-il une expérience spirituelle proposée en partage ou la communication de données culturelles chinoises, coréennes, etc. ? (Une fois de plus posée, la question de l'esprit et de la lettre, dont message-médium n'est que l'application technologique. On notera aussi que là où Mac Luhan parle de « village planétaire » des philosophes chinois contemporains disent « jardin planétaire », privilégiant « l'organique » esthétiquement ordonné mais ouvert aux aléas écologiques sur « le construit », de maisons fonctionnellement ordonnées à la protection contre les intempéries… et les gangsters !

Post-scriptum : Je rappelle que mes « billets » sont réellement des brouillons, des notes en vue d'un ouvrage que j'espère réellement écrire un jour. Il revient à ses visiteurs de les utiliser à ses propres fins, dans l'agencement (mental) de sa propre philosophie, en (pratique de) sa propre voie.

 

1À entendre comme l'un des nombreux sens donné au fameux xin xin ( ) du Xin xing ming (jap. Shin jin mei) ; sans sortir du sujet central de ces billets, Alan Watts disant en substance : allongez vous avec confiance sur le sol de la Terre, vous constaterez qu'elle est aussi réelle que vous. Elle ne va pas s'écrouler, s'anéantir à votre contact. Dans la ligne des diverses notations de mes derniers billets, en parallèle ou perpendiculaire (!), je suis tenté d'ajouter « allez vers l'objet de vos perceptions qu'il soit une corde ou un serpent & voyez et constatez » !

2Les portes de la Perception, Ed du Rocher, p 218

3cf. Mac Luhan

4« dhyana » - « zen » provenant de l'Inde et de la Perse ancienne...

30 août 2015

Devoir de Vacances 07

Avec Gary Snyder

(Petite parenthèse liminaire : Épicurisme, hédonisme et stoïcisme ont un point commun : la préférence d'obéir à la nature, accompagnée éventuellement d'une révolte à l'égard de toute intervention institutionnelle, donc sociale, qu'elle soit politique, philosophique ou religieuse. Ce sont, en somme quoique à nuancer, trois "ascèses" et "religions" de la Nature. Trois manières d'être refusant toute idée de "normalité sociale", de conformité politique, de toute image d'homme "standard" – psychologiquement sain – qu'agréent seules les exigences économiques. Les théologies ou "para-théologies" de la plupart des religions justifient le meurtre du Prince, si celui-ci vient à désobéir d'évidence à la Nature. Ce qu'il y a de diabolique dans la totalité des terrorismes divers qui sévissent actuellement de par notre planète, c'est qu'ils ne font aucun mal aux "décideurs", au contraire, mais à des innocents sans défense ou aux biens de ceux-ci. Les terroristes sont pires que des hyènes – les pires des pires fauves en cruauté et gratuité de tuerie, jusqu'à ce H.et J. Lawick Goodall ne viennent les déclarer « innocents » de cette accusation courante. Inversement, je n'ai pas entendu dire, ni pu lire, que les responsables de Tchernobyl ou de Fukushima ait été fusillés. Je conserve un petit espoir pour ceux de Tianjin… )

Nota : Je suis pacifiste, mais réaliste ; et, devant un fauve en comportement1 d'attaque, je ne vois aucune autre solution que de tirer vite et au but. Ce n'est pas "hors-sujet"2. La spiritualité, la religion, le satori, et l'éveil ne sont pas des contes de fée pour s'endormir le soir, séparés des « dures réalités de la vie » ; et ces « dures réalités » sont que, psychologiquement aussi bien que métaphysiquement, nous vivons en société autant qu'en nature. Qu'une distorsion, et puis une coupure se soient produites entre nature et culture, ce sont des faits. Ce sont des faits qui, dit-on, caractérisent l'Age Sombre, le Kali-Yuga, le temps de la destruction. Les esprits modernistes, scientistes et laïcistes s'en gaussent. (Ce qui est bien normal. Mais alors, pourquoi donc les scientifiques préparent-ils, le plus ouvertement du monde, une migration massive des terriens vers d'autres systèmes solaires?)

Tous les fantasmes et spéculations sont permis, mais il n'en demeure pas moins que la Voie, l’Éveil, Satori, kensho, jiànxìng, et tutti quanti ne sont pas supposés servir au déni de la réalité quotidienne, laquelle ne peut éviter une prise en compte du divorce de la Nature et de la Société, et aussi, intrinsèquement de celui d'un esprit humain devenu egolâtre et de l'Esprit cosmique (qu'on l'appelle Saint Esprit, Qi, Prana, Pneuma, ou autres dénominations). Il s'ensuit tout aussi naturellement que l'Or mystique le plus précieux continue de se cacher dans la boue et/ou au milieu d'amas en mica. Par les temps qui courent, le mica le plus pernicieux étant la publicité consumériste (à commencer par la propagande religieuse ou sectaire, bien sûr, bien sûr ! Nul ne peut avoir tout le temps tort, et au plan « bourrage de crane par les croyances religieuses » les laïcistes ne sont vraiment pas loin du tout d'avoir raison).

&

Mais ! Bon ! Pour revenir à des auteurs que j'ai qualifiés de « décapants », nous avons aussi, par exemple, un Gary Snyder et J. van de Wetering. Ce dernier, nous verrons plus tard. Pour Gary Snyder, je mentionnerai ce passage3 :

Le respect envers tous les êtres vivants fait clairement partie de [la] tradition. J'ai ainsi enseigné à d'autres comment méditer pour pénétrer les étendues sauvages de l'esprit. Comme je le suggère dans l'un de ces essais, le langage lui-même est finalement un système sauvage. (...)
Le Sauvage, synonyme dans la civilisation occidentale de sauvagerie et de chaos, est, d'une façon impartiale et implacable, fondamentalement libre dans sa beauté formelle. Et son expression - la richesse de la vie animale et végétale (non compris) sur le globe, les pluies torrentielles, les vents violents et les calmes matinées de printemps, la courbe d'un météore traversant l'obscurité - est la réalité authentique de ce monde auquel nous appartenons.

(Préface à l’Édition française de La Pratique Sauvage, par Gary Snyder, Essais en liberté pour une nouvelle écologie, Éditions du Rocher)

Sachons nous accepter tous égaux et habitants de la même terre. Abandonnons tout espoir d'éternité et arrêtons de lutter contre la saleté qu'elle qu'elle soit. On peut chasser les moustiques, se protéger de la vermine sans pour cela éprouver de la haine. N'attendons rien, soyons alertes et autonomes, attentifs et reconnaissants, généreux et directs. Calme et clarté sont au rendez-vous quand nous nous lavons les mains salies par le travail et que nous jetons un coup d’œil furtif vers les nuages qui traversent le ciel. S'asseoir pour prendre un café avec un ami, voilà une autre joie toute simple. L'espace sauvage nous demande d'apprendre à connaître le terrain, de saluer plantes, animaux terrestres et oiseaux du ciel, de franchir crêtes et rivières, pour ensuite raconter une bonne histoire de retour à la maison.
(…) Voici la portée ultime du mot "sauvage" dans son sens ésotérique le plus profond et le plus angoissant. Ceux qui sont prêts pour l'aventure y parviendront. Mais surtout, s'il vous plaît, ne le répétez à personne!  (extrait)

Alan Watts affirmait que Gary Snyder est ce que lui-même dit ; et que son grand regret est de ne pouvoir le déclarer officiellement comme son disciple, tout simplement parce-qu'il a tracé sa voie par ses propres moyens...

De les lire, ou de lire des articles sur leurs relations, j'ai rapidement retiré l'impression d'une très chaleureuse mais pudique amitié, bordée d'un profond respect mutuel. Une relation d'une qualité finalement assez rare.

1Quiconque s'intéresse à la vie animale sait que la plupart des animaux dangereux passent par une phase de menace avant d'attaquer, mais aussi qu'une attaque déclenchée ne peut être interrompue. La compréhension (& comportement adapté en découlant) peut stopper une menace, pas une attaque. Je rappelle les réactions atterrées d'Alan Watts et de son Maître D. Mitrienovic lorsqu'ils constatèrent la passivité de l'Europe face à la menace nazie, alors qu'elle n'était encore qu'une menace.

2Si j'en crois les réactions au fameux « Zen en guerre », ou, voici quelques mois, une réaction sidérante d'une personne s'étonnant qu'un viol collectif puisse se produire en Inde.

3Dont on peut trouver de plus larges extraits dans

3 septembre 2016

NOTICE

Trois points (comme trépieds de soutien et/ou tripode de levage)

1) Développer une philosophie personnelle implique, à mon sens, qu’elle repose d’abord sur une expérience personnelle ; ensuite, qu’elle appuie son expression verbale sur un philosophe avec lequel on ressent un lien inter-personnel (d’identification, de projection, de transfert ou n’importe pourvu qu’il y ait lien).

Dans mon cas, il se trouve (sans que je m’en plaigne ni ne m’en vante) que le type de rapport qu’Alan Watts entretenait avec sa mère est le même que le mien.

Également, que j’ai connu des déceptions douloureuses d’avoir trop admiré deux ou trois personnes.

Pour Alan Watts, ce fut de constater l’impuissance de son Maître, Dmitri Mitrienovic (Dimitrije Mitrinović, 1887-1953), à s’opposer à la guerre 1939-45, en s’unissant avec d’autres « penseurs » européens.

