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La Philosophie d'Alan Watts
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15 octobre 2020

Alan Watts reçoit Madame Corona, 6

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En novembre 1973 meurt Alan Watts. Après avoir vécu cinquante neuf années d’existence. Je raconterai donc sa naissance et son enfance. Naissance et mort, ce sont deux évènements de grande ressemblance, que la métaphysique taoïste qualifie de Retour. Sur Terre ou au néant (que je ne vois aucun inconvénient à nommer Ciel).

En clair = mes chroniques, cette introduction achevée, débuteront courant novembre...

La génétique est assez mal vue en France. Je n’y comprends pas grand-chose, je dois dire. Et, je crois tout à fait en l’adaptation (qui, en une génération peut modifier des « trucs » génétiques à partir d’autres « trucs » d’ordre culturel et/ou environnemental). Il semblerait que ces « trucs » aient d’ailleurs la vie dure : je me suis laissé à lire au sujet de « trucs » récessifs qu’il a fallu attendre ces dernières années pour que le processus s’étant engagé, l’un de ces « trucs » vieux de 15 000 ans (quinze milles!) a définitivement disparu de la surface de Terre. Papa-Maman, c’est pas mal du tout. Mais, à côté des milliers d’années de leurs composants, l’ADN transmis possède peu de spécificités strictement parentales. Les confucianistes qui honorent (tous) leurs ancêtres sont plus conformes aux réalités humaines que nos hommages aux parents. (Ou nos regrets de traumatisme utérins, de la naissance ou de la prime enfance, puis de l’éducation reçue.)

Le procédé de mes billets à venir peut être illustré sans attendre par la publication de l’encyclique papale. Selon Le Figaro du 5. 10.20 : « Le texte de Fratelli tutti suit, grosso modo, le syllogisme suivant: l’individualisme connecté ne crée pas de la relation mais de la solitude ; la toute-puissance promise par la mondialisation vient d’échouer magistralement contre un virus. Dès lors, il faut rebâtir. » Il, le Pape, reconnaît à ce titre avoir été inspiré par le grand imam du Caire, Ahmad al-Tayyeb, qu’il cite à plusieurs reprises dans le texte, une première dans l’Église catholique.

A prêcher pour ma paroisse, je dirais que c’est là toute la problématique qui motive que je fasse Alan Watts recevoir Madame Corona.

Faut-il se motiver pour rétablir les choses comme avant ?

Faut-il au contraire recevoir Madame Corona comme un don céleste ouvrant du « pas comme avant », sur la constatation, à y regarder d’un peu plus près, que ce monde dit d’avant n’est qu’un tout de suite de quelques années, par rapport à un Vivant de milliers d’années, qui fut préhistorique avant qu’être aux actualités - « dernière minute ». Toute dernière nouvelle, au fait : Donald Trump est Président des États-Unis d’Amérique, mais, avec ou sans Covid, Donald Trump ces jours-ci se comporte comme s’il demeurait d’abord Donald Trump.

Et moi, et moi, ces jours-ci, et milliers d’année de cette forme de vie (dite) terrestre, chanterait Jacques Dutronc – qui devenait fort philosophe quand il buvait un dernier verre avec Jacques Lanzmann – lequel randonna du côté de Kathmandu s’enquérir de La baleine bleu.

&

Watts, vues ces connexions (avec bien d’autres bien sûr), ne pourrait ensuite que craindre une certaine naïveté du Saint Père, tout comme celle du Maître de sa jeunesse Dmitri Mitriénovic, croyant pouvoir contribuer à sauver la Paix en allant plaider sa cause auprès de philosophes patentés (dont Bergson) et de grandes personnalités d’Europe. Il aurait voulu les convaincre de faire barrage à Hitler (au sobriquet de service secret « Adolf, Reich Covid »).

Mais, il semblerait que la métaphysique ne fasse plus bon ménage avec la politique ou l’humour noir. La métaphysique se cache (se confine) d’ailleurs derrière les murs de catégories telles que la mystique, la poésie/poétique, poïétique, le symbolique, le métaphorique ou la sémantique ceci ou cela. Ou bien encore cette tarte à la crème de « l’Histoire ancienne ». Mais, je ne suis pas historien… Simplement, beaucoup de choses très actuelles, voire de l’actualité « future », à venir donc, me font penser à diverses choses que l’Histoire nous dit appartenir au « passé ». Elles appartiennent en réalité à la Permanence des choses, par ailleurs qualifiée d’Impermanence & Changement. Ou encore Mouvement Immobile…

&

De tout ça, il ne sera probablement pas beaucoup question dans ce blog. L’ésotérisme surréaliste ne porte aucun jugement de valeur métaphysique, si tant est qu’une valeur puisse copuler avec la métaphysique.

Et, - ce sera ma dernière remarque liminaire : alors qu’Alan Watts était à son pic de notoriété en Californie, des amis lui dirent en substance :

« STOP ! Sinon le prochain pas te fera Gouverneur, et le suivant, bien pire encore : Président ! »

 

 

 

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4 octobre 2020

Alan Watts reçoit Madame Corona, 5

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Sans m’appuyer sur Alan Watts, ni m’y référer directement.

 

Ce qui pourrait s’appeler aussi : A compliquer les choses.

 

(La dernière partie, 6, de mon introduction dira la méthode globale de ma nouvelle étude de la philosophie d’Alan Watts et mes espoirs de réalisation de mon Quatrième Age – et des « rattrapages » qu’il nécessite, mais pour lesquels je me demande si Madame Corona ne pourrait pas être une aide tout aussi bien qu’une terrifiante usurière éxigeant le recouvrement de son dû & créance.)

Mes chroniques proprement dites débuteront après l’anniversaire de la mort terrestre d’Alan Watts, laquelle intervient peu avant celui de ma naissance – j’adore laisser sous entendre des significations/interprétations/opinions là où, au vrai, je n’en vois ni n’en cherche aucune. Sauf que tout est lié et que la vie et la mort de la plus « insignifiante » des bactéries appartiennent au Jeu (lilâ) du Cosmos.

 

Certes, les rapports yin-yang ressemblent à ceux de la nuit et du jour, mais pour saisir yinyangdao il faut avoir compris que cette nuit ne fait pas venir le jour, mais que la rotation de la Terre en donne l’impression. Situer le caractère yin par rapport à son indissociable yang n’est utile qu’en nommant la « séquence » phénoménale en cause i.e. son mouvement dans une disposition d’une « carte » imaginaire – en trois dimensions – du macrocosme et du microcosme.

On peut ainsi amorcer le dévoilement de l’écologie, la très sage écologie, du taoïsme depuis quatre milles ans ! La recette du raisonnement repose sur le même constat que celui d’un nuit (yin) posée comme inséparable de son contraire (yang) n’existe nullement en eux-même.

Il en va ainsi, par exemple APPLIQUE, du climat (yin) et de l’économie (yang) du mondialisme.

(L’économiste qui accepterait d’utiliser la terminologie philosophique & chinoise, nous dirait que sous ce rapport là, ce yinyang là équivaudrait à un retour à l’age de la cueillette et de la chasse de proximité. Ma foi, un retour à l’état d’esprit, – au ressenti psychologique – qu’invitent les idées d’accueil, d’accueillir, recueillir comme un rejet de toute transformation alimentaire d’un produit qui ne soit local, ou tout proche résoudrait bien des problèmes, notamment de santé.)

Dans ce même ordre d’idées, il faut bien dire que l’une des meilleures manières de se fourvoyer dans son ouverture intellectuelle & affective aux richesses spirituelles de l’Orient consiste à continuer de juger le monde (naturel, social, culturel ou des personnes « culturellement » impliquées) selon ses propres systèmes de valeur. Supposer que les spiritualités orientales ressemblent aux nôtres, mais en mieux, ne peut qu’être source d’erreurs et ne peut qu’exposer à de douloureuses déceptions. L’être humain est le même partout sur cette planète. Il est un planètarien.

Ses cultures sont diverses, tantôt en correspondance avec une aire géographique, tantôt à l’intérieur d’un même « monde »… austral, américain, chinois, européen, indo-européen, indonésien. A l’évidence, il existe un abîme entre les autochtones amazoniens et les politicards & affairistes de Brasilia, les « sauvages » des îles du Sud de l’Inde et les Cols blancs de New-Delhi, etc. Tous les continents et sous-continents ont leurs grandes métropoles et leurs tribus isolées, certaines réellement « sauvages » selon nos critères et systèmes de valeur. Mais, les écologistes le rappellent (pas assez souvent, semble-t-il) la « pollution » n’épargne absolument personne vivant sur Terre. Et, la grande nouveauté du XXI° siècle, est la découverte que diverses substances et molécules naturelles, sont aptes à contrer en tout ou partie, la pollution humaine. Tout logiquement, mais contre tout bon sens, les divers penseurs des quartiers huppés des métropoles, au lieu de se faire les avocats de ces réserves naturelles, paraissent vouloir se comporter comme si l’hypothèse d’accorder une prévalence de la nature1 – en certains domaines et/ou sur certaines zones – était ressentie comme une insulte personnelle.

 

 

1Si j’ose dire au sens premier, en dépit de la présence de Madame Corona

5 juillet 2017

Demande d'aide

 

(Pause estivale 01 > demande d’aide 1/2)

 

A l’automne, je reviendrai à mes « philosopher avec Alan Watts », qui clôtureront mon blog alanwattsapopha2.

 

Appel d’offre eut été inadéquat par rapport à ma situation précaire, mission exploratoire trop prétentieux par rapport au résultat souhaité – et un SOS serait véhément à l’excès; je me résous donc à demander de l’aide.

Chacune de ces dites pauses constitueront un virage entre des matières à réflexion1 et ce qui logiquement devrait devenir (au moins pour mézigue) des matières à action – en vue de réussir comme écrivain avant de mourir2. Et, c’est là que j’ai trouvé des limites personnelles que je voudrais modifier, mais que je ne puis réaliser sans aide – ni sans cesser de jouer les ours mal léchés. L’affaire n’est pas mince. Mes « matters3 » à/de/pour mézigue se heurtent à des obstacles et des souffrances, qu’à force d’habitude, j’avais fini par ignorer, les jugeant justes & « normales », résultat d’un fatum implacable ! Il suffira d’énoncer les choses pour en montrer l’absurdité & stupidité.

Il s’y mêle probablement la peur d’un virage qui s’oriente vers l’impossibilité de m’abriter à l’ombre d’un autre.

(mes) Apprentissage philosophique – Conditionnements – Projets – Projet de fin de vie – La Paix – École Traditionnelle (& pérennialisme) – Être libertaire ET planétaire – Quitter la planète Terre, etc. seront certes des détours pour revenir aux « matters à mézigue », mais aussi, en sourdine, des appels du pied pour obtenir des tuyaux et/ou conseils en système « D », pour m’aider à parvenir à mes fins.

Une manière plus élégante de présenter ces brefs billets de pause estivale serait de confesser que je ne suis pas un Descartes, capable de penser seul en son poêle l’homme et le monde, ni non plus un personnage d’importance convenable pour bénéficier de « Hautes Protections », qui me libéreraient des contingences matérielles quotidiennes.

(En fait, il semble bien qu’il n’ait jamais vécu longtemps seul – sa période de retrait, dans sa jeunesse, correspond surtout à une volonté d’échapper à la vie de futilité, que des amis lui voudraient voir partager. André Maurois, à qui veut se cultiver, recommandait de fuir les « chronophages »4 Ça, je sais faire. Mais, je ne vous parle pas de ça.)

1Traduction trop littéraire pour mon goût de « matter » ; matters qui énumèrent, dans le texte, des faits plus que des théories à réfléchir et discuter. Que l’argent ne soit pas la richesse est un fait ou que manger consiste à tuer, par exemple, sont faits indiscutables.

2Je ne fais pas allusion au suppuku, mais au désir de laisser une quintessence de sa vie, avant de la quitter.

3cf. Does it matter ? Traduit en français par Matières à réflexion.

4Je veux bien admettre que Maurois est un auteur « léger », un snobinard pour dames, etc mais, lorsque j’étais jeune adolescent, j’étais devenu à moitié fou de jalousie de son style, après lecture de Ariel ou la vie de Shelley.

1 février 2017

addenda chômage & à ce sujet

La raison pour laquelle Alan Watts refuse tout appel révolutionnaire, voire réformiste, (et/mais Trump est un « réformiste », par exemple) provient de l’évidence irréductible qu’en toute société succédant à une autre société demeure le fait qu’il s’agit d’une société et que la caractéristique majeure de toute société, quelle qu’elle soit, jugée bonne ou jugée mauvaise, est d’être tout à la fois géniteur, vecteur et terrain d’idéologies et de mythologies ; toute société crée ses normes sociales et ses dieux directeurs. Toute société contient ou supporte une métaphysique. Elle ne libère pas de la métaphysique. La Libération dont traite Alan Watts est au-delà du langage. Certaines formes culturelles invitent à aller dans ce sens et d’autres à s’en écarter ou aller en sens contraire. A ce niveau, sans être un grand yogi ou lama perché sur un Himalaya ou l’un des cinq monts sacrés de Chine, on peut vouloir prendre plaisir à vivre son jour de chaque jour – éclairé ou non de ces vertigineuses hauteurs métaphysiques ; mais se laisser prendre aux, discours des bateleurs d’attrape-nigauds. NOTA : Faisant allusion à ce qui ressemble fort au Revenu Universel de base traitait du rapport de l’être humain à la matérialité, qu’il jugeait être en Occident une abstraction (idéologique) de plus, venant en somme s’ajouter aux anges et aux archanges. Quid du bonheur-liberté ?

J’allais oublier : En Orient, l’affranchissement économique est la condition d’accès à toute voie spirituelle. Refuser une revenu vital pour tous revient à interdire toute spiritualité authentique.

