(Bien entendu, ce que le précédent billet, citant Needlam disait : « ...à la science occidentale, non ! » s’applique à l’économie européenne; et, au sujet des particularités pathogènes propres à chacun des groupes sociaux, se concrétise également dans ce nouveau groupe qu’est la nomenklatura des institutions européennes.)

Les psychothérapies et les moyens de libération spirituelle ont en commun, nous dit Watts, une transformation de « la conscience du sentiment interne de l’existence personnelle ; ensuite, l’affranchissement de l’individu par rapport aux formes de conditionnement que lui imposent les institutions sociales. »

« La psychanalyse n’atteint son propre accomplissement qu’en se faisant analyse historique et culturelle. », ainsi que l’a formulé Norman O. Brown. L’efficacité de la conversation sur le divan trouve rapidement sa limite (de même que la sphère spirituelle ou la religiosité qui ne seraient que conviction individuelle isolé dans un clos privé et hermétique aux influences sociales et naturelles, qui s’interdirait toute action sur ses conditions de vie. Considérer une meilleure liberté d’action comme preuve de santé mentale ne peut qu’impliquer une exploration de l’ensemble des facteurs inconscients qui prétendent imposer, limiter ou manipuler les contextes d’exercice de cette même liberté d’agir et de se comporter au monde.

La perspective n’implique aucun esprit de nivellement ou de normalisation (autre que celle de qualité et de protection des falsifications diverses).

(« Dans la construction européenne, le principe de subsidiarité, est une règle de répartition des compétences entre l'Union et ses Etats membres. En dehors des domaines de compétences qui lui sont propres, l'Union Européenne n'agit que si son action est plus efficace que celle conduite au niveau des États ou des régions. »1)

On peut tenir pour assuré qu’il existe un « lien karmique » entre l’attitude des européens vis-à-vis de la pauvreté et de l’Islam, les attentats du Bataclan et d’Istambul, l’incurie des politiques qui semble vouloir s’étendre de plus en plus, la « crise européenne », la rivalité interne des anciennes puissances coloniales, la domination américaine, la remontée en puissance de points d’attraction tels que la Chine, le « monde arabe » et la Russie…

et le café noir que moi « je » prends au zinc du bistrot du coin.

Le tissu des liens karmiques personnels, des plus nobles aux plus triviaux sont intégrés au karma collectif, ses lois naturelles, ses fonctions, ses instrumentalisations sociales et ses manipulations politiques.

Cela ne veut en rien signifier qu’il faille (pour une bonne santé mentale ou une libération spirituelle) intervenir sur tous ces points, et beaucoup d’autres. Statistiquement, sur les sept milliards de terriens, le nombre des individus touchés par les balles au Bataclan, à l’Atatürk Airport d’Istanbul et ailleurs demeure infime. Pourtant, métaphysiquement & éthiquement, au niveau d’une conscience personnelle réellement planétisée, chacun, tout un chacun, est le tireur et la victime !

Cette constatation peut amener une sensation d’impuissance et de désespérance, susceptible de faire excellente litière à n’importe quel trouble mental personnel, provient – selon Alan Watts – de la méconnaissance du caractère conventionnel des règles du jeu de la Vie.

Le premier pas vers une bonne santé mentale et spirituelle est de ne pas prendre trop au sérieux les règles du jeu (et de l’ego), tout en sachant qu’elles sont aussi nécessaires que la grammaire, le système métrique ou le code de la route. Corrélativement, comprendre que la relativité de l’injonction de rouler à gauche ou à droite n’implique en rien qu’il soit bon de rouler indifféremment à gauche ou à droite, de passer au feu rouge et de s’arrêter au feu vert selon son bon plaisir, et cœtera !

1Source : http://www.toupie.org/Dictionnaire ; cf. Wikibéral, à l’entrée « subsidiarité ».