Les rapports, d’accointance, continuité ou discontinuité de la paix intérieure et de la paix entre les peuples est une question qui m’a interpellé dès mon enfance. Non par un pacifisme bêlant, mais par raison. Laquelle peut indiquer l’usage de la force. (Faut-il rappeler que Socrate fut un excellent soldat ?)

2) Il me semble qu’une telle philosophie requiert de tenir compte que « Chacun chez soi et les vaches (et/ou moutons) seront bien gardées », est un dicton qui se marie bien avec celui conseillant : « A Rome comme à Rome, en dehors comme en dehors » dans la perspective d’une Cité et/ou un Jardin planétaire1.

3) Agacé sans doute de constater que l’ésotérisme (et la Tradition pérenne, avec ses nombreuses appellations et tendances de philosophia perennis, de Tradition primordiale, de perennialisme, etc.) soient devenus des ensembles conceptuels dogmatique et relativement prétentieux, donc « exotériques » comme les autres, déclara plusieurs fois en substance ou explicitement : l’ésotérisme est votre vie intérieure. Ni plus, ni moins.

§ dans cette optique, Alan Watts disait d’ailleurs que ses ouvrages visent la sensation du lecteur et non pas sa raison, ses savoirs et ses opinions.

§ pour simplifier, cette dite sensation est une passerelle entre le message génétiquement inscrit en nous depuis la nuit des temps et notre vie de tous les jours qui se distribue entre nature, culture et société dans un souci de rentabiliser les choses (soi inclus) au lieu de chercher à les unifier & harmoniser. De se mettre à l’écoute...

§ la grande différence entre Tradition-Orient et Modernisme-Occident réside en ce que les premiers se veulent à l’écoute ou en quête des Signes (cosmiques & supposés « divin »2) et les seconds créateurs de signes (étant entendu que le meilleur des anthropocentrismes est européocentrisme).

ces trois points de soutien et d’élévation constituent le thème central ; mes variations en seront les conséquences (parfois équivoques) et avantages pratiques personnels que j’y vois. En tout cas, que j’applique pour ma part, en tant qu’habitant de la planète Terre et tout en demeurant de nationalité française, issue du peuple breton !

 

Mon présent blog n’est pas supprimé pour autant. Comme déjà dit : si des informations et appréciations nouvelles sur la philosophie d’Alan Watts viennent à ma connaissance, je les indiquerai – y compris celles qui ne vont pas dans le sens de mes propres commentaires. Rien de changer sur ce point.

Simplement, à l’automne, mon centre d’intérêt va se déplacer vers Variations Wattsiennes.

(Le lien est actif, mais son ou ses contenus des semaines à venir sont d’entraînement, et tâtonnement.)

1En Europe, on bâtit une maison puis on l’orne d’un jardin (d’utilité comme d’agrément) ; en Chine on choisit un lieu de vie et on y place de quoi s’y abriter – éventuellement un Palais d’Été, quand on est Empereur…

2Panenthéistes, dirait Watts.

5 juillet 2016

Reprise Psy Or Occ - 03, 3/3

Quelques citations pour achever de ‘circonscrire’ le point de ‘départ ’ de l'ouvrage.

« Le but de la libération est non de détruire la maya, mais de la voir pour ce qu’elle est, d’en dépasser les apparences. Un jeu ne doit pas être pris au sérieux, ou en d’autres termes, une idée du monde et de soi-même qui n’est qu’une convention et une institution sociale ne doit pas se confondre avec la réalité. Les règles de la communication ne sont pas nécessairement celles de l’univers, et l’homme n’est pas la fonction ou l’identité que la société lui impose. En effet, dès qu’un homme cesse de se confondre lui-même avec la définition que les autres donnent de lui, il devient à la fois universel et unique. Il est universel en vertu du lien indissoluble de son organisme au cosmos. Il est unique en ce qu’il est précisément cet organisme et non un quelconque stéréotype de la fonction, de la classe ou de l’identité assumée pour la nécessité de la communication sociale.

« La détresse naît d’une confusion entre cette maya sociale et la réalité…

[ Devant les dilemmes de la pensée, du sentiment ou de l’action, une solution doit être trouvée ]

« Certains la trouvent dans les psychoses et névroses qui relèvent d’un traitement psychiatrique, mais la plupart tentent de se délivrer dans ces orgies socialement permises que sont les divertissements de masse, le fanatisme religieux, l’excitation sexuelle chronique, l’alcoolisme, la guerre, et toute la suite affligeante de ces échappatoires répugnantes et barbares. » (p 7)

NOTA : La maya n’est pas une illusion perceptive du monde extérieur, pas plus que le « faux-moi » de l’ahamkar n’est une illusion de soi-même. La libération métaphysique ne détruit pas plus le monde extérieur qu’elle ne supprime l’existence de l’ego. Ce livre pivot1 dans l’œuvre d’Alan Watts est un livre de métaphysique, mettons (arbitrairement) à 90 %, et de recommandation d’un style personnel de vie à 10 %!

Petite info de rappel : Alan Watts, dès sa jeunesse en Angleterre s’était intéressé à la psychologie jungienne. Ainsi qu’à Alfred Adler (1870-1937), divers auteurs bien connus avant la Guerre 39-45. Parvenu aux USA, il s’ouvrira, puis participera activement aux « néo-thérapies ».

Il n’a jamais beaucoup apprécié Sigmund Freud.

« De fait, Freud a défini le désir de retour à la conscience océanique prénatale sous le nom de principe de nirvana, et ses successeurs ont persisté à confondre toute idée de transcendance de l’ego avec la simple perte de la puissance de « l’ego ». Cette attitude découle, peut-être, de l’impérialisme de l’Europe occidentale au XIX° siècle, où il était commode de considérer les Indiens et les Chinois comme des païens arriérés. Incultes, pour qui la colonisation représentait le seul espoir de progrès. » (p 15)

Il donne (p 15) une longue citation de Gardner Murphy (1895–1979)  : « Si en outre nous voulons sérieusement comprendre, autant qu’il est possible, la personnalité, sa constitution et sa désagrégation, nous devons comprendre le sens de ces expériences de dépersonnalisation par lesquelles la conscience de soi individuelle est aboli, et l’individu se fond en une conscience qui n’est plus en rapport direct avec le moi. De telles expériences sont décrites par l’hindouisme dans les termes d’une ultime identification de l’individu avec l’Atman, c’est-à-dire l’entité cosmique supra-individuelle qui transcende à la fois le moi et la matérialité. Certains hommes souhaitent de telles expériences, d’autres les craignent. Notre problème n’est pas de savoir si elles sont souhaitables, mais quelle lumière elles projettent sur la relativité de notre actuelle psychologie de la personnalité… Certains modes de configuration de la personnalité, dans lesquels la conscience de soi est moins accentuée ou même fait défaut, pourraient bien être les modes généraux (ou les modes fondamentaux) de la conscience. »

Il enchaîne à la page suivante avec A.F.Bentley (1870-1957 ; épistémologue plus que psychologue) : «  L’individu en peut être banni qu’en faisant preuve d’un surcroît d’existence, et non en prétendant qu’il en manque. Si l’individu disparaît, ce sera parce que la vie réelle des hommes, explorée assez largement, s’avère trop riche pour lui, non parce qu’elle se montrerait indigente. »

Et commente ainsi :

« Il suffit de regarder les traits pleins de vie et de personnalité, les yeux attentifs des grands maîtres du zen que représentent les peintures chinoises et japonaises, pour comprendre que l’idéal qu’elles illustrent est tout autre chose qu’un non-être collectif ou la dissolution dans les limbes d’un ego débile. » (p 16)

L’erreur égotiste et son corollaire quasi obligé d’un comportement égoïste est de trop mettre en avant ce qui n’est qu’un élément de la réalité d’une personne et de son existence. « C’est comme si on voulait faire honneur à la main en la coupant du bras ! » plaisante Alan Watts.

&

Mais, je m’en avise, je n’ai pas réellement commenté ce chapitre un.

Pour le faire, il faut sortir un peu de sa ‘circonscription’.

La ressemblance commune (le point commun n’est pas la chose elle-même, mais ce qui y ressemble, ce qui fait qu’ils se ressemblent) est le changement opéré.

D’une façon générale, le psychothérapeute intervient pour modifier la perturbation dont souffre son patient. Les moyens de libération, pour conserver l’expression d’Alan Watts, s’adresse à des personnes socialement bien intégrées et adaptées à la société dans laquelle ils vivent, mais qui cherchent quelque chose de plus.

Nota : à la parution de Psycho…(1961), Chogyam Trungpa ne s’est pas encore installé aux USA2. C’est justement au cours des années 60 que le Contre-Culture américaine va se « spiritualiser », et, en périphérie, devenir « religieuse », voire très nettement « superstitieuse ».

Cela n’implique pas qu’avant les années 70, les questions posées et les réponses apportées aient été moins pertinentes. Elles demeurent d’ailleurs d’actualité !