Quelques autres notes :

- Dominique MEDA, « TRAVAIL - La fin du travail ?  », Encyclopædia Universalis [en ligne], http://www.universalis.fr/encyclopedie/travail-la-fin-du-travail/

- Dominique MEDA, « TRAVAIL - La fin du travail ?  », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 25 janvier 2017. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/travail-la-fin-du-travail/

- Voir dans le CNRTL, à l’entrée « machinisme »

- Le mot latin persona désignait le masque de l'acteur. < voir dans EU

- Tout le problème, dans le consumérisme, est d’inciter à « faire preuve de personnalité » sous réserve qu’il s’agisse ressembler à la standardisation sociale dominante le plus vite possible.

- Auparavant, il était question de machinisme et certaines de ces machines s’appelaient « robots » ; c’était de la mécanisation, mais pas de la « robotique » (terme d’abord littéraire plus que technique : pour ma part, je pense à Asimov. D’un autre côté, une part de la S-F n’était que de l’anticipation romancée, organisée autour d’une intrigue ou d’un prétexte d’intérêt variable ; mais, une autre part était

- « La passion aveugle, perverse et homicide du travail transforme la machine libératrice en instrument d’asservissement des hommes libres : sa productivité les appauvrit.

(…)

Le rêve d’Aristote est notre réalité. Nos machines au souffle de feu, aux membres d’acier, infatigables, à la fécondité merveilleuse, inépuisable, accomplissent docilement d’elles – mêmes leur travail sacré ; et cependant le génie des grands philosophes du capitalisme reste dominé par le préjugé du salariat, le pire des esclavages. Ils ne comprennent pas encore que la machine est le rédempteur de l’humanité, le Dieu qui rachètera l’homme des sordidoe artes et du travail salarié, le Dieu qui lui donnera des loisirs et la liberté. »

(Paul Lafargue, 1842-1911)

4 mai 2012

Le Livre de la Sagesse (5/5) A

Le Livre de la Sagesse (5/5-A)

 

Liens en français sur Alan Watts et sa philosophie, replacée dans un contexte "contre-culturel".

http://revolution-lente.coerrance.org/eloge-de-l-insecurite-alan-watts.php

http://jerryroad.over-blog.com/article-22410446.html

http://www.noosfere.org/caza/lettresouvertes/lettresouvertes_251_260.html

http://albertportail.info/spip.php?article231

http://agora.qc.ca/Dossiers/contre_culture

(Le gros avantage du Québec est que l'on peut y être spirituel mais anticlérical, ne pas être laïciste ni sectariste sans être accusé de fascisme, aimer la liberté sans être suspecté d'être de la bande à Bonnot. Une autre manière d'être...)

= = =

自然

Le Dao est Ziran. Ziran implique wu-wei qui ouvre le coeur-esprit à la Conscience Cosmique.

Mais, qu'est-ce que le Dao et le Ziran ?

Comment Revenir à ce Ziran ?

La signification (le référent) de "Dao" est-il bien une spécificité chinoise, et donc une question d'altérité ; ou ne pourrait-il pas être une caractéristique de toute société et/ou sagesse anciennes par rapport au monde moderne ?

Sont des questions que l'on peut se poser... auxquelles je vais seulement suggérer quelques éléments de réponses.

 

Résumé des épisodes précédents :

En début d'ouvrage, Watts nous a dit que

- le Christianisme est devenu incroyablement difficile à expliquer, qu'il est conseillé d'imiter Jésus, mais qu'on n'explique pas toujours juste comment faire; on parle de grâce divine sans préciser comment l'obtenir, ni expliquer son rapport avec la sensation d'un "moi je", intrinsèquement associée à celle d'isolement, qui ne pourrait être élargie que par la conquête progressive et linéaire du monde extérieur. (Étant entendu que "moi je" doit commencer par maîtriser son corps, puisqu'il n'est pas son corps, ni l'environnement de son corps, ni la société dans laquelle il vit, ni même le temps de sa vie phénoménale.) Cette lutte d'un "moi je" et d'un "non-moi" complique son dualisme de la "double-contrainte", dont je me suis permis de souligner qu'elle n'est pas confondre avec la "névrose expérimentale"

a) dans cette dernière les stimuli de force égale mais opposée sont perçus en tant que tels. Ils sont en somme, au plan de l'action, de qu'est la perception de la forme et du fond au plan de la connaissance, lorsque celle-ci dépend de celui regarde.

b) dans la névrose expérimentale le traquenard cognitif est conscient, et, généralement, se dénoue par nos simples "a priori" culturels ou éducationnels ; dans la double-contrainte, les éléments du traquenard ne sont pas ou pas vraiment conscient, seule la souffrance ou l'inhibition provoquées par le traquenard le sont.

- nombre de "problèmes" réels ou supposés proviennent de ce un tabou qui nous empêcherait de connaitre qui nous sommes vraiment, en raison de notre perception comme de notre aperception du monde.

- qu'il se propose de lever ce tabou, mais qu'il vise plus de proposer une nouvelle perception qu'un nouveau système philosophique.

Pour ma part, -comme mes visiteurs ont pu le constater-, je me suis complètement perdu à vouloir expliquer ce qui est le résumé de toute une œuvre. Quand je l'avais lu dans sa traduction française, -survolé serait peut-être mieux dire-, j'avais beaucoup ri. Selon telle ou telle allusion, je repensais à tel ou tel autre de ses ouvrages et/ou des ouvrages qu'il recommandait à ses étudiants de lire. L'effet est effectivement hilarant : une sorte de chapelet d'idées égrainé à la vitesse grand V ou d'arguments délivrés en mitraille.

Considérablement ralenti par ma lecture en anglais, j'ai éprouvé l'impression d'être entré dans une pâtisserie fine, et affolé par le nombre des friandises offertes en matière d'idées, d'images, de concepts, de pratiques, de sensations. Je n'ai plus su où donner de la tête.

Il m'est rapidement apparu que je ne pouvais résumer toute une œuvre et CE DONT ELLE TRAITE sous prétexte de rendre compte d'un livre qui n'apporte rien de nouveau par rapport à cette même œuvre toute entière.

"mea culpa" ou "auto-critique", je dois solliciter que mes excuses soient agrées selon la formule la mieux recevable à vos yeux.

&

Et, sans qu'il s'agisse d'un parti que j'ai délibérément pris, je suis allé voir aux alentours ce qui pourrait "contextualiser" ce 'The Book", ou permettre de tracer des "perspectives" pour le mieux relire.

Pour ma part, également, je suis perplexe d'avoir lu* qu'à Shanghai le sens de l'ego apparaissant de plus en plus (dans son caractère morbide, je suppose) et que la psychanalyse y prenait pied avec un succès sans cesse grandissant. Mais, parallèlement, que dans le secret de ce qui devait être de somptueux appartements particuliers se sont organisées quelques écoles néo-confucianistes se voulant revenir aux sources des écoles chinoises traditionnelles.

* N'est-ce pas Aldous Huxley qui mentionnait le cas d'une tribu peaux-rouge disposant de quatre mots différents pour dire "je sais" selon qu'on en a entendu parler, que l'on a rencontré un témoin direct et fiable, que l'on en est soi-même le témoin ou enfin que l'on est soi-même l'acteur ou la victime de l'événement que l'on rapporte ? Savoir pour l'avoir lu équivaut bien sûr à cet "entendu parler". Savoir le moins fiable, mais qui entre dans "l'information"...

&

Peut-être avez-vous lu cette page dans laquelle je fais allusion à l'Immaculée Conception, dont le dogme (du simple point de vue de sa formulation) était totalement incompréhensible à cette tribu des confins indo-tibéto-birmains. A leurs oreilles, le caractère antinomique "d'immaculée" et de "conception" était inexistant, aucun des deux termes ne correspondant à une quelconque réalité de leur quotidien. Dans le Catholicisme comme en Islam, les dogmes de l'Immaculée Conception et de la Conception Virginale se superposent presque toujours, en dépit de quelques variations mineures au cours de l'histoire.

(Dans l'optique d'Alan Watts, "Immaculée Conception" signifierait plutôt quelque chose comme absence de toute conception générée par les illusions de la Maya, le jeu de "nama-rupa", les noms et les formes, les mots et images. Mais restons-en au sujet.)

Cette tribu, comme quelques autres dites primitives, ne voyait pas quel rapport il pourrait bien y avoir entre le fait de savourer les plaisirs de la chair et celui de voir la tribu s'agrandir d'un nouveau membre. C'est une difficulté d'inculturation du message chrétien ; c'est aussi une illustration des limites du langage.

&

自然

Qu'est-ce qu'être "de soi-même ainsi" ? C'est, par exemple, quand vous tombez dans les escaliers, sans rien tenter et que vous arrivez intact à l'étage en dessous, ou quand vous tombez du haut d'un arbre et arrivez au sol sans même une égratignure, ou quand vous vous écartez de 10 cms de la trajectoire d'un bolide et n'êtes pas percuté, ou quand un objet très lourd va vous tombez sur le crane et que vous faites un pas de danse sur le côté. Ou encore, dans les rapports sexuels comme déjà dit dans Amour et Connaissance, quand vous laissez venir le plaisir au lieu de l'aller chercher. C'est toute chose qui se produit sans dommage et sans aucune intervention volontaire de l'ego.

François Billeter cite l'art du boucher Ding qui, dans le Zhuangzi explique à l'Empereur son adresse à découper un bœuf : «Mes sens n'interviennent plus, mon esprit agit comme il l'entend et suit de lui-même les linéaments du bœuf» p 16

Billeter poursuit :

«Cette abolition de l'objet va de pair avec celle du sujet» p 17

Il y définit l'expérience «substrat familier de nos activités conscientes, auquel nous ne prêtons normalement pas attention.» p 20

Le savoir ce qui «nait de la perception» p 25 et qui est loin des idées toutes faites. p 36

Montaigne, selon Clément Rosset et repris par François Billeter pensait que «si l'esprit dérape, c'est à cause de l'esprit lui-même, dès lors qu'il cesse de se laisser guider par le corps.» p 51

«Seuls les animaux savent agir selon le Ciel.» p 52

En disparaissant (=>en cessant de fonctionner selon ses propres lois) «la conscience ne peut être témoin de sa propre disparition.» p 61

Il nous dit aussi que les idées sont moins importantes que l'action qu'elles peuvent enclencher, la parole ne vaut que par le changement qu'elle provoque.

J'ai grand envie de déclarer que cet ouvrage -jusque p 81- est une excellente et merveilleuse introduction pour comprendre le sens de "Ziran", Spontanéité & de soi-même ainsi ; par là de la manière d'être à laquelle tend la vie en Chan/Zen.

Tout élément de l'univers nait de son contraire, que ce soit par alternance (jour & nuit, appuyer d'une jambe puis de l'autre pour faire avancer une bicyclette) ou par complémentarité (la demande & l'offre, le dominé et le dominant, l'acheteur & le vendeur, le voleur & le gendarme) ou par opposition nécessaire (un château de cartes ne tient qu'en raison de la force égale et opposée de chaque binôme de cartes, les arc-boutant de l'architecture gothique, etc.)

Toutes ces paires d'opposés qui vont ensemble sont innombrables.

Comme les chinois le disent : les diverses caractéristiques d'une situation s'engendrent mutuellement, comme le fond et la forme, pile et face d'une pièce de monnaie, œuf et poule, jour et nuit, homme et femme. Ce dernier cas est un peu spécial : psychologiquement, l'homme et la femme s'engendrent (ou se castrent) mutuellement, indépendamment de la production d'un petit humain. Je ne voudrais pas faire encore du mauvais esprit, mais il faut bien dire que de l'Immaculée Conception au viol, on peut tomber de haut, et, parfois, ne s'en jamais relever. Mais -bon d'accord!- ne mélangeons pas les problèmes...

&

Le Livre se conclut en disant qu'être Cela -ou Dieu- ce n'est pas tenir le rôle du Soi mais jouer à être toutes les autres choses...(To come on like IT—to play at being God—is to play the Self as a role, which is just what it isn't. When IT plays, it plays at being everything else.)

&

Je viens de passer cinq minutes à feuilleter Amour et Connaissance (Nature, Man and Woman), qu'Alan Watts avait publié une dizaine d'années plus tôt (et auquel il renvoit dans Le Livre). Je vais probablement passer beaucoup plus de temps à saisir ici qu'il s'agit d'une sorte de plaidoyer pour le bonheur de vivre, cependant que Le Livre serait plus un réquisitoire contre ce qui empêche notre joie de vivre. Le sujet est pourtant le même : l'introduction de Amour et Connaissance marque la différence entre les Sociétés Traditionnelles et le Monde Moderne, précise au passage que la véritable conscience est moins celle de ses objets que celle de la relation du sujet et de l'objet, que la science d'un logos "mot et pensée" présuppose qu'il y aurait un monde pré-existant à la découverte et l'observation que nous pouvons en faire, nous invite à l'extase qui nait avec la défaite de l'Ego, quand il s'évanouit avec les illusions dans lesquelles il se complaisait «Mais en s'évanouissant, il s'abandonne au vide même où resplendissent le soleil, la lune et les étoiles.»

Je laisse en cours de route la sexualité (tout en spécifiant au passage que la position d'accouplement qu'il indique est super-chouette, je puis en témoigner) pour en venir directement à sa conclusion qui résume tout son propos :

«...un chanteur accomplie ne chante pas un chant, il lui permet seulement de se chanter en quelque sorte lui-même pas sa voix, sans quoi il perdrait le rythme et forcerait le ton. L'écoulement de la vie se révèle de même comme un chant autonome où l'actif et le passif, l'intérieur et l'extérieur sont finalement identiques. L'homme gratifié d'une telle conversion de la perception retrouve alors sa vraie place dans la nature. C'est ce que sous-entendent les images du poème chinois :

Vivons

Dans les nuages blancs et la pourpre des bois.

Chantons tous ensemble

Les chants de la Grande Paix

(tr. P-H Gonthier)

 

 

 

 

 

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18 novembre 2012

Alan Watts, un Philosophe en liberté

Alan Watts a parcouru bien des sentiers, sans jamais s’y tenir, en dépendre ou en devenir spécialiste, à la manière des voyageurs de ce conte dans lequel toute direction ramène immanquablement à la seule et même croisée de tous les chemins qu’offre la vie.

