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Disons que c’est une hypothèse : comprendre que toute démocratie est une juxtaposition de ce que B Obama a qualifié de « bulles » – appelées à communiquer ensemble – est l’objet même de l’Instruction Civique. Ce qui explique son échec, particulièrement en France, car, effectivement, si le gendarme se met à comprendre le voleur, si le spéculateur se met à comprendre le travailleur, si le travailleur découvre que le travail n’est pas une valeur, mais une nécessité, contrairement au loisir (vrai) qui, lui, est une valeur (de liberté).

L’ensemble du gendarme et du voleur est typique, en tant qu’image de deux bulles solidaires – du moins au plan de la délinquance et des infractions aux lois. (Au risque de me répéter, cela n’implique aucune complaisance, ni laxisme, envers le voleur.

Une autre, plus proche des perspectives d’Alan Watts, il peut être admis que des phrases telles que « Cessez de chérir les opinions », bouddhiste, « Abandon à la divine providence », chrétienne, et « Si Dieu le veut » et/ou « C’était écrit », au niveau du vécu (i.e. la fonction dans l’économie psychologique d’une personne humaine) reviennent à la même chose, à un référent existentiel quasi identique de prise en compte des faits dits objectifs comme la mort de ma grand-mère et celle de mon chat). Ce sont nos « bulles », autrement dit nos théologies – et athéologies – positives ou négatives, qui vont y mettre une signification verbale et conventionnelle.

Ces deux alinéas se rejoignant d’ailleurs, les faits demeurant des faits, quels que puissent être les interprétations, significations, manipulations et mensonges partisans surajoutés par nos propres « bulles », ou celles dans lesquelles « on » voudrait nous enfermer. Une des modalités diverses du « lâcher prise », lequel (c’est à rappeler) est aussi indissociable du « éviter de s’y laisser prendre » que le yang du yin. En connotation de ces bulles mentales, auxquelles faisait allusion Barack Obama, on peut remarquer qu’il est tout aussi possible de ne pas se « laisser prendre » que de « lâcher prise » de tout état d’esprit « groupie ».

Cela justifierait une Instruction Civique indiquant comment on peut, par bêtise ou méchanceté, berner le Citoyen. Et, l’Homme « naturel », écologiquement (inclusivement) planétaire, que ce soit par création, hasard ou nécessité1

Comment peut-on espérer placer la République au dessus de tout, sans donner les moyens de comprendre qu’une certaine « bulle » laïciste (et souvent très peu écolo) est une option partisane qui ne recouvre pas la totalité de l’idée de République & de Démocratie ; autrement dit, qu’il est parfaitement possible (et légal) de penser que le laïcisme agressif est une imbécillité. Toute une propagande tend à faire croire qu’il est impossible de vivre une foi religieuse 24h/24, jugée en conscience supérieure à tout autre considération, tout en étant respectueux des lois et des valeurs de la République.

L’esprit de « bulles » de communication est une très-très mauvaise caricature des valeurs vernaculaires. Dans le cadre de manipulations politiques, elles sont un danger dépassant celui des discours à œillères.

Une question mérite ré-évaluation : tout ou partie du raisonnement ci-dessus ne tomberait-il pas à l’eau si les forces de manipulation étaient un fait (et comment pourrait-il ne point l’être) ?

Faut-il revenir au slogan anarchiste « élection piège à con » ?

 

Quand le vin est tiré, il faut le boire. J’irai jusqu’au bout de ce billet !

 

 

A suivre…

1cf. le célèbre ouvrage de Théodore Monod, 1970