Simplement, ça se présentait autrement. Les journalistes français qui allaient enquêter de l’intérieur le milieu du « Beat Zen » se voyaient souvent accueillis d’un « Simone et Jean-Paul vont bien ? » Simone de Beauvoir s’entend ; et Jean-Paul Sartre, bien sûr, jugés très « zen », par l’idée d’un individu particulier condamné à la liberté mais en butte aux jugements d’une société au mieux limitative, au pire aliénante. Leurs figures associées à l’image d’un St. Germain des Près (au quartier latin) des caves du Jazz et de l’alcool, du libre choix sexuel et des conversations sans fin mélangeant allègrement le sublime et plus trivial de l’existence.

La question demeure : changer, mais pourquoi ? Généralement, on désire changer en vue d’un mieux.

(Dans le cadre de ce billet), je voudrais aller du plus superficiel au plus profond. Ce qui, après tout, se nomme « approfondir » la question.

Superficiellement,

En Occident, s’agrandir, s’élargir, aller mieux implique le plus souvent l’acquisition d’un nouvel avantage social (particulièrement en France, via les augmentations de salaire ; ainsi, notre national Mai 68 est il passé d’une image de révolution culturelle à celle de négociation de Grenelle3), généralement limitée à son propre groupe, ou à sa propre catégorie sociale, parfois à son seul ‘ego à soi’. L’identité est soi-même en tant qu’individu. Quand on est plus religieux, on se confie à Dieu, ou à l’Être Suprême qui en tient lieu, ou à telle valeur supra-individuelle vécue en fait comme un recours vivant. La religion n’est jamais envisagé dans sa dimension mystique. La ligne de partage paraît se situer entre les matérialistes qui promettent le bonheur pour bientôt, et les croyant/religieux qui espère un « Au delà ».

D’autres caractères seraient sans doute à dégager, le point commun est l’individu limité à son ego, généralement lui-même réduit à sa part consciente et raisonnable. (Le scandale de la psychanalyse étant de prétendre que des motivations inconscientes puissent influencer, parfois même entièrement commander l’action et le comportement quotidien.)

Le point fondamental est la position dualiste, que ce soit pour chercher protection, son avantage ou pour servir.

Quand, épisodiquement, l’ego s’identifie à un grand nombre d’autres egos, regroupés ensemble et dont il fait partie, la suspicion de fascisme survient assez rapidement, furtivement ou à hauts cris. Ce qui permet de juger tout rassemblement de masse (n’importe quelle foule) déraisonnable et manipulable. La distinction entre foule de circonstance ou fortuite et ‘foule’ organisée ou canalisée, ou encore fortement disciplinée, tel un défilé militaire, etc n’est d’aucune importance pour mon propos. (Lequel demeure, à la suite de Watts dans Psycho… qui est Moi et est-il susceptible de changement ? Vers une bonne santé mentale, du point de vue psychothérapeutique ; vers une libération (de soi4), du point de vue oriental.

J’exprime mal, ou insuffisamment, quelque chose qui semble (je dis bien qui semble) avoir disparu5 : toute psychothérapie, donc toute consultation d’un psychothérapeute, voire toute étude psychologique prenant l’individu pour objet relève de préoccupations bourgeoises. Effectivement, il faut du temps, et de l’argent, pour pouvoir se préoccuper à loisir de ses états d’âme. Sauf défaillance nerveuse, les besoins primaires ou de survie, l’action, le danger, les situations difficiles peuvent avoir un effet unificateur sur la psyché.

 

Profondément,

Comprendre que l’intérêt écologique individuel est celui de mon Moi le plus réel.

(à suivre, en PS)

 

 

1J’ai déjà utilisé ce terme pour désigner sa découverte de l’École Traditionnelle, puis son « entrée » en Tao. J’y reviendrai à nouveau...

2Et n’a donc pas publié son livre sur le ‘matérialisme spirituel’ de l’Occident. Cutting through Spiritual Matérialism, 1973. tr. fr. au Seuil, 1976, sous le titre Pratique de la Voie Tibétaine, Au-delà du matérialisme spirituel.(Sa2)

3La première était aussi illusoire que la seconde était en trompe l’œil, si l’on considère qu’une augmentation de salaire équivaut rarement à celle d’un pouvoir d’achat – du moins de façon durable.

4La précision est prématurée par rapport l’exposé de ma réflexion, mais qu’il soit clair qu’il s’agit de se débarrasser du fardeau de soi-même et non d’un ‘soi’ égotiste libre (et stable dans sa volonté) de ‘faire ce qu’il veut’.

5La psychologie collective a droit de cité, au moins depuis 1945, fin de la guerre.

16 mai 2016

Reprise Psy Or Occ - 02

Il est possible que ce ne soit qu’une « vue de l’esprit » de ma part : la difficulté de résumer cet ouvrage provient d’Alan Watts lui-même, dans son écriture : il a déjà vendu la mèche ! Il cherche une nouvelle expression littéraire (i.e. verbale), utilisant un « langage scientifique » pour énoncer une réalité évidente à ses yeux. De chapitre en chapitre, il explore devant nous les diverses possibilités (et les discours tenus à ces sujets), tout en se contraignant à ne pas laisser prévoir ses conclusions. Son écriture est un peu contrainte, tel un mauvais humoriste dont la difficulté à contenir son rire, en racontant une blague, est trop visible.

L’alternative et la convergence (supposées) ne sont pas entre Orient et Occident (au plan thérapeutique), mais celles d’une adaptation (et toute « guérison » n’est jamais qu’une « adaptation » de l’organisme à son environnement – permettant d’éviter la mort, et une relative autonomie du corps.)

Cette adaptation peut se faire par rapport à la nature ou par rapport à la société.

Adaptation ou adaptation + « libération ». La nature aussi bien que la société manifestent la ‘volonté’ d’imposer un « destin ». Toutes deux « aliènent » l’individu (du moins quand cette notion ou la réalité correspondante existent dans la culture locale envisagée).

Sous cet angle, la grande différence entre l’Orient dit contemplatif et l’Occident dit actif, est au final identique.

Le Christianisme, les monothéismes1 en général, furent réticents, ou opposés, aux « techniques orientales », notamment au Yoga, puis au Zen, précisément parce que l’acteur des dites contemplation & action entend se libérer, guérir, trouver son bonheur, sans l’assistance ou par-delà les lois habituelles de la nature et/ou de la société.

Petite difficulté connexe : dans cet ouvrage en particulier, Alan Watts ne peut ignorer ses lecteurs américains, lesquels doivent composer avec la réalité d’une société dont la clef institutionnelle est « Dieu », dont la pratique peut se traduire de toutes les manières possibles et imaginables, depuis le puritanisme des premiers migrants jusqu’aux églises dont le culte permet de multiplier son chiffre d’affaires ou le montant de son compte en banque. Les dénominations sont si nombreuses… (Ne parlons pas des sectes meurtrières, type suicide collectif de Guyana, mais n’oublions pas que ce phénomène existe… A mon avis, tirons-en la même conclusion qu’Alan Watts : une stricte a-politique. Laquelle ne signifie pas anti-politique, ni non plus notre franchouillard « gouverner au centre ».)

L’ouvrage ne s’adresse en rien aux croyants, ni aux incroyants du reste, mais aux chercheurs de « l’éveil au moi véritable », qui est une affaire intérieure et privée. Pourtant, pour toute intérieure qu’elle soit, la guérison du faux-moi passe par des moyens appropriés au cadre culturel et géographique dans lequel cet éveil il s’effectue. Il ne peut faire l’économie de l’ignorer. L’ensemble de ces concepts et réalités qui y afférent ne sont pas des produits d’import-export. Le transporteur n’offre aucune assurance de fret, ni même de garantie d’origine.

Conclusion et/ou confusion (de pause) pour ce billet :

A la manière de ce religieux2 affirmant que « la meilleure preuve de la Puissance du Diable est qu’il soit parvenu à nous faire croire qu’il n’existe pas. », je serais tenté de prétendre que la meilleure preuve de la souffrance de cette entité fictive qu’est l’ego est le spectacle de l’absence, à moins que ce ne soit la bougeotte, des positions politiques françaises, au sujet de la religion, de la morale, du sexe, de la guerre, etc. quand ce n’est le « sens de l’État » dont, logiquement, ils devraient se réclamer.

1Le matérialisme étant un monisme

2Cité par Jacques Brosse dans ses Grandes Personnes, si je ne m’abuse.

11 août 2014

Un intermède supplémentaire 2/3 addenda

Faire et être en paix

 

L'autre jour, du mois de Juin, venant de mettre en ligne mon petit billet, j'ai éprouvé le besoin d'aller feuilleter quelques pages de Dostoïevsky. Une drôle d'idée, mais assez déprimante sur le moment, m'est alors venue : que les méfaits des débuts de l'ère industriel amena nombre d'auteurs, en tout genre et de tout pays, à soulever un ensemble de questions qui sans appartenir à la philosophia perennis, telle qu'habituellement définie – y touchaient de près. Un peu comme si de tous bords, on se serait rassemblé sur le parvis (le profane) d'une cathédrale (le sacré) mais sans oser y accéder pour en débattre. Comme si la maison de Dieu (qui peut être celui de la Bourse) ne saurait en aucun cas être la maison du Peuple (qui n'est pas forcément une foule manipulable à merci). Ensuite, il n'y eut plus matière à discussion. La parole fut aux canons.