Le lien paraît ténu entre le prêtre qu’il fut quelques années, et qui tenta de renouveler la liturgie de chaque office en une harmonie de majesté et de liesse, d’allégresse juvénile, et cet écrivain frondeur prônant un érotisme polymorphe à tout être humain.
Jouant les cuisinier, psychologue, théologien, bouddhiste zen, journaliste, excentrique maître à penser des hippies ou expert auprès des tribunaux, il assumait ces activités divergentes pour revenir toujours au centre de ses préoccupations : l’expérience spirituelle, appelée ici Conscience Cosmique. Le domaine est un peu particulier, au vingtième siècle. Il requiert d’être un ‘généraliste en sciences humaines’, un touche-à-tout. Expressions assez lourdaudes, auxquelles il préférait celle de Philosophe en Liberté.
C’est une catégorie socio-professionnelle dont il paraît être le seul représentant. Nous avons des romanciers, des professeurs, quelques savants et quelques ecclésiastiques qui sont reconnus philosophes par tous. Nous n’avons plus de philosophes ‘philosophes’. Ou alors, ils se cachent si bien que la race donne l’impression d’être éteinte depuis fort longtemps. Or Watts, au moins en son âge mûr, parvint à cette liberté d’antan. Libre parce-que sans obligations professionnelles précises et contraignantes ; libre surtout du dogmatisme ; libre d’être lui-même, jusque dans ses défauts qui étaient à la mesure de ses étonnantes qualités.
Le reproche lui en fut fait : quand, au matin, il glissait une feuille de papier dans sa machine à écrire, les fins d’édification morale, de prosélytisme ou autres n’étaient pas d’une grande importance. en une forme de rêverie méditante, il laissait flotter son esprit, et celui-ci le ramenait à sa visée première d’exploration et d’élargissement de la conscience ou d’étude de ce qui la limite.
Limite constituée tout premièrement par notre ‘humano-centrisme’, l’idée que le ‘je’ se fait du ‘moi’, du ‘moi-au-monde’. L’obstacle a toujours été. Il est particulièrement puissant dans le monde moderne, qui en a produit un dogme prohibant toute aspiration à un ’supra-égoïsme’ ou à un ’supra-humanisme’.

Par ce qui précède, il est permis de rattacher Watts au courant de la Tradition. De fait, Watts a découvert le Bouddhisme zen dans son adolescence, puis René Guénon à l’âge adulte. Ce qui lui permit de ne pas rencontrer de problèmes moraux en revêtant la soutane, la différence Bouddhisme & Christianisme n’étant plus qu’une affaire de formes culturelles (puisque la thèse majeure de Guénon est l’unicité essentielle, ésotérique, de toutes les religions ; les différences et les oppositions étant extérieures, exotériques, aveuglant seulement les non-initiés, les profanes).

Il ne s’agit pas d’une inféodation. Je vois d’ailleurs mal un guénonien se reconnaître en Watts, et, d’aussi loin qu’une telle chose puisse s’imaginer, je me figure mal l’austère et sec René Guénon recevoir le jeune Alan en lui offrant Whisky, cigare, plat en sauce et fines plaisanteries*. Par contre, à partir de l’apport de Guénon - ainsi que de Coomaraswamy -, Watts a pu développer une critique systématique de la société occidentale qui conserve toute son importance. Cette critique ne tend pas à une contestation historico-politique propre à modifier le cours de nos sociétés. Elle se voudrait permettre, chacun pour soi et à sa façon, de répondre à la question que voici : comment peut-il bien se faire que, pour l’Orient traditionnel et pour l’Occident pré-moderne, la quête spirituelle est apparemment la première préoccupation existentielle sans que celle-ci vienne contredire la matérialité ? Ou, pour prendre un exemple précis, concret et quasi journalier : en quoi manger une cuisse de poulet industriel présentée sous cellophane peut être une occasion de péché (= erreur métaphysique) quand en manger après avoir attrapé l’animal dans la cour, l’avoir soi-même saigné et cuisiné, l’est beaucoup moins ?

Pour résumer un peu sommairement, indirectement, une réponse qui traverse toute l’œuvre de Watts, le monde moderne nous crie et nous somme de croire que le corps humain, devenu séparé de son âme, est une machine (ainsi, on s’en doute, que tout vivant animal, végétal ou …minéral) pouvant en conséquence se nourrir machinalement, chimiquement et non plus en participation symbolique et mythique de l’âme au divin. Par suite logique, nourrissons-nous notre corps d’un côté ; et notre âme, de son côté, tourne ses appétits vers d’autres substances bien immatérielles (idéologies, projet, devenir, histoire, responsabilité, identité, émotions, et j’en oublie), qui sont des abstractions. Or, ce que nous dit ainsi le monde moderne est un conglomérat de mensonges et d’empêchements d’accès à la Conscience Cosmique, cette résipiscence de l’âme, ne tentant plus d’objectiver le monde, mais d’y acquiescer, de s’y assujettir délibérément.
La Conscience Cosmique est une âme qui se reconnaît dedans le monde, qui a découvert que nous sommes les objets multiples d’un unique Sujet (Brahman, Cosmos, Dieu, Tao…) auquel il nous est proposé d’ouvrir une existence limitée, qui ayant tout reçu, Se rend à Tout, EST le Tout.

C’était l’art de Watts : un détail du quotidien, en y réfléchissant bien, la métaphysique tout entière se découvre par lui. Que je sache manger un poulet, donc tuer, respirer, goûter, chanter, aimer, baiser - et la mort disparaît. Plus de Temps, Espace, Changement. Que je suive bêtement la culture de super-marché, et la peur me reprend, et je tourne le dos à la Vie : naissance & mort continuent.

* Un ami connaisseur de Guénon m’a fait remarquer que la tournure de cette phrase peut laisser à penser que René Guénon avait été un “pisse-froid”. Ce qui est injuste. La qualité de son accueil et de son sourire le prouve. Dont acte, très sincèrement.


© Pierre Lhermite

 


(Ce texte, inclus dans mes “Chanxué” de 2001, servit d’abord de préface à la traduction d'Alan Watts de “Deux essais sur l’expérience spirituelle”, par Jeanne Chantal et Thierry Fournier, en 1988) HC

 

2 octobre 2012

Psychologie et Spiritualité - 00

Ma réflexion va porter sur le thème de la «Psychologie et de la Spiritualité» en m'appuyant principalement sur .Psychothérapie Occidentale et Orientale et Joyeuse Cosmologie.

Il est toutefois probable que je doive faire aussi des allusions ou des citations des diverses préfaces d'Alan Watts.

Lire les préfaces ou introductions des ouvrages d'Alan Watts -dans l'ordre chronologique- est le meilleure moyen de suivre le développement de sa pensée. On peut en saisir facilement la diversité et l'unité. La conclusion serait alors "La philosophie du Tao" (Ed. du Rocher, titre original The Tao of Philosophy), étant bien entendu qu'il ne saurait y avoir de philosophie chinoise qui plus taoïste qu'une autre.

Le Tao, étant nulle part peut être n'importe où ; il peut donc être dans la "philosophie" et, à philosopher, on peut découvrir la ou les vertu(s) du Tao.

Les auteurs catholiques aiment traduire en chinois le début de l’Évangile selon St. Jean «Au commencement était le Verbe/Logos» par

Avant il y a le Tao

太 初 有 道

"Tao" signifie "dire" et "indiquer", ainsi que "direction". Aucun problème de ce côté là. Du point de vue de l'importance de ces mots respectivement pour la "Monde chinois" et pour le "Monde occidental", l'équivalence va également de soi. Mais, à sens unique. Il me semble que ce logos là ne supporterait pas l'Aller-Retour, tel que notre sensibilité contemporaine le réceptionnerait.

Nous avons l'habitude de lire ou d'entendre parler du "Tao" associé à des domaines aussi variés que la médecine, la cuisine, la sexualité, le jardin, la gouvernance, etc. et -pourquoi pas?- la philosophie. Il y aurait aussi la religion.... Et, dans le taoïsme religieux, il y aurait même la question du mariage des prêtres & "moines". (Toujours d'actualité dans le Catholicisme. Dernièrement encore, un spécialiste du Vatican a rappelé que Jésus était célibataire, contrairement à Pierre du reste.)

De son côté,

Psychologie (étude des règles du fonctionnement de l'esprit ; littéralement "esprit-fonctionnement (ou principe de fonctionnement)-étude" s'écrit

心理学

Bon! J'espère en être excusé : je profite du fil de ma réflexion "populaire" pour étudier la langue chinoise ; j'ai tendance à montrer mon tout jeune savoir. Surtout, à profiter de toute occasion pour faire usage de "mots" chinois, afin de m'habituer à la souplesse de leurs sens.

(( Je rappelle au passage ce que j'avais mis dans mon tout premier billet : Au plan général, ces questions ne peuvent plus rester l’apanage de cercles intellectuels plus ou moins restreints. Au plan local ou particulier, en chacun de nous, en chacun par rapport à son groupe, de son groupe par rapport à celui du voisin tout comme leurs relations différenciées à l’ensemble planétaire, ces questions sont appelées à devenir populaires. Populaire au sens où est entendue l’expression d’Astronomie Populaire.))

Mais, j'ai le sentiment que montrer mes tâtonnements est en soi pédagogique.

Si la mondialisation n'était qu'une affaire bancaire et/ou géopolitique, elle serait un moindre mal.

En réalité, cette mondialisation que l'on voudrait accompagner d'une "planétarisation de la conscience humaine" (Teilhard de Chardin) me parait s'opérer dans ce que ma grand-mère appelait du "bourrage de crane", et, quand elle se mettait en colère, elle ajoutait "les politicards! y cherchent encore de la chair à canon"! Mais, j'en conviens d'avance : c'était le vieux temps, à présent on connait des jours meilleurs, les "frappes chirurgicales" par exemple.

Ma grand-mère ignorait que le "bourrage de crane" n'est pas l'exclusivité de la politique politicarde, qui se dit aujourd'hui "politicienne", mais aussi toutes les formes de standardisation sociale et de normalisation mentale.

Elle n'avait pas lu Psychothérapie Occidentale et Orientale, ni Joyeuse Cosmologie

 

 

 

 

5 mai 2012

Le Livre de la Sagesse (5/5 B)

無為

Pour aller vite en besogne :

Tabou → aliénation → intellect seul → action agressive de l'ego contre son corps et contre la nature (dont son corps comme le corps de l'autre sont des parties) → insatisfaction, dualisme & Prison mentale.

Tao Ziran → Xin → wu wei → Soi & Libération.

&

Lorsque Maître Deshimaru arriva en France (alors qu'il ne parlait pas bien français!), on lui posait tout un tas de questions assez saugrenues auxquelles il répondait parfois de manière également assez saugrenu.

Je me souviens avoir lu une interview qui revenait à peu près à ceci :

«Qu'est-ce que ce Za-zen au plan philosophique ?

R/ C'est un moyen d'accéder directement à l'Intuition, de Bergson!»

J'avais trouvé la réponse "un peu fort". Je ne voyais vraiment pas le rapport!

C'est en lisant Propos intempestifs sur le Tchouang-tseu, de Jean Levi, Ed. Allia, 2003, p 38 que je m'en suis souvenu et (peut-être) que j'ai compris ce que Deshimaru avait voulu dire et qui m'était apparu si "saugrenu". (Curieux comme l'incompétence pousse à des jugements trop hâtifs.)

Voici :

«Bergson a cette formule saisissante, que ne renierait pas Tchouang-tseu : "Il y a des choses que l'intelligence seule est capable de chercher, mais que par elle-même, elle ne trouvera jamais. Ces choses, seul l'instinct les trouverait ; mais il ne les cherchera jamais"

(...) «Ce que l'intuition apporte de plus à l'intelligence, c'est cette faculté de sympathie (au sens premier et étymologique) propre à l'instinct. Elle seule, parce-qu'elle livre une compréhension intime du vivant, permet de se fondre dans l'autre. Tchouang-tseu dirait "faire corps avec la totalité des êtres"

 

Dans Bouddhisme zen, se référant à Zhuangzi, Watts nous dit que la "non-conscience" fait appel à l'esprit tout entier, tout comme nous faisons appel à notre pouvoir visuel tout entier (vue synoptique) lorsque nous regardons divers objets en même temps sans en fixer aucun en particulier.(p 47)

Puis, après un détours d'une cent-cinquantaine de pages, il peut nous "divulguer" tout le truc : "L'expérience zen, c'est plus une conclusion qu'un prémisse. Ce n'est en aucune manière le premier pas d'une suite de raisonnements éthiques ou métaphysiques, car les conclusions y conduisent plutôt qu'elles n'en découlent." ( p 204)

Nous sommes bien loin de toute idée d'acculturation et toute inculturation n'a plus rien à y voir. Pourtant, on affirme ici et là, qu'il faudrait "occidentaliser" le Chan/Zen....

 

Revoyons un peu le "Dao"

Zhuangzi 32, nous en dit - Anne Cheng, La pensée chinoise, Seuil, 1997, p 125

« Connaître le Dao est aisé ;

ce qui n'est pas facile, c'est de ne pas en parler.

Le connaître et ne pas en parler,

c'est le moyen de rejoindre le Ciel ;

Le connaître et en parler,

c'est le moyen de rejoindre l'Homme.

Les anciens s'en remettaient au Ciel,

et faisaient fi de l'Homme.»

&

Anne Cheng nous expose et clarifie la chose, en mentionnant les positions de trois grands commentateurs du Zhuangzi. -ibid. p 320

« Qualifier le Dao d'indifférencié pourrait, en effet, le cantonner à la dimension mystique d'une via negativa, mais la notion d'un principe structurant vient couper court à toute tentation de rester dans un silence apophatique en faisant valoir l'action du Dao dans la nature.» qui est la position de Wang Bi (226-249).