Sans doute peut-on, ou du moins est-il possible de penser que l'on puisse se montrer philosophe sous un bombardement (quand on demandait à Teilhard de Chardin, brancardier en 14-18, comment il pouvait foncer ainsi sous un tir de mitrailleuse pour ramener un blessé, il répondait en substance que s'il était touché ce ne serait jamais qu'un peu de matière rencontrant un peu de matière ; ce qui est indubitablement une excellente manière de dépasser le dualisme – et son concept d'énergie-matière est bien « spirituel ». Et constatons qu'il est possible d'être philosophe sous les bombes, mais certainement pas de charpenter une réflexion en vue de faire avancer le débat philosophique ou d'apprendre une technique religieuse quelconque. (Après tout, l'acte de philosopher commence par une forme d'entretien avec soi-même, auquel il est possible, plaisant, utile ou nécessaire d'inviter un autre à participer. Et, hélas ! on imagine mal Teilhard, puisqu'il était prêtre, aller voir son Colonel pour lui demander ce qu'il comptait faire pour la messe et les vêpres, compte tenu du bruit assourdissant des canons !)

Du coup, nous héritons des questions « philosophiques » soulevées au 19° siècle (et dès la fin du 18° ) mais de bien peu de réponses pour le 21° siècle. Avec ce considérable « dommage collatéral » que la plupart des dirigeants politiques et économiques continuent de raisonner comme si le machinisme (& chômage) ou les problèmes écologiques n'existaient pas, comme si le Système de réflexion et d'action était inapte à mesurer les changements du monde opérés au cours des deux ou trois derniers siècles... l'urgence étant de « faire face à l'ennemi » qu'il soit de l'armée « X » ou de la concurrence commerciale « Y ». Nous avons inventé de véritables « sciences et techniques » (& commerce) de guerre. Nous n'avons pas eu le temps d'en concevoir pour la paix.

Nous savons faire la paix, mais pas vivre en paix, et politiquement nous nous comportons tous à la manière de l'humoriste qui disait pour la cigarette : « Arrêter de fumer ? Rien de plus facile ; je l'ai fait des centaines de fois ! »

29 juillet 2013

Devoirs de Vacances (1/3)

Devoirs (& amusements) de vacances

 

L'autre jour, qui était celui d'avant-hier, je me suis précipité au lavabo sitôt parvenu chez moi. Et là, dans le miroir, j'ai découvert – stupéfait – un visage aux yeux hagards ruisselant de sueur ! Une figure en miroir de véritable clodo du dharma, loin des sourires dentifrices de nos hommes politiques toujours fiers d'exhiber leurs implants dentaires par crainte de se mouiller des réalités pluvieuses dont ils ont perdu le contrôle.

Je venais de faire une petite marche d'une vingtaine de kilomètres sous un soleil de plomb. Pourquoi «de plomb» ? Je n'en sais rien. Mais, ça se dit. Tout comme d'une vie intérieure, on dit aussi «profonde». A croire qu'une vie intérieure ne saurait être superficielle, et ainsi trop proche d'une vie extérieure. Laquelle n'est pas beaucoup mieux définie que l'intérieure. (A présent, on parle même d’Écologie profonde. Toute vie intérieure serait mieux dite superficielle que profonde. Mais, la formulation est moins belle que celles d'Alan Watts lui-même tendant à montrer que ce qui constitue une limite constitue du même coup un contact. Dieu est Relation, disait Thomas d'Aquin. Et, sauf erreur, tout contact requiert une surface. Sans doute, entend-t-on ''profond'' au sens de ''plus réel et exact qu'une approche superficielle sans véritable compréhension du sujet, sa portée, ses implications lointaines et ses significations existentielles.'')

Mais passons ! Je suis en philosophie de vacances. Une de ces philosophies des apparences définissant les choses par leurs contraires sans préciser la nature de ce contraire et en quoi il est un contraire. Telle la météo. Laquelle est ''bonne'' certains jours, et d'autres jours non.

Encore que hagard, mentionné plus haut étant un terme de fauconnerie, qui exprime la sauvagerie en opposition de la domestication, ne saurait être une apparence contraire à ma joie de me rafraîchir et terminer mon plaisir de vieux marcheur.

Redevenons SERIEUX, et ne nous égarons davantage.

Mon intention n'était que d'adresser une petite carte d'un Été, peu ensoleillé en fait.

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Carte intéressée, car je souhaite inciter mes visiteurs à un esprit critique à l'égard des réflexions que je compte rapporter ici à la rentrée au sujet du psychologique et du spirituel ; et de la distinction que je compte établir.

(Je souhaite que la critique vienne enrichir mon point de vue.)

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L'expression de mon visage m'a beaucoup amusé. (Et, quoique je ne l'ai pas encore dit, la teneur générale de mon billet portant sur la « psy/spi...quelque chose » on est en droit de penser que cette dite expression a elle-même un rapport quelconque avec le sujet ; qu'elle n'est pas une simple plaisanterie pour détendre l'esprit... ou mon corps et son esprit... esprit au sens d'esprit d'un alcool ou d'un vin.

Elle n'avait rien de particulièrement spirituelle ou religieuse, et dénotait seulement un certain état de fatigue résultant de l'effort physique que je venais d'effectuer dans la chaleur d'un plein soleil. On notera toutefois des éléments psycho-physiques certains tels

- que je n'étais pas présentable...

- que la production de sueur est un signal olfactif érogène (rendant gênant de se présenter comme en état de rut) mais que la sueur refroidissant produit une puanteur déplaisante (pouvant suggérer un manque de respect d'autrui)...

- qu'avant une certaine 'récupération' physique, ne serait-ce que de quelques minutes, la plupart des gens sont indisponibles à toute conversation, que ce soit pour écouter l'autre ou s'adresser à lui.... alors s'adresser à Dieu, vous pensez !... D'ailleurs, Jésus montre l'exemple : il commence par laver les pieds et remet à plus tard de parler de l'Esprit. (Même nus, les pieds ça pue).

Tout ceci pour dire que sans être dans le sujet même de la psychologie et/ou de la spiritualité, je parle néanmoins d'éléments préalables à l'esprit de fraternité que sont les rapports sociaux. (Et, l'esprit de fraternité est une dimension horizontale de toute vie psy/spi réelle, n'est-ce pas?)

Comme je vis actuellement seul, c'est sans importance en dehors d'une question d'hygiène et de santé. Mais, on peut imaginer que j'eus été invité pour le thé ou que j'ai moi-même invité à prendre le goûter avec moi....

J'aurais pris une douche, peigné ma barbe, mis de l'eau de Cologne ou de toilette. Je me serais habillé de propre. Par cette chaleur, inutile de se beaucoup vêtir. C'est bien pratique... D'un autre côté, je ne pratique pas le nudisme (du moins en compagnie).

Au fait, peut-on avoir une vie psychologique dans l'isolement ('l'enfant-loup') ?

Quand je suis pris ''en stop'', ce n'est pas seulement mon corps qui se relâche, mais aussi mes éventuelles tensions psychologiques, car je puis m'exprimer, raconter telle petite histoire ou provoquer un échange.

Un autre jour (cette fois là, c'était voici près de deux ans), j'ai épaté une jeune femme qui venait de me prendre dans sa voiture. A peine assis, je me suis exclamé : « Dites donc, Madame ! Ne seriez-vous pas une gendarmette par hasard ? »

Devant son étonnement, je lui ai précisé qu'elle était la première personne rencontrée depuis longtemps qui respecte tout 'naturellement' les consignes de sécurité a) par rapport au code de la route b) par rapport au risque d'une agression physique. (Ce b consiste en deux points principaux : ne jamais s'arrêter au hauteur d'un inconnu, mais quelques mètres en arrière ; être en mesure de démarrer sur les chapeaux de roue.)

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Au cours de cette marche, j'ai pratiqué diverses techniques ou, disons plus simplement que j'ai utilisé plusieurs trucs pour marcher vite, sans souffrance et sans fatigue, tout en demeurant dans un état d'esprit proche du recueillement.

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La psychologie est descriptive, apodictique, assertive et prédicative ; et supposée potentiellement thérapeutique.

Le spirituel est silencieux, indiscernable, lointain, assez indéfinissable1 ; et supposé parfaitement inutile2 et sans effet3.

Sauf à dire que toute psychothérapie est normative et répressive, idée-o logique ;

Que la spiritualité est polymorphe et libératrice, apophatique.

Comme je l'annonce à grand renfort de hauts cris de bateleur : j'entends faire valoir dans mes blogs d'Automne que la philosophie d'Alan Watts est totalement apophatique, mais joyeusement et expérientiellement mystique.

 

Bon Été.

1Si ce n'est à la manière du bonheur, par son absence.

2Si ce n'est à la manière de l'esthétique, quand son support matériel ne peut se vendre à l'Hôtel Drouot.

3Sinon comme placebo, certes.

22 mars 2013

D'un peu de tout, ce billet

 A ce que j'ai lu, Shanghaï serait devenu à la Chine ce qu'est New-York aux États-Unis, c'est-à-dire un lieu où sont représentées toutes les tendances culturelles du pays quoique sous une forme qu'il est impossible de retrouver autrepart dans le pays. (Et, en souvenir de Ti Jean -Jack Kerouac- dont l'ouvrage que « moi-je » préfère demeure Satori à Paris, je signale que l'Association Zhongbreiz est en voie de pouvoir rivaliser avec celle des bretons de New-York, cependant que les meilleures crêperie de Montparnasse sont -la plupart- tenues par des chinois. Ce qui est une agréable manière de vivre l'interculturalité du monde. Le jour où un mollah pourra célébrer la prière du soir à Notre-Dame de Paris, un Grand Rabbin diriger celle de la Grande Mosquée de Paris et leurs fidèles trouver à la sortie des moines bouddhistes quémandant leur soupe ou le bol de riz du soir, la véritable Paix des Hommes de Bonne Volonté ne sera pas loin. On pourra même envisager la suppression des religions institués.)

Pour l'heure, on peut supposer que les critiques qu'Alan Watts faisait à l'American way of life trouveraient tout à fait leurs places dans les Grands Magasins et les Gratte-ciels de Shanghaï (ceux du Front de Seine ou de la Défense à Paris pareillement, au fait ! La vie « à l'américaine » est de plus en plus devenue mondiale !

Et pourtant...

Pourtant à Shanghaï, des enfants se rendraient dans de discrets appartements du centre ville, où les décors et la discipline se veulent faire revivre les anciens confucianismes.

J'avoue savourer les utopies périphériques de la Philosophie wattsienne.

Elles expriment une espérance, une sorte de Woodstock de la pensée, mais aussi une mise en garde et une méfiance.

Cette méfiance -cette défiance- se justifie dans l'aspect attrape-nigauds des idéologies et des cénacles ayant pignon sur rue, mais en rien de solides bottes permettant de marcher dans la boue. (Encore qu'on puisse y marcher pieds nus. Le lavage des chaussettes en devient inutile.) Non ! Non!Et Non ! Ne plaisantons pas : cette méfiance provient de la négation même de l'idée d'ésotérisme et de spiritualité ; négation qui part du postulat que le monde nous est exclusivement extérieur dans son spectacle comme dans sa matérialité. Tout le mérite de la Philosophie d'Alan Watts est d'adopter un langage résolument moderne, voire occasionnellement de s'adapter aux dernières idées à la mode. Il n'en demeure pas moins que la Philosophie d'Alan Watts est traditionnelle. La Contre-culture spirituelle est celle qui fut le partage de toute l'humanité jusqu'aux environs du 11° et 12° siècle. La Contre-culture est une Culture de retour à la Tradition primordiale que toutes les idéologies et théologies positives tentèrent de détruire à partir de la Renaissance. Ces idées remontent aux débuts du second millénaire Post. J.C. Que leur diffusion fut freinée, notamment par les grandes épidémies, puis accélérée avec Gutenberg (1400-1468) -et la transposition écrite des langues vernaculaires- ne modifie pas l'aspect mondial du phénomène.

La mondialisation ne date pas d'hier. Mais question « date », tout le problème provient de ce que le premier millénaire ap.J.C ne débuta pas pile poil l'An 1000. Pas plus que le XXI° siècle ne commença en l'An 2000.

Ces divers phénomènes entre dans le cadre de l'Age Sombre, dit aussi Kali-Yuga, le Temps qui Tue. Et, sans vouloir jouer les prophètes, la crise économique actuelle ne trouvera une solution que le jour où les économistes, en des termes économiques et financiers, SVP, nous expliqueront le lien entre l'attentat du 11 Septembre, l'effondrement bancaire et un Fukushima venant après Tchernobyl.

Probablement en privé plus qu'en public, Alan Watts ne manquerait pas de demander, petite notation en marge, d'où vinrent et où allèrent les billets de banque qui servirent à l'occasion de ces trois tragédies (les cours de la bourse se sont redressés mais les billets que l'on palpe, où sont-ils?)

On peut dire que l'Age Sombre débuta avec la désacralisation du monde comme transmission d'un message spirituel intérieur. Le vrai sacré est regardé au dehors mais nous parle de notre vie intérieure. La désacralisation du monde, inversement, se caractérise par une projection (exclusivement unilatérale, à sens unique obligatoire) d'une interprétation subjective et de convoitise, d'accaparement, d'acquisition et de possession impériale du monde (éventuellement, avec aussi des valeurs irréductiblement esthétiques et poétiques mais détournées de leur fonction naturelle). On utilisa aux USA l'expression de matérialisme spirituel, à la suite de Chogyam Trungpa Rinpotche. Je dois dire, à titre tout à fait personnel (!), que cette expression m'a toujours gêné, car, à titre de plaisanterie semble-t-il, Alan Watts utilisa cette même expression pour désigner le fait que la matérialité du monde est elle-même divine. Ou, -autres expressions disponibles, la « manifestation du Ki », le « Spiritus » médiéval ou encore et encore le « Jeu de notre existence au monde », etc. Par définition, toutes ces expressions impliquent une traversée de l'immanence par la transcendance. On utilise parfois l'expression poétique de « transparence du dedans et du dehors » ; et dans les commentaires de tendances soufies, il est rappelé que l'être humain ne peut jamais voir que l'une des figures de Dieu, que celles-ci sont partout, que toutes reflètent le vrai visage de Dieu, mais qu'aucune ne sont Dieu. Dieu contient toutes nos petites lorgnettes, mais il est grand, immense. La grandeur d'Allah n'est pas différente, au moins sur ce point, de l'immensité de Brahman. Il faut bien saisir qu'utilisant à l'occasion une phraséologie de teinture scientifique telle « On peut s'interroger de savoir si c'est le cerveau qui s'évoque lui-même dans l'Univers ou l'Univers qui se reflète dans le cerveau humain », il se réfère à cette transparence de l'Être, au cœur du message de la Tradition.

C'est ici, dans nos raisonnements, que prend place la sémantique générale, l'idée que les mots ne sont pas les choses.

L'Apophatisme général que je préconise pour ma part n'est qu'un antidote de la double maladie de la « positivation » du monde et de « l'idéologisation » partisane des concepts le désignant.

La psychologie moderne entend adapter les individus au monde extérieur, jugé avant tout socio-économique. Les voies de libération nous unifient au Sacré. La psychologie moderne tend à nous adapter aux contraintes de la conquête impériale du monde. Les voies de libération nous proposent une adaptation aux lois du Ciel. Elles impliquent l'obéissance aux lois « sous le Ciel » (l'animalité en tant qu'elle est une dimension biologique commune entre les animaux et les hommes), mais ce qui est « sous le Ciel » est bien sûr contenu dedans le Ciel, notre ciel du système solaire, contenu lui-même dans une galaxie, contenue elle-même dans le Cosmos.

Ce qui ne doit pas faire oublier, qu'à nos yeux (qui sont en droit d'en être) émerveillés..... la voûte céleste se trouve « en haut » et la terre, le sol même de la planète sur laquelle nous marchons, -nous aimons ou nous faisons la guerre, subissons des catastrophes ou des épidémies-, se trouve « en bas ». Et, l'être humain est -de toute évidence- tout aussi bien à la merci des réalités d'  « en bas » que des mécanismes cosmiques. Notre Terre se réchauffe d'elle-même de notre fait, mais notre Soleil se meurt et tôt ou tard nous renverra à une époque glacière sans que l'action humaine y soit pour grand chose. (On remarquera que des catastrophes telles celles de Tchernobyl ou de Fukushima proviennent autant d'une malveillance « d'en haut » que « d'en bas » : si le choix des emplacements comme le calcul de résistance des matériaux n'avaient pas été truqués pour des raisons de profit, il est probable que les dégats de l'impact strictement « naturel » eussent été considérablement moindres.)

Être écolo signifie respecter le territoire des tigres, mais l'équilibre des contraires nous invite premièrement à ne pas s'aventurer de tirer leurs moustaches sous prétexte d'amour de la nature et, deuxièmement, à conserver une excellente carabine à portée de main et d'être capable d'abattre tout fauve qui viendrait à s'aventurer sur le territoire des humains.

 

Tout le problème, sur ce vaste décors d'un surréalisme dalilien et le drame cosmique qui s'y joue, demeure : « ET MOI ? ET MOI ? ET MOI ? Qu'est-ce que moi-je deviens dans tout ça ? »

Nota ascético-orthographique : sauf si l'écrivant se trouverait être un Éveillé, ce « deviens » doit être orthographié à la première personne : la maladie de l'ego est nôtre quoique la pression éducative et socio-culturelle, le sur-moi et toutes ces choses, y ont une part essentielle. Mais, l'ego n'est pas une maladie qui nous tomberait sur le dos comme un coup de froid. Elle est aussi congénitale que sociale.

Tel est l'enjeu de la métamorphose d'une conscience egotique en conscience cosmique.

En Extrême-Orient traditionnel, on évoque le grain de sable s'envolant avec le vent du désert ou la vague qui rejoint l'Océan.

Ce sont les thèmes qu'abordent au fond Psychothérapies Occidentales et Orientales, et que mes commentaires feront escorter du tout premier livre américain d'Alan Watts, (La Signification du Bonheur) et de son tout dernier sur le Tao (the watercourse way – à ne pas confondre avec La philosophie du Tao, dont la signification est bien à l'opposé « the tao of philosophy » : ce en quoi le tao traverse aussi la réflexion philosophique ; techniquement, il faudrait dire : le tao-te (dao-de) : la vertu du tao en philosophie (ce en quoi la philosophie peut nous aider à découvrir le tao, mais sachant les limites de son propre discours, car le tao véritable traverse sans s'y arrêter ; le tao peut traverser le discours philosophique mais ce dernier ne saurait lui être extérieur ou par paraphrase, comme dirait Zhuangzi : à trop dire le tao, on ne fait que prouver que l'on ne l'a jamais écouté, ni entendu, i.e. Que l'on n'y entend rien !).