« ...cela s'appelle le naturel (tianran, litt. "ce qui procède du Ciel"). Naturel, c'est-à-dire sans qu'il y ait action (pour le faire être de telle ou telle façon). C'est pourquoi on le dit céleste : s'exprimer ainsi, c'est mettre en lumière la spontanéité. (...) Chacun des êtres est de lui-même ainsi (ziran) et nul ne sait par quoi il est ainsi. (...) Quel est l'être qui les fait germer ? Ils sont ainsi d'eux-mêmes, voilà tout.» qui est la position de Guo Xiang (252-312).

Deux positions théoriquement irréconciliables, mais qui, dans la mise en pratique (comme dans la signification d'une étude -xué- entendue comme apprentissage plus qu'étude livresque), se trouve dépassée

en suivant le philosophe Dai Zhen (1724-1777) -ibid. p 566

«Le Yin/Yang et les Cinq Agents sont la réalité constitutive du Dao ; énergie vitale et faculté mentale sont la réalité constitutive de la nature humaine. Dès lors qu'il y a réalité constitutive, on peut y opérer des distinctions.»

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Liens consultés à l'occasion de "The Book"

http://www.univ-rouen.fr/arobase/v6/rogue.pdf

http://www.revue-etudes.com/Religions/L__inculturation__du_bouddhisme_en_France/7497/14198

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Je vous remercie de votre visite. Et, j'espère vous retrouver à l'automne prochain, soit ici même, soit sur xinxinmingapopha.

 

 

 

10 avril 2012

Le Livre de la Sagesse (4/5-A)

Le Livre de la Sagesse (4/5-A)

 

The Book est l'avant-dernier livre (rédigé) d'Alan Watts. Mis à part In my own way (et "Tao", inachevé, publié à titre posthume), il ne publiera plus rien. (Il avait interdit que ses enregistrements radio ou télé soit retranscrits de son vivant).

Alan Watts ne tardera d'ailleurs pas à prendre les dispositions nécessaires au sujet de la répartition de ses biens comme de ses droits d'auteur, entre ses femmes, enfants et petits-enfants.

Il sait déjà que "son temps est compté". Il fera bien un séjour en hôpital, mais, au bout du compte jugera que le jeu (de se soigner) n'en vaut pas la chandelle. Il reprendra ses habitudes (dont celle d'alcool) comme si de rien n'était et se mettra à beaucoup voyager en Europe et en Asie. Voyages éclairs le plus souvent, accompagnés de quelques amis qui demeurent très avares de souvenirs.

Détails "people" : chaque épouse reçoit les droits correspondants aux livres écrits au cours du temps de leur mariage - une femme prétendra indument avoir eu un enfant de lui, mais un détective privé se chargera d'établir l'infondé de ses allégations - à examiner cet "aspect du dossier", on peut découvrir que ses enfants et petits-enfants furent soigneusement tenus à l'écart des frasques de leur père ou grand-père - on dit même que l'une de ses filles ne savaient pas que son père était célèbre ! - toutes les décisions seront scrupuleusement respectées par la famille, puis prorogées.

 

&

 

Ce tabou, qui, en résumé, nous fait penser que nous sommes un ego, séparé à l'intérieur d'un corps lui-même séparé -et en conflit- avec son environnement physique, lui-même séparé d'avec le "divin" et/ou le fin mot de l'histoire de notre propre existence.

Je voudrais reposer la question à l'inverse de ce qu'elle parait être posée dans ce Livre :

Non plus envisager ce qui nous empêche mais ce qui nous CONTRAINT.

(Accessoirement, ça revient à se demander aussi, implicitement, si nous ne serions pas beaucoup plus "pré-déterminé" que "déterminé", que ce soit génétiquement ou linguistiquement. Puisque aussi bien, un musicien quoique "déterminé" par do-ré-mi-fa-sol-la-si-do et ses intervalles, etc. est LIBRE d'en faire ce qu'il veut. (De grandioses opéras ou, tel John Cage, monter sur scène nous jouer des silences, et en rester là!)

N'était-ce pas André Gide, sur un tout autre sujet, qui notait pour ainsi dire :

"il y faut, mais il y a beaucoup de comme il plaira"?

Watts utilisa largement les théories de la perception des formes, et je vais commencer par là.

L'une des "lois" de ces théories consiste à distinguer "la bonne forme", laquelle est souvent idéologique. Loi de perception, elle l'est aussi du phénomène de projection, d'une perception élective, d'un choix pourrait-on dire... si nous ne savions d'avance que ce "choix" est lui-même déterminé... ou "pré-déterminé"... ou métaphysique d'une certaine manière.

Le vase de Rubin, qui peut aussi bien représenter un calice que deux amoureux sur le point de s'embrasser, servira plusieurs fois pour rendre sensible que le "fond" et la "forme" s'engendrent mutuellement.

C'est ce que je me propose d'examiner au long des pages qui suivront, portant sur l'Inculturation et la Spontanéité. (Ou mettons, provisoirement, "religion" et "nature".)

 

&

 

Il n'est pas inutile, auparavant, de rapporter qu'Alan Watts, dans l'une des dernières pages du Livre, nous dit (quoique nous puissions penser par ailleurs de sa logique et de ses discours) que nous devons continuer de respecter Aristote en ce qu'il nous rappelle que la raison et le but de l'action, son objectif est toujours la contemplation - connaître et être plutôt que chercher et devenir. (the goal of action is always contemplation knowing and being rather than seeking and becoming).

L'homme moderne se demande surtout "que faire?" et "ça rapporte combien ?".

Chez l’égoïste (selon nos normes en vigueur), il est difficile de discerner laquelle des deux questions est première ; dans le cas de l'altruiste (selon nos normes), la seconde question se transforme en "ça coûtera combien ?).

Dans un cas comme dans l'autre, il n'est pas demandé si la dite action apportera un bonheur réel ou une aide quelconque en termes de joie de vivre. On va encore m'accuser de mesquinerie : je conserve le souvenir écoeuré des toutes ces femmes et enfants qui moururent de "l'aide" reçue.

 

 

26 juin 2021

BVC Alan Watts n° 0001

 

Calepin Alan Watts 0001

26/06/21

Mon Bon Vieux Calepin Alan Watts

BVC Alan Watts n° 0001

 

« Vladimir Vladimirovitch Maïakovski (en russe : Владимир Владимирович Маяковский), né le 7 juillet 1893 (19 juillet 1893 dans le calendrier grégorien) à Baghdati (gouvernement de Koutaïssi, Empire russe) et mort le 14 avril 1930 à Moscou, est un poète et dramaturge futuriste soviétique. », nous dit Wiki. Il y est indiqué sans être mis en avant, qu’il fut encensé par Staline aussi bien que Trotski, ni qu’il servit de bannière à d’éphémères groupes révolutionnaires. Je ne me souviens pas avoir lu une traduction quelconque de ses ouvrages. Pourtant, il évoque une période fantastiquement heureuse de mon adolescence, lycéenne, notamment au Jardin des Poètes, à la Porte d’Auteuil, Ce jardin a échappé à la frénésie bulldozerienne de ces années-là. Il fallait absolument dégager les sorties de Paris, qui s’asphyxiait déjà (1960).

Maïakovski est important dans mon univers mental, par ce conseil d’aimer qu’il donna avant de se tirer une balle dans la tête. Avant son suicide, il put préciser à une femme : « Toi, aimes-moi, moi ».

Pour une autre raison aussi : placer en résidence tout un hiver, en Sibérie, il s’ennuyait. Ainsi que le moujik chargé de le servir. Celui-ci avait marqué sa curiosité pour ces objets étranges, qu’étaient à ses yeux les livres que Maïakovski gardaient en permanence à portée de main, et surtout qu’il manipulait sans aucune utilité tangible. D’un profond accord commun, ils décidèrent que l’un apprendrait à lire à l’autre. Cet accord du cœur plus que de l’esprit est fondamental. Mais, la question est légitime : pour apprendre à lire – et quoi, de qui ? Que faire de ce qui se présente telle une relation « gagnant-gagnant », mais se révèle, trop souvent ces temps-ci, n’être qu’une arnaque ?

A l’hiver finissant, Maïakovski demanda à son Moujik ce qu’il pensait de sa nouvelle capacité d’action ; celui-ci répondit : « C’est de la magie : quand je me concentre sur ces traits étranges que tu m’a appris, je me crois en Été et je vois danser les filles du village aux premières récoltes, mais, quand je relève la tête, j’entends siffler le vent et je vois la neige qui entoure et bloque notre isba. »

Existerait-il simultanément deux réalités : celle des mots et celle des faits ?

Et, à réclamer un progrès, peut-on passer de mots à de nouveaux faits ? (Plus brutalement dit : jusqu’où les promesses électorales d’un candidat sont-elles fiables.

&

Nous en serons reconduit à des réflexions sur le Tao, par celles de Jean Levi, dont je citerai ceci : « Et l’on ne sait si l’on doit admirer la ruse des dirigeants ou se gausser de l’idiotie des gouvernés » ( p113, Propos intempestifs sur le Tchouang-Tseu.)

à suivre...

10 juillet 2021

Calepin Alan Watts 0002

Calepin Alan Watts 0002

09//07/21

Mon Bon Vieux Calepin Alan Watts n° 0002

Ma vie ; qu’en faire ? N° 0002

 

La lente mais de plus en plus sûre conquête de l’espace se banalise et s’internationalise. La station spatiale SpaceX, habitée par des américains et des russes, venus avec leurs propres fusées, a reçu ou reçoit encore un japonais et un français.

Ce n’est peut-être qu’un vœux pieux de ma part, c’est fort bien possible, pourtant je ne puis que voir dans la convergence d’un Alan Daniélou, rapportant les prévisions d’anciens rishis de l’Inde traditionnelle et les conclusions de l’éminent astrophysicien Hawkings, selon lesquelles l’humanité doit impérativement préparer son expatriation et son émigration ailleurs, car la planète Terre a fait son temps. La Terre devrait « mourir » au 22° ou 23° siècle… L’émigration organisée sera-t-elle possible ou un sauve-qui-peut de panique ? C’est à cet ordre relatif que je me réfère quand je dis vouloir « servir la paix », la compréhension entre les peuples (et la part de transversalité pouvant s’abriter sous ce chapeau).

Quand métaphysique et astrophysique, contre toute attente, se rejoignent dans leurs conclusions, j’ai tendance à « y croire ». Ça illustre la théorie d’une correspondance étroite du Macrocosme et du microcosme… et constitue comme un diagramme de mes problèmes tout personnels… qu’au fur et à mesure d’une mort qui se rapproche les besoins et conditions d’une existence heureuse se précisent davantage. Ce sont les mêmes pour la planète et pour mon individualité. Sans être sur les mêmes rails...

&

Un philosophe se doit – sinon de refléter le spectacle du monde, prendre acte de sa réalité, ses apparences, ses tromperies, tout en rappelant que nul n’échappe aux incidences du monde sur lui-même.

&

Une définition ?

Quand Alan Watts, dès le 1°Chap. de Psychothérapie en Orient et en Occident nous dit que «les idées que nous avons du monde et de nous-mêmes (ne sont que) des conventions sociales, et que les institutions ne sont pas à confondre avec la réalité. Les règles de communication ne sont pas nécessairement les règles de l'univers, et l'homme n'a pas le rôle ou l'identité que société entend lui donner», il définit là ce que je me suis permis d'appeler Apophatique Générale.

Le moujik, pour sa part, l’appelle « magie ». Ce sont aussi bien l’étant de Heidegger ou le temps de la présence. Tant qu’il se concentre sur sa toute nouvelle capacité de lire, c’est printemps. Qu’il relève les yeux, c’est l’hiver.

&

Avant de quitter mon corps, j’aimerais bien fusionner mon cerveau individuel au « cerveau » universelle. Autrement dit : être aussi près que possible de la définition du jivan-mukta, libéré de son vivant.

18 mai 2021

Alan Watts reçoit Madame Corona, 10

(Alan Watts reconduit Madame Corona, aurait pu convenir ; mais ce n'est pas sûr)

VHMPD-prep 00

 = = =

Je ne sais, je l’ai entendu dire ou je l’ai lu : Il est possible d’avoir une Vieillesse Heureuse & et une Mort Paisible, dans la Dignité.

Alan Watts, puisque l’age est tenu pour facteur favorisant la philosophie, est mort jeune.

Quelques-uns disaient qu’il avait dit tout ce qu’il avait à dire, comme messager d’Orient et comme passerelle de Paix.

L’ésotérisme, par définition, est facteur d’unité ; en cela intrinsèquement lié à l’idée de Paix sur Terre (Vous n’aimez pas le concept de Tianxia1 ? Utilisez donc celui de Pacem in terris2 !). On notera que le monde moderne, et sa « mondialisation », paraissent ne concerner qu’une tranche d’age allant de trente à soixante ans. Avant la trentaine, cachez-vous en discothèque. Après soixante, occupez-vous des questions de santé et laissez les « productifs » achever de détruire la planète et de rendre vitale l’émigration en dehors ou aux confins de notre système solaire. (Vous n’aimez pas les prédictions des anciens Rishi de l’Inde, fixant la fin dans une période, de notre comput, correspondant au 22°, 23° et 24° siècle ? Croyez-en les prévisions de l’’astrophysicien Stephen Hawkings, la période est la même.)

Sur ce fond d’une dramaturgie grandiose pour opéra, mon petit « moi-je » perdu dans l’immensité de la Conscience Cosmique est entré en son quatrième ashrama. L’ésotérisme révèle les points communs des divers exotérismes, mais il en note aussi les divergences, parfois conflictuelles.

 

hiatus

 

Avec l’arrivée de Madame Corona et de sa nombreuse et variée progéniture, une question a pris un nouvel éclairage : que faire des improductifs ?

 

Confiné mais emprisonné de mes bons souvenirs, encerclé par le souvenir de mes jours heureux, la détestation de mes jours d’aujourd’hui ne cesse de renforcer le contraste et ça me fait souffrir. Alors que l’objectif fixé par le Bouddha est d’échapper à la souffrance…

 

On le disait bien en notre mai 68, si typiquement français :

Soyez réaliste, demandez l’impossible.