Ceux qui s'intéressent prioritairement à ce passage (effectivement psychologique) de l'ego au Cosmos, du « petit soi » auto-centré au Soi libéré peuvent se contenter des trois livres mentionnés plus haut.

Ceux qui ont une habitude ou des goûts philosophiques devraient y adjoindre L'Identité Suprême pour la question de l'ésotérisme et L'enseignement oral des bouddhistes tibétains, d'Alexandra David-Neel sur l'inexistence substantielle de l'ego. (Alan Watts exigeait, de ses étudiants à l'Académie des Etudes Asiatiques, la lecture préalable de cet ouvrage, sans laquelle ses propres affirmations - lors de ses cours, conférences et séminaires - sont incompréhensibles.)

Ces deux ouvrages marquent aussi l'évolution de la pensée d'Alan Watts : de la lecture de son premier livre américain, il est possible de penser qu'un ego sain équivaut à la libération intérieure. Après avoir lu Tao, on sait (du moins les concepts de ce Savoir) que la Vie, notre vie personnelle incluse, est un verbe sans agent ni substantif, attribut ou épithète. La fonction naturelle de l'ego est seulement de constater qu'il est vivant plutôt que mort. Ma grand mère me disait : « T'as mal ? Tu es donc bien vivant ! » Si elle avait été averti du zen, elle aurait précisé « Quelle chance !Quelle Merveille ! » Ce qui fait bien plus chic, pour sûr. Mais, tout de bon, n'est-ce pas merveilleux ? Pour de bon et pour de vrai !

 

Étant en ce moment sans l'sou, je suis contraint de reporter l'achèvement de mon blog sur Alan Watts à l'automne prochain. Ce qui ne fera qu'une année de retard sur mes désirs ; l'éternité en a vu d'autres... 

12 septembre 2011

L'actualité future d'Alan Watts

 

 

L’actualité future d’Alan Watts

 

 

 

 

Actualités & Actualité

 

Une actualité en remplace toujours une autre, tout en conservant les mêmes moteurs émotionnels. La haine qui entoura les faits et gestes du Christ n’était, on peut en être certain, d’aucun caractère différent que celle dont nous pouvons être les spectaleurs actuels. La haine, la violence font partie des caractéristiques de l’espèce humaine ; mais l’amour et la sagesse aussi. En cela, Alan Watts ne saurait être “dépassé” ; il traitait de “réalités humaines” assez permanentes dans le passé, le présent et le futur.

La pensée et la vie même d’Alan Watts furent assez décriées, tout comme on peut se sentir horrifié par le simple constat de la permanence des guerres et autres bains de sang, qui, le progrès aidant, ont acquis une efficacité de plus en plus importante. Pourtant, à la suite et avec bien d’autres, Alan Watts a répercuté un message de paix et de tranquilité d’esprit. Ne serait-ce qu’en cela, il n’appartient pas aux nouvelles du jour, mais à la permanence intemporelle des sages de toujours et de partout.

 

Le texte qui précède fut écrit à un moment, où la situation en Bosnie-Herzégovine faisait la une de l’actualité journaliste, la une de l’information sur l’actualité. (A présent, c’est le Kosovo et la Tchetchenie.)

Je tiens au passage à faire observer que, par une simple émission de radio, j’ai été “informé” de la situation en Bosnie-Herzégovine deux ans avant que ne soit tiré le premier coup de feu. Puisque j’en étais informé, sans être l’occulte directeur d’un puissant service de renseignement, on peut supposer que les gens “bien informés” en savaient bien plus que moi. Or, ce premier coup de feu a été tiré, de nombreux autres coups de feu ont été tirés ; certains de ces coups de feu ont atteints leurs cibles, ces cibles en sont mortes. Quelques charniers se sont donc avérés indispensables au bon déroulement des opérations sur le terrain.

Mais, laissons les morts enterrer ou incinérer les morts, laissons les croque-morts à leur métier - fonction plein d’avenir. A quand “croque-morts sans frontières”? La demande est urgente. Elle est urgente ; elle n’est pas nouvelle. Toujours et partout, il y eut des mères épeurées berçant de petits corps sans s’être encore rendues compte qu’elle ne bercent plus qu’un cadavre. Actualité permanente de la cruauté et de la bonté, de la laideur et de la beauté, du mensonge et de la vérité du temps présent.

Lors de la guerre du Biafra, j’avais répondu à un appel de Lanza del Vasto et participé à une manifestation non-violente. Nous étions une centaine, guère plus. La mort des autres n’est guère mobilisatrice ; la paix n’est pas motivante. Elle n’est même plus à la mode, comme elle le fut au temps des hippies et des Beatles. “Peace and love”, “fais l’amour et non pas la guerre”, tout ça...exit!

Pourtant, selon Watts, la violence n’est pas “instinctive”, ni “pulsionnelle” ou autre ; elle est de l’ordre de la force motrice d’une locomotive : locomotive. S’interroger sur l’instinct de violence revient donc à se demander ce qui fait qu’un instinct est instinctif ou que la violence est violente.

A ce titre des hommes tels qu’Alan Watts, Thomas Merton, Thich Nhat Hanh, Khrisnamurti, Sa Sainteté le Dalaï lama ou le Pape et bien d’autres comptent et pèsent autant que des divisions blindées1.

Je place Alan Watts en tête de ma liste parce-qu’il est le sujet de ces lignes, et non par ordre de prééminence ou de précellence.

Traitant et raisonnant de, et depuis, la philosophie d’Alan Watts au niveau des idées, mon coeur ne le dissocie pas de tous les autres hommes de paix et d’amour fraternel. La planète Terre en a de plus en plus besoin.

&

L’anglais a strictement conservé, dans son usage courant, le sens premier de l’acte (Actual = réel, véritable, avant que de signifier l’actuel, le présent ; actuality = réalité autant que temps présent ; actually = véritablement, de fait, en fait autant que actuellement.)

En français cet usage anglo-saxon est réservé à la langue théologique et philosophique: “actuel” = “ce qui est en acte” =/= potentiel ou virtuel ; “actualisation” = passage à l’acte ; “actuer” = faire passer à l’acte ce qui est en puissance. En ce sens, le titre du présent essai n’a rien d’un paradoxe ou d’un jeu de mots.

 

Watts et ses masques.

Du jeune gentleman débarquant à New-York, muni d’une canne à pommeau d’argent, au quinquagénaire excentrique accusé de corrompre la jeunesse, Watts porta bien des masques. Après s’être, à quinze ans, prétendu bouddhiste, le voici a trente prêtre épiscopalien. Il devient ensuite professeur, un pro­fesseur honorable portant noeud papillon. Quelques années plus tard, il reprend sa liberté pour devenir un philosophe non affilié qui proclame n’être un tenant ni du bouddhisme, ni du christianisme, ni du zenisme, ni d’aucun autre “isme”. Il stupéfie parfois l’auditoire de ses conférences par l’extravagance de sa te­nue, son attitude ou ses propos. Faisant tinter une clochette selon un rythme espacé, il explique que Dieu est ce silence duquel provient le son universel de la vie. Au milieu de son exposé, il s’interrompt et demande à ses auditeurs de ne pas froncer les sourcils afin de mieux comprendre : il est préférable, dit-il, de se détendre : Allons, respirez...Là-à-à...Respirez doucement!” Voilà qui ne fait guère sé­rieux : s’attend-on à ce type de comportement chez un philosophe de renommée internationale ? Que penser ?

Ses détracteurs lui reprochent de n’être qu’un amateur, un homme de spectacle, quand ils ne l’accusent pas de charlatanisme à la mode orientale. D’autres le prennent très au sérieux et lui portent une grande affection. Dans son Journal (été 1963), Anaïs Nin le dépeint comme un maître au “sourire contagieux” qui a “appris un silence vivant, pas inarticulé, mais une méditation...”

Mircéa Eliade, qui a bien connu Watts, juge pour sa part qu’il “avait un génie de divination en ce concerne certaines traditions orien­tales (...) Je crois (ajoute-t-il) que Watts n’a pas véritable­ment abandonné la prêtrise, mais qu’il a cherché une autre voie pour communiquer à l’homme moderne ce que les hommes d’autrefois ap­pelaient Dieu (...) J’admirais sa puissance de divini­sation.2

Témoignage précieux, provenant d’une personnalité peu contesté, car il nous ramène implicitement à un “Dieu” pré-humaniste, un “Dieu” qui n’était pas encore cette figure où se mêlent le père fouettard et le copain christique. Il permet d’autre part d’expliquer l’évolution de la pensée de Watts qui, très jeune, a le privilège de connaître une première “illumination”. Il éprouve alors le senti­ment de son étrangeté, encore accru par le fait que le Grande-Bretagne sort à peine de l’ère victorienne. Bien qu’il ne sache où se tourner, il lui faut choisir un rôle social et occuper une place dans le monde. Il écrit donc quelques articles ainsi qu’un premier livre sur le bouddhisme zen alors peu connu. Emigré à New-York, il donne des conférences sur la psychologie, organise des groupes... Ses in­térêts essentiels étant d’ordre religieux, pourquoi en pas se plier au style de vie occidental en tenant le rôle du prêtre ? Il est inti­mement convaincu du relatif isomorphisme des religions, aussi ce virage du zen vers le sacerdoce ne pose-t-il aucune difficulté psy­chologique.