C’est du moins ce que l’on m’a dit qu’on disait alors, parmi bien d’autres dires…

Je n’étais pas en France, ces mois là…

 

Ces quelques notes en vrac, pour aborder la dernière phase de ce blog dédié et, très largement consacré au Taoïste d’Occident qu’était Alan Watts3. J’ajoute valoriser au plus haut point les anciens charpentier : ils laissaient un certain « mou » aux attaches, le temps de permettre un tassement et un gonflement naturel d’humidité ici et là, avant d’y aller de sévères coups de marteau en finition.

1Tous sous un même Ciel ;

2Paix sur Terre, la célèbre encyclique adressée aux « hommes de bonne volonté », par Jean XXIII.

3cf. mon essai Alan Watts, taoïste d’Occident, présenté par Arnaud Desjardins, à la table ronde 1983. Je songe à corriger cet ouvrage et l’augmenter d’un ou plusieurs chapitres traitant du caractère intemporel mais oraculaire du Xin Xin Ming.

21 novembre 2020

Alan Watts reçoit Madame Corona, 7

Alan Watts reçoit Madame Corona, 000, 7

 

En 1973, le 17 Novembre, dans la nuit, le décès d’Alan Watts entraîna une importante modification du cours de ma vie intérieure et personnelle. Bientôt cinquante ans après, son souvenir me tient compagnie et son approche du comparatisme comme sa manière de vivre La Tradition me guident.

 

Un soir, Alan Watts aurait déclaré « Curieux ! Je ne ressens plus mon corps ». Il aurait esquissé quelques pas de danse, comme pour vérifier l’existence de son corps, s’excusa et monta se coucher. Il y monta le 17. Mais, quand Mary Jo, son épouse vint pour l’éveiller au matin du 18, elle découvrit qu’il « avait quitté son corps ». Ce que l’on appelle la « mort », en Occident, depuis toujours. Quand le corps meurt, la personne toute entière meurt. D’où, je suppose, l’importance de la résurrection des corps dans le Christianisme. L’être personnel de chacun ne s’incarnant qu’une seule et unique fois ; ce qui revient à dire qu’en naissant, on accède à « La Vie », pour une seule et unique existence incarnée. L’apparition et la disparition du corps marquent les limites entre « La Vie » et « La mort ». (A la fin des temps, il est de la plus haute importance que l’on retrouve son corps, ressuscité, sans quoi… ben quoi, j’avoue que je n’en sais rien. Un pur esprit, un fantôme. Je propose que nous en reparlions à la fin des temps.

 

Pour le temps présent, qui court, je suis encore un peu sous le choc de deux articles du journal « Le Monde ». Je les ai revécus avec une intensité, à laquelle je ne m’attendais pas. Le premier n’était un entrefilet d’une dizaine de lignes annonçant le décès d’Alan Watts, chez lui, dans les collines de la Mill Valley, San Franscisco. Le second était un long article de Jean-Michel Palmier. Je ne suis pas du tout de son bord, mais il faut que reconnaître que son enthousiasme communicatif dégage bien la « place » d’Alan Watts dans la Contre-Culture américaine. (Toutefois, bonne ou mauvaise selon ses aspects, celle-ci ne définit, ni ne cerne, pas même n’évoque le Tao, « La Voie ».)

 

Mon prochain billet indiquera la méthode des quatre années que j’assigne à la réception de « Madame Corona », à l’art de vivre que suggère sa philosophie. Je préciserai le sens de certaines expressions, dont en premier lieu « art de vivre » qui n’est pas un art de la « bonne vie ». Dans mon cas, loin d’être bien original, ce fut, c’est encore – en partie, un judo mental d’utilisation de la force adverse, où comme mon Maître me le donna, une navigation Vent Debout, i. e. au plus près du vent contraire, à la direction que l’on veut prendre.

2 août 2018

Devoir des Vacs d’Été 18 – 01

 

S’agissant du sens des mots, on comprendra que je consulte les dictionnaires. (Dans le cadre de ce blog, on pourrait dire qu’il s’agit d’une précaution.) Mon but est d’écrire des variations à partir des thèmes majeurs de la philosophie d’Alan Watts.

Mais, ai-je bien défini ce ou ces thèmes sur lesquelles je veux ajouter quelques variationscommentaires aurait convenu aussi, mais généralement il faut pouvoir disposer d’une très large culture pour en faire, qui soient valides et efficients ; le mot commentaires au pluriel est un genre littéraire majeur dans le « monde chinois » (même si comme le haïku japonais il veut ensuite en résumer les développements, à la manière où « prise de la Bastille » signifie la Révolution Française ; dans les faits eux-mêmes, chacun en conviendra, la Révolution est loin de pouvoir se résumer dans la prise d’une vieille forteresse/prison ?

Un révélateur n’est pas un détonateur – aussi déflagrant puisse-t-il être par ailleurs.

La question, pour moi, est rendu difficile (si j’en crois ma consultation de dictionnaires présents sur le Net) par le fait qu’en général « variation(s) » est entendu/posé par rapport à un thème musical ou un motif pictural et que, moi, depuis mon enfance, je l’entends au sens climatique & météorologique. (Dans le fameux Traité du Zen et de l’Entretien des motocyclettes, de Persig, un philosophe de formation, mécano par nécessité, père d’un fils par désir autant que réalité, il est expressement indiqué que Bouddha étant partout, « Il » peut aussi bien être1 dans les circuits électriques d’une motocyclette.)

La question, le point soulevé n’est pas d’une nature et/ou terre géographié d’avec une culture et/ou ciel spiritualisé – les deux ensembles s’excluant mutuellement. Elle/il est que « moi-je2 », il dépend les fluctuations météorologiques aussi bien que les circuits électriques accaparent un motocycliste.

*

Je dois dire en passant que je l’ai longtemps pratiqué moi-même (jusqu’à ce que j’en prenne conscience à le constater chez les autres & sachant que l’autre est moi3…) : sous un angle le syncrétisme est une bonne chose, qui facilite la compréhension de l’ésotérisme ; mais, sous un autre, sa propre intériorité, peut être une dérobade, une absurdité ou une annihilation réciproque. C’est ainsi que l’on a pu se moquer des nouvelles spiritualités en les qualifiant de mentaliltés « super-marché ».

D’un point de vue culinaire, je ne vois pas très bien l’intérêt de « syncrétiser » la recette de la Soupe aux choux et des merguez en grillade, encore moins du Petit Salé et celle de la Sauce au poivre. Quoiqu’il y ait pire : acheter du baba-au-rhum industriel, à s’en défoncer l’estomac, par nostalgie de ceux de grand-mère, qui ne les faisait d’ailleurs au rhum mais à l’eau-de-vie parfumé de framboises fraiches…

C’est un fait.

*

Zut ! J’ai oublié l’argument (son fonctionnement dans l’infrastructure de mon raisonnement) du sifflement de reconnaissance pour chien.

Il reviendra bien… le moment venu… l’Esprit soufflant où il veut...

1Ou non-être.

2ahamkar

3La projection psychologique, correctement utilisée, est un excellent moyen de connaissance de soi.

7 août 2018

Devoir des Vacs d’Été 18 – 01,01

Entre système (discursif) de croyance et conversion du coeur, je suis à la recherche d’un thème qui ne relève pas de la séduction, ni du coup de foudre, quelque chose qui se rapproche d’une constance, dynamique et continu, qui a permis que des traductions du Laozi donne « tao constant » (ou des synonymes tels que permanent, stable, etc. ) pour le différencier du tao que l’on peut dire – et qui donc ne saurait être le « vrai » tao.

(Ceci ne cause pas cela, mais l’accompagne et l’en revêt :) Dès son enfance, et surtout à la puberté, le jeune Alan s’est trouvé dans l’obligation/compulsion de se conforter d’une certitude dans son existence. Ce désir semble avoir eu un caractère si pressant et urgent qu’il en devient inutile de chercher à lui trouver un qualificatif quelconque en grands mots tels métaphysique, foi religieuse, évolution psychologique, spiritualité ou le mot habituel du Boudhisme => Refuge.

Sous bonne contenance britannique, ce fameux flegme que des auteurs comme Daninos ou André Maurois ont popularisé en France, l’enfance et l’adolescence du jeune Alan sont marquées du chaotique et la pagaille. (Même lors de la Première Guerre Mondiale, la bombe qui tomba sur Chislehurst, la petite ville natale où il naquit, fut larguée à la suite d’une erreur!1)

Entre le chaos du dehors et l’incertitude du coeur, il est difficile d’établir un lien (cognitif) et cependant de ne pas s’y ligoter, attacher et assumé comme une part d’ « en soi-même ».

L’Attention zen est supposé pallier à cette discontinuité entre le dehors et le dedans (et réciproquement!). Mais, à ce stade, je pars de loin : mon chien et le sifflement de reconnaissance. Je souligne car, à mes yeux, ses implications sont bien différentes d’une manifestation d’autorité (fut-ce un « prenez garde » hurlé que le mur d’’à côté s’écroule, ou, hum ! qu’un chien vient de s’élancer pour sauter à la gorge du voisin).

Rien n’est jamais exclusif, mais on peut admettre que la toute première démarche intérieure de la « vie intérieure » à son « moi-je », qui est le mien et pas celui d’un autre, et surtout pas celui d’une moyenne statistique… est de situer moi et non-moi. La résonance de ce qui n’est pas moi mais me touche moi, en mon for intérieur ; elle ne peut que jouer un rôle dans l’évolution de l’existence.

L’expression que l’on adopte dépend de son propre environnement, mais le schéma demeure le même, invariable ou de si peu.

Nous reviendrons à mon chien qui fut donc primé, avec ses compagnons (de concours ; ils ne s’étaient pourtant jamais vus, i.e. flairés, auparavant.)

Un interlude sera utile, auparavant billet à suivre

1Chislehurst ne faisait pas encore partie du Grand Londres, et s’en trouvait nettement séparé.

9 mars 2017

Société et ‘bulle’ & Co 2/4

Transposé en français courant, ces « bulles » de B. Obama s’appelleraient « Nos herméneutiques au zinc du café du commerce ».

Compliquons d’abord les choses (afin, ensuite, de mieux mettre en relief leur simplicité spirituelle)

Ce qui devient gênant, à la longue, est une autre facilité : un journalisme prétendu d’information qui ne vole guère plus haut que celui du bar. Niveau qui a son utilité quasi irremplaçable ; et, s’il y a un point commun entre Alan Watts et moi, c’est bien notre commune connaissance de l’ergonomie et de l’orthopédie du bon niveau du bar. Là n’est pas la question, qui se trouve dans une certaine mode de lèches bottes populistes. Laquelle, d’ailleurs, n’est pas une affaire de niveau qualitatif du sujet, mais l’attirance du bas, quand ce n’est l’exclusivité du bas, et la feinte de faire croire qu’il puisse exister un bas sans haut. Pour paraphraser Watts : un seul bout de bâton ! (Ou, un nord sans sud, une droite sans gauche, un début sans fin, un contenu sans contenant, un œuf sans poule, etc.)

Au plan métaphysique, la question de l’Illusion (maya), de l’idéalisme et du matérialisme, bref la question de savoir si c’est la pensée humaine qui évoque le monde ou si c’est le monde qui s’invoque dans l’esprit humain.

Mais, psychologiquement, en politique, cette question devient celle de la manipulation et des attrape-nigauds politiques. Question fort embarrassante, dès que l’on tente de l’appliquer à soi-même. Comme disait Raymond Aron : « L’idéologie, c’est toujours les autres. ».

Dans les années soixante, du siècle précédent, il était de bon ton, selon son bord, de parler d « anti-américanisme primaire » ou d « anti-communisme primaire ». Ma foi, depuis une quinzaine d’années, il semble qu’apparaisse un double et virulent « anti-slavophilie primaire » & « anti-sinophilie primaire ». On me dira : mais non, mais non ! Le seul « anti » qui soit primaire est l’anti-islamisme.

Est-ce à dire qu’il n’y aurait pas une autre tendance ? Non ! Fort heureusement !

Il semble même qu’il y aurait un nouveau journalisme, qui tente prioritairement d’élargir l’horizon des lecteurs/auditeurs/téléspectateurs/internautes. Un journalisme montrant qu’il y a potentiellement d’autres actualisations que celles des nouvelles rapportées au jour le jour.

Le Savoir authentiquement Traditionnel s’inserre et s’incarne dans son temps sans s’y ancrer. Il. peut être considéré comme un tout unique dans son principe, susceptible d’être compris à des niveaux différents d’un point de vue de la compréhension intellectuelle, mais identique dans sa nature : Servir l’Univers. Les bâtisseurs de Cathédrale ne construisaient pas des œuvres esthétiques, mais des lieux de prière, pour lesquels leur créativité et leur talent devenaient eux-mêmes des prières de louange. (Ce qui n’est là, somme toute, qu’une paraphrase d’André Malraux, qui n’était pourtant pas un bigot.)

Cela dit, il est inévitable de devoir différencier le discours traditionnel (& sa distinction entre l’exotérisme et l’ésotérisme) du vécu traditionnel où l’unité intérieure est le réel ésotérisme « profond », comme on dit maintenant pour se distinguer de la sottise ambiante du prêt à penser instillé par la culture et les médias de masse. Avant il y avait une expression très explicite : bourrage de crane. La formule n’est pas élégante, mais elle avait le mérite de bien dire ce qu’elle voulait dire : une sorte de gavage psychique d’idées toutes faites. Il est à noter au passage que la « langue de bois », qui équivaut à ne rien dire, est un précieux auxiliaire de propagande politique, fort utile lorsqu’une vraie question a été posée ou que le bourrage de crane ne passe pas.

Le Savoir traditionnel est une hiérarchie de signes beaucoup plus qu’une suite ou un entassement de « bulles » étanches.

En simplifiant, il n’y a que deux niveaux à considérer :

Une réalité de toujours : L’âme humaine s’alimente et communie à la nature et/ou à la société. Tout conflit naît de celui pouvant exister entre l’une et l’autre (mais rappel => les « moines défricheurs » étaient des « contemplatifs ». Ce n’est donc pas le fait de « travailler » la nature ou de la laisser sauvage qui différencie l’action -le travail, au sens moderne- de la contemplation. Je n’irai pas jusque là, mais il est permis de penser que l’erreur n’est pas de vouloir être maître de la nature mais celle d’en être un mauvais maître.)

Une réalité devenue évidente au milieu du XX° siècle, effrayante dès le début du XXI° siècle : le travail comme aliénation d’une « âme » humaine, qui ne parvient plus à se refléter, ni se ressentir, au miroir tant social que naturel. Toute convivialité paraît disparue. L’immense mensonge contenu dans l’idée de croissance – laquelle se porte fort bien, pour les riches ; son seul inconvénient étant d’appauvrir les pauvres et de tuer les populations en situation de survie.

(à suivre)

 

 

11 janvier 2017

Epreuve n 2

Je poursuis mon éprouvant apprentissage du tactile, sur écran et clavier de la taille de deux paquets de Gitanes ! Et, le moral au beau fixe, car je vais recevoir un nouvel ordinateur, portable, d'occasion reconditionne et pouvoir ainsi mener mon roman "initiatique" à son terme. (Initiatique, pour qui le voudra lire selon cette grille; sinon, dans le genre satirique, c'est assez fendant); et entreprendre ma Variation opus 1. (J'utilise une allusion musicale, sans être moi-même du tout musicien, un peu comme j'utilise avec plaisir des métaphores maritimes, en dépit de mon mal de mer habituel, ou qu'elle ait plusieurs fois tenté de me noyer... Ce qui n'est pas bien loin de la teneur de ce billet.

Poursuivons! Mon apprentissage et ce billet.

Bible. Très jeune, j'ai beaucoup admiré la figure d'un Jacob s'en allant exiger de Dieu sa bénédiction. Nul ne peut voir Dieu sans mourir, dit-on. Le combat de Jacob en représente le plus abouti démenti. Car, ne dit-on pas aussi que les portes du Ciel ne s'ouvrent qu'aux violents ? On le dit, et j'ose le répéter, tout en m'empressant d'ajouter que, pour ma part, je suis avant tout un fidèle abonné aux jérémiades. De nos jours comme en ceux de Jérémie, le pourrissement politique et social est si lamentable, il faut bien dire que ma référence (un peu simpliste) n'est pas infondée.

Parmi ces réminiscence de jeunesse, il se glissait Le Sage Ben Dira, dont j'avais essentiellement retenu que "Tel est habile à enseigner qui pour lui-même est bon à rien". 

Tout ceci donc, bien avant d'avoir lu ou entendu la moindre allusion à Alan Watts, la sémantique générale, ou les perfides allusions d'Aldous Huxley au sujet de ces choses -correctement formulees- qui deviennent fausses du simple fait d'être dites. 

Hum! Je suis loin d'avoir la maîtrise du tactile ; mais il semble que cet effort ait eu le mérite de clarifier mon projet sur deux trois points :

Ce blog continuera d'être réservé à watts; et Je ne manquerai pas d'y mentionner toute idée, information, réflexion à son sujet. Du moins, si elles se présentent à moi. (En continuant à les mentionner, même quand je ne suis pas d'accord.) Cela dit, ma recherche sur sa personne est terminée.

Variation commencera par des notes de récit sur ce qui m'a conduit vers lui. Parallèlement, sur ce qu'il y a à dire, et redire, en rapport avec ma prétention d'être une réincarnation d'Alan watts. 

A l'intérieur de ces deux grandes lignes, il sera plus facile d'aborder LE thème (essentiellement unique) de la Paix sur Terre et d'un œcuménisme supra religieux. 

Bien entendu, j'annoncerai ici mes premières pages. 

Je suis d'ailleurs à la recherche d'une formule vachement publicitaire. (Vachement au sens des amours vaches chez les voyous du milieu du siècle dernier... Les apaches de la barrière, avant qu'ils ne revêtent blouson noir et chaine de vélo.)

29 juillet 2015

Devoir de Vacances 02

Aux parallèles Comparaison et Tradition – bien que ce puisse paraître déjà empiéter sur mes futures Variations Wattsiennes – j'ajouterai Entre-Aide et Compétition. Ce faisant, je sors un tout petit peu de l’œuvre proprement dite, mais pas de son esprit. Je rappelle la déception qu'éprouva le jeune Alan quand il constata la vanité & l'impuissance de son Maître à agir pour la Paix1. Également, qu'un « Tao » chinois n'est pas le Tao, sans nom, ni attributs.

A mon sens, nous avons là une sorte de mission simultanément ésotérique et écologique, qu'il faudra bien accomplir s'il en est encore temps. Nous avons encore trois siècles pour cela, si l'on en croit ce que de grands Rishis de l'Inde communiquèrent à Alain Danielou.

Ce pourrait être aussi une manière de séparer psychothérapie et moyen de Libération spirituelle : la « normalité » psychologique se juge à sa conformité avec le tradition sociale & culturelle particulière à laquelle on appartient ; et à laquelle on réserve un esprit d'entre-aide, donc au dessus de la compétition interpersonnelle. Un moyen de Libération, en tant que « moyen », reconnaît l'autre dans sa qualité d'autre & différent de soi-même sans prétendre le modifier en quoi que ce soit (à plus forte raison, le « convertir » à soi… ses propres croyances, goûts, raisonnements, etc) ET un moyen de Libération, en tant que « visée » ou perspective finale de la Voie, comporte l'acceptation de se fondre dans n'importe quel aspect de la manifestation cosmique du vivant… par exemple, cette coulée de lave en fusion qui va anéantir sa propre existence terrestre dans trois ou quatre secondes2 ! La Tradition suit la voie de la Nature (et celle de la Culture s'y conformant) ; l'humanisme se veut contre la nature, ou la dominant. La « religiosité » est considérée par la Tradition comme « naturelle » ; les animaux sont « religieux ». On pourrait dire que la spiritualité est naturelle, que la Conscience cosmique est, par définition, naturelle. C'est la société (et les institutions religieuses sont aussi « sociales » que les athées & laïcistes purs et durs!) qui, -par le langage et les lois-, qui s'en retranche et vient « mettre de l'ordre dans tout ça » (ou la pagaille, selon les cas) ...

NOTA : C'est la raison pour laquelle, à chaque occasion, je précise la discrimination que chacun devrait être libre de faire entre « catastrophe naturelle » (= manifestation 'cosmique', donc à accepter comme destin 'cosmique', volonté divine, etc.) et résultat de l'incurie politique ou de ses corruptions. On continue, au sujet de Fukushima, d'utiliser l'expression « catastrophe naturelle » alors même qu'il s'agit là de l'exemple type de ce qui devrait s'appeler « conjonction d'actes criminels organisés » ou « manque de vérification de possibilités alternatives ». Ce tsunami aurait pu ne faire aucune victime, en dehors des marins embarqués, ni dégâts matériels en dehors du port.

La Paix mondiale passe par la compréhension & comparaison des diverses cultures du monde (de la planète Terre) jusqu'à la perception et l'action (sur soi-même et les autres) de la Tradition ésotérique unique qui s'y cache. C'est regarder avec empathie les particularités locales qui s'y inscrivent et/ou s'y limitent ; et c'est regarder avec sympathie les vérités et valeurs universelles qui s'en dégagent. C'est regarder l'autre dans sa différence sans lui plaquer le système de valeurs qui est mien. Être Bouddha, c'est inclure l'autre en moi, constater qu'il est « moi » autant que « moi-je »… sinon ce Bouddha là, ne vaut pas tripette ! Je dis « bouddha » mais j'entends aussi bien ce Christ là ou tout autre grand chamane ou Daoshi là !

Cette différence a parfaitement été rendu par le traducteur en français, qui a rendu « Behold the Spirit » par Face à Dieu3 et « Beyond theology » par Être Dieu. Le thème de la « déification de l'homme » est récurrent au Moyen-Age, le distinguo théologique du XII° et XIII° siècle (« ce que Dieu est par nature, l'homme le devient par grâce »), à force d'être renforcé a fini par faire que le mot « Amour » en devient dévitalisé ou complètement dénaturé, « amour sexuel » inclus. Si l'homme ne devient pas femme par amour de son épouse et si la femme ne devient pas homme par amour de l'époux, quelle connaissance peuvent-ils bien avoir de l'autre ? (Le mécanisme psychologique d'adhésion à l'autre que l'on devient est sans doute le même dans l'homosexualité.)

 

 

1Ainsi son Maître Dimitrije Mitrienovic écrivit une lettre ouverte à Hitler, en 1933, qui n'était pas encore le grand Führer du nazisme mais en train de le devenir à grande vitesse ; ce dont tout esprit averti et responsable aurait du tenir compte – autrement qu'en allant se réfugier en dehors du théâtre des opérations militaires prévisibles.

2Pour renouveler l'image & expérience que citait G. von Durckheim d'un sifflement de bombe à pic au dessus de votre tête, dont on réchappe vivant.

3« Nul ne peut voir Dieu sans mourir », dit la Bible et Michel Lancelot, au sujet du rêve californien écrivit un « Je veux regarder Dieu en face ».

2 août 2015

Devoir de Vacances 04

Alan Watts dit textuellement (Psycho, p 106) que « l'équivalent occidental de la réincarnation est représenté par notre obsession de l'histoire, cette recherche du temps perdu dans l'avenir, cette vaine tentative de progresser vers un avenir satisfaisant grâce à la logique d'un passé appauvri. Car l'histoire est « l'enregistrement de la frustration », et ses premières sources sont les monuments où les hommes ont commencé, selon la phrase d'Unamuno, à mettre leurs morts en réserve. L'histoire est le refus de « laisser les morts ensevelir leurs morts ». L'histoire, ou mieux : l'historicisme, est une thésaurisation chronique de détritus, amassés dans l'espoir qu'ils pourront un jour « servir ». C'est un état d'esprit pour lequel l'enregistrement de ce que l'on fait devient plus important que ce qu'on fait, et qui réserve de moins en moins de place à l'action à cause de la place de plus en plus importante qui est faite aux résultats de l'action. C'est pourquoi la Bhagavad-Gîtâ décrit la libération comme une action qui ne s'attache pas à ses propres fruits, car lorsque la vie et la mort sont vécues complètement, elles se déroulent sans laisser de traces dans un éternel présent. »

Alan Watts (p 168) nous dit aussi que « la vie ne va nulle part, parce qu'elle est déjà là ».

A mon avis, cela n'implique pas une quelconque parousie, ni Bouddha de l'avenir pour la société ; il n'est pas logique que d'un état « mal » puisse sortir un état « bien »  : au plan métaphysique (et scientifique) l'avenir n'existe pas (les astronomes lisent notre passé, pas notre futur), au plan logique « un chien ne sera jamais le fils d'un chat ». Mais, il est vrai que d'un « bien peut sortir un mal » ou « qu'à tout malheur quelque chose est bon », car il s'agit d'un autre niveau sans rapport avec le temps ou la durée mais avec la paralysie mentale (psychologique) qui aliène notre comportement et/ou conduite (éthique) via le resserrement de perception que constitue l'identification (l'oubli du contexte, le refus d'une vue large de l'existence). La vie ne va nulle parce-qu'elle est déjà là, mais la quintessence de la vie est mouvement et élargissement… culminant dans la dilution finale de la mort. Éros et Thanatos1 marchent la main dans la main, tout comme la libération (de la répression) sexuelle va avec celle de la libération (de la répression) spirituelle.

La maladie mentale peut aussi bien provenir d'une « répression » spirituelle que d'un refoulement sexuel.

NOTA : La disparition/libération de la répression ou de l'oppression exercées sur une activité ou un comportement n'implique en rien la libération de cette activité et/ou comportement. La levée d'un interdit n'autorise nullement la capacité de l'exercice de son objet.

1Au sens utilisé par N.O. Brown, que cite Alan Watts dans Psycho.

26 mai 2015

Faire sans faire sa voie 1/3

Comment emprunter un chemin, un mode de vie en dehors des règles strictes, admises comme inévitables, du modèle standard de la vie moderne ? (Dans le cadre de ce billet, je laisserai de côté la toute première chose qui s'impose, d'une discrimination à faire entre les règles – devenues – réellement inévitables et celles auxquelles on consent par manque de spontanéité.)

Y penser comme variante ou modalité du non-agir ou du karma yoga est le premier écueil à contourner.

Dans l'image de la corde et du serpent, ce n'est pas l'erreur de perception qui est visée, mais notre attitude d'identification à l'objet (neutre, plaisant ou déplaisant) de nos perceptions. Il en va de même pour nombre d'autres métaphores, y compris, peut-être surtout quand la perception s'associe quasi instantanément à la spéculation (type : un billet coloré billet de loterie gagnant achat voiture de sport (et/ou achat robe super séduisante, coiffeur, institut de beauté) conquête fille belle et sexy (et/ou preux chevalier bien membré) supers enfants bonheur et richesse parfaites!)

...était l'une des idées qui me sont venues pour engager ma première étude sur Psy or oc, par le thème d'un « Faire sans faire sa propre voie ».

Mais, je viens par hasard de découvrir un article qu'il me paraît bon de partager avec mes visiteurs :

from Counter-Currents Publishing: http://www.counter-currents.com

URL to article: http://www.counter-currents.com/2014/05/le-materialisme-spirituel-dalan-watts/

...lequel donne ses traductions, dont celle de « does it matter ?» qui rend le « matter » en français par « important ». A titre polémique (seulement), on pourrait tout de suite remarquer que mais c'est bien sûr ! On part en croisade pour délivrer le tombeau du Christ, mais arrivé sur place on découvre les richesses d'Orient ; et alors on découvre un souci bien plus « important » que celui de savoir qui doit garder le tombeau sacré piller les richesses d'Orient ! Puis, dans le souci de protection des pèlerins, on crée ce qui fit office d'argent on découvre le Pouvoir de l'argent, on spécule dessus on finit sur le bûcher des templiers.