Malheureusement, le message ne passe pas. Et, de plus en plus mal à l’aise dans son rôle, il finit par le quitter. Il écrit Bienheureuse insécurité, livre dont il suffirait de modifier quelque peu les tournures de phrases pour en faire un autoportrait spirituel. Les con­clusions qu’il présente à son lecteur sont celles qu’il apporte à sa propre vie. Il voulait annoncer Dieu, mais non des “bondieuseries”, et il découvre que l’on ne peut procurer une “vision de Dieu” en prê­chant une “croyance en une quelconque idée de Dieu.3” On ne peut posséder (et donc donner) Dieu qui est aussi insaisissable que la vie ; toute tentative de retenir l’un ou l’autre sera follement vaine. Il ne reste qu’à couler au fil du fleuve de la vie, en oubliant toute représentation de Dieu, car il n’est connu que de “ceux qui ne le connaissent pas du tout.4” Voilà le programme qu’il suivra dé­sormais. A partir de cette époque (1951), il se coulera dans les formes diverses des circonstances socio-culturelles, sachant abo­lie toute séparation entre “je” et moi, homme et monde, idéal et réel. Il consacrera le reste de sa vie et de son oeuvre à , d’une part, rappeler le caractère bi-polaire (mais non agressivement duel) de l’univers entier ; d’autre part, insister sur le rejet par le monde moderne du pôle naturel, joyeux, féminin, contemplatif, réceptif, irrationnel, non-historique, non-progressiste, non-poli­tique......Bref, le pôle “yin”. Chungliang Al Huang résumera ainsi la vie et l’oeuvre de Watts : “Alan est mort des excès de yang du monde moderne”. Excès qui se caractérisent principalement par une volonté de conquérir la nature - et donc de se prétendre situé en dehors et au dessus d’elle -par l’importance démesurée accordée au politique et aux institutions diverses, ainsi que par l’inflation verbale et la surinformation.

Dans un livre de souvenirs, Jacques Brosse parle d’Alan Watts comme d’un ami5. Il rapporte aussi la rencontre de Michaux et de Watts. Henri Michaux qui prononca une condamnation sans appel: ”Eh bien, non, ce n’est pas un maitre! De loin, on aurait peut-être pu s’y méprendre, mais quand on a l’homme en face de soi!...C’est seulement un illusionniste qui s’est pris à son jeu...” Jacques Brosse juge la sévérité excessive, précisant: “Je sentais que surtout il en voulait à Watts d’oser emprunter les mêmes parcours.6

Dans ce même livre, Jacques Brosse trace un très beau portrait d’Alan Watts ; un portrait tout en nuances, plein d’humour et d’amour7. Ce qui me réconcilia mentalement, je ne l’ai jamais rencontré, avec Jacques Brosse. En effet, j’avais très mal supporté le titre de son article: Alan Watts, histoire d’un échec8.

Le mot “échec” ne convient absolument pas, ni à Watts, ni du reste au contenu de l’article. “Alan Watts, une histoire inachevée” eut été préférable à mes yeux. Tenter de résumer ce portrait de Watts serait en trahir la saveur douce amère. Je ne puis que citer la conclusion. Jacques Brosse était en train de lire les “Mémoires” d’Alan Watts, un soir de novembre 1973, “quand, tout à coup, le texte se mit à danser sous mes yeux (...) tout autour de moi était devenu noir, (...) Au sein de la ténèbre, je percevais des ondes, des sillages ; elle était irisée, nacrée même, ce qui pour un Noir est bien singulier. (...) Me vint à l’esprit cette interrogation absurde: ‘Qu’est-il arrivé à Alan?’ (...) Une semaine plus tard, j’appris la mort de Watts, elle avait eu lieu cette nuit-là. Il ne s’était pas réveillé.

Alan Watts avait cinquante-huit ans, ce qui, comme le remarque l’éditeur de son livre posthume, L’Envers du néant, est beaucoup trop jeune pour un métaphysicien. Peut-être, en effet, son oeuvre n’était-elle pas mûre.”

Peut-être bien, oui. Raison pour laquelle, j’eus aimé “Alan Watts, une histoire inachevée”, pour titre de l’article précité.

Pour m’aider à faire le point sur cette actualité, dont je parle plus haut, j’avais pris contact avec l’Alan Watts Society for Comparative Philosophy . Sa secrétaire m’avait rassuré sur la poursuite de la diffusion de la pensée d’Alan Watts et donné l’adresse de Dominique Becker9.

Dominique Becker, qui cite d’ailleurs Jacques Brosse, mentionne également les opinions de trois autres personnalités bien connues en France, avec ce commentaire: “Il est frappant que (...) tous parlent de qualités non mesurables, dont l’appréciation est très subjective ; même Mircéa Eliade parle de divination, forme d’intuition, là où Dom Aelred Graham utilise le mot de génie et Arnaud Desjardins ceux de liberté intérieure. Sans complaisance par ailleurs, reconnaissant ouvertement les faiblesses de Watts, le père Graham, Eliade et Desjardins sont d’accord pour dire que Watts était un individu exceptionnel par sa présence et sa méthode.10

 

Ce qui se présente à mes yeux comme le plus important est l’expérience subjective que l’on a de sa relation personnelle à Watts et à son oeuvre ; l’appréciation portée sur Watts révèle autant “l’appréciateur” que “l’apprécié” (en bien ou en mal, selon telle orientation ou telle autre). Appréciation pouvant varier dans le temps chez une même personne, et si Jacques Brosse est un exemple typique à cet égard, il n’est pas unique. Et, personnellement, j’ai beaucoup “apprécié”, à mon tour, son portrait/souvenir de Watts précisément parce-qu’il y synthétise avec beaucoup de nuance et de coloration ses propres positions.

L’éclairage que l’on donne aux masques d’Alan Watts diffèrent selon les points de vue ; de même pour l’oeuvre.

Il est possible d’envisager son oeuvre au plan de la culture. A la sortie de Bouddhisme zen, ce fut le cas de la revue Les Livres (Institut Pédagogique National): “C’est une très bonne divulgation qui n’a pas les défauts d’une vulgarisation.” Et, j’applaudis à cette critique! Watts divulgateur sans être vulgarisateur. Mon avis est que Watts est un bon divulgateur, si bon du reste que certains prétendus spécialistes feraient bien de procéder à une révision de leur savoir en tenant compte des pistes ouvertes par Alan Watts. Je crois que c’est à ce point que faisait allusion Mircéa Eliade par son expression “pouvoir de divination”. Sans faire étalage d’un apparail d’érudition particulièrement vaste, Watts comprenait et donnait à comprendre, parce qu’il était ce qu’il disait. Il ne faisait qu’effleurer les divers sujets, mais il le faisait là où il fallait le faire, là où c’était juste. Pour ma part, et contrairement à ces mauvaises vulgarisations auxquelles je faisais allusion, je parviens à déchiffrer des textes assez savants grâce aux clefs que Watts m’a fourni par son oeuvre.

Il revient à chacun d’approfondir les domaines qui l’intéresse particulièrement, ou dont il a besoin pour éclairer sa propre recherche expérientielle, sur le terrain de son existence et des réalités quotidiennes. Watts n’était pas un spécialiste s’adressant à d’autres spécialistes ; il entendait passer le message “en direct”.

Tout en reconnaissant que ce puisse être possible, Mircéa Eliade demeurait assez sceptique: “nous sommes ‘condamnés’ à recevoir toute révélation à travers la culture”11. Cette tentative d’ouvrir la philosophie et les phénomènes religieux et/ou mystique est cependant celle d’auteurs de plus en plus nombreux.

 

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Il est également possible d’envisager Watts en tant que maître à penser de toute une génération s’essayant à une contre-culture. Maître à penser et contre-culture furent les deux façons de le présenter (en France) de 1970 à sa mort en 197312.

La manière la plus concise et représentative de ce point de vue est celle de Kenneth Rexroth (qui fait mention du nom de Watts: “Si la société alternative devenait une société de bouddhas écologistes, nous aurions atteint le but final: un monde fondé sur l’aide mutuelle, le respect de la vie, et sur la conscience de la place de chacun dans la communauté de toutes les créatures. Tels sont les fondements d’une société alternative.13

Ainsi que celle Michel Lancelot: “La contre-culture est une culture nouvelle, souvent parallèle ou souterraine, et qui entre en rébellion avec la culture officielle, celle-ci, aux mains de l’économie et du pouvoir, étant jugée aliénante, statique, sclérosée, dépassée ou inutile. (...) La contre-culture ne prétend pas détruire concrètement la culture existente. Elle la renie, ou s’en détache, pour mieux la prolonger ou l’élargir.14

Et, Michel Lancelot cite un écrivain suisse, Herbert Meier:

“L’homme nouveau ne se tient ni à droite, ni à gauche, il avance. Il est en chemin. Qui se tient à droite, qui se tient à gauche, se tient dans un cas comme dans l’autre, à l’écart.