(Pour qui voudrait aller plus loin, j'avais tapé dans google « Richesse ou argent+Alan watts ».) Pour revenir à mes propres propos, je traduirais volontiers « does it matter ? » par « cela fait-il l'affaire ? » ou « cela marche-t-il ? » afin d'en revenir à cette question de la corde et du serpent ; et nos identifications, lesquelles sont toujours désastreuses : reculer par crainte de ce que vous percevez, qu'il s'agisse d'une corde ou d'un serpent, butter sur un gros caillou et se casser une jambe. Et voilà ! (Dit en passant, j'ai toujours appris que l'expression « what's the matter ? » signifiait principalement « quel est le problème ? » ou « quel est le point en cause ? », selon le contexte.) En premier thème d'étude, je voudrais essayer de dégager quel est le problème commun ou le point véritablement concerné. J'entends => dans la discrimination psychologie et spiritualité, « spiritualité » étant entendu au sens de « voie de libération » ; c'est littéralement parole d’Évangile, qui dit «alors vous connaîtrez la vérité, et la vérité vous rendra libres. »

Inversement, s'il convient de ne pas se laisser berner en prenant une corde pour un serpent, je tiens à dire qu'il est dangereux de donner un coup de pied à un serpent que l'on prend pour une corde. Le mot n'est pas la chose, mais il vaut mieux prendre en considération toute pancarte indiquant « chien méchant » (ou toute image d'une mise en garde contre la corde qui est un serpent ; tant est, à tout prendre, qu'il mieux vaut percevoir un serpent dans une corde que l'inverse). Le faire sans faire ne saurait être au plan verbal bien plus qu'une modalité ou une variante de l'agir sans agir, mais soyons pragmatique : que fait-on quand on agit sans agir ? Que l'on pense sans penser ? Que l'on est sans être ?… qu'on marche en une voie spirituelle qui est nôtre… le sujet de l'ouvrage Psychothérapie Orientale et Occidentale.

27 janvier 2015

Psychothérapie Orientale et Occidentale - 01

 

 

(On comprendra que mon « cas personnel singulier » m'intéresse au plus haut point, qu'en écrivant je cherche à me libérer moi-même, tout en souhaitant sincèrement aider mes visiteurs de quelques indications précises.

Par souci de clarté, il vaut mieux toutefois distinguer ce qui est de mon « cas » et ce qui est de ma libre réflexion philosophique, qui vise à renvoyer mon visiteur à lui-même et son propre cheminement.

Mes allées et contre-allées « littéraires » associant Alan Watts, Arnaud Desjardins et mézigue — au plan romanesque — seront donc désormais placés dans Le Roman du Tard. (Auquel s'ajoute le décalage du temps qu'il m'a fallu pour résoudre mes « problèmes » et entrer sérieusement « en roman », devenir romancier. Au final, si un Éditeur me prend, il importe peu car le résultat se veut, et se voulait aussi, un témoignage.

Certes, par métaphore, il m'est permis d'espérer qu'à l'instar du yin-yang chacun de mes deux blogs, dont certaines parties traitent exactement du même sujet, soit distinct de l'autre dans son approche mais solidaire et complémentaire dans ses assertions.)

(Spiritualité &) Psychothérapie Orientale et Occidentale

Introduction Générale aux Mots et expressions clefs de cet ouvrage (ses rhizomes dans l'existence même d'Alan Watts, et son itinéraire – à lui – également !)

Opinion toute personnelle : Les Lumières (& déesse Raison) me paraissent souvent (mais pas toujours) tenir plus d'abats-jour que d'un éclairage sur l'ensemble de notre réalité existentielle.

Une chose me paraît sûre : nous assistons à un appauvrissement généralisé, parfois à un véritable détournement du sens des mots, depuis l'apparition d'un humanisme & anthropocentrisme impérial, dominateur et arbitraire, aux interventions prétendument « civilisatrices ».

L'apport de l'Extrême-Orient, dans le dernier tiers du XX° Siècle, semble devoir se révéler comme rétablissement, ou élargissement, du sens des mots comme du « Sens de l'existence ». Et peut-être un rappel que notre planète comporte aussi les pôles nord et sud tout comme d'autres continents que « l'Eurasie ».

Les spécialistes comme les érudits y répugnent ; pourtant, transitoirement pour le moins, l'utilisation de mots et concepts composés deviennent de plus en plus avantageux pour leurs compréhension.

« Bonheur-Liberté » pour désigner l’Éveil-Libération (cf. S-C Kolm), «Cœur-Esprit » pour désigner l'instance cognitive ouvrant la Voie de ce « Bonheur-Liberté » (cf. D-T Suzuki, qui avouait en note de son ouvrage magistral qu'il optait pour l'emploi de « esprit » plutôt que « cœur » par crainte de ne plus être compris du tout par le public occidental1.

J'énumérerai d'abord des mots clefs de l'ouvrage par leur ordre d'écriture ; dans un second temps, j'en ferai de libres variations.

Je puis noter sans attendre que le principal mot clef du chapitre Un pourrait être : connaissance-action, i.e. que la connaissance de soi ne présente d'intérêt qu'à proportion de la nouvelle liberté d'action qu'elle permet. (Subsidiairement, une meilleure « aise » dans la perception & représentation de soi-même que notre éducation & la société nous ont données/imposées.)

Psychothérapie orientale et occidentale est une tentative pour jeter une passerelle entre la Philosophie Pérenne et la science véritablement moderne (débarrassée des réductions scientistes, et de ses préjugés agressivement athée et/ou anti-théiste, voire anti-déiste, en dépit des cultes à la déesse Raison et/ou Être suprême qui s'instaurèrent après la Révolution Française.)

L'Oracle de Delphes nous disait : Connais toi toi-même, et tu connaîtras l'univers et les dieux !

L'aphorisme de la science qui a commencé son règne dans la seconde partie du XX° siècle, nous propose : « Connais l'univers et les dieux, et tu te connaîtras toi-même ». (cf. Psycho p 84)

 

1Ou plus que composé : Anne Cheng, traduit Ziran, ordinairement traduit pas « spontanéité », par « de soi-même ainsi ». Je suis heureux de constater utilise ce « ziran » au sens indiqué par Anne Cheng (une véritable idole pour les sinophiles amateurs tel que moi !) Cette spontanéité n'a bien sûr rien à voir avec l'impulsivité ou la franchise.   

21 janvier 2015

GAP 04 (et dernier)

 Mon premier billet consistera en l'énumération de quelques mots clefs de Psychothérapie orientale et occidentale.

Mon principal instrument d'exploration sera ensuite l'assertion déjà produite : Samsara est Nirvana, mais Nirvana n'est PAS samsara… appliquée à la psy et à la spi :

la psychologie est spirituelle mais la spiritualité ne se réduit PAS à la psychologie, ni d'ailleurs à la physiologie, pas plus qu'à la relation à leur environnement social et naturel.

 

L'actualité française & européenne – et sa pléthore de dérives, contresens, dérapages, voire mensonges – ma dissuade de terminer ces « en Guise d'Avant-Propos » par le rappel de la « dévitalisation » dont les termes russe & slave de Pravda (Vérité) et chinois de Renmin (Peuple) ont fait l'objet. Chacun sait que la Pravda est l'organe du Parti Communiste Russe et le Renmin Ribao (Quotidien du Peuple) du Parti Communiste Chinois. Je me proposais, contradictoirement, de noter que Poutine et XI Jinping rétablissent un principe d'unité dans leurs peuples respectifs, avec en exergue le fait que le Président des États-Unis, au final, ne peut appliquer la politique pour laquelle il a été élu qu'à partir du moment où il ne peut plus être réélu !

Jouant sur diverses associations d'idées, passant par l'opposition entre l'identification au sens de Freud (quasi en synonymie avec valorisation du Moi) et son acception dans les enseignements Gurdjieff & Oupensky (en quasi synonymie avec rétrécissement de la conscience de soi et sa chosification & aliénation dans une situation donnée ou un événement indépendant de sa volonté et de toute possibilité d'action et/ou modification), je pensais pouvoir dégager la communauté et la différence entre Alan Watts et Arnaud Desjardins. L'un divulguant des perspectives métaphysiques interdites, l'autre proposant de tenter d'en faire directement l'expérience.

Cédant à mon habituel plaisir de formules à l'emporte pièce, je me proposais de dire que le Rappel est similaire à celui d'un maître chien, contraint de le rappeler à lui quand il se laisse emporter par une « identification » à tel gibier ou telle personne appétissante sans avoir reçu l'ordre d'attaque. (Sans doute, aurais-je également cédé à mon goût de l'anecdote en racontant comment j'ai sauvé un cycliste en hurlant « Accélérez ! N. de … ! » ; ce qu'il fit en voyant la gueule de mon chien lui sauter au visage. Mon chien le manqua de quelques centimètres et alla s'écrouler dans un faussé. Ce qui me laissa le temps de le rejoindre et de le « rappeler à moi ». Et précisé ce point : ce chien, autrement d'une douceur extrême, entrait en fureur à la seule vue d'un deux roues. J'attribue ce trait au fait qu'un conducteur de moto-cross ne lui évita d'être tué, lorsqu'il était chiot, qu'en l'écartant de sa botte. Mais, un botte de motard, même roulant à petite vitesse…. Ça doit faire mal ! De quoi en être traumatisé pour le reste de sa vie. « Identification » gurdjievienne de chien (!), si je puis me permettre...

Mais, au long de mes Variations wattsiennes, ces questions linguistiques resurgiront.

Pour couper court, je renvoie à cette citation de Porphyre de Tyr : «l'homme qui s'ignore lui-même ne saurait rendre au Dieu des hommages convenables ni en obtenir ce qu'il implore.»

Un aspect très pragmatique de l'Oracle de Delphes…

 

 

4 février 2014

Trajectoire & Cheminement 3/3

Trajectoire & Cheminement 3/3

 

 

Deux-trois points sont à mentionner pour terminer cet intermède assez ludique.

Ensuite, je pourrai passer à ma joie de relire Psychothérapie... qui sera une occasion de reprendre l'ensemble des thèmes de la philosophie d'Alan Watts sous l'angle d'une œcuménie et écologie planétaire, commençant par un rejet de toute psychothérapie comme « gendarme de la conformité aux valeurs ambiantes1 », se poursuivant et se développant par une immédiate modification d'approche de la vie quotidienne comme d'une possibilité de tourner la clef d'une Porte (réellement) de Paix spirituelle (et donc inter-personnelle).

 

Il ne peut y avoir de bateau sans coque, ni de maison sans toit. Ce sont comme les «fondamentaux» qui les différencient, tout comme la présence d'une idée ou d'un symbole de transcendance est nécessaire pour ce qui est du sacré et/ou du religieux. Conditions nécessaires mais insuffisantes pour naviguer, avoir une maison qui soit un abris ou une vie intérieure qui soit mystique (déification et/ou spiritualisation du corps) et communiante (religion et/ou compassion).

On peut alléguer sans trop de risques qu'il y a une ressemblance entre ces mécanismes et l'établissement spécifique d'une trajectoire de vie et son insertion contingente2.

On peut aussi couper court en prenant sans attendre un sentier de traverse : derrière son masque de signe d'une transcendance royale, la Reine d'Angleterre, à 85 ans, n'a toujours pas abandonné son ego de passionnée du cheval, ni de «garçon manqué» qui, voici une vingtaine d'années mettait encore la main dans le cambouis du moteur de ses automobiles, qu'elle conduisait elle-même à un train d'enfer, etc. Ou, se demander si la rapidité de l'incident ne proviendrait pas d'un simple souci d'explication au vu de cette curiosité que serait une cérémonie officielle organisant le plongeon d'un cavalier et de sa monture dans la Tamise ! Pourquoi pas se demander si mon interprétation du vif mouvement de sémaphore des bras de la Reine est bien exacte, en dépit de l'exactitude de l'importance vitale qu'a toujours joué la Tamise et le Port de Londres dans la puissance économique et militaire de l'Angleterre... ?

Il est également permis de penser : qu'est-ce que ces galimatias du toit d'une maison sans murs, de navire sans voilure ni moteur, d'une transcendance ou d'un sentiment religieux sans religion instituée ?

J'ai déjà eu l'occasion, ailleurs, de déclarer qu'on « ne peut envisager de saborder deux ou trois escadres pour diminuer la population féline britannique »3.

Qu'attendre de telles notations, et quelle réflexion peut-on en tirer qui se fasse elle-même puissance de lancement et poids d'une trajectoire spirituelle ?

La naissance et la mort sont deux réalités antagonistes, mais qu'en est-il de la Vie et de la mort, l’Éveil ayant été obtenu ? Qu'est-ce qui meurt, qui était apparu à la naissance ; et qu'est-ce qui ne meurt pas qui n'était déjà/ou n'était pas là dès la naissance ? La mort était-elle seulement le retour au statut d'avant-naître ? Notre existence n'a-t-elle strictement aucune raison d'être4 ?

 

Korzybski et son « le mot n'est pas la chose » est un écho moderne de lointaines manières de voir....

L'avancée sur le territoire réserve des surprises que le tracée sur la carte n'indique pas...

Il en va un peu de même entre le cheminement et la trajectoire... A moins qu'on ne dise qu'une trajectoire est d'ordre épistémologique, dont la véritable visée est de faire de chaque pas du cheminement un éternel présent... Ce sera à vérifier (pour le confirmer ou le démentir).

 

« C'est grâce au doigt

Que vous pouvez montrer la lune.

C'est grâce à la lune

Que vous pouvez comprendre le doigt.

La lune et le doigt

Ne sont ni différents ni identiques.

Cette parabole sert simplement

A conduire les adeptes vers l'éveil.

Une fois que vous avez vu les choses telles qu'elles sont,

Il n'y a plus de lune ni de doigt. »

Écrivit le poète et moine japonais Ryökan (1758-1831)

comme pour rappeler Zhuangzi affirmant que les mots doivent être abandonnés une fois que la réalité qu'ils désignent a été saisie.