“Qui chemine vraiment ne va ni toujours à droite, ni toujours à gauche, ni ne tient non plus son juste milieu. Il revendique la route sur toute sa largeur...15

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Dominique Becker m’apporte une appréciation qui a d’autant plus de valeur qu’elle est le fait d’un universitaire et non d’un “fan” inconditionnel, tel que moi16: “S’il est bien difficile, voire impossible, de parler de l’actualité ‘future’ de Watts, on peut parler de son actualité au sens où ses idées peuvent représenter une source de réflexion (spirituelle, philosophique, sociale) aujourd’hui, mais aussi au sens où on publie de plus en plus ses essais ainsi que des ouvrages critiques sur lui. Il est vrai que c’est principalement aux USA et que c’est le fait d’un petit groupe personnes (...).

Enfin, l’actualité de Watts, c’est peut-être aussi les marques de reconnaissance de ceux qui l’ont connu: ainsi le peintre californien Gordon Onslow-Ford qui exprime sa reconnaissance à Watts dans le manuscrit de son livre non encore publié Instant Painting ; on pourrait parler aussi de l’octogénaire britannique Douglas Harding qui a bien connu Watts et a probablement été influencé par lui...”

Dominique Becker revient à l’objet de mes préoccupations personnelles en me donnant un avis synthétique, qu’il m’a aimablement permis de reproduire ici: “On peut donc bien parler de l’actualité de Watts, car on a l’impression qu’en ce qui le concerne, il y a constamment du nouveau. On peut, finalement, parler de son ‘actualité future’, en postulant que, les ouvrages de Watts étant de plus en plus difficiles à trouver en langue française, Watts ne pourra sans doute être réellement connu dans notre pays que grâce au réseau Internet (...) Il y a peut-être un espoir lorsque l’on découvre un site désintéressé comme la ‘Alan Watts mailing list digest’ dont le but est de permettre aux gens de s’exprimer pour échanger entre eux questions et réponses sur des sujets qui touchent autant au bouddhisme qu’à la mystique, à l’écologie qu’au problème de l’action dans le monde, et, bien sûr, à la pensée d’Alan Watts. Un optimisme mesuré est sans doute permis, mais la disponibilité de plus en plus réduite des livres de Watts en langue française n’est guère rassurante.”

Je ferai remarquer que Dominique Becker est la preuve vivante de son erreur d’appréciation sur ce dernier point, puisqu’il a pu soutenir une thèse sur Watts, et y interesser un certain nombre de personnes du monde universitaire17.

C’est un fait qui ne peut avoir que des retombées positives au plan éditorial. Si le public en exprime la demande, les maisons d’Edition ne sauraient se refuser à une reprise de la diffusion de l’oeuvre d’Alan Watts.

 

Certains esprits grincheux ne manqueront pas de prétendre à l’inutilité, voire la nocivité, d’une telle reprise d’audience. Je vais y revenir sur un plan plus philosophique au chapitre suivant. Je puis dire sans attendre que le bienfait d’une telle reprise est double. D’abord, mais l’aspect est d’intérèt mineur, Watts demeure un témoin d’une réelle rencontre entre l’Orient et l’Occident, aventure qui ne fait que commencer et qui continue de permettre une critique socio-culturelle des valeurs de la Société occidentale “progressiste”18. Ensuite, et surtout, je suis intimement convaincu que l’on a pas encore compris et exploité toute la valeur de la pensée d’Alan Watts, tant sur le terrain culturel que sur le terrain intime de la recherche de chacun. Ce qui signifie que ce temps n’a pas encore “rattrapé” Watts, que Watts est devant nous, en avance. La pensée d’Alan Watts sera pour le début du XXI° siècle de notre impérialiste comput occidental l’une des possibles planches de salut. Tout particulièrement pour l’Europe, une Europe qui n’a toujours pas digérée cette réalité de ne plus être le centre du monde, en fait de ne l’avoir jamais été en dehors de nos fantasmes colonialistes et de notre européano-centrisme culturel. A la mondialisation qui s’engage déjà au plan économique doit correspondre une planétisation des esprits et des mentalités. Personnellement, j’eusse préféré que cette planétisation spirituelle soit première. Mais, c’est désormais impossible ; le rêve s’est évanoui. Faute de ne plus pouvoir en rêver, on peut néanmoins en faire une ou deux questions: A une mondialisation économique n’est-il pas nécessaire d’y faire correspondre un oecuménisme philosophique et religieux global -un oecuménisme de tout le Globe planétaire, un oecuménisme de la Paix, paix des armes et paix des coeurs? Est-ce trop demander?

 

Est-ce trop demander?

 

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OM - Shânti - Shânti - Shânti.

 

 

1- La célèbre phrase prêtée à Staline : “Le Vatican ? Combien de divisions?”

2- L’épreuve du labyrinthe, Mircéa Eliade, Belfond, p 77

3- Bienheureuse insécurité, par Alan Watts, Ed. Stock, p 29

4- ibid. p 186

5- Les grandes personnes, par Jacques Brosse, Robert Laffont,1988, p 267

6- ibid. p 343

7- ibid. p 349-354

8- Dans “Question De”, n° 34, Janvier-février 1980, p 83-97.

9- Lettre de Ruth Costello d’octobre 1995.

10- Thèse de Dominique Becker, 3° Partie, chap. 1, intitulé “L’audience de Watts”. Le soulignage est de mon fait. Je pense que l’approche que l’approche tant de l’homme que de l’oeuvre de Watts ne peut être que subjective, que le but est soi-même, que le lecteur importe plus que l’objet de sa lecture, ou si l’on préfère que l’objet même d’une lecture de Watts est soi-même.

11- op. cit. p 77

12- Plexus de Juin 70, sous la plume de François Clairval

- Psychologie de septembre 70, sous la plume de Jacques Mousseau

- Le sauvage de février 74, interview d’Elisabeth Antebi

- Le Monde du 22 Novembre 73, sous la plume Jean-Michel Palmier (qui utilise également le terme de “génie”)

- Question de n° 2, 1974, sous la plume de Jacques Mousseau

- Ces thèmes seront repris lors de la parution de mon propre essai sur Watts, par Le Monde du 8 juillet 83, sous la plume de Roland Jaccard, par la revue Aurores de Mai 83, sous la plume de Eric Edelmann, par la revue canadienne Spirale de Mai 85, sous la plume de Gilles Farcet.

- Quant à la liste d’articles dans des revues associatives ou parallèles, écolos ou anarchistes, l’énumération serait fort longue. Le dernier article que j’ai lu de ce genre est, je crois, celui qui est paru dans Le journal du chant de la Terre, “Equinoxe 1993”, sur papier recyclé, et distribué gratuitement!

13- Traduction par la revue Plein chant, n° 24, Avril-juin 1985, p 49 d’extraits de The Alternative Society, Essays from The Other World, par Kenneth Rexroth, Herder & Herder, New-York,1972

14- Le jeune lion dort avec ses dents, génies et faussaires de la contre-culture, par Michel Lancelot, Ed. Albin Michel,1974, p 21. Michel Lancelot avait publié deux ans plus tôt Je veux regarder Dieu en face, même éditeur, qui constitue un véritable document historique sur les naïvetés, les espoirs fous, les rêveries du mouvement hippy, sa noblesse aussi!

15- Le jeune lion..., p 290

16- Lettre du 19 octobre 1996, les soulignages sont de mon fait.

17- Dominique Becker signale aussi qu’il est en contact avec un étudiant australien menant un travail de recherche sur Watts.

18- Je m’en voudrais de trop insister sur ce point, mais je puis ne m’empêcher d’y penser. Tous ces morts de Bosnie, du R/wanda et d’ailleurs sont les victimes de nos normes socio-culturelles et socio-politiques occidentales. Ce sont ces normes mêmes qu’il faut traduire en cour de justice pour Crime contre l’humanité et non ces pauvres types sadiques qui n’en sont que l’expression. Ces atrocités sont d’abord métaphysiques et religieuses. Ce n’est pas la gachette qu’il faut supprimer, c’est le doigt mental qui appuie dessus.

19- Les carnets du yoga, n° 24, Décembre 1980, par Jeannette Kempfrer.

20- L’un des thèmes dont débatirent les premiers penseurs chinois convertis au Bouddhisme porta précisément sur le contenu du Nirvana : est-il joie ou “plus rien du tout”?

21- Quelque part dans les nuages, op. cit.

2 avril 2021

un intermède

 

Je ne reviendrai qu'après Pâques, mardi ou mercredi. 

Je fais face à mon/ma mien Corona...

à bientôt ; Joyeuses Pâques à vous !

27 mars 2018

essai technique 04

Paris, la garde républicaine joue du tambour Arc de Triomphe

16 avril 2012

Précision

La citation sur le "sentiment océanique" est bien sûr de Pierre Hadot.

Les paragraphes se sont inversés.

Bonne journée !

30 novembre 2013

Essai technique p Décembre

Simple essai technique. Excusez-moi, je vous en supplie mais le fonctionnement de mon ordinateur est détestable, et j'ai bien du mal d'y reconnaître l'expression du Tao cosmique, qui vient ainsi perturber mon existence d'écrivain...!

23 juin 2017

Philosopher avec Alan Watts 1/6

 

Alan Watts Philosophe

Interview de 1972, par Jacques Mousseau

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