 

Post-scriptum : Il est normal et légitime que l'amateur/amoureux/pratiquant s'intéresse plus aux règles du jeu de pétanque ou de billard, etc. qu'à l'ésotérique « balistique ». Et, tout aussi bien sûr, s'il n'y avait un jeu à pratiquer ou un tracé sur une carte, irions-nous vérifier sur le terrain/territoire ce qu'il en est vraiment, dans le cheminement de chacun ?

 

 

 

 

 

 

 

1Se souvient-on qu'il exista (ou existe encore, mais en secret) une Agence de psychologues chargée d'intervenir dans les Entreprises pour « soigner » les patrons atteints de Paternalisme ; très grave névrose patronale conduisant la personne atteinte à une «inhibition à supprimer des emplois», voire pire encore (!) préoccupée du sort des familles dont l'un des membres est employé dans son entreprise ? Dieu merci, cette maladie mentale est en voie d'éradication totale quasiment sur toute la surface de la planète Terre !

2Dans le Christianisme insertion et/ou incarnation, c'est beaucoup plus l'aspect intégration/action sociale qui est connectée que l'incarnation comme unité du corps et de l'âme. Dans l'expression « l'Esprit s'est fait chair », il faut entendre bien sûr que l'Esprit s'est fait « corps et âme », et pas seulement un assemblage physiologique...

3Ne faisant que reprendre les démonstrations pleines d'humour de Willy Matthey dans son intervention, p 115, L'Homme moderne et son image de la nature, Ed. de la Baconnière, 1975.

4Alan aimait donner cette expression en français. Titrer La Signification du Bonheur, était alors (1940) possible, mais guère un sous titre « La raison d'être du Bonheur, Recherche de la Liberté spirituelle dans la psychologie moderne et la sagesse orientale » (Je souligne toutefois la proximité des mots Bonheur et Liberté, dès 1940, sans attendre l'ambitieux Bonheur-liberté de S.C. Kolm, pour définir le Bouddhisme profond.)

29 juillet 2014

Un Intermède supplémentaire 2/3

 (Je m'en viens donc à mon roman, un roman historique mais d'expression imagée de mon expérience de la philosophie d'Alan Watts, notamment dans ses aspects psycho-thérapeutiques ; ce qui implique qu'ayant saisi le sens des mots j'en fus favorablement affecté, que cet affect positif modifia et/ou modifie encore la direction tracée par ces éléments & entités, et contient et dégage des effets heureux sur tous les plans.)

 

La question est de chronologie (aucunement de causalité1) :

 

J'avais dans les treize ou quatorze ans quand je suis entré dans une « bande révolutionnaire » dont le chef utilisait abondamment René Guénon dans sa critique du « système » comme de l’Éducation Nationale. Mais, en en expurgeant toute allusion ésotérique ou métaphysique.

J'avais vu à la télé, dans le tout premier film d'Arnaud Desjardins (1963), la preuve de l'existence d'une culture & société différente de la nôtre, laquelle on entendait m'imposer comme mienne par la force ! Deux ans plus tôt, un oncle avait même eu le toupet de me menacer d'un « Maison de Redressement », dans laquelle il se faisait fort de me faire admettre. C'est dire !!!

L'aspect indien et « spiritualiste » m'était resté assez étranger. Ce qui m'avait accroché, c'était l'aspect que l'on qualifie aujourd'hui de sociétal. Imaginez l'impact émotionnel sur ma pauvre conscience d'adolescent attardé : des millions de personnes selon les normes de mon oncle , relevant d'une admission en « Maison de Redressement » ! (Quoiqu'il faille préciser que la position des différents gouvernements indiens à l'endroit des saddhus n'est pas éloignée de celle de feu mon oncle.)

En exagérant un tantinet, je me suis intéressé à la philosophie par souci de justifier mon inadaptation sociale et, ce faisant, de me libérer de l'emprise que la société avait sur moi (par la force mais aussi par de multiples moyens subtils d'aliénation, qu'adolescent ce temps là j'appelais de bourrage de crane).

J'insiste sur ces détails (de prime abord étrangers à mon propos), car à l'expression bien connue de « jeter le bébé avec l'eau du bain », je me demande s'il n'y aurait pas lieu de créer son pendant pour la Spiritualité, en émettant l'idée qu'elle est en danger d'être « noyée dans l'eau de son bain ». Une eau rendue noire opaque par l'accumulation de toutes les saletés de l'histoire religieuse du monde. Une eau sale et croupie, dangereusement impropre à la consommation ! L'eau d'une influence culturelle « spiritualisante » venue d'Orient ou née du contact ― parfois tout imaginaire, du reste ― avec l'Orient. Quand un psychothérapeute constate le rôle de compensation, de transfert ou de déni pur et simple d'aspirations religieuses, mystiques ou « spirituelles », ou n'importe quel usage dit névrotique ou « limite » de caractéristiques entrant dans le cadre religieux, il en fait des symptômes pathologiques et va tenter de les faire disparaître. A caricaturer la chose, il conseillera au nom de l'hygiène mentale à Van Gogh ou Salvador Dali de peindre un peu moins, à Gustave Eiffel de jouer un peu moins avec des vis et des écrous, au Padre Pio ou à Ste Thérèse d'aller un peu moins souvent à la Messe. En usant d'aussi grosses ficelles, je ne cherche pas à discréditer telle ou telle pratique clinique et/ou thérapeutique.

Le point que je veux souligner est l'introduction fréquente d'un jugement de valeur entre un grand peintre ou un grand scientifique, qui « eux au moins » sont créateurs, de beauté ou d'utilité ; et les religieux qui, pour leur part, ne serviraient à rien.

Le maître mot du modernisme est « ce à quoi ça sert », et sa notice explicative ajoute «comment et de combien ça rapporte ».

Quand Alan Watts publie son tout premier ouvrage américain, La Signification du Bonheur (1940), il croit bon de l'expliquer d'un sous titre « La recherche de la liberté spirituelle dans la psychologie moderne et dans la sagesse de l'Orient. ». Ce qui laisse entendre que le bonheur ne s'obtient que dans la liberté d'être (ce que l'on est) mais que la qualité de celle-ci ne peut être autre que « spirituel ».

Auteur de deux livres qui m'avaient passionnés en ce qu'ils liaient la pratique du corps à celle de l'esprit (plus précisément, le Yoga et la Spiritualité), l'approche d'Arnaud Desjardins m'avait accroché. Elle revenait à dire que « corporel » et « spirituel », en mouvement, dans la pratique de la vie (et/ou existence), ne sont qu'une seule et même chose, mettons, telle que la marche qui dépend de la solidarité constante de l'usage de deux jambes. (A en juger par certaines théories) Il n'y aurait que deux options philosophiques préférentielles : soit la jambe de gauche, corporelle et matérielle, entraîne et fonde la marche ; soit au contraire la jambe de droite, spirituelle et immatérielle, constituée de simples impulsions électriques (lesquelles mesurables sont donc matérielles aussi).

 

Donc, pour conclure tout provisoirement , le/les problème(s) de savoir si l'on peut et comment être soi-même, libre, heureux, etc. paraissent se poser en termes de société. Diverses disciplines intellectuelles s'en préoccupent, et chacune se définissant par son objet on aimerait bien savoir « où ça se passe », quel est le fin mot de l'affaire, notamment puisque nous en parlions quel est l'objet de la psychologie... si elle peut être d'utilité spirituelle.

 

Ce sera tout le sujet de mon bouquin, de mon prochain billet, lequel ne pourra que demeurer assez énigmatique, car il est SIMULTANEMENT dans la vérité des deux koans précédemment cités :

1 le Cyprès (Éveil, Vérité, Liberté, etc.) est dans la cour

2 c'est mentir et calomnier les maîtres spirituels de colporter de tels ragots.

Enfin, en tout cas, pour ma part, je tiens à déclarer qu'il ne siège ni dans le corps/physiologie, ni dans l'esprit/psychologie, mais, peut-être, s'il est quelque part, en ce moment même, c'est qu'il siège dans le même fait que vous et moi regardons un écran d'ordinateur.

(à suivre)

1Sauf à tenir compte de la loi d'interdépendance, qui est toujours là, mais souvent lointaine et indirecte, indiscernable.

21 juin 2014

Un Intermède supplémentaire

(Je résume : je n'entreprendrai de traiter « à fond » de l'actualité d'Alan Watts qu'en fin d'Automne. Le motif est celui invoqué dès l'ouverture de ce blog : un roman que j'écris, lequel, pour de bon cette fois, appelle son achèvement.

Je nourris l'espoir d'encourager mes visiteurs à ne pas se lasser ...hum !... de tous ces délais et « intermèdes » divers, en sorte...hum !... que je les retrouve un jour ...hum !...comme lecteurs de l'ouvrage que j'entends tirer ...hum !... un jour ...hum !...de ce blog sur Alan Watts.

Hum ! Lecteurs aussi de mon roman, qui participe tout à fait de la philosophie d'Alan Watts.

D'où ces quelques notules de rappel de lieux communs... ou qui selon moi devrions avoir en commun !)

 

Une pensée philosophique est de son auteur ; la Tradition n'appartient à personne, pas plus que l'état de conscience spécifique (nommée par certains spirituel) permettant d'accéder à son « ésotérisme » universel.

La question soulevée, de la relation de l'âme humaine à l'Esprit cosmique, étant atemporelle attendra bien encore quelques mois mon humble avis, qui n'a strictement rien d'original sur le fond. Et, je suis bien sûr qu'en votre propre Voie, ou tel sentier y conduisant, votre marche restera indifférente à ce nouveau délai.

 

Divers auteurs du XX° siècle, ouvertement tel Camus ou dissimulé dans un repli de sa pensée tel Kazantzakis, de nombreux penseurs et théologiens également (ou encore Alan Watts, en son a-théologie et/ou post-théologie) se réfèrent à la « légende du grand inquisiteur » contenu dans le dernier roman de Fédor Mikhailovitch Dostoïevsky Les Frères Karamazoff. Pour ma part, adolescent distrait, je pensais purement et simplement que Dostoïevsky était un auteur du XX° siècle. Les divers thèmes de son œuvre sont tellement d'actualité qu'il est d'ailleurs possible qu'en ce moment même, un adolescent aussi distrait que je le fus, est persuadé que Dostoïevsky est une génial auteur d'un XXI° siècle, siècle lui-même en son début d'adolescence ! Sait-on jamais...

L'erreur est compréhensible. Dostoïevsky sort des frontières de la Russie du XIX° siècle et s'universalise chaque fois que l'esprit de liberté et d'amour est en butte aux tendances de normalisation, de standardisation et d'aliénation de la lettre supposée en transmettre toute la vitalité joyeuse et fraternelle. Car Jésus, savez-vous, était en son Incarnation un joyeux luron d'une affection débordante. Le Prince Mychkine, le héros de cet autre œuvre de Dostoïevsky – L'idiot – est une imitation de Jésus-Christ (un Jésus qui n'aurait jamais été induit en tentation).

Sans compter que ces deux là avaient en commun d'associer très étroitement à l'esprit de liberté et d'amour celui de vérité et de justice. Et ça, il faut l'avouer, c'est y aller un peu fort !

 

Ces notules sont bien loin, semble-t-il, de la préoccupation d'un Éveil au sahaja nirvikalpa samadhi, au Tao immortel ou au suprême Satori. Il est toutefois bon de savoir que la « santé mentale » ne saurait consister à se tenir au dessus de tous les soupçons de l'Inquisition normalisatrice, qu'elle soit religieuse ou laïciste. Et, avec prudence, qu'il est relativement admis que l'esprit de liberté et d'amour, de sensibilité à la souffrance ou au désarroi de l'autre, sont des facteurs d'homéostasie mentale.

Voire qu'à compatir, on reçoit plus que l'on ne donne !

 

Et, pour en revenir à mon « dada » personnel, je rappelle que la fin du Moyen-Age traditionnel est à chercher fin 13°/début 14° siècle, que la légende du Grand Inquisiteur est supposée se dérouler au 16° en Espagne, mais aurait pu l'être sous le Maréchal Franco, ou en Russie lors des procès staliniens. Le zéro et l'infini ou L'aveu, respectivement d'Arthur Koestler et d'Artur London, sont bien plus représentatifs de l'Inquisition moderniste que les ténébreuses affaires de l'Inquisition ecclésiastique. (Dont les condamnations d'avant la Renaissance furent, le plus statistiquement du monde, moins fréquentes qu'on ne le laisse généralement supposer.)

 

Mais, tout ça n'est qu'intermède récréatif à l'approche des départs en vacances.

 

Sauf peut-être, qu'il faudra bien reprendre certains points par le menu, à partir de plusieurs aspects.

Par exemple,

que le Nouveau Testament (I Cor. 15, 46) nous dit que « Ce n'est pas le spirituel qui paraît d'abord, c'est le psychique puis le spirituel. »

que la Légende du Grand Inquisiteur est racontée à Aliocha le plus jeune frère, par Ivan Karamazoff, un rationaliste convaincu dont la santé mentale se dégrade toutefois sous les coups de boutoir de 'contacts' avec le Diable

qu'Aliocha est un novice en formation sous la houlette du Starets Zosime, un surprenant personnage qui « loin d'être sévère, paraissait enjoué » et qui affirmait que « La vie est un paradis où nous sommes tous, mais nous ne voulons pas le savoir ! » (Ce que dit aussi Alan Watts, se référant au Tao)

que celui qui a l'expérience de l'authentique foi ne peut qu'embrasser ses accusateurs (tout comme le Christ le fait pour l'Inquisiteur) « Car, à la logique, il ne sait opposer que l'amour »

(cf. Dostoïevsky, par Henri Troyat, Arthène Fayard 1960, p 403)

que Dostoïevsky, à l'instar de nombreux auteurs du 19° et des débuts du XX° siècle, était grandement préoccupé par la crise de la philosophie occidentale. (De nombreux auteurs russes, mais aussi des Keyserling, Mitrienovic, Gurdjieff, Romain Rolland, Tagore, etc. auxquels il faut adjoindre les tenants de l’École Traditionnelle (dite aussi pérennialisme, si j'en crois Wiki)

 

 

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